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Où partir en 2021 ?

Les meilleures expériences et idées de voyage durables

Texte par

Lonelyplanet.com (traduit de l'anglais par Vincent Guilluy)

Mis à jour le : 19 novembre 2020

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Partez à la rencontre de personnes incroyablement inspirantes, dans des destinations où le voyage se transforme et participe à la création d’un monde meilleur, dès à présent et pour les générations futures. Et les 10 lauréats pour un voyage plus responsable sont…


Raconteuse durable : Soraya Abdel-Hadi

Soraya Abdel-Hadi veut aider les gens à faire des choix plus réfléchis pour leurs voyages et à explorer le monde de la nature, même s’ils ne peuvent pas s’aventurer très loin de chez eux. Sur son blog Soraya.earth et son Instagram, elle aborde une question qui taraude tous les voyageurs éco-conscients : comment réconcilier mon amour du voyage avec mon désir de protéger la Terre ? Pour elle, le mieux est de commencer par être honnête.
 
« Quand on décide de partir en voyage, il y aura forcément une empreinte », dit Soraya. Pour réduire cette empreinte, elle conseille à ses lecteurs de faire des compromis et de réfléchir à chaque détail de leur voyage : leur mode de transport, l’endroit où ils dorment, et même la destination qu’ils choisissent. Mais les décisions les plus importantes sont celles qu’ils prennent une fois arrivés : achètent-ils chez des producteurs locaux ? Comment sélectionnent-ils ce qu’ils publient sur les réseaux sociaux ? 
« Faites attention à toutes les décisions que vous prenez, y compris dans ce que vous partagez : de qui racontez-vous l’histoire, et comment la racontez-vous ? Pour voyager de façon responsable, il ne suffit pas de changer de mode de transport ou de prendre du shampoing solide. Cela se joue aussi dans votre relation avec les habitants de l’endroit que vous visitez, et ce que vous choisissez de faire sur place. »
 

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Soraya vient de terminer une année sans avion ; elle admet que les restrictions de voyage en 2020 l’ont aidée à tenir son engagement. Ne pas pouvoir voyager l’a forcée à être plus créative sur son blog et son Instagram. Elle a mis en avant des balades et « micro-aventures » locales, encourageant ses lecteurs à rester curieux et à se reconnecter avec la nature, où qu’ils se trouvent.  Elle a été surprise par le nombre de sentiers dont elle ne connaissait même pas l’existence, autour de chez elle. Cela lui a fait prendre conscience de la difficulté d’accès pour les personnes qui ne savent pas où aller. L’un de ses projets récents est d’aider les gens à trouver ces trajets.  « Mes voyages tournent autour de la nature et de la conservation, au Royaume-Uni comme à l’étranger. Il existe toute une partie de notre communauté qui ne va pas dans la nature. Comment ça se fait ? Comment identifier et éliminer tous les obstacles auxquels ils sont confrontés, afin d’avoir plus de diversité dans le monde des explorateurs de la nature ? »
 
Elle a également redéfini son propre rôle dans le paysage médiatique du voyage, et s’est récemment engagée à publier plus de photos d’elle dans ses aventures, même si elle n’aime pas le faire. Elle espère ainsi promouvoir plus de diversité dans les univers de la nature, de l’aventure et de la durabilité. « L’idée d’identification à un modèle me passionne. Nous avons besoin de voir des personnes différentes, venant de milieux différents, qui partagent leur expérience des activités d’extérieur et de divers types de voyage. »

Sentier de randonnée durable : Il Cammino di Dante (Le Chemin de Dante), en Italie

Comme un serpentement méditatif sur les pas du divin poète italien, Il Cammino di Dante est un lent voyage exquis qui forme une boucle entre sa tombe à Ravenne et son lieu de naissance, à Florence.  Il s’étend sur 395 km, part de la fertile vallée du Pô, passe par les Appenins, rejoint Florence puis fait demi-tour ; Il Cammino di Dante est un hommage à la plus grande légende littéraire d’Italie. Génie lumineux et énergique, Dante Alighieri, poète, philosophe et penseur politique, était une force imbattable. Il fut le premier à signer un poème en langue vernaculaire, et ses représentations limpides de l’Enfer, du Purgatoire et du Paradis dans La Divine Comédie ont durablement et profondément marqué l’art occidental, au moment où la Renaissance succédait au Moyen-Âge.
 

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Brisighella, province de Ravenna

Les vingt étapes du chemin illustrent parfaitement le pouvoir réparateur du voyage lent, suivant le trajet du poète à travers l’Émilie-Romagne et la Toscane. Elles relient deux villes à la culture époustouflante : la merveille byzantine ornée de mosaïques qu’est Ravenne, où Dante s’est exilé et a terminé son poème épique, et où se trouve sa tombe, et le rêve de la Renaissance qu’est Florence, où le musée Maison de Dante entretient la mémoire du divin poète sur le lieu de sa naissance. En chemin, des paysages lyriques se succèdent, offrant une inspiration poétique et profonde : le village médiéval de Brisighella et sa forteresse à l’allure de nid d’aigle, ou les cascades d’Acquacheta que Dante décrivait comme « un seul bond nourri par un millier de torrents ». Avancer tranquillement et laisser la magie de la nature opérer, c’est la devise. Tout comme Dante l’a fait il y a quelque sept siècles : un pas et un chant à la fois.
 
« Il Cammino di Dante est dédié à l’un des poètes les plus importants de l’Histoire italienne, explique Silvia Rossetti, guide Il Cammino di Dante. Et qu’y a-t-il de plus durable que de se reconnecter à la nature en parcourant des sentiers médiévaux ? Que d’écouter les feuilles dans les bois ? C’est une forme de poésie en soi, que l’on peut relier directement à ceux qui ont foulé les mêmes chemins siècle après siècle. »

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Programme durable de conservation de la faune : le Rwanda

Un programme de conservation au Rwanda participe au sauvetage du gorille de montagne sauvage, espèce en danger de disparition, et a mis au point un nouveau modèle de conservation durable de la vie sauvage.  Le Rwanda est minuscule, comparé à ses voisins : la colossale République Démocratique du Congo s’étend à l’ouest, tandis que la Tanzanie occupe l’est avec le Serengeti et le Kilimandjaro jusqu’à atteindre l’Océan Pacifique. Mais là, tapi dans l’extrémité nord-ouest du pays, se trouve l’un des derniers groupes de gorilles de montagne sur Terre.
 
Des décennies de braconnage, de perte d’habitat naturel et de conflits ont gravement affecté les gorilles de montagne, et leur nombre avait baissé si drastiquement que l’on pensait que l’espèce s’éteindrait avant le 21è siècle. Mais grâce, entre autres, à la participation du Rwanda au Programme international de conservation des gorilles leur nombre remonte doucement. Quelques 600 gorilles vivent désormais dans l’émeraude des forêts de montagne et les pics embrumés du massif des Virunga, une chaîne de volcans éteints aux frontières du Rwanda, de l’Ouganda et de la République Démocratique du Congo. Douze familles de gorilles vivent actuellement dans le Parc National des Volcans du Rwanda.
 

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Par son utilisation du tourisme responsable pour instaurer un changement durable dans la conservation, le Rwanda montre la marche à suivre à d’autres pays. Le principe est simple : utiliser les recettes du parc pour contrer les menaces qui pèsent sur les gorilles. Cela se traduit pas des initiatives comme le Village des Gorilla Guardians, où d’anciens braconniers gagnent leur vie en partageant leurs histoires plutôt qu’en chassant des animaux, et travaillent avec les communautés locales pour faire un usage durable des ressources. Le Rwanda compte plusieurs réussites dans le domaine de la conservation. Le braconnage n’a jamais été aussi bas, ce qui a permis au Parc national de l’Akagera de réintroduire des lions et rhinocéros noirs de l’Est sur ses terres de safari qui peuvent à nouveau se targuer d’avoir les Big Five.
 
Dans l’Ouest, le parc national le plus récent du pays, Gishwati Mukura, s’attaque à un ambitieux projet de restauration des paysages. Cette région fait partie du rift Albertin, une écorégion à la biodiversité très riche avec pléthore d’espèces de singes, d’oiseaux et d’arbres endémiques. Les déplacements, l’agriculture et l’exploitation minière ont appauvri la terre ici, mais les séjours à la ferme et le tourisme immersif avec des guérisseurs traditionnels sont quelques-unes des stratégies touristiques adoptées par le Rwanda pour aider à ranimer ce paysage délicat.  « Le Rwanda est la terre des paysages africains sans limites, assure Oreste Ntirenganya, de Hermosa Life Tours and Travel. J’adore les superbes animaux de nos parcs nationaux et l’incroyable savane sèche. J’admire les efforts déployés par le Rwanda en matière de conservation. Je suis passionnée par le tourisme et le travail de conservation, c’est pour cela que j’ai fondé Hermosa Life Tours and Travel, pour être en permanence au cœur de ce travail. »

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Le Volcan Muhabura

Destination durable émergente : Antigua-et-Barbuda

En première ligne face aux impacts du dérèglement climatique, les pays des Caraïbes comme Antigua-et-Barbuda ont fait du développement durable une priorité. Depuis les ravages causés par l’ouragan Irma en 2017, les îles jumelles et enchanteresses d’Antigua-et-Barbuda ont en effet fait de grands pas pour encourager la durabilité dans le pays. Elles ont interdit les produits en plastique et en polystyrène et créé un « Couloir vert » : une série d’hôtels, resorts et commerces respectueux de l’environnement tout le long de la côte sud-ouest d’Antigua jusqu’au village de John Hughes. « Notre pays s’est engagé à être plus soucieux de l’environnement et de la durabilité, pour notre avenir, souligne Karim Harrington, photographe d’Antigua-et-Barbuda. Nous devons protéger les nôtres. C’est important que les Antiguayens servent d’exemple, pour inspirer ceux qui viennent visiter nos beaux rivages. Qui sait, cela pourrait peut-être faire de nous un modèle pour d’autres régions du monde. »

 

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St John's, la capitale d'Antigua-et-Barbuda

C’est ici que vous trouverez la Réserve naturelle de Wallings, le premier parc national du pays tenu par les habitants. Il est entièrement géré par des employés et des bénévoles originaires de la région, et chaque dollar provenant des billets d’entrée et des visites guidées est réinvesti dans la communauté locale et la réserve naturelle elle-même. Sur l’île de Barbuda, la Réserve ornithologique de frégates (Frigate Bird Sanctuary) est une preuve de la volonté de conservation de la faune du pays. Plus de 5 000 frégates vivent dans Parc national de Codrington Lagoon, ce qui en fait la plus grande colonie de frégates d’Occident.
 
Quant à la nourriture, le pays regorge de produits incroyables de producteurs locaux, mais tout voyage dans ces îles se doit d’inclure l’ananas noir. Ce fruit natif d’Antigua est aussi sucré que rare. En réalité, il est si délicat qu’il ne peut pas être exporté, donc vous n’en trouverez nulle part ailleurs. Beaucoup se rendent sur Fig Tree Drive, dans le Sud, pour le goûter, mais vous trouverez aussi ce délice sucré sur les étals de fruits qui parsèment l’île. Enfin, sachant que l’on en compte 365, ce serait de la négligence de ne pas vous parler également d’au moins une plage antiguayenne. La superbe Half Moon Bay est la plus belle. Cette plage en forme de croissant, au sable blanc et aux eaux bleu clair, est exactement ce dont on rêve en imaginant les Caraïbes.

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Un frégate mâle

Voyage en train responsable : le Rocky Moutaineer, Canada

Afin de protéger la splendeur des Rocheuses canadiennes escarpées, le train Rocky Moutaineer a pris des mesures pour réduire ses émissions de carbone, amélioré le recyclage à bord et s’est associé à des organismes pour protéger la faune locale. L’Ouest du Canada est réellement un pays sauvage : forêts humides impénétrables, rivières rugissantes nées de glaciers et, dans les Rocheuses canadiennes, des pics de granit découpés surplombant de profondes vallées grouillant d’orignaux, de wapitis, d’aigles et de grizzlys. Il s’agit d’une terre autrefois explorée par les peuples résilients des Premières Nations, par des hors-la-loi durs-à-cuire et des hommes d’affaires ayant le goût du risque. C’est un paysage qui attire encore des caractères bruts en quête d’aventure, et dans le Rocky Mountaineer, on peut la vivre dans le confort et le luxe.
 
Sur trois trajets différents, les noms de lieux reflètent la rudesse du paysage. Il y a la Porte de l’Enfer (Hell’s Gate) sur le fleuve Fraser, où 750 millions de litres d’eau coulent à travers un goulot étroit chaque minute, ainsi que l’Allée de l’Avalanche, le Gouffre Peint, et la Gorge des Mâchoires de la Mort. Certains trajets passent par les légendaires Tunnels en Spirale, où la voie tourne deux fois sur elle-même pour former un huit géant dans une région appelée The Big Hill. À mesure que le train grimpe dans les montagnes, vous admirerez un paysage incomparable. Vous passerez devant des colonnes rocheuses surnaturelles et des ponts flottant dans les airs. Vous sortirez dans le vestibule en plein-air pour avoir une vue panoramique et respirer l’air frais des montagnes en traversant la ligne de partage des eaux ou en longeant des rivières à l’eau turquoise agitée. Des sommets escarpés souvent surmontés de neige dominent des lacs étincelants tandis qu’un habitant vous adresse parfois joyeusement par un signe de la main. On comprend vite pourquoi ce trajet fait autant rêver.
 

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Le Rocky Mountaineer passe à travers le Banff National Park

Les voyages en train sont significativement meilleurs pour l’environnement que l’avion ou la route, et le Rocky Moutaineer prend sa responsabilité dans le tourisme durable très au sérieux. La ligne de train œuvre à la protection des régions qu’elle traverse et s’efforce d’utiliser intelligemment ses ressources, notamment en réduisant ses émissions de carbone. De plus, le Rocky Moutaineer contribue chaque année au Programme National de Verdissement d’Arbres Canada, qui a déjà permis de planter 13 500 arbres en Colombie-Britannique. Il s’associe également à des organisations qui protègent la nature et respectent les cultures locales. « C’est la meilleure des balades lentes et à faible émission de carbone à travers la nature canadienne, assure John Lee, auteur et guide touristique à Vancouver. J’adore avancer doucement le long des canyons abrupts et des forêts denses où brillent des rivières rapides ; un paysage grandiose que la ligne de train à faible impact respecte totalement en le traversant sinueusement. J’aime aussi beaucoup quand les sympathiques employés indiquent les montagnes remarquables, les traversées de ponts spectaculaires et les animaux locaux à prendre en photo. Sans eux, je n’aurais jamais remarqué cette grande ourse brune et ses trois minuscules petits cherchant des baies ! »

 

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Bienvenue à bord !

Destination culinaire durable : la Grèce

Avec ses marchés aux produits bio, ses herbes sauvages à foison et ses cargaisons de fruits de mer sur les îles, la Grèce est parmi les lieux les plus responsables quant à la nourriture, même sans le vouloir. Bien qu'elle ne soit pas réputée pour appliquer des initiatives officielles autour du développement durable, officieusement, les Grecs sont verts depuis des siècles. Faire pousser des légumes, récolter des olives pour en faire de l’huile et préparer un délice avec des tomates, du poisson frais et des plantes sauvages sont des habitudes millénaires et parfaitement normales pour la plupart des gens, que ce soit sur les îles ou sur le continent. Si un village n’a pas inventé son propre plat avec une plante sauvage ou un légume dont il est spécialiste, vous pouvez être sûrs qu’il aura au moins sa version personnalisée d’un plat traditionnel du pays. « J’ai grandi dans la région des Météores, raconte Yiannis Karakantas, patron d’Alsos House à Kalambaka. Je ne fais qu’un avec les rochers et les monastères éparpillés dans le paysage. J’adore faire visiter la région lentement, à pied, et à travers la nourriture ! Les Météores sont l’une des régions les plus visitées en Grèce, mais les restaurants arrivent à préparer des plats de grande qualités avec des viandes, des légumes, des vins et des produits laitiers provenant des environs. »

 


Mais il n’y a rien de plus authentique que l’énorme part de filoxenia (hospitalité) offerte à tout le monde ; c’est un vrai mode de vie, pour les Grecs. C’est dans leur ADN et partout dans le pays, des habitants généreux et passionnés partagent leur savoir avec les voyageurs en associant la cuisine fraîche à des activités de retour à la nature, comme la marche.  Les randonneurs peuvent explorer les montagnes de Kalymnos avec Kalymnos Experience et en apprendre plus sur les subtilités des herbes aromatiques. Ou s’installer près d’un moulin à vent historique, au restaurant de poisson Mylos à Leros pour déguster un carpaccio de poulpe (acheté le matin-même à la criée). Ne manquez pas non plus la cuisine savoureuse et biologique de la Crète.
 
Après avoir découvert les merveilles du site archéologique de la Delphes antique, allez goûter de l’agneau local, de la horta fraîche (herbes de montagne) et des desserts faits maison à la Taverna Vakhos (un resto zéro déchet et sans plastique). Dans le Magne, région reculée du Péloponnèse, reposez-vous dans le superbe Hôtel Antares. Prenez le temps de savourer le petit-déjeuner succulent avec son yaourt, son pain et ses tartes au fromage faits avec des produits 100 % locaux.

 

Piste cyclable durable : le Virginia Mountain Bike Trail

Avec plus de 750 km de chemin boueux de bikepacking (un mélange de vélotourisme et de randonnée), le Virginia Mountain Bike Trail est une aventure remuante et rock’n’roll à travers les plus beaux coins de nature du Sud des États-Unis. Du haut de leurs sommets, les hauteurs et les crêtes des montagnes Blue Ridge de Virginie semblent s’élancer et retomber sous vos yeux comme une mer déchaînée. Les Cherokee appellent cette longue chaîne étroite Shaconage (le Lieu de la Brume Bleue) en raison du brouillard indigo qui descend sur ses sommets où poussent les pins. Mais c’est l’esprit inspiré de Chris Scott, cycliste de montagne, qui a transformé ces superbes montagnes en l’un des chemins de bikepacking les plus gratifiants de États-Unis.
 

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Avec la volonté d’imiter les grands chemins bruts qui traversent le Colorado et l’Arizona, cet homme originaire de Virginie a relié avec ses amis 760 km de chemins monotrace, de sentiers de graviers/gravel et de chemins de crête afin d’établir une ligne droite, difficile mais praticable, de Strasburg à Damascus. Le parcours qui en résulte ne fait pas qu’engloutir un quart de la longueur du célèbre Sentier des Appalaches, mais il lui tient presque tête et devient une sorte d’homologue pour le bikepacking. Alors que la thru-hike (parcourir un sentier de randonnée en entier) gagne en popularité et que les visiteurs se font de plus en plus nombreux le long de la route touristique Blue Ridge Parkway, ce sentier confidentiel est devenu l’aventure naturelle la moins bondée et la plus verte de la région.
 
Il vous faudra deux bonnes semaines pour le compléter, en plus d’un peu d’expérience, de beaucoup d’organisation et de préparation prévoyante. Mais le jeu en vaut amplement la chandelle, pour la beauté des jeux d’ombres sur les montagnes sauvages à l’infini et les campements dans les profondeurs de la nature, sans âme qui vive aux alentours. Si vous n’êtes pas encore confiant sans petites roues, le trajet peut être divisé en sections plus courtes. Les débutants peuvent également s’entraîner dans la vallée de Shenandoah toute proche, où la Bicycle Coalition pourra vous aider à vous lancer sur des sentiers de forêt plus modestes en Virginie.

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Hébergement durable : Grootberg Lodge en Namibie

Le Grootberg Lodge est un hôtel luxueux et à faible impact environnemental en Namibie, et participe à la préservation des lions et des rhinocéros noirs en responsabilisant les communautés locales. Situé sur le magnifique plateau d’Etendeka, il est le premier complexe touristique appartenant aux habitants dans le Damaraland, en Namibie. Bâti en matières naturelles et alimenté à l’énergie solaire, cet hébergement de luxe se fond tout simplement dans le paysage de la vallée de la rivière Klip. Grâce à sa vue sur les 12 000 hectares qui constituent le délicat Conservatoire de ≠Khoadi-//Hoas, les clients de ce complexe verront souvent des Calaos leucomèles planer au-dessus des mesas de basalte (montagne au sommet plat) ou apercevront des Steenboks qui broutent dans les basses prairies de la vallée, en dessous.
 

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Le Grootberg Lodge et sa vue sur la Klip River Valley

Aux portes d’un paysage si sensible, Grootberg Lodge est motivé par la durabilité. Il est économe en énergie et sa méthode de conservation de l’eau a été mise au point avec les habitants locaux. Mais la plus grande initiative du complexe est sa politique d’emploi ciblé, pour créer des emplois qui diminuent spécifiquement l’impact des humains sur la faune namibienne. L’hôtel emploie environ 70 personnes et a réussi à transformer des braconniers en protecteurs et à offrir des opportunités d’emplois dans l’économie au sens large. C’est une très bonne chose non seulement pour la faune, car le rhinocéros noir et l’impala à face noire ont été réintroduits, mais aussi pour la population, car on compte plus de femmes dans le monde du travail que jamais auparavant.
 
En plus de l’augmentation régulière des chances de voir des animaux sauvages, si les clients aperçoivent un lion, une panthère, un léopard, un chat sauvage, un caracal ou une hyène tachetée, l’hôtel approvisionnera son Fonds Prédateurs, qui indemnise les fermiers si leur bétail est tué par un prédateur, et réduit ainsi le conflit entre humains et animaux. Le complexe protège aussi les rhinocéros noirs des braconniers. Les clients peuvent découvrir ces avancées grâce à une visite informative et mouvementée sur des terres rocailleuses, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. Après avoir recensé zéro cas de braconnage en deux ans, cette partie du Damaraland abrite le plus grand groupe de rhinocéros noirs en liberté au monde. Grootberg Lodge est maintenant crucial pour faire de la Namibie une pierre précieuse sur la couronne de l’Afrique.

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Trophée des îles durables : Palaos

Une décennie de politiques progressistes, de mesures de protection et d’engagement des visiteurs ont placé l’archipel immaculé des Palaos à la pointe de la durabilité écologique ! Éparpillées aux confins de l’océan Pacifique, à des centaines de kilomètres du pays le plus proche, les 576 îles de sable blanc qui constituent cet archipel tropical font partie des plus remarquables au monde.  En se prélassant loin de tout, on pourrait croire que cette nation insulaire, vénérée par les plongeurs et les amoureux des plages ensoleillées, est un paradis à l’état pur. Mais la montée des eaux et l’impact écologique de leur transition d’une économie de subsistance à une économie reposant sur le tourisme ont fait courir des risques aux Palaos. Aujourd’hui, ils se construisent un avenir plus durable.
 
Depuis dix ans, les Palaos mettent en œuvre des mesures de protection afin que leur riche biodiversité, leur faune endémique et leur héritage culturel unique survivent pour les générations futures. En 2009, ils ont créé le premier refuge pour requins au monde, qui a transformé 80 % des eaux nationales en réserve marine, et ont été le premier pays à interdire la crème solaire nocive pour les coraux. La splendeur volcanique du Lagon du sud des îles Chelbacheb, composé de 445 îlots couverts de forêts et de lacs marins turquoise, a été inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 2012, et les Palaos ont utilisé l’argent reçu à cette occasion pour mieux protéger la faune sauvage des îles.
 

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Le tourisme représente environ la moitié du PIB des Palaos et est essentiel à sa survie, mais le pays espère qu’attirer plus de visiteurs de qualité allégera la pression sur ses ressources naturelles. À son arrivée, il est demandé à chaque visiteur de signer l’Engagement des Palaos, un contrat social qui indique que le voyageur adoptera un comportement écologiquement responsable durant son séjour. Et les habitants des îles constatent déjà des résultats positifs, mais ce sont les démarches éducatives qui seront peut-être les plus importantes. Les décideurs ont ajouté le dérèglement climatique, les questions environnementales et le tourisme durable aux programmes scolaires, armant les nouvelles générations des outils nécessaires aux Palaos pour rester l’un des pays les moins abîmés sur Terre. « Les Palaos sont un exemple de durabilité car les habitants suivent les décisions et règlements du gouvernement, se félicite Beau Sawaichi, guide de plongée sous-marine, Palaos. Les touristes s’engagent également, donc ils savent dès le début qu’ils doivent aussi prendre soin de l’environnement tout en en profitant. De cette façon, ils pensent aux générations futures. » 

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Séjour en ville durable : Göteborg en Suède

Avec l’ambition de ne plus dépendre des énergies fossiles d’ici 2030, les germes verts de la durabilité poussent déjà vite à Göteborg, la deuxième ville de Suède.  Mais les Suédois n’aiment pas se vanter, donc on va le faire à leur place : Göteborg mérite d’être acclamée. Constamment en tête du Global Destination Sustainability Index, 95 % de ses hôtels sont certifiés verts, 97 % de ses transports publics roulent aux énergies renouvelables, et les écolabels sont exhibés comme de grandes récompenses dans les restaurants de la ville.
 
Évidemment, cela n’a pas toujours été ainsi. Il a fallu des dizaines d’années au port usé par le sel pour se transformer en centre de l’innovation. De vieux entrepôts connaissent une renaissance en tant que food hall, des chaufferies deviennent des galeries d’art et des abattoirs se font caves à vins urbaines. Les entrailles de son passé industriel deviennent soudain des toiles vierges sur lesquelles peindre de nouvelles idées.  Cet attrait grandissant a provoqué une nette augmentation de la population de Göteborg, qui devrait gonfler d’un tiers dans les 15 prochaines années. Heureusement, pour son 400è anniversaire en 2021, la ville s’est offert un nouveau parc public qui illustre l’engagement de Göteborg pour l’accessibilité. Au Jubileumsparken, tout le monde peut se baigner dans la piscine, bronzer sur la plage artificielle ou faire pousser des légumes dans le jardin urbain, gratuitement. En plus de cela, on y trouve un impressionnant sauna fait de 12 000 bouteilles en verre.
 

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Liseberg Park

Vous préférez faire du shopping sans culpabiliser ? Göteborg est fière de compter des marques durables comme Nudie Jeans, dont les pantalons sont vendus avec une garantie de réparations gratuites à vie. Une autre boutique de slow-fashion, Thrive, ne propose que des marques qui paient un salaire décent à leurs employés, utilisent des matières non-toxiques et, quand même, fabriquent des vêtements stylés. Choisissez pour votre séjour, comme QG, l’une des 1 200 chambres des Gothia Towers, le plus grand hôtel d’Europe auquel le BREEAM, évaluateur de durabilité, a donné la note « très bien ». Vous pourrez y boire des cocktails sucrés au miel du rucher, manger des repas préparés grâce au jardin sur le toit et vous prélasser dans le spa au 20è étage, alimenté par l’énergie éolienne. En plus, l’hôtel est situé juste en face du parc d’attraction Liseberg, le plus grand de Scandinavie. « Liseberg est vraiment génial, assure Katarina Thorstensson, stratégiste durabilité de Göteborg. Toutes les attractions sont alimentées par l’énergie éolienne renouvelable et il y en a une, Loke, qui économise même de l’énergie en se balançant ! »

 



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