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Voyage responsable

À quoi pourrait ressembler un redémarrage durable du tourisme ?

Texte par

John Walton (traduit de l'anglais par Vincent Guilluy)

Mis à jour le : 14 octobre 2020

Carte

Le virus du COVID-19 va changer à jamais le voyage – et nos modes de déplacement. Tandis que le monde affronte la crise du coronavirus, comment pouvons-nous nous préparer à la crise climatique qui la suit de très près ? Journaliste spécialisé dans l’aviation, John Walton nous livre quelques réflexions sur ce que nous pouvons faire pour des voyages plus verts et plus durables.

Dès que les confinements, quarantaines et autres restrictions liés au COVID-19 seront levés, je sais que je serai plus qu’impatient de recommencer à voyager. Mais nous sommes de plus en plus nombreux à réaliser que le monde que nous aimons explorer est fragile, et qu’il est primordial de le préserver tandis que nous le visitons.
Les vacances écoresponsables sont une industrie à part entière, et c’est une bonne chose. Mais au delà de la yourte écologique – et j’aime beaucoup les yourtes écologiques – il y a des choix que nous pouvons tous faire pour diminuer notre contribution au dérèglement climatique dès que nous recommencerons à voyager.

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Beaucoup de vieux avions ne redécolleront pas

De nouveaux avions avec moins d’émissions

Pour la plupart des voyageurs partant en vacances en avion, c’est ce voyage-là qui constituera la majeure partie de leur empreinte carbone. Non seulement à cause de la quantité des émissions, mais aussi parce qu’elles se produiront en altitude, ce qui amplifie leur effet.
Les avions récents comme les Airbus A350, A320neo ou A220, ou le Boeing 787, ont réduit leurs émissions d’un quart par rapport aux modèles qu’ils remplacent. Le COVID-19 ayant fait chuter le trafic aérien, bon nombre de ces avions plus anciens ont été mis au rebut et ne voleront plus, et nous embarquerons sur des avions plus récents, moins polluants.

Essayez d’obtenir ces nouveaux avions à la réservation, même si le type d’avion effectivement disponible le jour du voyage n’est jamais garanti. Si on ne vous en propose aucun, contactez votre compagnie aérienne et faites part de votre point de vue. Au delà de cela, on peut faire bon nombre de choix individuels pour minimiser son empreinte carbone personnelle sur l'environnement, une fois à bord : apporter sa propre nourriture, choisir les menus végétariens ou végétaliens, et prendre le moins de bagages possible, par exemple.

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Les trains de nuit font leur retour, notamment en Europe

Choisir un moyen de transport moins polluant

Dans beaucoup de régions du monde, il y a d’excellentes alternatives à l’avion pour les courtes et même les moyennes distances. Ces alternatives ne sont pas seulement moins polluantes, elles sont aussi souvent plus amusantes et offrent en chemin de belles tranches de vie. Les réseaux ferrés à grande vitesse reliant un centre-ville à l'autre offrent d’excellents options, même pour les passagers qui autrefois visitaient plusieurs destinations en un seul voyage.

Les trains de nuit font également leur retour, et de plus en plus de voyageurs découvrent que c’est un moyen de voyager pratique, bon marché et qui fait gagner du temps. Pensez-y, car il circule de plus en plus de trains de nuit, notamment en Europe.
Bien sûr, il peut s’avérer compliqué de trouver, de planifier et de réserver des voyages effectués en train plutôt qu’en avion, et cela nécessite du temps, un peu d’efforts et des ressources. Heureusement, de nouveaux outils et de nouveaux guides sont publiés en ligne quotidiennement.

 

Une meilleure intégration ferroviaire

Les réseaux ferrés restent un des domaines où la coordination reste à améliorer, que ce soit entre deux réseaux de chemin ou de fer ou entre le rail et d’autres moyens de transport. Un exemple : si vous prenez un billet d’avion avec une correspondance, votre compagnie aérienne est (en général) responsable du fait que vous puissiez prendre votre correspondance ou qu’on vous trouve une place sur le vol suivant ; elle vous fournira un hébergement si besoin est. C’est ce qu’on appelle une “correspondance garantie”.
Ces correspondances garanties sont très rares quand on prend le train. En dehors du règlement de la CIV (Convention Internationale pour le transport des Voyageurs) couvrant les billets internationaux en Europe, et qui permet de prendre le train suivant si vous manquez la correspondance à cause d’un retard sur le premier trajet, la chose peut être très compliquée et vous n’avez aucune garantie d’obtenir une place.

Mais il n’y a pas que les correspondances ferroviaires qui ont besoin d’être améliorées. Les billets combinés train-avion, de plus en plus souvent proposés, comportent généralement une clause dédouanant la compagnie aérienne de toute responsabilité en cas de retard sur la partie ferroviaire de votre voyage. Ainsi, Lufthansa’s Rail&Fly service, en coopération avec la Deutsche Bahn, précise : “Chaque passager est responsable de l’heure à laquelle il arrive à l’aéroport. Lufthansa ne pourra être tenue pour responsable d’un vol manqué à cause de l’arrivée tardive d’un bus ou d’un train.”
Globalement, c’est à l’industrie du voyage de rendre plus facile aux voyageurs les choix écoresponsables.

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Plusieurs grandes villes travaillent à faciliter les déplacements à vélo, mais on peut en faire plus

Faciliter la marche et le vélo

Voir toutes ces villes mettre en avant le vélo et la marche à pied pour faciliter la circulation de leurs habitants durant la crise du coronavirus a été une excellente chose. Mais en voyage, il peut être plus difficile de trouver un réseau intégré, notamment de vélo. L’accès aux locations de vélos à court et moyen terme est souvent compliqué pour le visiteur, et sans vouloir entrer dans l’éternel débat sur l’obligation ou non de porter un casque, en proposer un à ceux qui souhaitent en porter n’est pas encore chose très courante.
Certains programmes de vélo-partage des grandes villes ont commencé à le faire, mais les hébergements ont aussi beaucoup de travail à faire dans ce domaine. C’est surtout vrai des hôtels, qui sont en très bonne position pour réduire l’impact environnemental de leurs clients, qu’ils décident de créer leur propre système de location/prêt de vélos ou qu’ils s’associent avec une entreprise locale chargée de s’en occuper. Les sites de réservations, quant à eux, peuvent faire plus pour signaler ces options, ou même les proposer comme filtres de choix.

Les voyages sont importants parce qu’ils ouvrent l’esprit, qu’ils nous montrent d’autres manières de vivre et nous font découvrir d’autre parties de notre planète commune, et peuvent être essentiels au développement mondial. Mais plus que jamais, il est vital de rendre le voyage plus responsable et plus durable.



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