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Fès : Histoire

Chronologie de Fès

En 789, Idriss Ier, qui fonda la première dynastie impériale du Maroc, estima Oualili (Volubilis) trop petite et dessina les plans d’une nouvelle grande capitale. Il mourut avant sa mise en œuvre et l’on attribue souvent la création de Fès à son fils, Idriss II, qui exécuta les volontés de son père. La mémoire d’Idriss II est perpétuée dans sa zaouïa (tombeau, ou sanctuaire religieux), au cœur de Fès el-Bali.
La cité fut d’abord une modeste bourgade berbère, puis 8 000 familles fuyant Al-Andalus vinrent s’installer sur la rive est de l’oued Fès. Elles furent rejointes plus tard par des familles arabes de Kairouan (Qairaouan), dans l’actuelle Tunisie, qui investirent la rive ouest et créèrent le quartier Karaouine. Les traditions de ces deux populations formèrent un socle solide pour la future richesse religieuse, culturelle et architecturale. Les héritiers d’Idriss II divisèrent le royaume, mais Fès continua de prospérer pacifiquement jusqu’au Xe siècle.
Durant les siècles suivants, la ville se développa ou déclina au fil des dynasties. La guerre civile et la famine, provoquées par des invasions berbères, cessèrent avec l’essor des Almoravides. Lorsqu’ils perdirent le pouvoir vers 1154, ceux-ci s’enfuirent de Fès après en avoir détruit les remparts. La nouvelle dynastie des Almohades ne les fit reconstruire qu’une fois certaine de la loyauté des Fassis ; de larges pans datent encore de cette époque.
Fès demeura un carrefour stratégique, exerçant une importante influence culturelle plutôt que politique. La mosquée et l’université Karaouine en faisaient le centre éducatif et culturel d’un empire qui s’étendait de l’Espagne au Sénégal. Cependant, la ville ne retrouva son importance politique qu’à l’avènement de la dynastie des Mérinides, vers 1250.
Au XIXe siècle, alors que le pouvoir central s’effondrait et que l’ingérence européenne se renforçait, la distinction entre Fès et Marrakech s’estompa, toutes deux tenant le rôle de capitale dans un pays divisé. Fès conserva son statut de capitale “morale” et c’est ici que fut signé le traité instaurant les protectorats français et espagnol sur le Maroc, le 30 mars 1912. Moins de trois semaines plus tard, des émeutes contre les nouveaux maîtres rappelèrent l’esprit rebelle de la ville.
Bien que les Français aient déplacé la capitale politique à Rabat, Fès est restée une circonscription majeure jusqu’à nos jours. 
C’est l’une des cités les plus traditionnelles du Maroc : elle inspire du respect, teinté malgré tout d’une pointe de jalousie, dans le reste du pays. De fait, la majeure partie de l’élite intellectuelle et économique du Maroc vient de cette ville et il est largement admis (surtout par les Fassis) que toute personne native de la médina de Fès est plus pieuse, plus cultivée, plus raffinée et plus douée pour les arts... du reste, que l’épouse du souverain, la princesse Lalla Salma, soit originaire de Fès et que la famille royale y passe énormément de temps sont de grands motifs de fierté pour la ville.

Mis à jour le : 8 avril 2014

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