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Idées de voyage

7 bonnes raisons de (re)découvrir la Tunisie

Texte par

Lauren Keith (traduit de l'anglais par Vincent Guilluy)

Mis à jour le : 25 novembre 2019

Carte

Quand le mercure grimpe et que les stations balnéaires de la côte méditerranéenne font le plein, il reste un endroit où on peut encore trouver un bout de plage sans les foules, se promener seul parmi des ruines romaines, et découvrir dans la même journée les sables du Sahara et celui d’une plage.

La Tunisie réclame les touristes. Le plus petit pays d’Afrique du Nord est souvent resté dans l’ombre de ses voisins, et dans celle de sa propre histoire. L’industrie touristique du pays s’est effondrée en 2015 à cause d’une série d’attaques terroristes, alors qu’elle était déjà mal en point après les révolutions du Printemps Arabe de 2011. Après une révision de sa politique sécuritaire, le Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth britannique a assoupli ses recommandations pour visiter le pays en juillet 2017, puis en juin de l’année dernière.
Lonely Planet est revenu en Tunisie pour la première fois depuis près de dix ans, a mis à jour toutes ses informations sur le pays et l'a même classé dans son Best of 2020. Ce que nous avons vu nous a épaté. La Tunisie se cache à la vue de tous, et reste ignorée de beaucoup de touristes. Voilà pourquoi nous pensons qu’il est temps d’y retourner.

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Choisissez votre bout de plage : la côte tunisienne est longue d’un millier de kilomètres

Soleil, mer et sable

Ce qui était le premier atout du pays pour les visiteurs du passé a gardé son importance, et beaucoup de touristes vont s’allonger avec plaisir pendant quelques semaines sur une des plages de sa côte méditerranéenne, longue de mille kilomètres. Le pays bénéficie de tant de plages de sable que sur une bonne partie d’entre elles, on y voit plus de pêcheurs et de bergers locaux que de draps de plage, notamment sur les plages sauvages autour du Cap Bon. Si le Cap Bon et la côte est tunisienne comptent beaucoup de resorts, ça ne signifie pas qu’ils sont envahis de chaises longues et de parasols réservés à leurs clients, comme c’est le cas de l’autre côté de la Méditerranée. Au delà du dernier mur de l’hébergement le plus méridional de Hammamet, une superbe étendue de sable sauvage s’étend à l’horizon, libre et accessible à tous.

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Détendez-vous dans un café de carte postale à Sidi Bou Saïd, tout près de Tunis

Tunis, la capitale photogénique du pays

La capitale tunisienne est bien plus calme que ses homologues nord-africaines, et même les sollicitations qui se détachent du tintamarre des ruelles entrelacées de la médina de Tunis, classée par l’Unesco, ressemblent plus à des propositions honnêtes qu’à du harcèlement de rabatteur. Dans cette médina, les portes bleues, jaunes ou vert vif ouvrent sur des demeures secrètes, sur des restaurants ornés de carrelages ravissants. Tunis compte aussi un des plus épatants musées au monde, le Bardo, avec des milliers de mosaïques de l’époque romaine et d’autres trésors archéologiques découverts dans tout le pays. Plus au nord, des vestiges historiques ont été laissés sur place pour qu’on puisse les admirer, sur l’imposant site de Carthage. Prenez le train pour aller, quelques arrêts plus loin, à Sidi Bou Saïd, village au sommet d’une falaise, équivalent maghrébin de Santorin en Grèce, un des lieux les plus photogéniques du pays. Sa palette caractéristique de bleus et de blanc et ses rues pavées étroites et sinueuses en ont fait un lieu très prisé des artistes, d’hier et d’aujourd’hui.

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Les temples consacrés aux dieux romains Jupiter, Junon et Minerve, sur le site archéologique de Sufetula

Ruines romaines superbes et solitaires

Aux yeux de la Rome antique, la Tunisie actuelle était l’Afrique : c’est le nom qu’ils ont donné à ce petit affleurement rocheux plongeant dans la méditerranée. L’Afrique romaine était le grenier de l’empire, et envoyait par la mer olives et grains, profitant largement de ce commerce. Des ruines de riches villes anciennes étonnamment bien conservées parsèment tout le paysage, du théâtre enchanteur planté sur les montagnes de Dougga, avec une vue imprenable depuis les gradins, aux temples presque encore intacts consacrés aux dieux romains à Sufetula ou à l’imposant amphithéâtre d’El Jem, aux dimensions presque équivalentes à celles du Colisée de Rome, le cœur même de l’empire. Les ruines romaines en Tunisie sont aussi belles (plus, même, serait-on tenté de dire) que celle de l’Italie. Et on peut les visiter pour beaucoup moins cher – et avec beaucoup moins de touristes.

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Le Sud tunisien a servi de décor à quatre épisodes de Star Wars

Allez voir le décor de Star Wars, dans le Sud saharien tunisien

Les paysages désertiques austères de la Tunisie semblent sortis d’une autre planète mais en fin de compte, cette galaxie lointaine, très lointaine est bien plus proche qu’on ne l’aurait cru. Le réalisateur George Lucas n’a pas changé grand-chose au désert du Sud tunisien lorsqu’il s’en servit pour décor de ses premiers Star Wars. Tatooine, le foyer des Skywalker, doit directement son nom à Tataouine, la ville tunisienne, et les manteaux aux capuches pointues portés par de nombreux personnages sont des djellabas berbères traditionnelles à peine retouchées. On peut même séjourner dans la maison d’enfance de Luke, à l’hôtel Sidi Driss de Matmata. Quatre des films de la saga Star Wars ont été tournés en partie en Tunisie, et certains décors artificiels sont restés en place, mais on les a laissés aux éléments : la vingtaine de bâtiments en dôme de Mos Espa sont les mieux préservés, et étonnamment presque intacts. N’oubliez pas votre sabre-laser !

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Kairouan est un haut lieu de pèlerinage pour les musulmans

Un pays de culture

Sur un petit territoire, la Tunisie a une culture très riche. Kairouan est une des villes saintes de l’Islam, un peu après la Mecque et Jérusalem, et des tapis colorés couvrent le moindre espace du sol de sa Grande Mosquée, du IXe siècle, dont les colonnes ont été récupérées dans des villes romaines et byzantines. L’île de Djerba est une des dernières, et aussi une des plus anciennes, enclaves de Juifs en Afrique du Nord. L’étonnante synagogue d'El Ghriba est le pont de rendez-vous du pèlerinage annuel de Lag B'Omer, chaque année en mai. Des milliers de Juifs du Maghreb et au delà viennent y commémorer la mort d’un rabbin avec des prières, des chants et des danses. Au cœur du pays et dans le Sahara, on peut aussi découvrir la culture berbère. Impressionnants, les villages berbères “abandonnés ” du centre de la Tunisie, tous disposés au sommet de montagnes, ont été laissés aux éléments après que leurs habitants furent descendus dans les plaines où l’accès aux fermes et aux routes est plus aisé. Certains résidents entreprenants tentent de redonner vie à ces villages abandonnés, notamment à Takrouna, d’où on peut contempler l’horizon en buvant un café turc à la fleur d’oranger, au café Le Rocher Bleu.

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Relique de l’ère romaine, devant une mosaïque d’un ancien palais ottoman, au musée du Bardo de Tunis

Un lieu d’histoire

La Tunisie a joué un grand rôle dans l’histoire méditerranéenne, et a souvent été le champ de batailles menées par d’autres. Vers 1100 av. J.-C. le puissant empire phénicien s’installa à Carthage, où des ruines sont encore visible ; la ville finit par tomber, après une succession de guerres dévastatrices. Les Romains se déclarèrent vainqueurs et ne tardèrent pas à fonder de superbes cités, comme Sufetula et Uthina (Oudna), et des avant-postes aux frontières de “leur” Afrique, comme Ammaedara (l’actuelle Haïdra). Malgré les reconstructions byzantines et les destructions des Vandales, ensuite, une bonne partie de l’œuvre des Romains a survécu. Puis les Arabes envahirent le pays au VIIe siècle, et les tribus berbères indigènes le reprirent quelques siècles plus tard.

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Les dars tunisiens, semblables aux riads marocains, sont un des points forts d’un séjour dans le pays

Les strates plus récentes de l’Histoire sont également visibles, des décors immaculés des chambres des palais ottomans qui sont aujourd’hui au musée du Bardo de Tunis aux impacts de balles visibles dans les villages berbères de Takrouna, où les troupes néo-zélandaises résistèrent aux nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Les manifestations de Sidi Bou Zid furent à l’origine du Printemps Arabe qui souleva toute la région. Aujourd’hui, un simple monument couvert de graffitis, la charrette d’un vendeur de fruit, près de la place principale de la ville, nous le rappelle.
 

Dars tunisiens traditionnels

La Tunisie est souvent saluée comme le seul pays où le Printemps Arabe a été une réussite. Si certains contestent l’affirmation, le nombre de pensions traditionnelles qui se sont ouvertes dans tout le pays en est une des victoires indiscutables. Ces dars, équivalents des riads marocains, ne comptent que quelques chambres merveilleusement pleines de cachet, ornées de tissus traditionnels, de céramiques géométriques colorées et de moucharabiehs aux couleurs vives, souvent disposées autour de la cour centrale de la maison. On trouve le plus souvent les dars (mot arabe pour “maison”) dans les médinas des villes, tel le Dar 24, maison du XVIIIe siècle superbement restaurée dans les ruelles tortueuses du cœur de Tunis, ou le chic Dar Antonia, avec sa bibliothèque et son toit-terrasse, à Sousse. Les autres offrent un avant-goût de ce qu’est vraiment la vie à la campagne ou dans les petites villes : au milieu de nulle part, Dar El Henchir, ancienne ferme coloniale française blanchie à la chaux, vous permettra d’être, physiquement et mentalement, loin de tout. Dar Boumakhlouf, au Kef, est un des rares endroits où les visiteurs pourront goûter à une cuisine régionale somptueuse qu’ils ne trouveront pas dans les restaurants locaux.

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Beaucoup de pays ont aujourd’hui cessé de déconseiller la Tunisie à leurs touristes

Peut-on visiter la Tunisie en sûreté ?

Le Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth considère que la sécurité en Tunisie s’est suffisamment améliorée pour assouplir deux fois, dans les douze derniers mois, ses avertissements aux touristes. Après l’attentat terroriste de 2015 sur une plage touristique de Sousse, les mesures de sécurité ont été renforcées dans tous les hôtels de la côte, la police patrouille les plages et les voitures sont fouillées à chaque passage par l’entrée d’un resort. Mais toutes les régions du pays ne sont pas considérées comme sûres, notamment le long de la frontière sud avec la Lybie, et près du parc national de Jebel Chaambi dans l’ouest : lisez impérativement les recommandations de votre gouvernement avant de partir.


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