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Où partir en 2021 ?

Vers plus de diversité dans le voyage

Texte par

Lonelyplanet.com

Mis à jour le : 25 novembre 2020

Carte

Tout le monde a sa propre histoire à raconter. Au fil de nos rencontres et de destinations parcourues, voici une mosaïque d’histoires et de parcours qui nous ont inspirés à travers le monde. Et les 10 lauréats les plus exaltants sont…
 

Une nouvelle voix qui monte : Gabby Beckford

Après le succès de son blog, Packs Light, Gabby Beckford a créé le Young Traveler’s Network et cofondé la Black Travel Alliance pour donner à la génération Z des outils pour découvrir le monde et rendre les Noirs plus visibles dans l’industrie touristique.
“Quand il s’agit de se renseigner, la génération Z est aussi efficace que le FBI”, déclare la fondatrice de Packs Light, Gabby Beckford. Elle pense que cette génération est plus susceptible de se documenter sur l’impact environnemental de ses voyages que les précédentes. “Ils prennent le temps de faire cet effort. C’est une génération bien plus volontariste.”
 
Gabby est bien placée pour le savoir. Après avoir visité l’Islande lors de son premier voyage en solo à l’âge de 17 ans, puis avoir été étudié à l’étranger, à Dubaï, cette voyageuse qui a grandi en Virginie trouvait qu’il manquait de médias directement tournés vers sa classe d’âge ; elle a donc transformé son blog, Packs Light, “un journal personnel, qui ne parlait que de moi ” en source d’infos sur les voyages pour aider les jeunes à visiter le monde. Avec un effet certain. “Il y a partout des jeunes qui veulent voyager et discuter avec des personnes de leur génération, afin de pouvoir poser des questions et échanger d’égal à égal, sans être en position d’infériorité,” dit Gabby, 25 ans. Pour nourrir ces conversations, Gabby a lancé un Young Traveler’s Network sur Facebook, encourageant les voyageurs de 16 à 26 ans à se connecter directement les uns aux autres.
 


“On voit que la génération Z voyage surtout pour la convivialité, pour en apprendre plus sur elle-même, pour s’améliorer, pour découvrir ou pour des raisons d’identité,” dit Gabby. Sur sa propre plateforme, son blog, elle met en avant ces voix en présentant quelques-uns des 900 membres de son groupe Facebook. Gabby souhaite également développer la représentation des jeunes voyageurs noirs. “Dans les médias, les Noirs sont souvent représentés dans un contexte de lutte, dit-elle. Mais je pense qu’il est tout aussi important de voir des Noirs, femmes et hommes, dans le cadre du voyage de luxe, dans celui du voyage à petit budget ou du tourisme de plein air. C’est extrêmement important parce que nous sommes des êtres humains et que nous aimons toutes ces choses ‘normales’.”
 
Pour faire progresser la visibilité des Noirs dans l’industrie touristique, Gabby a récemment cofondé la Black Travel Alliance, avec 17 autres créateurs de contenu noirs, en espérant donner plus de portée à leur voix. “Je suis une des plus jeunes voix noires dans le tourisme, dit-elle. Il était important pour moi de faire partie de cette Alliance, et d’être une des voix de la génération Z – parce que nous représentons le futur.”

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Une destination accessible à tous : le Costa Rica

De l’exploration des forêts humides luxuriantes ou des plages de sable blanc à la diversité des activités adaptées telles que le surf ou la tyrolienne, les lois sur l’accessibilité du Costa Rica sont strictes et font du pays un paradis pour les usagers en fauteuil roulant. Alliant épaisses forêts vierges humides et volcans fumants, plages de sable coquillier rose et doux et villes à la superbe architecture coloniale, le Costa Rica a vraiment tout pour lui. La loi interdisant la discrimination envers les personnes à handicap obligeant hôtels et lieux publics à un certain degré d’accessibilité, c’est aussi une merveilleuse destination pour les personnes à mobilité réduite.

Les voyageurs handicapés peuvent profiter de presque tout ce qu’offre le pays sans difficulté ou presque. Des sentiers aménagés traversent bon nombre des forêts humides du pays. Le parc national Carara et le parc national du volcan Poás disposent de sentiers praticables par tous, et donnent à ceux qui sont en fauteuil l’occasion de voir paresseux, toucans et dendrobates de près.

Le frisson accessible est également au menu local. Plusieurs agences proposent des tyroliennes adaptées, notamment à La Fortuna, où des harnais spéciaux emportent en toute sécurité les usagers en fauteuil roulant par-dessus la cime des arbres et tout près de la chute d’eau éponyme de la région. Le surf adapté est également proposé dans des villes comme Puntarenas, où fauteuils roulants conçus pour la plage et assistants aideront chacun à prendre la prochaine vague.

Dans les terres, les villes du Costa Rica offrent une expérience plus traditionnelle du tourisme aux voyageurs à mobilité réduite. La plupart des musées, des marchés et des restaurants sont accessibles aux fauteuils roulants, notamment dans la capitale, San José. Il reste encore à faire à l’intention des voyageurs en fauteuil roulant indépendants, particulièrement en matière d’accès aux trottoirs et aux bus, mais ce pays remarquable a fait de grands pas en avant pour les voyageurs de toutes conditions.
“Le Costa Rica est la meilleure destination pour les voyageurs avec handicap parce que ses habitants sont toujours désireux d’aider, d’apprendre et de faciliter votre visite quand ils le peuvent. Le slogan pura vida (“la vie est belle”) est une réalité.” affirme Stephanie Sheehy, dirigeante d’Il Viaggio Travel, spécialiste des voyages accessibles à tous au Costa Rica
 
 

Une destination pour toutes les générations : El Hierro

Lointain, paisible, ce joyau des îles Canaries baigné de soleil offre une escapade écologique dont vous tomberez amoureux, quels que soient vos goûts et votre âge. Des pins d’un vert électrique qui habillent des parois abruptes, des piscines naturelles pleines d’une eau de mer scintillante qui vous attendent au bout de routes étroites et sinueuses, de vastes paysages volcaniques qui semblent d’un autre monde  : les nombreux charmes d’El Hierro offrent un voyage inoubliable à toutes les générations.
 
En plein Atlantique, au large de la côte ouest de l’Afrique, El Hierro est une île souvent (injustement) délaissée des Canaries. C’est la deuxième de l’archipel par sa petitesse. Aujourd’hui, les Espagnols parlent de plus en plus de ce bout de rocher sauvage et le nombre de visiteurs étrangers à la recherche d’une escapade dans la nature unique, magnifique et délicieusement paisible, croît lentement. Ici, le tourisme est raisonné, responsable, et on y trouve de quoi satisfaire toute la famille.
 

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Des sentiers de randonnées déserts sinuent entre points de vue superbes et plages de galets solitaires, franchissent des parois assez abruptes pour faire frissonner ou traversent une laurisilva (forêt subtropicale humide) digne d’un conte de fées. Certains des plus beaux spots de plongée d’Europe vous attendent dans la réserve marine abritée de Mar de las Calmas, tandis que les séances de parapente, en survol du plateau central de l’île, attirent les amateurs d’émotions fortes. Les plus jeunes adoreront le snorkeling, le kayak et les rencontres avec le lézard géant d’El Hierro, une espèce menacée, tandis que la viticulture en plein essor offrira, aux adultes bien sûr, une délicieuse surprise avec des cépages peu courants cultivés sur les coteaux abrupts.
 
En parcourant El Hierro, vous découvrirez d’intéressants fragments d’histoire et de folklore, tels le Garoé, ou Arbre saint (dont on disait qu’il produisait miraculeusement de l’eau), la chapelle à flanc de montagne où repose le bien aimé saint patron des îles ou encore le phare d'Orchilla, délicieusement isolé, à l’extrémité sud-ouest de l’Espagne. El Hierro est un Géoparc protégé par l’Unesco depuis 2014, lorsque fut lancé le plan pour en faire la première île entièrement alimentée par des énergies renouvelables au monde. Atteindre cette petite portion d’Espagne lointaine et protégée (via Tenerife ou Gran Canaria) demande un peu d’efforts supplémentaires, que son âme douce et généreuse justifie amplement.

“Sur l’île volcanique d’El Hierro, le temps s’arrête chaque jour et fait place à une symphonie de contrastes, de couleurs, de sons et de sensations qui enrichissent l’âme et le cœur. C’est la première île du monde qui vise à ce que 100 % de son énergie provienne de sources renouvelables. C’est une île où, parmi ses dix-mille habitants, personne n’est un étranger.” Pablo Rodríguez Cejas – enseignant et psychologue éducatif à El Hierro.

La meilleure cuisine autochtone : Hiakai, Wellington, Nouvelle-Zélande

En Nouvelle-Zélande, dans la capitale Wellington, Monique Fiso, chef de grande réputation, s’attache à faire des produits indigènes et de la cuisine autochtone un objet de fierté pour les Kiwis. Qu’ils glanent des produits indigènes uniques tels que mamaku (une fougère arborescente) ou paua (un coquillage local), ou qu’ils cuisinent dans un hāngi (four d’argile) traditionnel, les peuples maoris d’Aotearoa (la nouvelle-Zélande) ont des traditions culinaires qui n’appartiennent qu’à eux.
 
Mais ce n’est que lorsque Monique Fiso, chef maori-samoane de 33 ans formée dans les restaurants étoilés au Michelin de New York, est revenue ouvrir son restaurant chez elle, à Wellington, que les ingrédients et les traditions culinaires indigènes ont fait irruption sur la scène gastronomique du pays. Mais un dîner chez Hiakai (“affamé“ en maori), restaurant couvert de prix ouvert fin 2018 après une série d’établissements éphémères, dépasse le seul cadre de la nourriture. En entrant dans l’élégante salle du quartier de Mt Cook, avec ses lambris sombres et ses boxes de cuir couleur chocolat, les dîneurs peuvent s’attendre à une chaude manaakitanga (hospitalité maorie) tout en savourant un menu dégustation qui leur font découvrir non seulement le potentiel des ingrédients autochtones, mais aussi les liens entre ceux-ci et les mythes et légendes maoris.
 


Ainsi, récemment, un menu de sept plats a été consacré à une constellation baptisée Matariki, avec en entrée un plat avec boulettes de kūmara et de miel, boulettes de courge et de gingembre, kimchi de kamo kamo (sorte de courge), nouilles de rutabagas et un kowhitwhiti (cresson) baptisé d’après Papatūānuku, incarnation maorie de la Terre-mère. Si cela vous fait saliver, vous serez heureux d’apprendre qu’il n’est même pas besoin d’aller jusqu’en Nouvelle-Zélande pour goûter à la cuisine maintes fois primée de Monique Fiso, grâce au nouveau livre de cuisine de cette jeune chef kiwi : Hiakai, qui propose 30 recettes à essayer. Mais le vrai Hiakai vaut à lui seul le voyage.

Mais ce sont encore les locaux qui en parlent le mieux ! “En tant que Néo-Zélandais, je suis fier de voir les ingrédients locaux et les traditions culinaires maories célébrés d’une manière aussi inventive chez Hiakai. Parfaits, les employés contribuent à donner vie aux légendes maories qui ont inspiré chaque plat avec leurs talents de conteurs, et ils ont fait de mon dîner ici la plus belle expérience gastronomique.”, assure Callum Cretney, habitant de Wellington.

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Une voix inclusive : Jeff Jenkins, Chubby Diaries

Dans un monde où les stars d’Instagram sont forcément minces et les sièges d’avion de plus en plus étroits, Jeff Jenkins offre dans son blog Chubby Diaries (journal d’un joufflu) des conseils pratiques aux voyageurs de grande taille, tout en boostant leur visibilité. “J’avais visité 24 pays et réalisé que je n’avais jamais croisé personne qui me ressemblait, dit Jeff Jenkins, fondateur du blog Chubby Diaries. J’ai découvert que c’était à cause d’un manque de représentation.”
 
Alors, après des années passées à suivre les fils Instagram de voyageurs maigrichons ou de voir des mannequins filiformes faire la publicité de voyages à la télévision, Jeff a décidé de créer les Chubby Diaries pour montrer à tous que les gens de grande taille voyageaient aussi. Il voulait également proposer idées et renseignements pratiques et recommander des produits aux gens qui lui ressemblaient. Un vrai succès ! Il a maintenant 27 000 abonnés sur ses réseaux sociaux. Et son riche mélange de photos vivantes, de vidéos percutantes tournées en voyage, de blogs passionnants et de listes de ressources utiles pour les usagers de grande taille l’ont aidé à atteindre une audience de 1,8 million de personnes. De plus, le tout a un impact positif sur les voyageurs XL.
 


“Je suis allé en Afrique du Sud pour plonger parmi les grands requins blancs, et il faut une combinaison pour cela, dit Jeff. J’ai consulté le site Internet de l’agence et compris qu’ils n’auraient pas ma taille.” Il a donc décidé d’acheter sa propre combinaison, ce qui a poussé le centre de plongée à proposer par la suite aux visiteurs des combinaisons de plus grande taille. Jeff a maintenant dans son viseur de plus grands harnais pour les tyroliennes et des excursions mieux adaptées aux personnes de grande taille, de même qu’une discussion sur les tarifs des sièges d’avion. Les lecteurs y trouveront aussi des guides touristiques pour les voyageurs XL ainsi que les réflexions honnêtes et sincères de Jeff sur la vie en voyage.
 
“C’est comme si les gens écartaient l’idée qu’ils sont de grande taille quand ils partent en voyage, dit Jeff sur le sujet de l’inclusion. Mais aujourd’hui, il y a une prise de conscience et nous faisons bouger les choses. Nous avons donné aux voyageurs de grande taille la conscience qu’ils existent en tant que tels.”

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Des circuits inclusifs : Wheel the World

L’agence de voyage californienne Wheel the World permet aux personnes handicapées d’explorer le monde sans limite en proposant des voyages accessibles à tous vers plus de 30 destinations. Ascension du Machu Picchu ou chute libre au-dessus de Santiago, Wheel the World réinvente le voyage et les loisirs pour les personnes handicapées. Ce faisant, l’agence permet à ceux ayant des besoins physiques supplémentaires de réaliser le voyage de leurs rêves, celui qu’ils pensaient ne pas pouvoir accomplir.
 
La société a été créée en 2018 par deux Chiliens, Alvaro Silberstein et Camilo Navarro, après qu’ils se furent installés aux États-Unis pour s’inscrire dans une école de commerce. Alvaro est devenu usager de fauteuil roulant à l’âge de 18 ans, après un accident de voiture qui l’a laissé tétraplégique, et c’est sa propre bougeotte qui lui a insufflé sa nouvelle passion : rendre les voyages accessibles à ceux qui font face aux même genres de défi que lui. Le rêve d’Alvaro était de visiter le Parque Nacional Torres del Paine, en Patagonie, mais comme beaucoup d’autres destinations dans le monde, son inaccessibilité le lui interdisait. Alvaro et Camilo se mirent alors en quête d’hébergements et de moyens de transports accessibles, pour voir s’il était possible de réaliser leur souhait de voyager ensemble.
 

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Ils découvrirent la Joëlette, un fauteuil roulant léger conçu exprès pour les terrains difficiles, qui leur permit d’accomplir le trek W, randonnée de cinq jours sur le plus célèbre itinéraire de Torres del Paine. Ils immortalisèrent leur incroyable aventure par des vidéos et des photos, dans l’espoir d’inspirer d’autres voyageurs, et des centaines de personnes avec handicap désireuses de faire comme eux les contactèrent. Cette impulsion allait donner naissance à Wheel the World, qui propose maintenant des voyages et des excursions de plusieurs jours accessibles à tous vers plus de 30 destinations dans 15 pays différents.
 
"Je n’aurais jamais cru pouvoir aller à San Pedro car ma sclérose en plaques avait beaucoup avancé, mais les gens de Wheel the World sont géniaux et ils sont formés à travailler avec des clients handicapés et nécessitant des équipements particuliers, explique Karina Grunwald, cliente de Wheel the World qui a visité San Pedro de Atacama. Ils nous ont emmenés sur tous leurs circuits, en me laissant la possibilité de changer de programme si j’en ressentais le besoin, en étant assez patients pour suivre mon rythme – lent – et en faisant plus de pauses pour que je ne m’épuise pas.

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Prix pour une voix des LGBTIQ+ : Karl Krause et Daan Colijn, Couple of Men

En partageant avec nous leur vie et en donnant des conseils sur les destinations accueillant bien les LGBTIQ+, les fondateurs de Couple of Men, Karl Krause et Daan Colijn, cherchent à offrir inspiration et motivation aux voyageurs LGBTIQ+. “Nous adorons visiter et découvrir la planète mais il faut que nous, ainsi que celles et ceux qui nous suivent, sentions que c’est possible en toute sécurité dans un monde qui n’accepte pas toujours la communauté LGBTIQ+” disent Daan Colijn et Karl Krause, les fondateurs de Couple of Men, dans une interview croisée.
 
Karl, l’Allemand, et Daan, le Néerlandais, se sont rencontrés et sont tombés amoureux il y a sept ans à Berlin. Ils ont mis à profit leurs expériences d’hommes gays, de nationalité et de milieu social différents, pour partager leurs voyages. Quand ils se sont rencontrés, Karl avait déjà beaucoup bourlingué, en tant que voyageur ouvertement gay, et a donné à Daan envie de découvrir d’autres culture et de voir le monde. Leurs premiers voyages ensemble les ont menés au Viêt-Nam, au Japon et en Islande. Un de leur meilleurs souvenirs est la visite du Machu Picchu, main dans la main. Ils ont créé leur blog pour inspirer d’autres voyageurs gays et LGBTIQ+ à visiter des endroits sûrs et amusants permettant de passer d’excellentes vacances, sans être traités différemment et sans être jugés pour ce qu’ils sont.
 


Avec un contenu intelligent et des photos fabuleuses, leur blog est une mine de renseignements sur les destinations, les hébergements, les restaurants, les bars, les activités et les excursions LGBTIQ+-friendly. Basés aujourd’hui à Amsterdam, Karl et Daan font briller dans tous leurs posts leur relation joyeuse et aimante, et partagent avec leurs abonnés des aspects intimes de leur vie, comme cette charmante histoire où Karl raconte comment il est devenu père d’un garçon et d’une fille. 
 
Avec plus d’un million de visiteurs, Couple of Men vise également, en tant qu’ambassadeurs des LGBTIQ+, à éduquer l’industrie du tourisme. “Nous pensons qu’elle devrait être plus inclusive et se préoccuper davantage de la diversité de notre communauté, disent-ils. Le simple fait d’ajouter la mention LGBTIQ+ devant une excursion, une croisière ou un hôtel pensé pour accueillir des homosexuels mâles ne signifie pas que vous répondez réellement aux besoins et aux souhaits d’une communauté plus diverse que ça. Nous voudrions voir un éventail plus large d’excursions, d’hôtels ou d’activités, visant d’autres niches, et qui soient ouverts à celles et ceux qui se sentent appartenir à cette communauté.”

L’histoire méconnue : Gullah et Geechee des Sea Islands

L’isolement des Sea Islands, sur la côte sud-est des États-Unis, a permis aux populations Gullah et Geechee de préserver plus qu’ailleurs dans le pays leur héritage culturel africain.  La chaîne d’îles-barrières baptisées Sea Islands s’étend de la Caroline du Nord jusqu’à la Floride. Dans les petits villages de paysans et de pêcheurs de ces îles, les descendants d’esclaves venus d’Afrique Centrale et Occidentale ont préservé un héritage africain unique, considéré comme plus proche de ses origines que dans d’autres populations noires américaines.
 

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Arrachés aux régions rizicoles de l’Afrique de l’Ouest, essentiellement du Sierra Leone actuel, les esclaves furent amenés dans cette région isolée et infestée de moustiques pour leur savoir-faire en matière de culture du riz. On les força également à travailler dans les plantations de coton et d’indigo, mais la forte humidité qui y régnait était propice à la fièvre jaune et à la malaria. Si beaucoup de ces esclaves résistaient à ces maladies, ce n’était pas le cas des esclavagistes, souvent obligés de vivre loin de leurs plantations. C’est cet isolement qui a permis aux Gullah (îliens de Caroline du Nord et du Sud) et aux Geechee (esclaves de Georgie et leurs descendants) de développer et de préserver leur propre culture. “Nous n’avons été influencés par aucune autre culture, assure le Dr. Emory Campbell, historien gullah. Nos îles étaient chaudes, humides et difficiles à atteindre. Elles étaient infestées de moustiques. Elles ressemblaient à des terrains vagues, pendant l’esclavage et après aussi. Les gens qui en avaient les moyens ne restaient pas ici.”.
 
Ils ont forgé une nouvelle langue, un mélange d’anglais et de langues africaines similaire au krio sierra-léonais, et produisaient de l’artisanat africain, des paniers tressés par exemple. Folklore et chants faisaient aussi partie de leur répertoire culturel – la grande chanteuse de gospel-folk Bessie Jones est d’ascendance Gullah-Geechee – mais c’est dans les cuisines des Sea Islands, avec des plats comme le riz au crabe et le purloo de crevettes, que l’influence ouest-africaine est la plus visible. Le vaste Gullah Geechee Cultural Heritage Corridor, qui s’étend sur plus de 31 000 km carrés entre Pender County (Caroline du Nord) et St John’s County (Floride), permet aux voyageurs de découvrir l’héritage de cette région peu visitée, grâce à des sites historiques et des lieux culturels remarquables. 

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Prix de la diversité culturelle : San Diego, Californie

Ville côtière de Californie du Sud, lieu d’accueil d’artistes très divers et haut lieu culturel, San Diego est aussi riche d’expériences que sa population est variée et affiche fièrement sa culture. Les influences des communautés autochtones, espagnoles, mexicaines et américaines qui ont modelé en grande partie l’ouest des États-Unis sont très marquées dans la ville ; on les retrouve dans les croustillantes carnitas de porc, les haciendas en pisé, la culture du surf et du soleil, ou les paniers traditionnels des Kumeyaay.

Ville-frontière moderne, sa diversité est une constante et les minorités composent plus de 59 % de la population totale de la ville. Ajoutez-y un climat tempéré constant, de superbes couchers du soleil, des kilomètres de parcours piétons ou cyclistes et de plages à explorer, et vous comprendrez ce qui donne le sourire aux San Diegans. Prenez Balboa Park. Ces 485 ha verdoyants, à proximité du cœur urbain de San Diego, sont un monde à eux seuls. Avec 17 musées différents, dont le flambant neuf Comic-Con Museum, plus d’une dizaine de jardins (allez voir celui des cactus) et de l’art à la pelle (ne manquez pas le Spanish Village Art Center), visiteurs comme résidents pourraient passer des journées à le parcourir.

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 Balboa Park, San Diego

Ailleurs, la naissance d’une série de quartiers d’art remet en lumière le côté créatif de la ville. Longtemps centre d’art et de culture mexicano-américains, le Barrio Logan tourne autour de Chicano Park, qui fête ses 50 ans en 2020. Les liens anciens entre le parc et le militantisme communautaire, puisque c’était un lieu important de réunion, se voient dans sa collection de plus de 70 peintures murales historiques. D’autres quartiers comme La Jolla (“le bijou” en espagnol) accueillent des lieux importants tels que l’Athenaeum Music & Arts Library, espace présentant concerts intimistes et artistes régionaux ou nationaux.

La diversité de la ville se voit aussi dans sa cuisine. Ici, les tacos sont une forme d’art et chaque habitant a son préféré (le Barrio Logan est le paradis des cuisines de rue vendant des tacos à la tijuanaise). Avec le plus grand Little Italy de tout le pays (48 blocs d’immeubles !), la cuisine italienne figure en bonne place. Et des établissements afro-américains, peu nombreux mais florissants, augmentent encore la diversité de la ville, avec leurs saveurs allant du BBQ typique du Sud des États-Unis à la cuisine éthiopienne. “San Diego, ville-frontière par nature, a toujours embrassé la diversité culturelle, explique Katie Dillon, habitante de San Diego, blogueuse pour La Jolla Mom. On peut le voir dans la cuisine locale, où les tacos de poisson sont un exemple de plat incontournable. On peut le voir dans nos quartiers, du vieux San Diego à Hillcrest ou au Barrio Logan. Et on peut le voir dans la longue liste de célébrations multiculturelles populaires qui ont lieu toute l’année et attirent beaucoup de visiteurs, de la San Diego Pride aux fêtes du nouvel an chinois.”

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Déguster tacos et bières à Salud

Une destination accueillante : Amman, Jordanie

Avec des origines remontant aux traditions levantines et bédouines, c’est la fameuse hospitalité jordanienne qui donne son âme à la capitale, Amman. Autrefois simple étape vers les temples de grès rose de Petra ou les déserts de sable du Wadi Rum, Amman, capitale de la Jordanie, est devenue le centre artistique et intellectuel du Moyen-Orient grâce à un boom créatif. Cette évolution a attiré des milliers de nouveaux voyageurs qui sont devenus visiteurs réguliers, tombés amoureux de la ville notamment grâce à cette fameuse hospitalité jordanienne.
 
En Jordanie, Ahlan wa sahlan (“bienvenue”) n’est pas une formule creuse. La cordialité et la générosité font partie intégrante de l’accueil moyen-oriental, et le partage de la nourriture et de la boisson en est le cœur. C’est une expérience précieuse – qu’il serait impoli de décliner – que de partager un repas avec une famille ammanienne. Les heureux invités goûteront un arak (alcool distillé, non sucré) soyeux et un mansaf, plat typique de mouton, de riz et de yaourt, à la table de leurs futurs amis. Lors de la traditionnelle tournée de boissons d’après le repas, on servira trois tasses de café : une de bienvenue, une seconde à savourer, plus une troisième en signe de respect.

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On trouvera dans la capitale de nombreuses occasions de rencontrer vraiment ses habitants. Pour plonger au cœur de l’action, allez dans le quartier du centre, Al Balad, où vous trouverez des échoppes proposant épices, vêtements ou instruments de musique, ainsi que des institutions telles que Habibah, la meilleure boutique de kunafeh (dessert sucré au fromage) d’Amman. Dans les quartiers branchés comme Weibdeh ou Jabal Amman, allez voir les galeries d’art et les cafés où se retrouvent les créateurs : vous y trouverez l’énergie qui a fait de la ville le cœur du Moyen-Orient – et l’hospitalité qui fait que ses visiteurs y reviennent. “J’aime la façon dont Amman mêle histoire, art, culture et diversité, joliment et simplement, explique Zaïd Souki, artiviste et fondateur d’Orenda Tribe. À Weibdeh, des gens de tous âges, nationalités et religions se mélangent. Dans le centre, les rues animées du vieil Amman recèlent souvent de vrais trésors. C’est le cas des Al-Kalha Steps, une enclave de street-art, de petits cafés et de librairies qui relie Weibdeh au centre.”

 
 



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