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À la découverte de l’est de Tenerife

Texte par

Joséphine Quintero

Mis à jour le : 20 août 2020

Carte

La richesse historique et culturelle de Tenerife est parfois occultées par les complexes balnéaires du sud vantés par les brochures touristiques, offrant soleil, sable et sangria. Dans l'est de l'île, vous découvrirez un fascinant enchevêtrement de villages de pêcheurs traditionnels, de forêts sauvages et de plages préservés, et même une léproserie abandonnée. Voici toutes les raisons qui nous ont poussé à mettre cette partie de la plus grande île des Canaries en numéro 8 de notre Best of Europe 2016.

Les villages de la côte est de Tenerife

En prenant vers l’est depuis les resorts de la Playa de las Américas, vous arriverez jusqu’au pittoresque El Médano, village discret et bohème qui marque un changement de style. L’atmosphère est plus jeune et les sports nautiques attirent aussi bien les habitants que les touristes – les planches à voile et les planches de kitesurf flottent sur l’eau tels des papillons multicolores. C’est aussi la plus belle plage naturelle de l’île, divisée en deux par un spectaculaire cône volcanique. Bordées de bars et de restaurants animés et abordables, les ruelles piétonnes dégagent une atmosphère décontractée et il n’y a pas le moindre karaoké en vue.
À seulement 15 minutes en voiture en direction du nord, le village de pêcheurs d’Abades est le rendez-vous des plongeurs et des amateurs de snorkeling des environs. Il abrite plusieurs bâtiments abandonnés construits pour accueillir une colonie de lépreux pendant la guerre civile espagnole. On peut y accéder librement : aujourd’hui vides et délabrés, ils évoquent une époque où la maladie faisait encore des ravages en Europe.

Continuez vers le nord jusqu’à l’extraordinaire Candelaria, en grande partie épargnée par le  tourisme, bien qu’elle soit aux Canaries ce que Lourdes est à la France. Cette petite ville pittoresque grouille de vie, surtout le dimanche, lorsque les hordes de pèlerins affluent vers la grandiose Basílica de Nuestra Señora de Candelaria et sa Virgen de la Candelaria, sainte patronne de l’archipel. En 1392, cette statue s’échoua sur le rivage. Les Guanches qui la trouvèrent l’apportèrent à leur roi, qui se mit à lui vouer un culte. Lorsque les Espagnols s’emparèrent de l’île, un siècle plus tard, ils déclarèrent la statue miraculeuse, et la vierge est toujours honorée aujourd’hui, en particulier le 15 août, date anniversaire de sa découverte. La ville possède également un beau musée de poterie traditionnelle, des boutiques vendant des images religieuses ainsi que d’excellents restaurants de fruits de mer fréquentés par une clientèle locale exigeante.

Place à la culture dans la capitale, Santa Cruz de Tenerife 

Les trésors culturels ne manquent pas à Santa Cruz de Tenerife, la capitale de l’île. Ce qui n’empêche pas de nombreux touristes de l’éviter... Santa Cruz est avant tout une ville espagnole authentique, à l’atmosphère industrieuse. On y trouve aussi bien des affaires familiales traditionnelles que des boutiques décontractées et des chaînes espagnoles. L’ensemble ne manque pas de charme. Les restaurants sont tout aussi variés, allant de bars à tapas tendance aux tascas (tavernes) rudimentaires, sans compter quelques adresses uniques comme l’historique La Hierbita, ancienne maison close datant de 1893, qui sert une cuisine contemporaine maison s’inspirant de classiques insulaires. La ville compte aussi plusieurs magnifiques musées et galeries, dont on peut obtenir un avant-goût rien qu’en flânant dans les rues : en 1974, Santa Cruz a accueilli une exposition internationale de sculpture de rue, et les œuvres de grands maîtres comme Henry Moore et Joan Miró trônent encore aujourd’hui dans la vieille ville.

Les amateurs d’art apprécieront l’extraordinaire Tenerife Espacio de las Artes qui a largement contribué au rayonnement culturel de Santa Cruz. La collection permanente fait la part belle à l’œuvre de l’artiste local Óscar Domínguez, considéré comme le troisième plus grand peintre surréaliste espagnol après Miró et Dalí. Le bâtiment lui-même est spectaculaire, ce qui n’a rien d’étonnant : les deux architectes suisses qui l’ont conçu sont également les créateurs de la Tate Modern.


À deux pas, le Museo de la Naturaleza y el Hombre, musée de sciences naturelles et d’archéologie, est l’attraction phare de la ville. La section consacrée à la culture indigène et au mode de vie des Guanches arbore des momies bien conservées retrouvées dans les grottes de l’île.

Non loin de là, à La Laguna, vous en apprendrez davantage sur la fascinante histoire de Tenerife en visitant l’excellent Museo de la Historia de Tenerife. On y découvre par exemple pourquoi la musique locale est métissée de rythmes latinos caractéristiques : presque toutes les familles de l’île ont au moins un parent éloigné sud-américain, en raison de la vague d’émigration massive générée par la pauvreté il y a quelques années.

L'imposant bâtiment contemporain de l’Auditorio de Tenerife, semblable à une grande vague, est également l’un des emblèmes de la ville, tant pour son singulier design que pour sa riche programmation d’opéras, de spectacles de danse et de concerts d’envergure internationale, tout au long de l’année.

Dégustation de fruits de mer avec les habitants

Pour poursuivre votre visite de cette partie de l'île, continuez vers le nord-est . N'oubliez pas de prévoir un festin de fruits de mer à la Cofradía de Pescadores, au bord de l’eau. Niché dans le petit village de pêcheurs de San Andres, sur la Playa de las Teresitas, plage de sable blond préservée située à 6 km au nord-est de Santa Cruz, cet établissement géré par les pêcheurs locaux sert des fruits de mer de première fraîcheur.

Tenerife sauvage

Au-delà de Santa Cruz, à l’extrémité nord-est de l’île, la péninsule accidentée du massif de l’Anaga semble à cent lieues des cars de tourisme et de l’agitation des complexes de la côte, au sens propre comme au figuré. Ponctuée de profonds ravins, de forêts drapées de brume et de sommets rocheux, cette région est une terre de découverte. On y trouve de nombreux hameaux, comme le pittoresque Afur, qui ne compte que 15 habitants et possède un seul bar-boutique plein de cachet, rempli d’étagères poussiéreuses et encombrées. Le vieux propriétaire José vous proposera un verre de bon vin maison à seulement 1 € (ou la bouteille entière, pour 2 euros de plus).

D’autres villages tout aussi attrayants se cachent entre les collines ondoyantes et au détour des rochers escarpés, en montagne. Charmorga, niché dans une vallée semée de palmiers, abrite le Bar Casa Alvaro, fameux café-restaurant qui sert un savoureux conejo con salmorejo (ragoût de lapin), plat typique de cette contrée où presque chaque famille possède un chien de chasse et où les coteaux sont tapissés d’herbes sauvages, notamment de thym et de romarin.

Les monts Anaga sont sans doute le meilleur endroit de l’île pour randonner, la région entière étant sillonnée de sentiers balisés. Vous trouverez des cartes détaillées au Centro de Visitantes (Cruz de Carmen ; 9h30-16h) qui possède aussi un café, un espace d’exposition consacré à la flore et la faune de la région et – ce qui est tout à fait surprenant – une ravissante petite chapelle.

 

 


Guide de voyage

Lonely Planet : un guide de référence, à la fois pratique et culturel, pour un séjour inoubliable aux Canaries

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