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Sports et activités

Les meilleurs spots de surf d’Europe

Texte par

lonelyplanet.com (traduit de l'anglais par Vincent Guilluy)

Mis à jour le : 4 février 2021

Carte

Beaucoup disent qu’en matière de surf, l’ère de l’exploration est finie et que même les breaks les plus reculés et les plus difficiles à atteindre ont déjà vu passer d’autres surfeurs avant vous. Mais si certains déplorent la fin de cette période de découverte, ils sont bien plus nombreux à en célébrer le très bon côté : il y a plus de vagues à surfer, et de fait, le surf est plus démocratique que jamais. Il y a certes moins à découvrir, mais nous vivons l’âge d’or des voyages centrés sur le surf.

Dans notre nouveau livre Surf autour du monde, surfeurs professionnels, photographes et auteurs spécialistes de surf nous disent pourquoi ces neuf spots européens ont pour eux un attrait tout particulier.
 

Thurso, Écosse

Pour le photographe de surf britannique Al Mackinnon, les rouleaux de Thurso, en Écosse, étaient aussi insaisissables que le monstre du Loch Ness. Mais après avoir réussi à les voir une première fois, il sait exactement où et quand il faut les chercher.

"Un an ou deux après, j’y suis retourné. Mais les choses étaient notablement différentes. La première chose que j’ai remarquée, c’est que la baie était toute calme, une vraie mer d’huile. Je me suis dit qu’on m’avait encore une fois raconté un bobard. Et puis j’ai aperçu un type qui déballait une pintail de 7 pieds, faite pour surfer les gros tubes, et un autre qui waxait une semi-gun.

À Holborn Head, l’endroit derrière Thurso où les swells passent avant d’arriver sur le reef, l’eau s’est assombrie. Et on a commencé à discerner des lignes dans la baie. Et puis une première série est arrivée, des vagues parfaites, fortes, et qui avançaient super vite. Chacune a tapé le récif et déroulé avec une précision et une férocité incroyable. Elles atteignaient le double overhead et, oui, en barrel jusqu’au bout avec des lèvres épaisses, serrées.

Cette série et les deux jours qui ont suivi ont changé le cours de ma vie. J’avais peut-être déjà commencé à fusionner mes deux grandes passions, les vagues et la photo, mais c’est la perfection que j’ai découverte à Thurso East qui a été le moment décisif."

Type de vague :  reef break, droite.
À savoir : Le surf a explosé en Écosse ces dernières années, donc ne vous attendez pas à avoir son plus beau spot pour vous seul. Mais il y en a beaucoup d’autres aux alentours, certains très peu fréquentés.

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Les grosses (et froides) vagues de Thurso East

Baie d’Unstad, Norvège

Certains surfeurs cherchent les plus gros swells pour tester leurs limites. Le photographe de surf Chris Burkard a préféré voyager au-delà du cercle Polaire arctique, au nord de la Norvège.

"Quand j’ai fait couler l’eau chaude de la douche, tout mon corps a hurlé de douleur. J’essayais désespérément de retrouver mes sensations. J’ai appris par la suite qu’il faut se réchauffer lentement et que tenter d’accélérer le processus peut causer de gros dégâts aux nerfs. C’est peut-être la plus grande leçon de ce premier voyage – J’y suis retourné trois fois depuis, et je frôle toujours les engelures quand j’y vais.

Là-bas, dans l’eau, je ressens profondément ma petitesse à l’échelle de la nature. Les îles Lofoten sont magnifiques, mais elles sont aussi pleines de mystère. Ces vieux rochers avec leurs minuscules criques déchiquetées, leurs fjords compliqués et leurs villages idylliques cachent et protègent depuis deux mille ans des hommes, des femmes et des enfants parmi les plus hardis au monde.

Ici, on enfile une combinaison de 6 mm d’épaisseur, comme on revêt une armure viking. Car, soyons honnête, entrer dans l’eau de la baie d’Unstad, c’est comme aller à la guerre. "

Type de vague : beach break, gauche et point break droite.
À savoir : La température moyenne de l’eau est d’environ 12°C à la fin de l'été, et de 6°C en avril. Il vous faudra une combinaison épaisse, avec une capuche, des chaussons et des gants (au moins 6/5 mm d’épaisseur en avril). De novembre à février, les jours sont très courts mais de mi-avril à août, on peut surfer presque à n’importe quelle heure.

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Surfeur se mettant à l'eau pour affronter les grosses vagues d’Unstad, dans les îles Lofoten

La Gravière, France

Brendan Buckley est allé à Biarritz, en France, pour les crêpes et le café au lait. Mais après avoir goûté au célèbre beach break d’Hossegor, il a décidé de s’y installer pour de bon.

"Hossegor est l’épicentre du surf sur le continent européen, et accueille tous les types de surfeurs : longboarders à cheveux longs, avec leurs vans customisés ; shortboarders obsédés par la performance, qui font leur gym en combinaison à manches courtes ; vieux surfeurs qui déchirent ; gamines qui déchirent… Si Biarritz – plus grande et connue, à 40 minutes d’ici au sud – est aussi un très bon spot, on n’y trouve pas les vagues de classe mondiale d’Hossegor.

Toutes sortes de surfeurs font le pèlerinage à La Gravière, soit pour aller dans l’eau et s’attaquer au beach break en barrel notoirement rapide, soit pour admirer les énormes vagues qui s’abattent si près du sable qu’on a du mal à s’imaginer y faire quelques tours. Vous avez dû tellement entendre parler de “La Grav” que vous avez l’impression de l’avoir déjà vue ou d’y avoir déjà surfé même si vous n’êtes jamais allé en France. C’est une vague qui attire les surfeurs quelles que soient les prévisions."

Type de vague : beach break en barrels, droites et gauches.
À savoir : Il existe un dicton sur les vagues en France, qui veut que si vous voyez que la mer est agitée, c’est qu’il déjà trop tard. Il ne ment pas. Les marées y sont très fortes et les vagues peuvent se former ou disparaître en moins d’une heure. Ne fermez aucune option et ne vous entêtez jamais à ramer le long de la plage.

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La Gravière accueille des compétitions de surf internationales

Staithes, Angleterre

Alf Alderson aime le fait que le meilleur reef break d’Angleterre soit un peu trop septentrional pour beaucoup. Mais comme c’est un des plus beaux spots du Royaume-Uni, la majorité des surfeurs finissent par s’y rendre.

"Aujourd’hui, les surfeurs viennent de tout le Royaume-Uni pour les trois reef breaks puissants et rapides qui émergent ici des eaux troubles de la mer du Nord. Des lames de fond venues du nord, de l’Arctique peut-être, s’écrasent à Staithes après avoir été canalisées et détournées vers le rivage. De temps en temps, ces vagues rencontrent les vents offshore (qui soufflent vers le large) dominants. Et aussitôt, Staithes s’anime.

Presque chaque fois que je viens à Staithes, le décor est fait d’un ciel et d’une mer qui se confondent dans un gris-brun, avec une atmosphère ou le frisson de ce qui m’attend est tempéré par le paysage austère et l’eau glaciale. Mais quel que soit le temps, il arrive toujours quelque chose d’excitant quand survient une grande vague. En prenant une des gauches incurvées typique de The Cove, la sensation de cette descente en apesanteur juste avant de glisser sur la face et de voir la lèvre du barrel dérouler devant moi me donne l’impression d’être au Portugal."

Type de vague :  reef break gauche, sur des hauts-fonds.
À savoir : Le matériel idéal est un shortboard haute performance ou un semi-gun pour les jours les plus agités. Une combinaison d’au moins 5/4 mm (plus en hiver), est recommandée, des chaussons et une capuche aussi.

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Les habitants de Staithes vivent entre les falaises, d’un côté, et la mer indomptée, de l’autre

Nazaré, Portugal

La mer nourrit les habitants de Nazaré, au Portugal, depuis des siècles et la tradition se poursuit, avec le tourisme des chasseurs de grosses vagues. Le photographe portugais Ricardo Bravo a suivi cette évolution.

"D’habitude, ici, on estime qu’il vaut mieux éviter les plages. La plupart des familles de Nazaré vivent de la pêche, et beaucoup ont perdu un membre de leur famille en mer. La plage principale de Nazaré, Praia da Vila, était déjà considérée comme extrêmement dangereuse. Plus au nord, Praia do Norte, où la houle est parfois trois fois plus forte et plus puissante, semblait être l’enfer sur terre.

Et même si j’admire ceux qui viennent surfer à Praia do Norte, c’est l’océan et ses formes magnifiques qui me laissent ébloui chaque fois que je vois ce break. Durant toutes ces années passées à voyager dans le monde entier, je n’ai jamais rien vu qui ressemble un tant soit peu aux vagues de Nazaré : elles sont puissantes, brutales, imprévisibles et effrayantes. Même si des surfeurs parviennent à les chevaucher pour de brefs moments de gloire, ces géantes resteront à jamais indomptables."

Type de vague :  beach break, droites et gauches pouvant aller de 1 m à plus de 17 m.
À savoir : Nazaré est devenu un des spots de vagues géantes les plus connus du monde du surf, et c’est le meilleur pour les spectateurs. Même si vous n’y surferez jamais, admirer le spectacle depuis le promontoire est un des rares moments où on peut voir les surfeurs de vagues géantes, et cela vaut à soi seul le voyage.

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Nazaré, au Portugal, offre des vagues indomptables

The Peak, Irlande

Il y a des vagues surfables le long de toute la côte irlandaise. Alf Alderson se rend à Bundoran, où une communauté de surfeurs, improbable mais emblématique, s’est développée à proximité de quelques-unes des plus belles vagues d’Europe.

"Quand je viens surfer en Irlande, et à Bundoran en particulier, il s’agit de bien plus que de simplement prendre des vagues. Le paysage sauvage et romantique de la région, sa culture riche, sont presque aux antipodes des décors des spots de surf habituels. Personnellement, j’ajoute souvent à ma visite à Bundoran une grimpette sur les contreforts du mont Benbulbin (500 m), qui s’élève comme un monolithe fantastique au-dessus de la ville. En regardant autour de soi, on comprend aisément comment l’atmosphère étrange et mélancolique du lieu a inspiré pendant des siècles les artistes et les poètes du pays.

Du haut de la montagne, je contemplais la côte de Sligo et de Donegal, en rêvassant une fois de plus à toutes ces vagues. La côte irlandaise se tortille tout du long comme un serpent ébouillanté, et n’importe quel surfeur peut voir immédiatement qu’il trouvera dans ce pays quelques-unes des plus belles vagues d’Europe – des plus variées, aussi. Ici, la mer est rarement d’huile. Chaque fois que je suis venu, j’ai toujours réussi à trouver une vague, que ce soient les rouleaux tranquilles au delà du sable doré de Tullan Strand ou les vagues difficiles en A, hautes comme un homme, de mon spot préféré, The Peak."

Type de vague : reef break gauche.
À savoir : Il faut être motorisé pour bien profiter des différents breaks ici. Emportez du matériel pour des vagues d’eau froide qui peuvent vous arriver au genou ou faire trois fois votre hauteur.

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Les belles séries de rouleaux de Tullan Strand

Mundaka, Espagne

Certains disent que Mundaka veut dire “inconstant” en basque. Après des années à venir dans le nord de l’Espagne en espérant que toutes les conditions soient réunies, Jake Howard a fini par trouver son bonheur.

"J’essayais Mundaka depuis trois ans, et je n’avais toujours pas réussi à faire une bonne session de surf ici. Je suis venu ici pour couvrir le Billabong Pro plusieurs fois, et je n’avais pas encore vu de vague digne de ce nom. Certes, beaucoup d’excellents breaks sont inconstants – c’est ce qui les rend souvent magiques – mais Mundaka est plus qu’imprévisible. Parce qu’il est protégé de l’énergie brute qui vient de l’Atlantique, il faut que la houle arrive sous un angle bien particulier. Et c’est la raison même pour laquelle tant de surfeurs cherchent à y venir. Quand l’angle est bon, c’est un vrai train de marchandise, des barrels gauches complets qui demandent de la concentration. Mais, avant tout ça, la vague demande tout simplement de la patience.

Je n’étais dans l’eau que depuis quelques minutes quand une grosse série est arrivée, dans la lueur de l’aube. Quelques silhouettes ont giclé autour de moi, comme des poissons qui auraient sauté hors de l’eau. J’ai zappé les deux premières vagues, je n’étais peut-être pas tout à fait prêt. Mais la troisième que j’ai croisée a été la bonne.

Je me suis relevé. L’angoisse s’est évaporée, remplacée par le frisson de la glisse. Les vagues étaient vraiment costaud, et j’ai dû rester attentif toute la session. Mais Mundaka avait fini par s’ouvrir à moi."

Type de vague:  point break gauche, fond de sable.
À savoir : Il est difficile de rester en place dans le line up. Entrez par le port pour vous insérer directement dans le line up. Une fois à l’écart des protections, c’est comme si on arrivait sur un tapis roulant aquatique.

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Un surfeur prend une vague - un barrel - à Mundaka

Sennen Cove, Angleterre

À l’extrême ouest du Royaume-Uni, Alex Wade s’est trouvé un chez-lui, là où le paysage est sauvage et où on ne sait jamais qui – ou quoi- on risque de rencontrer dans le line up.

"Un mur bleu-vert haut de 1 m se dirige droit sur moi. Je décolle et, au moment où je regarde le long de la face, je vois un éclair gris, bleu et argent qui descend la vague en diagonale. C’est un dauphin, qui prend la même vague que moi. Je me déporte un peu vers la gauche, debout, et j’observe le dauphin devant moi, en laissant la vague nous emporter tous les deux tout en espérant que ce moment ne s’arrête jamais.

Depuis 35 ans que je surfe, j’ai fait les plus belles découvertes océaniques de ma vie non loin de chez moi, en Cornouailles. Sennen Cove est la plage la plus occidentale de Grande-Bretagne ; c’est un lieu sauvage, magique, battu toute l’année par la houle, et qui convient parfaitement à tous les types de surfeurs."

Type de vague : Beach break.
À savoir : Comme pour tous les beach breaks, les courants qui ramènent vers le large sont forts quand les vagues sont grosses. N’essayez pas de vous garer dans la crique l’été, elle est bondée. Garez-vous plutôt dans le champ qui la domine et descendez à pied à la plage.

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Sennen Cove, dans les Cornouailles

Supertubos, Portugal

Ce puissant beach break du Portugal est impitoyable et il ne pardonne aucune erreur. Stuart Butler s’en est aperçu à ses dépens.

"La vague suivante était un peu plus grosse et orientée un peu plus vers le nord – elle m’arrivait droit dessus. Je me suis tourné, j’ai fait deux ou trois petits mouvements pour prendre mon élan jusqu’à ce que je sente la vague me prendre. Je l’ai descendue puis j’ai fait un bottom turn facile. Devant moi, la lèvre à commencer à retomber, une invitation rare à entrer dans le tube. Une fois dedans, la vague s’est révélée étonnamment simple à surfer. Je ne me souviens pas avoir eu autre chose à faire que m’y glisser et savourer le moment. J'ai fini par m’en éjecter proprement sur l’épaule. J’avais un grand sourire.

Mais en me retournant pour repartir, Supertubos allait me faire payer ce qu’elle venait de m’offrir. Une nouvelle série a commencé à me déferler dessus, et m’a arraché la planche des mains. Et puis j’ai senti ce tiraillement familier sur ma cheville. J’avais, une fois de plus, perdu ma leash (cordon reliant la planche à la cheville du surfeur, NdT). Pas étonnant que les boutiques de surf de Peniche fassent de bonnes affaires."

Type de vague : Beach break, dont les gauches sont souvent meilleures que les droites.
À savoir : Supertubos a beau être un beach break, il ne faut pas sous-estimer sa puissance. Les conditions idéales ne sont pas si courantes, les close-outs sont fréquents. Apportez des leashes de rechange. Quand les conditions sont bonnes, attendez-vous à beaucoup de monde – et à de très bons surfeurs locaux, qui font en sorte de se réserver les meilleures vagues.

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Surfeur dans un tube à Supertubos


 

Guide de voyage

À la recherche de la plus belle vague

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