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Reportages

Urbex : 10 lieux fantômes en Europe

Texte par

Elisabeth Blanchet

Mis à jour le : 17 mars 2017

Carte

L'exploration urbaine (Urbex) de lieux abandonnés prend de l'ampleur. Si vous êtes amateur de cette pratique, partez à la découverte des 10 destinations fantômes les plus surprenantes d’Europe.

1. Lac Reschen, Bolzano, Italie

Quoi de plus atmosphèrique qu’un village englouti dont il ne reste visible que le clocher ? C’est la vision hantée que l’on a des bords du lac de Reschen, dans la province de Bolzano tout au nord de l’Italie aux frontières de l’Autriche et de la Suisse.

En 1939, les autorités locales décident de rassembler deux lacs naturels pour construire un barrage. Les travaux, terminés en 1950, passent par le sacrifice du village de Graun. Ses 160 habitants sont relogés, le village devient une Atlantide d’eau douce et le clocher de l’église son iceberg... En plein hiver, on peut même s’y aventurer à pied sur le lac gelé.

2. Chateau de Noisy, Dinant, Belgique

Amateurs de chateaux néo-gothiques, dépêchez-vous d’aller visiter le Château de Noisy, près de Dinant au sud de la Belgique. Son propriétaire vient d’obtenir le permis de démolition de cet édifice bâti entre 1866 et 1907. Autrefois résidence d’été de la famille noble Liedekerke-Beaufort, il est briévement occupé par les Nazis pendant la deuxième guerre mondiale puis transformé en centre de colonies de vacances jusqu’en 1991. Jugé trop insalubre et infesté de mérules, il est abandonné par son propriétaire qui n’a pas les moyens de le rénover. Attention, les visites sont illégales, …

3. Oradour-sur-Glane, France

Oradour-sur-Glane, en Haute-Vienne, à une vingtaine de kilométres de Limoges, est un village figé dans les ruines du massacre perpétré par les SS le 10 juin 1944. En représaille de sabotages réalisés par des résistants les jours précédents, les Allemands exterminent la plupart des habitants du village : 642 victimes dont 246 femmes et 207 enfants brûlés vifs dans l’église du village. Oradour-sur-Glane est sans doute l’un des villages fantômes les plus émouvants à voir. 

4. Spreepark, Berlin

Les parcs d’attraction à l’abandon ont un côté fascinant. Sans les foules, les rires, les cris, la musique à tue-tête, ... ils dégagent une profonde nostalgie des jours heureux et des sorties en famille ou entre copains. Le Spreepark de Berlin, situé dans le quartier de Treptow-Köpenick, n’échappe pas à la règle, avec une note historique puisqu’il fut inauguré en 1969, à Berlin Est, en pleine guerre froide. Après la réunification des deux Allemagnes, le Spreepark s’occidentalise, se voit doté de nouveaux manèges et attractions. Mais ses propriétaires s’endettent et le parc ferme ses portes en 2001. Il est depuis à l’abandon.

5. Monument Buzludzha, Gabrovo, Bulgarie

C’est aussi en pleine guerre froide que le Monument de Buzludzha, la maison du parti communiste bulgare, est construit. Erigé en 1981, à la gloire du socialisme, cet édifice bâti au sommet d’une montagne de 1400m, en plein coeur de la Bulgarie, ressemble à une soucoupe volante dotée d’une tour (de contrôle !). Il a fallu sept années à l’architecte Guéorguy Stoilov, appuyé par une vingtaines d’artistes bulgares connus et plus de 6000 ouvriers pour achever sa soucoupe. Depuis 1989, elle est à l’abandon et les splendides fresques murales à la gloire des héros de l’ère socialiste s’effacent avec le temps et les invasions de graffitis.

6. L’orphelinat de Büyükada, Istanbul, Turquie

Construit à la fin du XIXe siècle au sommet d'une des Îles des Princes, près de la rive asiatique d’Istanbul, l’orphelinat de Büyükada est l’un des plus grands bâtiments en bois d’Europe. Bâti à l’origine pour être un hôtel, l’édifice est cédé au patriarchat de l’Eglise Orthodoxe en 1902 pour servir d’orphelinat. Il opère en tant que tel jusqu’en 1963 quand les autorités locales jugent l’endroit insalubre. Un demi-siècle plus tard, il est toujours à l’abandon.

7. La gare ferroviaire de Canfranc, Espagne/France

Comme les parcs d’attraction, les gares ferroviaires abandonnées ont un côté paticulièrement cafardeux. Autrefois, lieux de voyages, de rencontres, de fourmillement humain, elles deviennent des non-lieux, des fins de ligne bordées de wagons abandonnés. C'est le cas de la gare internationale de Canfranc entre la France (Pau) et l’Espagne (Jaca). Bâtie en 1904 pour développer les transports transpyrénéens, sa taille est comparable à celle de la gare Saint-Lazare. Elle ferme une première fois en 1936 durant la Guerre Civile d’Espagne, ré-ouvre en 1940. En 1970, le déraillement d’un train de marchandises entraîne la démolition du pont de l’Estanguet et la fin du trafic international. La gare ferme et est depuis une gare fantôme.

8. Varosha, Famagusta, Chypre

Fans de stations balnéaires fantômes, mettez Varosha en haut de votre liste ! C’est un peu comme si les estivants l’avaient quitté du jour au lendemain en abandonnant tout sur place et en la cernant de barbelés. Pourtant, la ville de bord de mer fut en son temps l'une des destinations phares de Chypre, l'un des lieux favoris en Méditerrannée de stars comme Elizabeth Taylor et Richard Burton ou Brigitte Bardot. En 1974, lorsque la Turquie envahit la partie nord du pays, l'île est séparée en deux et Varosha reste en plein milieu, laissée à l’abandon.

9. Imber, Grande-Bretagne

Réquisitionné par l’armée britannique en décembre 1943, ce petit village du Wiltshire est encore aujourd’hui la propriété du ministère de la défense. En prévision du débarquement, l’armée Britannique donna 47 jours aux 150 habitants du village pour quitter les lieux, leur laissant entendre qu’ils pourraient y retourner après la guerre. Aujourd’hui, 73 ans plus tard, il n’y a toujours pas âme qui vive à Imber… Sauf à l’église datant du 13ème siècle, ouverte quelques jours par an au public - car elle est classée au patrimoine. Et, ironie du sort, les seuls habitants qui ont le droit de retourner à Imber sont les morts : ils ont droit à une place au cimetière…

10. Pyramiden, Norvège

Pour les aventuriers et les amoureux du grand nord, la ville minière de Pyramiden est un vestige de l’Union Soviétique, en Norvège, sur l’île de Spitzberg. Elle tient son nom de la forme de la montagne au pied de laquelle elle est fondée en 1910 par des Suédois. En 1926, les Russes la rachètent. La communauté fonctionne de manière totalement autonome et est gérée comme une vaste entreprise de près de 1 000 employés jusqu'à la fin des années 1990 lorsque cesse l’exploitation minière. Depuis, la ville est à l’abandon.