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Reportages

Où (ne pas) aller en 2100 : les sites menacés par le changement climatique

Texte par

Daniel Fahey (traduit de l'anglais par Marie Chouteau)

Mis à jour le : 21 septembre 2020

Carte

Vous prévoyez des vacances à la mer en 2100 ? Le voyagiste pourrait vous suggérer la plage de Dolphin Sands en Tasmanie. Si le niveau de la mer s’élève d’un mètre – selon les prévisions établies à partir des schémas de température actuels – les cartes de montée des eaux, basées sur les données de la NASA, montrent que cette étendue de sable de 15 km pourrait être l’une des seules plages restantes sur la planète.
 
Même avec d’importants investissements dans les défenses côtières, beaucoup de criques actuelles risquent de disparaître, submergées par les eaux en raison de la fonte des calottes polaires. Une réduction radicale et immédiate des gaz à effet de serre ne limiterait la montée du niveau de la mer qu’à 50 cm, mais comme le montre le rapport de Climate Action Tracker du mois de juin, nous produisons actuellement plus d’émissions de dioxyde de carbone que jamais auparavant.
 
Les climatologues s’entendent pour dire que la hausse des températures augmentera la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes. Des sécheresses prolongées et des tempêtes violentes pourraient entraîner d’importantes inondations et des incendies de forêt réguliers, ainsi que la destruction d’habitats naturels. Malheureusement, les sites touristiques les plus visités au monde ne seront pas non plus à l'abri de ces impacts environnementaux – et beaucoup auront besoin de notre aide pour survivre. Voici les principaux sites menacés par le changement climatique.
 

Grande Barrière de corail, Australie

Tous les cinq ans, les autorités du parc marin de la Grande Barrière de corail rendent compte de la santé du plus grand récif corallien de la planète. Les derniers pronostics, publiés en 2019, ne semblent pas optimistes. Le dérèglement climatique est pointé du doigt comme étant la menace la plus importante pour la Grande Barrière et les changements extrêmes de température de la mer ont été responsables du blanchissement massif du corail en 2016 et 2017.
 
Les forêts sont surnommées les « poumons de la terre » et les récifs coralliens sont considérés comme leur équivalent pour les océans. Mais selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), plus de la moitié des récifs de la planète – y compris ceux du Belize et des Bahamas – sont en danger. Limiter le réchauffement climatique à un maximum de 1,5 °C sauverait plus de 10 % des coraux mondiaux ; pour en protéger 50 %, la hausse des températures ne devrait pas dépasser 1,2 °C.
 

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La statue de la Liberté sur Ellis Island est particulièrement vulnérable à l’élévation du niveau de la mer et aux dégâts causés par les tempêtes

 

Statue de la Liberté, New York

Elle se dresse sur Liberty Island comme un symbole de liberté, mais pour les nombreux immigrants qui sont arrivés aux États-Unis par New York, la statue de la Liberté représentait aussi l’espoir. Et c’est cet optimisme émouvant – et environ 77 millions de dollars de réparations – qui a remis Lady Liberty et l’île voisine d’Ellis Island sur pied après les ravages causés par l’ouragan Sandy en 2012.
 
Sandy est une tempête qui n’arrive que tous les 700 ans. Mais alors que le mercure ne cesse de grimper, les mathématiciens devront peut-être revoir les probabilités. L’Union of Concerned Scientists estime que la sculpture de Frédéric Auguste Bartholdi est menacée par la hausse de l’intensité et de la fréquence des ondes de tempête. Le National Park Service, quant à lui, admet que la faible élévation du monument national de la statue de la Liberté le rend très vulnérable aux changements du niveau de la mer qui monte quatre fois plus vite sur la côte atlantique que sur le reste du littoral américain. 
 

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Les icebergs se détachent du glacier d’Ilulissat et se regroupent dans la baie de Disko

Fjord glacé d’Ilulissat, Groenland

Sous la lueur des aurores boréales qui ondulent dans le ciel, le fjord glacé d’Ilulissat est sans doute la plus belle merveille naturelle du Groenland. Alimenté par le glacier Jakobshavn, qui continue de se développer, le fjord glacé grince tout en avançant lentement devant les maisons colorées d’Ilulissat, sur la côte ouest du territoire danois.
 
Mais il a des ennuis. L’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale et la disparition de la banquise est une manifestation physique tangible du réchauffement de la planète. Il n’existe pas de son plus déchirant que le grondement du fjord glacé qui s’effondre dans la mer. Les calottes glaciaires sont non seulement essentielles au refroidissement de la planète – leur couleur blanche réfléchit les rayons du soleil vers l’espace – mais les 413 gigatonnes de glace que nous perdons chaque année contribuent directement à la hausse du niveau de la mer.
  

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Les inondations à Venise sont de plus en plus fréquentes à mesure que le niveau de la mer monte

Venise, Italie

Venise est souvent associée au changement climatique, la montée des eaux entraînant une augmentation des inondations dans la ville. Près de 30 millions de visiteurs viennent chaque année s’émerveiller devant la splendeur de cette cité lagunaire historique. Avec ses basiliques couvertes d’or, ses palais de marbre grandioses, ses galeries remplies d’œuvres d’art de la Renaissance et ses promenades romantiques en gondole le long des canaux, c’est une destination touristique remarquable.
 
Les inondations régulières, notamment après des grandes marées exceptionnelles, sont un véritable problème pour la ville. Un problème aggravé par le dragage des canaux profonds pour permettre le passage des navires de croisière. Selon le Venice Resilience Lab, le nombre de marées supérieures à 110 cm double chaque décennie depuis la grande inondation de 1966.
 
Afin de protéger les places et l’architecture des dommages causés par l’eau, des travaux sont en cours depuis 2003 pour installer trois systèmes de digues mobiles aux principales entrées de la lagune. Accablé de retards et ayant déjà coûté 6,5 milliards de dollars (selon la dernière estimation disponible), le projet MOSE devrait permettre à Venise de contrôler le niveau de la lagune une fois terminé. Toutefois, selon un rapport de l’Unesco, les digues devront être utilisées fréquemment pour lutter contre l’élévation du niveau de la mer, avant que les barrières ne soient finalement dépassées.
 

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El Niño est une grande menace pour la faune sauvage comme l’iguane marin des îles Galápagos

Îles Galápagos, Équateur

Ces îles volcaniques extraordinaires, à 1 000 km à l’ouest de l’Équateur, abritent l’un des plus fascinants, mais fragiles, écosystèmes de la planète. Des créatures sublimes et étranges évoluent sans trop d’interférences – de plus en plus nombreuses, malheureusement – avec les humains. Ainsi, un quart de ses 2 900 espèces d’animaux marins et un tiers de ses plantes trichophytes indigènes restent endémiques.
 
En plus des préoccupations croissantes concernant la surpêche et la lutte contre les espèces envahissantes, on s’attend à ce que le changement climatique ait des répercussions sur l’écosystème. L’acidification des océans qui se réchauffent, les changements dans les régimes pluviométriques et les conditions météorologiques extrêmes sont autant de facteurs susceptibles de perturber l’équilibre des îles.
 
Selon le PNUE, le plus grand perturbateur sera le profil météorologique d’El Niño, un phénomène climatique naturel qui réchauffe périodiquement les températures à la surface de la mer. Avec le changement climatique, le nombre « d’années El Niño » violentes risque de doubler au cours des deux prochains siècles. Les conséquences pourraient être désastreuses pour les populations appauvries de manchots des Galápagos et d’iguanes marins, qui ont perdu respectivement 75 % et 90 % de leur effectif à cause d’El Niño depuis les années 1980.
 

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Des îles basses comme les Maldives sont menacées par l’élévation du niveau de la mer
  

Les Maldives

Les Maldives ont longtemps été la destination de rêve pour les jeunes mariés aisés en voyage de noces : un chapelet de 1 200 îles de sable blanc, dispersées dans l’océan Indien comme autant de pièces d’or. Ses eaux turquoise chaudes, ses cocotiers et ses récifs coralliens scintillants sont un cocktail naturel paradisiaque pour les vacanciers plongés dans l’opulence artificielle des complexes hôteliers cinq étoiles du pays.
 
Mais le pays a un problème d’altitude. Son point culminant naturel est le huitième tee d’un terrain de golf sur l’île de Villingili qui, à seulement 5,1 m au-dessus des vagues, ne risque pas de provoquer le mal des montagnes ! De nombreuses autres îles de l’archipel ne font que ramer au-dessus des vagues. L’élévation du niveau de la mer provoquée par une élévation de la température de 2 °C ou plus entraînera probablement l’immersion de cette nation composée d’atolls – ainsi que d’autres archipels de basse altitude, tels que les îles Fidji et les îles Marshall.

Que pouvons-nous faire ?

Qu’il s’agisse de minimiser notre impact lorsque nous prenons l’avion ou de ne pas prendre l’avion du tout, choisir de vivre de façon responsable et voyager de façon durable peut contribuer à réduire l’impact du changement climatique. Choisissez des voyagistes éthiques et considérez les autres impacts positifs que vous pouvez avoir sur vos voyages.



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