Sardaigne : Culture

Langue

Bien que l'italien soit la langue officielle de la République, le statut spécial de l'île permet – théoriquement – une défense du sarde, lequel est la langue maternelle de 1,3 million de personnes pour une population totale de 1,65 million. Les insulaires sont donc en grande majorité bilingues.
Le sarde est une langue romane qui, pour des raisons historiques, est restée proche du latin pratiqué à Rome au Ier siècle de notre ère. Il en existe plusieurs variantes : le logudorese (région du Logudoro), le nuorese (région de Nuoro), l'ogliastrino (région d'Oglia) et le campidanese (région du Campidano). À noter, l'existence au nord de deux langues d'origine toscane, proches du corse : le sassarese (autour de Sassari et jusque vers Porto Torres) et le gallurese (Gallura, nouvelle province d'Olbia-Tempio).
Le ligure et le catalan (ce dernier rassemble environs 28 500 locuteurs concentrés à Alghero) sont également parlés dans certaines villes, tout comme le génois, dans les petites îles du sud-ouest (notamment à Carloforte dans l'île de San Pietro et à Calasetta dans l'île de Sant'Antioco). Il est intéressant de constater que les fleuves portent le nom italien de fiume, alors que les petites rivières ont conservé le rio espagnol ou le riu catalan.

Nourriture

La gastronomie sarde est une subtile alliance de saveurs de la mer, du terroir et des montagnes. Leur combinaison est rendue particulière grâce aux influences arabe, italienne et catalane résultant de l'histoire mouvementée de l'île dont la situation géographique lui a permis d'accéder depuis longtemps à la fleur d'oranger, la cannelle, la noix de muscade ou encore le safran.
Si chaque région possède ses propres spécialités, c'est avant tout la qualité et la fraîcheur des produits qui ravissent les papilles : sardine, thon, calamar (souvent farci), langouste (Alghero) sur les côtes ; agneau, cochon de lait, cheval, charcuterie et fromages (dont le célèbre pecorino) dans les terres. On retrouve bien sûr une large gamme d'antipasti, de pâtes (d'aucuns affirment que ce sont les Sardes qui ont inventé les spaghettis), de risotto (à l'encre de sèche), de sauces originales (dont celle à la myrtille rouge qui accompagne de nombreuses viandes) et de pizzas ou de panatas (petites tartes d'origine espagnole).
Le pane carasau ou "papier à musique" est le pain typique de l'île : une fine feuille de pâte ronde, cuite au four en deux fois, qui conserve son croquant durant plusieurs jours.
Les desserts ne sont pas en reste : bianchini, fait avec du blanc d'œuf et des amandes, seadas, fourrés à la ricotta et trempés dans du miel, crema catalana, entre autres. À noter aussi le fameux nougat du Gennargentu et le miel amer d'arbousier.
Cette cuisine authentique et savoureuse est à déguster accompagnée de l'un des nombreux vins rouges ou blancs à l'appellation contrôlée.

Religion

La Sardaigne est majoritairement catholique – ce culte est par ailleurs religion d'État depuis 1985 (révision du concile de Latran de 1929). Malgré le déclin de l'influence de l'Église dans la péninsule depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses paroisses sardes voient leurs églises remplies lors des offices, y compris en semaine, et de nombreuses chapelles accueillent des pèlerinages ou des retraites. Une particularité de l'île tient à l'influence ibérique, résultant d'une domination de plusieurs siècles : on retrouve en effet les processions nocturnes de Pâques animées par des confréries cagoulées, en particulier à Iglesias, Castelsardo ou Tempio Pausania.

Arts

Remontant au second millénaire avant J.-C., les nuraghi sont présents sur toute la superficie de l'île. On dénombre pas moins de 7 000 de ces tours de pierres érigées comme autant de points d'observation et de défense. Il ne reste en revanche pas grand-chose des implantations carthaginoises rasées dans l'ensemble par les Romains. La présence de ces derniers est manifeste à Nora et Tharros, deux anciens ports phéniciens, qui conservent encore des temples, des colonnes, des bains publics et des maisons patriciennes, tout comme Cagliari où subsiste un amphithéâtre.
L'île est parsemée de charmantes et nombreuses églises romanes datant pour la plupart des XIIe et XIIIe siècles, et manifestement influencées par le style toscan. Les plus belles se trouvent dans le Lugodoro, au nord-ouest, comme la Basilica di San Gavino à Porto Torres ou la Basilica della Santissama Trinita di Saccargia.
L'influence espagnole se remarque par l'introduction du style gothique auquel s'adjoignent avec le temps des éléments baroques (le duomo à Sassari). Là encore marquée par ses influences espagnole et italienne, l'art pictural connaît son apogée au XVIe siècle avec la Scuola di Stampace et son maître, Pietro Cavaro. Le XXe siècle voit naître, quant à lui, des œuvres traitant le portrait et les scènes rurales, tandis que les murali (fresques à caractère politique) occupent l'espace public des années 1970, comme à Orgosolo ou San Sperate, près de Cagliari.
La production littéraire se concentre surtout sur le XXe siècle : Grazia Deledda (école réaliste), Sebastiano Satta (poésie) ou Gavino Ledda dont le Padre Padrone fut adapté au cinéma par les frères Taviani en 1976.
Portée par l'engouement pour la world musique, la scène traditionnelle sarde, héritière de la poesia cantata (vers chantés), des chorales et des compositions folkloriques, connaît depuis quelques années un nouveau souffle grâce aux groupes tels que Cordas et Cannas, au compositeur-interprète Franco Madau ou à Elena Ledda.

Mis à jour le : 14 février 2013
Vizeat

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