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Publié le 12/02/2026 9 minutes de lecture
Où partir au printemps pour profiter des plus beaux paysages de la saison et d’une lumière incomparable ? Des cerisiers en fleurs au Japon aux criques turquoise des Baléares, des champs de tulipes hollandais aux villes vibrantes du sud de l’Europe, le printemps révèle chaque destination sous son meilleur jour. Les températures sont agréables, la nature est en pleine floraison et les journées qui s’allongent invitent à explorer sans hâte.
Du Connemara sauvage aux villages blancs d’Andalousie, des châteaux de la Loire aux capitales vibrantes comme Lisbonne ou Istanbul, voici nos destinations préférées pour voyager au printemps.
Le Japon pour voir les cerisiers en fleurs
La période des sakura (cerisiers en fleurs) est certainement la plus belle saison au Japon ! Entre fin mars et début avril, selon les régions, le pays tout entier célèbre le hanami, l’art d’admirer les fleurs éphémères. Parcs, jardins et berges des rivières deviennent alors des lieux de rassemblement où l’on pique-nique en famille ou entre amis sous une pluie de pétales.
À Kyoto, les temples et sanctuaires offrent un décor particulièrement poétique lorsque les cerisiers encadrent pavillons et pagodes. À Tokyo, les parcs comme Ueno ou les rives de la rivière Meguro se transforment en véritables tunnels fleuris. Plus au sud, le Mont Fuji, encore coiffé de neige, compose un tableau iconique lorsqu’il se dresse au-dessus des cerisiers en fleurs. Et à Himeji, le majestueux château de Himeji semble flotter dans un nuage rose au cœur du printemps.
La floraison ne dure qu’une à deux semaines, ce qui rend l’expérience d’autant plus précieuse. Voyager au Japon à cette période, c’est accepter la beauté fugace des choses — une notion chère à la culture japonaise — et vivre un moment suspendu, entre tradition, nature et poésie.
Minorque pour s’offrir son premier bain de l’année
Incontestablement, le charme de Minorque, l'une des plus belles îles des Baléares, réside dans ses nombreuses criques à l’eau bleu turquoise. Souvent accessibles en voiture, elles ont conservé la plupart du temps leur aspect sauvage : aucune construction, une végétation constituée de pins maritimes et de maquis, un sable fin. Au printemps, vous les aurez sans doute pour vous seul, alors même que l’eau flirte déjà avec les 20 °C.
Les plus réputées se situent au sud de Ciutadella comme la cala en Turqueta ou la cala Son Saura. La ville de Ciutadella, justement, au nord de l’île, pourrait être l’archétype du petit port méditerranéen avec ses embarcations de pêcheurs et son anse étroite bordée de restaurants de poissons. L’unité architecturale frappe d’entrée : maisons patriciennes aux tons ocre, rues étroites, arcades blanchies à la chaux. Clou de la visite : le marché de producteurs locaux et sa petite halle aux poissons ornée de carreaux vert et blanc datant du XIXe siècle.
Les Pays-Bas pour voir la floraison des tulipes
Au printemps, les Pays-Bas se transforment en une immense palette de couleurs. D’avril à début mai, les champs de tulipes s’étendent à perte de vue, dessinant de spectaculaires bandes rouges, jaunes, roses ou violettes dans la campagne.
Le lieu le plus célèbre pour admirer cette floraison des tulipes est sans doute le Keukenhof, près de Lisse. Ce parc floral, ouvert seulement quelques semaines par an, rassemble des millions de bulbes soigneusement mis en scène dans des jardins paysagers raffinés. Au-delà de ce jardin emblématique, c’est toute la région qui se découvre idéalement à vélo, en longeant les champs fleuris pour savourer toute la beauté des paysages.
Bon à savoir : Le Keukenhof se trouve à environ 35 à 40 minutes d’Amsterdam en voiture.
Istanbul, l’un des meilleurs city break printanier
Quel est le plus grand trésor d’Istanbul ? La majestueuse Sainte-Sophie, chef-d’œuvre du VIᵉ siècle ? Le somptueux Palais de Topkapı, ancien cœur du pouvoir ottoman ? Ou encore les dômes et les minarets élancés de la Mosquée bleue, ornée de faïences aux nuances azurées ? Le mieux est encore de flâner de l’un à l’autre pour vous faire votre propre idée. En mars, alors que l’hiver s’efface et que les températures commencent à remonter, la ville retrouve des couleurs sans être envahie par la foule. La basse saison touche à sa fin : on profite encore de tarifs plus avantageux, d’une fréquentation modérée et d’un climat plus doux pour explorer les sites historiques dans de bonnes conditions.
Mais Istanbul ne se résume pas à ses monuments. L’un des plus précieux héritages de l’Empire ottoman est sans doute sa cuisine. Il suffit de parcourir les allées animées du Bazar aux épices pour comprendre l’importance des saveurs et des parfums dans la culture locale. Des kebabs les plus simples aux généreux assortiments de mezzés, sans oublier l’incontournable imam bayıldı, ce plat fondant à base d’aubergine, la gastronomie turque séduit par sa richesse et sa diversité. Depuis une vingtaine d’années, Istanbul a vu fleurir de nombreuses visites guidées culinaires et écoles de cuisine.
Bon à savoir : Pour organiser votre séjour, privilégiez le quartier de Sultanahmet, sur la rive européenne du Bosphore. Vous serez à deux pas du Grand Bazar, du Bazar aux épices et de la plupart des grands sites historiques, ce qui facilite grandement les déplacements et permet de profiter pleinement de votre séjour.
Le Morvan pour s’offrir un week-end sportif
L’oublié des vacanciers filant vers le sud, de ceux qui n’ont d’yeux que pour la grande bleue. À 2h30 de Paris et Lyon, le Morvan se dresse du haut de ses 901 mètres, noir, boisé, sauvage. Cernée de villages chargés d’histoire, cette terre ressemble certainement à ce que la France devait être au Moyen Âge : rurale, verte, inhospitalière.
Si on n’y pénètre guère au cœur de l’hiver, le printemps lui redonne des attraits fort appréciables. Les forêts de sapins vallonnées deviennent le terrain de prédilection des vététistes. Les cours d’eau aimantent les amateurs de canoë, rafting, hydrospeed ; la Cure et la Chalaux accueillent notamment des compétitions internationales.
Les lacs voient de nouveau naviguer les catamarans et planches à voile – celui des Settons dispose d’une base nautique qui reprend ses activités à partir de pâques. Un paradis pour les sportifs en plein air qui croiseront probablement au détour d’un chemin ou d’un ruisseau chevreuil, sanglier, renard. Comme au Moyen Âge.
Le Connemara pour un road trip printanier et sauvage en Irlande
Sauvage et envoûtant, le Connemara séduit au premier regard. Entre ses lacs scintillants (les loughs), ses îles et criques secrètes, ses tourbières tapissées de bruyère, ses montagnes abruptes et ses châteaux majestueux — dont certains ont été transformés en hôtels de luxe — la région offre un décor d’une rare beauté. À cela s’ajoute une culture irlandaise vivante et chaleureuse.
Le mois de mai est particulièrement agréable : c’est l’un des plus secs en Irlande, avec des températures maximales autour de 15 °C, idéales pour partir en road trip ! En empruntant la Sky Road depuis Clifden, vous profiterez de panoramas spectaculaires sur la côte sauvage. La route R334, qui longe la vallée du Lough Inagh, dévoile d’un côté les montagnes des Maumturk et, de l’autre, les Twelve Bens.
Prenez le temps de vous arrêter en chemin, notamment à l’abbaye de Kylemore, avec son église gothique, son jardin victorien et son parc au bord du lac ; au fjord spectaculaire de Killary Harbour ; ou encore dans les galeries d’art du village pittoresque de Roundstone.
La vallée de la Loire pour explorer les châteaux et vignobles
Aucune rivière n’égale la Loire en majesté. Bordée de saules pleureurs, de vignobles ondulants et d’une succession de châteaux, de palais et de villes pleines de charme, elle offre un paysage incomparable. Son histoire est omniprésente : des pas de Jeanne d'Arc à Orléans aux sépultures royales de l’abbaye royale de Fontevraud, chaque étape raconte un pan du passé. La vallée séduit aussi les gourmets, entre grands restaurants étoilés au guide Michelin et auberges familiales conviviales, où l’on savoure des vins renommés et une cuisine généreuse.
Les plaisirs de la table se compensent aisément par de belles escapades au fil de l’eau : en canoë, à pied ou à vélo le long des berges paisibles. Si la région attire de nombreux visiteurs, le mois de mai reste bien plus tranquille que la haute saison estivale. C’est le moment idéal pour découvrir les grands châteaux de la vallée : l’imposant château de Chambord, l’élégant château de Chenonceau qui enjambe le Cher, ou encore le raffiné château de Cheverny. Vous pouvez aussi choisir des demeures plus confidentielles, comme le château de Brissac, le Château de Brézé ou le château de Beauregard.
L'Andalousie, entre patios fleuris, palais mauresques et fêtes traditionnelles
Au printemps, l’Andalousie s’épanouit dans un éclat de lumière et de parfums. Dès mars, les orangers en fleurs embaument les ruelles, les patios se couvrent de géraniums et le soleil réchauffe doucement les façades blanchies à la chaux. À Séville, la ville vibre entre la solennité de la Semaine sainte et l’exubérance de la Feria de Abril, lorsque robes à volants et chevaux andalous envahissent les rues.
À Cordoue, le parfum des fleurs d’oranger flotte autour de la Mezquita, tandis que les patios privés s’ouvrent exceptionnellement aux visiteurs dans une explosion de couleurs.
Plus à l’est, les jardins de l’Alhambra à Grenade murmurent entre bassins et cyprès, avec la Sierra Nevada encore enneigée en toile de fond. Et à Ronda, les gorges vertigineuses se parent d’un vert intense sous la lumière claire. Les températures sont douces, idéales pour flâner de plaza en plaza, savourer un gazpacho ou quelques tapas en terrasse.
Le lac Majeur en Italie pour un séjour élégant au bord de l’eau
Les lacs italiens ont chacun leur caractère et attirent les voyageurs depuis des siècles, bien avant même l’époque du Grand Tour. L’aristocratie y a fait édifier de somptueuses villas sur leurs rives ; de cette émulation sont nés des jardins et des paysages d’une beauté saisissante, tantôt classiques et ordonnés, tantôt luxuriants et foisonnants.
Mais aucun site n’égale l’exubérance de l’Isola Bella, sur le lac Majeur. Au XVIIe siècle, le comte Borromeo y fit aménager pour son épouse Isabella un spectaculaire jardin en terrasses, composé de dix niveaux s’élevant à 37 mètres de hauteur. En avril, juste après la réouverture annuelle et avant l’arrivée des foules, on peut admirer cette merveille baroque dans une relative quiétude. C’est d’ailleurs une période idéale pour découvrir le lac Majeur : les élégantes localités de Cannobio, Stresa et Verbania s’animent doucement, tandis que les superbes jardins botaniques de la Villa Taranto rouvrent leurs portes.
Détour conseillé : le charmant lac d'Orta, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest du lac Majeur, mérite également la visite. Flânez dans le village pavé aux façades pastel d’Orta San Giulio, puis embarquez pour l’Île San Giulio afin d’y découvrir sa basilique du XIIe siècle, empreinte de sérénité.
Lisbonne pour profiter de la lumière et des terrasses
Est-ce la lumière, franche et dorée, qui glisse sur le Tage dès la fin de l’hiver ? Est-ce le tintement du tramway qui grimpe les pentes abruptes, ou l’odeur sucrée d’un pastel de nata encore tiède au coin d’une rue ? À Lisbonne, le printemps n’est pas une simple saison : c’est un réveil.
Dès mars, la ville s’étire sous un ciel plus clair, les températures deviennent douces, les façades pastel retrouvent de l’éclat. On passe sans effort des ruelles anciennes d’Alfama aux grandes perspectives ouvertes sur le fleuve, puis aux jardins en fleurs où les Lisboètes s’attardent en terrasse. La fréquentation augmente à l’approche de l’été, certes, mais la chaleur reste mesurée et les journées longues invitent à explorer sans hâte.
Lisbonne se découvre alors par strates. Monumentale du côté de Belém, où les pierres blondes racontent les départs vers le large. Intime dans les quartiers perchés, où le linge claque au vent et où le fado s’échappe à la nuit tombée. Gourmande, surtout : poissons grillés, vins légers, pâtisseries à la cannelle composent un décor aussi savoureux que lumineux.
Marrakech pour découvrir la médina sous un soleil doux
Au printemps, Marrakech dévoile un visage particulièrement séduisant. Entre mars et mai, les températures restent agréables, oscillant autour de 22 à 28 °C, offrant des conditions idéales pour explorer la médina sans subir la chaleur intense de l’été. Les remparts ocre se parent d’une lumière douce, les orangers embaument les patios.
La ville se découvre alors au fil de ses contrastes. Les allées colorées des souks bruissent d’activité tandis que les riads dissimulent derrière leurs portes discrètes des havres de fraîcheur. Le Jardin Majorelle éclate de bleus et de verts éclatants, et les décors raffinés du Palais de la Bahia témoignent du raffinement architectural marocain.
La place Jemaa el-Fna, quant à elle, ne connaît pratiquement aucun répit. Dès les premières heures, marchands de jus d’orange, herboristes et vendeurs ambulants prennent place. Au fil de la journée, charmeurs de serpents, musiciens et conteurs se succèdent, tandis que les étals de cuisine s’installent progressivement jusqu’à transformer la place en immense restaurant à ciel ouvert.
Le printemps est aussi la saison des tables partagées. Tajines parfumés, salades d’herbes fraîches, pâtisseries au miel et thé à la menthe accompagnent les soirées douces qui s’étirent sous un ciel clair.
Les Pouilles en Italie, entre villages blancs et mer turquoise
Au bout du talon de la botte italienne, les Pouilles déroulent un décor lumineux où la mer et la pierre blanche semblent se répondre à l’infini. Entre avril et juin, la région s’éveille sous un ciel déjà généreux, les oliviers centenaires vibrent d’un vert argenté et les villages blanchis à la chaux resplendissent.
À Alberobello, les trulli coiffés de leurs toits coniques composent un paysage presque irréel, tandis qu’à Ostuni, la “ville blanche” domine la campagne comme un mirage éclatant.
Plus au sud, les falaises de Polignano a Mare plongent dans une Adriatique translucide, et le Salento déroule ses plages sauvages baignées par deux mers. On passe des ruelles baroques de Lecce aux ports paisibles où sèchent les filets de pêche, d’une masseria nichée parmi les amandiers en fleurs à une table dressée à l’ombre d’une pergola. Burrata crémeuse, orecchiette aux légumes du soleil, huile d’olive intense : ici, la simplicité devient art de vivre.
Cet article publié en 2016 a été mis à jour en février 2026.
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