-
Publié le 28/08/2026 12 minutes de lecture
À la recherche d’exotisme et de tranquillité pour vos prochaines vacances ? São Tomé et Príncipe – le deuxième plus petit pays d’Afrique – est fait pour vous.
Au large des côtes du Gabon, dans les eaux du golfe de Guinée, cet archipel, composé de deux îles volcaniques et plusieurs petits îlots, semble avoir échappé aux radars du tourisme. Pourtant, il concentre sur un territoire minuscule des paysages et des expériences que l’on irait volontiers chercher aux quatre coins du monde.
La preuve avec ces 8 raisons de découvrir São Tomé-et-Príncipe.
1. Ses plages sont aussi paradisiaques que celles des Seychelles
Les plages de Príncipe se succèdent sans jamais vraiment se ressembler, des criques merveilleusement aux rivages bordant de petits villages de pêcheurs animés. À Praia de Santa Rita, les amateurs de snorkeling se laissent dériver au-dessus d’un petit récif, guettant poissons-perroquets, barracudas et vivaneaux dorés d’Afrique.
Plus à l’ouest, sur Praia de Coco, les rares empreintes laissées dans le sable par quelques promeneurs solitaires ne côtoient guère que celles de chiens nonchalants. Quant à Praia Banana, autrefois immortalisée dans une publicité pour Bacardi, elle semble n’appartenir qu’à un couple d’oiseaux tropicaux qui se disputent bruyamment les lieux. Une eau turquoise vient lécher les rochers de basalte tandis qu’une noix de coco danse au gré des vagues. Même un palmier semble avoir succombé à tant de félicité, affalé sur le sable comme sous le poids du bonheur.
Plus à l’est, Praia dos Burros offre un visage plus animé. Des barques retournées sur le sable servent de tables de fortune à des adolescents absorbés par une partie de cartes. À proximité, des maisons sur pilotis un peu délabrées bordent le rivage. Devant elles, les pêcheurs ont suspendu leur prise du jour à des cordes.
« Bondja ô ! » lance un pêcheur avec un immense sourire. Il vient spontanément engager la conversation en forro, l’un des créoles parlés dans l’archipel. Car si le portugais est la langue officielle de São Tomé et Príncipe, 85 % de la population parle également l’un des trois créoles du pays.
« Bon-jow-ooh », reprend-il, faisant chanter les voyelles, avant d’éclater de rire. Une rencontre qui rappelle que le charme de São Tomé et Príncipe ne tient pas seulement à ses plages : l’accueil chaleureux de ses habitants y est tout aussi irrésistible.
2. Ses sentiers de randonnée sont aussi mystérieux que ceux du Pérou
En cette fin d’après-midi, les couleurs déjà intenses de la côte nord-ouest de Príncipe gagnent encore en éclat. Dans la lumière dorée, les troncs sinueux des palmiers prennent des reflets d’ambre, tandis que les larges feuilles ondulées des amandiers tropicaux se teintent d’un vert irisé.
Pour admirer à loisir ces jeux de lumière, rien de tel que de suivre l’un des six sentiers de randonnée aménagés sur l’île. J’emprunte celui qui relie Praia Bom Bom à Ribeira Izé sur un peu plus de trois kilomètres. Des fruits à pain tombés des arbres jonchent le sol, ramollis et fibreux, grouillant de fourmis. Au bout du sentier surgissent les ruines d’une église, vestige de la première colonie établie ici par des marins portugais en 1471.
À une époque où les navigateurs européens s’aventuraient toujours plus loin sur des mers encore mal connues, les Portugais avaient découvert ici ce dont rêvaient les explorateurs : un archipel inhabité. Ils y firent venir des esclaves d’Angola, du Cap-Vert et du Mozambique et développèrent la culture de la canne à sucre et du cacao. Cinq siècles plus tard, la forêt tropicale efface peu à peu les traces de cette première occupation humaine. Trois arbres gigantesques ont poussé au beau milieu de la nef de l’église. Des épiphytes colonisent leurs branches et de longues racines blanches courent sur les murs couleur corail.
Plus loin sur la côte, des nuages bas s’accrochent aux deux sommets de João Dias Pai et João Dias Filho — « le père et le fils » — et laissent deviner, derrière eux, un relief autrement plus imposant. Sous l’épaisse forêt qui recouvre l’intérieur de Príncipe se dressent d’étonnantes formations de phonolite : certaines forment de vertigineuses aiguilles rocheuses, d’autres de massifs sommets au profil tabulaire. Pour découvrir ces reliefs de plus près, je pars avec Estrela Matilde, qui travaille pour la réserve de biosphère de l’Unesco, gravir le Pico Papagaio, l’un des sommets les plus imposants de l’île, qui culmine à 680 mètres.
Après quatre heures d’une ascension éprouvante, le sentier se redresse brutalement à l’approche du sommet. Il faut désormais s’aider de cordes nouées entre les arbres et se hisser à la force des bras sur des parois rocheuses abruptes. Nous finissons par atteindre le sommet, les genoux couverts de boue mais le sourire aux lèvres.
À peine avons-nous le temps de contempler le paysage que les silhouettes de João Dias Pai et João Dias Filho, juste en face, commencent à disparaître dans la brume. « Sans entretien, un sentier comme celui-ci peut devenir méconnaissable en quelques semaines », explique Estrela. Comme pour lui donner raison, le ciel éclate soudain et une pluie diluvienne s’abat sur le sentier, avec toute la démesure d’un déluge biblique.
3. Ce pays promeut le « slow food » aussi bien que l’Italie
À São Tomé et Príncipe, la devise « léve, léve » — littéralement « doucement, doucement » — est presque un art de vivre. Elle imprègne le quotidien des Santoméens et, après quelques jours passés à bavarder sans regarder l’heure et à laisser les repas s’éterniser, difficile de ne pas adopter soi-même ce rythme tranquille. Pourquoi se presser, d’ailleurs, dans un pays où la nature est si généreuse, où les poissons semblent jaillir de la mer et où, sous l’effet de la chaleur et de l’humidité, on croirait presque voir les plantes pousser à vue d’œil ?
Pour le chef João Carlos Silva, ce goût des plaisirs simples et du temps que l’on prend se retrouve naturellement dans la cuisine du pays. Nombre de spécialités santoméennes exigent d’ailleurs une patience certaine. Le calulu, plat national, mijote pendant six heures : du poisson fumé et séché cuit lentement dans un bouillon avec du fruit à pain, de l’huile de palme, de l’herbe à moustiques et du gombo.
« À São Tomé, le bonheur transforme tout ce que nous faisons, jusqu’au goût de ce que nous mangeons », affirme João Carlos Silva. Tout en parlant, il prépare avec un soin méticuleux une banana recheada : une banane farcie au lard, soigneusement enveloppée et nouée avec de la citronnelle. « Vous savez qu’au Bhoutan, on mesure le bonheur national brut ? Ici, c’est un peu la même chose. Le bonheur est notre plus grande richesse. »
À l’heure du déjeuner, son restaurant, Roça São João, sur la côte est de São Tomé, affiche complet. Le menu dégustation de João Carlos Silva a attiré tous les gourmands. Sur la vaste terrasse qui domine la baie de Santa Cruz, le tintement des couverts accompagne l’agitation d’une douzaine de cuisiniers. Autour des fours à bois, on s’active ; ailleurs, de minuscules citrons verts du pays sont découpés pour préparer un ceviche de mérou rouge.
À l’autre bout de la terrasse, le repas terminé, les convives mettent à leur tour en pratique le « léve, léve ». Certains se sont installés dans les hamacs ; d’autres feuillettent paresseusement un livre choisi dans l’une des nombreuses bibliothèques. Ici, même le déjeuner semble rappeler qu’il n’y a aucune raison de se hâter.
4. Santo António, son ancienne capitale a des airs de La Havane
C’est dimanche matin à Santo António, la principale ville de Príncipe, et le temps semble s’y être arrêté. Si le « léve, léve » santoméen invite à prendre son temps, son pendant principien, « móli-móli », pousse cette nonchalance un peu plus loin encore. Sur la rive du Papagaio, dont les eaux s’écoulent paresseusement, un garçon s’amuse à faire rouler un pneu. Des chiens errants somnolent à l’ombre et les passants échangent de grands sourires. Le calme n’est troublé que par une chanson de kizomba angolaise diffusée par des enceintes à piles. Puis survient un spectacle inattendu : un tracteur traverse la ville avec, à son bord, un groupe de trompettistes.
Santo António tient dans une poignée de rues en terre, malmenées par les nids-de-poule. La ville est minuscule, mais elle possède un charme qui dépasse largement ses modestes dimensions. Le long de la baie s’alignent les bâtiments défraîchis hérités de l’époque où Santo António était la capitale des deux îles. Leurs couleurs pastel donnent au front de mer une élégance surannée : une école bleu pâle, un édifice administratif rose, un bureau de poste jaune. Autour de la place centrale, des azulejos portugais soigneusement agencés côtoient des fresques patinées par le temps et des bancs déserts. Tout près, un immense arbre du voyageur déploie ses feuilles en éventail sur quatre mètres et domine de sa silhouette le bâtiment de l’Assemblée régionale.
À la périphérie de la ville, des miroirs accrochés au-dessus des portes attirent le regard sur les façades colorées des maisons sur pilotis. Ils sont censés renvoyer les mauvaises énergies. Une coutume qui témoigne de la manière dont, à São Tomé et Príncipe, le christianisme se mêle à tout un héritage de croyances, de rites et de superstitions. Ici, les ex-voto sculptés et les remèdes préparés à partir de plantes ont leur place aux côtés des chants gospel et des baptêmes célébrés sur la plage.
5. Ses fruits sont aussi exotiques que ceux des Caraïbes
Matabala, jaca, cajá-manga, sape-sape, izaquente, fruta-pão, maquêqueê, micócó : à São Tomé, on est bien loin des quelques fruits exotiques proposés dans les supermarchés européens. Face au buffet du petit-déjeuner, un petit guide ne serait d’ailleurs pas de trop pour apprendre à les reconnaître. Le jaca, ou fruit du jacquier, se présente sous la forme d’un gros fruit à la peau bosselée, qui renferme une chair délicieusement collante. Sous son écorce hérissée de pointes, le sape-sape cache quant à lui une pulpe blanche et tendre. Ailleurs, on le connaît sous les noms de « soursop » ou de « mullatha », littéralement « pomme-cannelle épineuse ».
Aux abords de la ville de São Tomé, des vendeuses installent leurs étals le long des routes. Elles prélèvent la chair généreuse des fruits du jacquier et glissent des framboises sauvages dans de petits cornets confectionnés avec des feuilles de rose de porcelaine. À côté de ces curiosités locales s’entassent des fruits plus familiers : papayes, ananas, mangues, mais aussi pas moins de sept variétés de bananes. Dans les restaurants de l’île, celles-ci se déclinent de toutes les façons : mûres ou encore vertes, frites, bouillies, séchées ou rôties.
Ces plantes à la croissance exubérante racontent aussi une part de l’histoire de celles que l’on surnomme les « îles du cacao ». Nombre d’entre elles furent introduites pour nourrir les esclaves amenés dans l’archipel à partir du XVIe siècle afin de travailler dans les plantations de canne à sucre, puis dans celles de cacao et de café, destinés à l’exportation.
Parmi ces plantes, aucune n’a joué un rôle aussi important que le fruta-pão, le fruit à pain, reconnaissable à sa chair spongieuse. Originaire du Pacifique Sud, il se prête à toutes sortes de préparations : on peut le faire frire, le cuire à l’eau ou au four, mais aussi le réduire en farine. Riche en glucides, en protéines et en vitamines, un seul fruit contiendrait suffisamment de nutriments pour nourrir une famille de cinq personnes pendant une journée.
Aujourd’hui encore, le fruit à pain reste un aliment incontournable de la cuisine santoméenne. Il se déguste aussi bien dans des préparations salées que sucrées : frit en beignets, servi en accompagnement de sauces au poisson ou encore transformé en puddings à la texture fondante.
6. On y produit un chocolat aussi raffiné que celui de la Suisse
En 1908, São Tomé était le premier producteur mondial de cacao et comptait quelque 800 plantations. Mais après le départ des Portugais, en 1975, les grands domaines ont peu à peu été abandonnés. Il ne reste aujourd’hui que 150 de ces anciennes roças, bien loin de leur splendeur passée. Certaines ont presque entièrement disparu sous la végétation tropicale. D’autres sont devenues des lieux d’habitation, où la vie s’est installée au milieu des vestiges. Les enfants dévalent en riant des escaliers aux perspectives vertigineuses, dignes d’un dessin d’Escher ; des chauves-souris se nichent au-dessus des portes, la mousse gagne les murs et de petites chèvres bondissent sur les marches à moitié effondrées.
À la périphérie de la capitale, le laboratoire de Claudio Corallo offre un contraste saisissant. Ici, tout est impeccable et ordonné. Sur les étagères s’alignent des tablettes de chocolat dans leurs étuis en carton, à côté de balances en métal et de bocaux remplis de gingembre confit, d’écorces d’orange et de raisins secs macérés dans l’alcool. Sous une cloche de verre, du chocolat frémit doucement dans une cuve. Claudio pèse avec précision quelques morceaux de chocolat à 75 % de cacao, les plonge dans de l’eau fumante, puis sert une tasse de cette boisson dense et parfumée, étonnamment dépourvue d’amertume.
Avec sa moustache qui semble l’accompagner depuis toujours, son rire chaleureux et son regard pétillant, cet Italien dégage une bonhomie toute naturelle. Certains l’ont présenté comme le meilleur chocolatier du monde. Une étiquette qui prête à sourire quand on sait qu’il n’est lui-même guère amateur de chocolat.
« Je suis agriculteur, pas chocolatier, insiste-t-il. Mon travail se fait dans les plantations, pas dans les cuisines. »
Devenu célèbre presque malgré lui, Claudio Corallo est aujourd’hui le seul du pays à maîtriser toute la chaîne de production d’un chocolat haut de gamme, depuis la culture du cacao jusqu’à la fabrication et à l’exportation des tablettes. Ses chocolats très recherchés sont expédiés aux quatre coins du monde, où ils se retrouvent dans les grands magasins de luxe comme dans les cuisines de chefs exigeants.
Pour expliquer son approche, Claudio Corallo aime comparer son métier à celui d’un menuisier. « Le secret ne tient ni à l’essence du bois ni aux outils utilisés. Tout dépend du travail, de l’expérience et du soin qu’apporte le menuisier. »
7. La richesse de sa faune peut rivaliser avec celle des Galápagos
Au bout de quelques jours, croiser les animaux qui peuplent les îles finit presque par sembler banal. Dans la cime des arbres, les perroquets gris d’Afrique se chamaillent bruyamment ; des serpents s’enroulent autour des branches et des chauves-souris frugivores passent au-dessus des têtes, regagnant leur gîte d’un vol tranquille. Au bord des routes, les tisserins s’affairent à tresser leurs nids, tandis que de minuscules martins-pêcheurs, dotés d’un bec démesurément long, se tiennent en équilibre sur les racines.
São Tomé et Príncipe n’ayant jamais été relié au continent africain, l’archipel a vu se développer une faune singulière, avec une concentration exceptionnelle d’espèces endémiques. Rapportée à sa superficie, cette richesse biologique peut rivaliser avec celle des Galápagos ou d’Hawaï. Certaines espèces posent encore des énigmes aux scientifiques. C’est notamment le cas des huit espèces de grenouilles présentes sur les îles : incapables de survivre dans l’eau de mer et dotées d’un métabolisme rapide, elles n’auraient, en théorie, guère eu les moyens de franchir l’océan. La façon dont leurs ancêtres sont arrivés jusqu’ici reste donc un mystère.
Le golfe de Guinée qui entoure l’archipel recèle lui aussi une remarquable biodiversité. Au large, les baleines à bosse bondissent hors de l’eau et les poissons volants filent au ras des vagues. Plus en profondeur évoluent des poissons aux dimensions impressionnantes : le marlin bleu peut dépasser 750 kilos. Son corps aux reflets bleu métallique est surmonté d’une spectaculaire nageoire dorsale bleu marine, semblable à une voile.
Quatre espèces de tortues marines viennent pondre sur les plages de l’archipel : la tortue luth, la tortue verte, la tortue imbriquée et la tortue olivâtre. Des tortues caouannes ont également été observées dans les eaux environnantes, mais aucune n’a encore été vue venant pondre sur les rivages.
À São Tomé, la saison de la ponte bat son plein. Pour observer les tortues au plus près, je pars de nuit sur Praia Grande. La promenade se révèle aussi fascinante qu’inquiétante. Dans le halo rouge de nos lampes frontales, des milliers de crabes terrestres détalent à notre passage. Certains atteignent la taille d’un frisbee et, lorsque nous approchons, se redressent en brandissant leur énorme pince droite.
Un peu plus loin, de larges traces dans le sable, semblables aux marques laissées par les roues d’un tracteur, conduisent jusqu’à une tortue verte épuisée. Depuis une heure, elle a remonté péniblement la plage jusqu’au-dessus de la ligne de marée haute, creusé son nid et pondu 120 œufs.
« Au début, ils sont durs comme des balles de ping-pong, puis ils ramollissent », murmure Vanessa Schmett, qui œuvre à la protection des tortues. Elle mesure la carapace de l’animal, puis lui fixe une petite balise sous une nageoire. La tortue ne semble guère s’en soucier. Elle pousse une longue expiration et entreprend de recouvrir ses œufs de sable.
« Le début de leur vie est difficile, mais les petites tortues sont résistantes », poursuit Vanessa en libérant une nageoire restée prise dans une feuille de palmier.
Sa tâche accomplie, la tortue reprend lentement le chemin de l’océan et finit par disparaître dans les vagues. Au-dessus d’elle, la Voie lactée se dessine peu à peu dans le ciel, immense traînée lumineuse à laquelle l’animal, imperturbable, ne prête évidemment aucune attention.
8. Le Pico Cão Grande est aussi imposant que les gratte-ciels de Dubaï
La route qui longe la côte est, dans l’une des régions les plus reculées de São Tomé, traverse une succession de villages de pêcheurs et de plages de sable noir. Sur le bord du chemin, des femmes font sécher des draps sur des morceaux de bois flotté blanchis par le soleil. Des adolescents s’essaient au surf sur de vieilles planches en mousse, tandis que des écoliers saluent les pick-up de passage en lançant des « olá ! » et des « amiga ! ». Deux jeunes femmes avancent au milieu de la chaussée, une machette à la main et, en équilibre sur la tête, des sacs de toile remplis de fruits. L’une d’elles m’adresse un sourire avant de me demander en anglais : « Vous aimez la nature de São Tomé ? Bienvenue. »
Avec de tels accueils et cette facilité à engager la conversation, la tentation est grande de s’arrêter à chaque village. Mais le jour baisse et ma destination n’est plus très loin : je veux enfin approcher l’étonnant gratte-ciel naturel qui domine cette partie de l’île.
Presque toujours drapé de brume, le Pico Cão Grande — « pic du grand chien » en portugais — est une aiguille de phonolite qui s’élève à 668 mètres dans la forêt tropicale du sud de São Tomé. C’est le plus spectaculaire des nombreux pitons volcaniques qui ponctuent l’archipel. Ces formations sont les vestiges d’anciennes cheminées volcaniques, dans lesquelles le magma s’est solidifié avant que l’érosion ne fasse disparaître les roches plus tendres qui les entouraient.
Au fil des routes de São Tomé, le Pico Cão Grande surgit là où on ne l’attend pas. Tantôt sa silhouette monumentale se dresse au bout d’une longue ligne droite ; tantôt elle domine l’étendue uniformément verte d’une plantation de palmiers à huile. Ailleurs, l’aiguille émerge de l’épaisse canopée avec une allure si irréelle qu’on la croirait échappée de la Terre du Milieu.
J’atteins enfin un point de vue, dans un virage escarpé de la route. À cet instant précis, la brume se déchire. Une lumière dorée enveloppe le Pico et fait flamboyer de vert l’immense tapis de forêt qui l’entoure.
Tout devient silencieux. De temps à autre, le chant d’un tisserin perce le calme. Puis vient le léger claquement de tongs sur la route : un homme regagne tranquillement son village à pied. « Tudo bem ? », me lance-t-il en passant — tout va bien ? « Léve, léve », lui réponds-je. Il sourit.
Cet article publié sur Lonelyplanet.com, a été traduit avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, sous la supervision de nos auteurs, puis édité par la rédaction.
Acheter