Sri Lanka : Environnement

Nature, géographie et écologie du Sri Lanka

Géographie

L'île, en forme de goutte d'eau, mesure 353 km du nord au sud. Le massif montagneux central est entouré d'une plaine côtière. Le sommet le plus élevé est le Piduratalagala (2 524 m), mais le pic d'Adam (2 224 m), où le fleuve Mahaweli prend sa source, est plus impressionnant. Au nord-ouest du pays, l'île de Mannar, reliée par un pont, est presque rattachée au sud de l'Inde (distante d'une cinquantaine de km) par une longue succession de bancs de sable et d'îlots formant le pont d'Adam.

Faune et flore

Vous trouverez à Sri Lanka une diversité impressionnante d'espèces végétales et animales. La zone humide, au sud-ouest, est constituée de forêts tropicales et de feuillus, notamment l'ébène et le teck. On y voit aussi de magnifiques orchidées et beaucoup de plantes utilisées en médecine traditionnelle. La zone montagneuse du centre présente une végétation de plateau : forêts de rhododendrons, arbres moussus...
La faune est particulièrement insolite : 86 espèces de mammifères (éléphants, bien sûr, mais aussi léopards, macaques, chacals...), 54 de poissons, 40 de grenouilles et crapauds, une large gamme de reptiles (dont deux espèces de crocodiles et cinq de serpents venimeux).
La première réserve du monde y fut créée par le roi Devanampiya Tissa, dès le IIIe siècle av. J.-C... Les Anglais ont hélas défriché d'importantes proportions de forêts pour leurs plantations de thé, de café et d'hévéa, mais le pays possède toujours 12 parcs nationaux, dont quatre seulement sont ouverts au public : Bundala, Yala West, Horton Plains et Uda Walawe.

Les éléphants

Les éléphants occupent une place particulière dans la culture sri lankaise. Ils appartenaient jadis à la Couronne et en tuer un constituait une terrible offense. Selon la légende, des pachydermes enfoncèrent les fondations des dagobas (stupas) d’Anuradhapura. Fréquemment représenté dans l’art sri lankais, l’éléphant reste très aimé. Parmi les animaux en captivité, l’éléphant du temple Maligawa, qui porte la dent sacrée du Bouddha lors de l’Esala Perahera de Kandy, est le plus vénéré. Le “rassemblement” des éléphants sauvages dans le parc national de Minneriya est l’un des événements les plus extraordinaires du Sri Lanka.
Bien que tenus en haute estime, les éléphants ont vu leur population décliner de manière significative. Leur sort est devenu un point névralgique dans le débat sur le conflit homme-animal. Ces dernières années, le regard porté sur le rôle des éléphants dans les cérémonies religieuses comme l’Esala Perahera et comme gardiens des temples a commencé à changer. Les associations de protection de la
vie sauvage contestent l’éthique des pratiques religieuses traditionnelles (mais de plus en plus controversées) consistant à enchaîner les éléphants dans l’enceinte des temples. Le puissant lobby de protection de la vie sauvage au Sri Lanka s’est aussi fermement opposé à leur exportation en tant que cadeaux à d’autres nations. Naidi, un jeune éléphant de Pinnewala, a été offert au zoo d’Auckland par le président Maithripala Sirisena, mais des manifestants ont empêché son exportation en avril 2017.

La cohabitation homme-éléphant

Dans les terres habitées par les éléphants, les paysans redoutent qu’ils mangent ou piétinent leurs récoltes, qu’ils détruisent leurs maisons ou même qu’ils les tuent. À la saison des cultures, les fermiers se relaient jour et nuit pendant 3 mois afin d’effrayer les pillards. Parallèlement, les éléphants, qui ont chacun besoin d’une superficie d’environ 5 km² pour satisfaire leur appétit (200 kg de végétaux par jour), ne trouvent plus suffisamment de vivres dans les réserves où ils sont protégés. La faim – et peut-être la curiosité – les pousse à chercher de quoi se nourrir dans d’autres secteurs – comme les terres arables jouxtant leurs territoires “protégés”. Dans le conflit qui oppose éléphants et cultivateurs, chacun cherche simplement à assurer sa survie.
Les comportements nuisibles qui contribuent à ce cercle vicieux découlent en grande partie des clôtures. Des clôtures électriques délimitant les parcs nationaux pour y maintenir les éléphants empêchent les animaux d’aller se nourrir dans les prairies voisines (leur nourriture préférée). Les schémas migratoires sont aussi bouleversés. Cela cause la faim, et parfois même la famine des éléphants, selon la Born Free Foundation.*

Déforestation et surdéveloppement

Les principales menaces environnementales au Sri Lanka sont sans doute la déforestation et le surdéveloppement, qui engendrent une importante perte d’habitat. Au début du XXe siècle, le Sri Lanka était couvert à 70% de forêt primaire. En 2005, ce pourcentage était tombé à 20%. Plus grave encore, le pays a affiché ces dernières années des chiffres record de destruction de forêt primaire, avec une diminution de 18% du couvert forestier et la disparition de 35% des forêts anciennes. Le chena (culture sur brûlis) est désigné comme un facteur important de déforestation, mais les programmes d’irrigation, le défrichage pour l’agriculture et le “développement”, le conflit armé et, bien sûr, l’exploitation forestière illégale, sont autant de facteurs qui ont contribué à cette perte.
Avec la paix, l’essor de l’économie sri lankaise ne peut qu’accroître la pression sur l’environnement. L’augmentation rapide du tourisme provoque la prolifération de nouvelles constructions et le résultat est inquiétant : malgré des lois votées après le tsunami de 2004, interdisant la construction d’hôtels et de restaurants à moins de 100 m de la ligne de marée haute, de nombreuses zones des côtes sud et ouest voient fleurir de nouveaux bâtiments littéralement érigés au bord de l’eau.

Mis à jour le : 23 mai 2018

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