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Idées de voyage

Inde du Nord : découvrez la région de Madhya Pradesh et Chhattisgarh

Mis à jour le : 25 septembre 2019

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Beaucoup moins touristique que ses voisins, le Madhya Pradesh (MP) offre la possibilité d’un voyage inoubliable tout en sortant des sentiers battus. Parmi les nombreuses merveilles architecturales de la région, les temples de Khajuraho renferment quelquesunes des plus belles sculptures sur pierre d’Inde, dont de superbes œuvres érotiques. Mais il y a aussi de nombreux palais, forts, mosquées et stupas ; ceux des villages d’Orchha et de Mandu sont particulièrement remarquables. Les tigres constituent l’autre atout de l’État et peut-être aurez-vous la chance d’observer un spécimen du Bengale dans les réserves. Paradis du pèlerin comme du voyageur, des endroits comme Maheshwar et Omkareshwar sur le fleuve Narmada offrent l’ambiance spirituelle et détendue qui fait la réputation de l’Inde. Les plus aventureux pourront progresser jusque dans les régions tribales du Chhattisgarh, univers à l’opposé de la culture indienne dominante.

1. Rencontrer les tigres dans la Bandhavgarh Tiger Reserve

Si votre vœu le plus cher est de voir un tigre, ne cherchez plus. Un séjour de deux ou trois jours à Bandhavgarh (9424794315; entrée dans l’aire centrale véhicule entier (6 passagers)/1 passager 1 500/250 ₹, guide obligatoire 360 ₹, location jeep 2 200 ₹ ; safaris du matin et de l’après-midi 2 heures 30-5 heures, sauf mer après-midi, oct-juin) devrait exaucer votre souhait, sauf peut-être en octobre. Lors du recensement des tigres en Inde en 2014, on compta 68 tigres, regroupés pour l’essentiel dans le territoire relativement restreint (453 km2) du Bandhavgarh National Park, compris dans l’aire centrale de la réserve. Rivalisant avec le Ranthambhore du Rajasthan pour sa faune, cette réserve de tigres est un des lieux en Inde les plus propices pour en apercevoir. Il y a aussi plus de 40 léopards (qui se montrent rarement) et des animaux plus courants comme des daims, des sangliers et des singes langurs.
On accède au parc principalement par le tranquille petit village de Tala, à 32 km au nord-est d’Umaria, où se trouve la gare ferroviaire la plus proche. La période la plus propice à l’observation des tigres s’étend de février à juin, mais il fait particulièrement chaud d’avril à juin, le thermomètre affichant souvent plus de 40°C.

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Tigre de la Bandhavgarh Tiger Reserve

2. Admirer les sculptures des temples de Khajuraho

Les sculptures érotiques qui couvrent les trois groupes de temples de Khajuraho, classés au Patrimoine mondial, comptent parmi les chefs-d’œuvre mondiaux de l’art sacré. Le groupe ouest, en particulier, comprend des sculptures extraordinaires.
De nombreux voyageurs déplorent l’insistance des vendeurs de rue sur l’itinéraire des bus touristiques. Pour autant, ne faites pas l’impasse sur ces joyaux architecturaux.
Merveilleux exemples de l’architecture d’Inde du Nord, ce sont pourtant leurs sculptures d’ornement qui ont rendu ces temples célèbres. Tout autour des temples, dieux, déesses, guerriers, musiciens, danseurs et animaux, réels ou mythologiques, se succèdent en frises superposées, admirablement sculptées dans la pierre.
Deux éléments sont omniprésents : le corps féminin et les positions érotiques. Les surasundari et apsara (nymphes célestes) et les nayika (héroïnes) sont représentées sous un jour sensuel, légèrement tournées et penchées de sorte qu’elles semblent danser et tourbillonner en s’affranchissant de la façade des temples. Les mithuna (figurant des couples ou des trios d’amoureux dans des postures érotiques) témoignent du fabuleux talent des sculpteurs des Chandela.

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Temples de Khajuraho

3. Passez une nuit chez l'habitant dans la petite ville d'Orcha

Cette ville historique postée sur les rives de la Betwa recèle de superbes édifices moghols, dont des palais, des temples et des chhatri (cénotaphes royaux). L’ambiance est ici nettement plus détendue et reposante qu’ailleurs et il y a moins de touristes que dans la cité voisine de Khajuraho. N’hésitez pas à y séjourner chez l’habitant pour profiter de la campagne environnante et des activités qu’elle offre, au nombre desquelles marche, vélo et rafting.

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La petite ville d'Orcha

4. Faire du vélo dans Mandu

Perchée sur un plateau verdoyant et un peu boisé de 25 km2 , la pittoresque Mandu s’enorgueillit de l’un des plus beaux exemples d’architecture afghane en Inde, ainsi que d’impressionnants baobabs originaires d’Afrique. L’endroit est émaillé de palais, de tombes, de monuments et de mosquées, dont un bon nombre sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Certains sont perchés au bord de ravins, d’autres sont situés sur la rive d’un lac ; le pavillon de Rupmati, le plus romantique de tous, trône majestueusement à l’extrémité du plateau, dominant les vastes plaines. Mandu est l’endroit idéal où passer deux ou trois jours à découvrir une architecture d’exception dans un cadre champêtre, que l’on parcourt sans peine à vélo – en réfléchissant au destin de cette ancienne capitale d’un royaume puissant devenue modeste village.

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Ruines du Palais Swing à Mandu

5. Un séjour dans la jungle au lodge Kipling Camp

Situé à 3 km de Khatia Gate, ce superbe lodge à l’ambiance décontractée est tenu par l’un des plus ardents défenseurs du tigre en Inde, la documentariste, photographe et écrivain Belinda Wright, qui a travaillé pour National Geographic. Aux excellents repas pris en commun succèdent des causeries sur la faune. Le séjour est donc aussi instructif que relaxant. Les hôtes sont logés dans un ravissant lodge au chic rustique, qui évoque subtilement le style colonial.
La vie foisonne dans le site non clôturé. Les singes langurs et les chital font des apparitions régulières ; leur présence n’est éclipsée que par celle, furtive, d’un tigre ou d’un léopard. Le personnel, très professionnel et expérimenté, guide plusieurs circuits et, expérience extraordinaire, vous pourrez également nager dans la rivière avec Tara, l’éléphante sexagénaire du camp. Fondé en 1982, ce lodge fut le premier du genre en Inde. Il est aujourd’hui géré dans le respect de l’environnement, et une partie des bénéfices est reversée à de nombreuses associations caritatives locales.

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Singe langur gris dans la jungle indienne

6. Apprendre du passé bouddhiste de l'Inde à Sanchi

Au-dessus des plaines, à 46 km au nord-est de Bhopal, des monuments bouddhiques comptant parmi les plus anciens du pays se dressent au sommet d’une colline.
En 262 av. J.-C., horrifié par les massacres qu’il avait infligés à la population de Kalinga (dans l’actuel Odisha), l’empereur Maurya Ashoka se convertit au bouddhisme. Pour faire pénitence, il fit ériger le Grand Stupa de Sanchi, édifice surmonté d’un immense dôme qui servait à conserver des reliques, près du lieu de naissance (Vidisha) de son épouse Devi. Sanchi devint un important centre monastique bouddhique, agrandi au fil des siècles par de nouveaux stupas et autres monuments. Tombé dans l’oubli au XIIIe siècle, il fut redécouvert en 1818 par un officier de l’armée britannique.
Aujourd’hui, ce Grand Stupa remarquablement conservé est le joyau du site, classé au Patrimoine mondial.
Bien que l’on puisse visiter Sanchi depuis Bhopal en une journée, il est agréable de passer la nuit dans cette bourgade, d’où l’on peut faire plusieurs excursions.

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Le Grand Stupa de Sanchi

7. Visiter la forteresse de Gwalior

Majestueusement perché sur un plateau de 3 km de long surplombant Gwalior, ce fort est une construction aussi imposante qu’étonnante qui se distingue notamment par ses nombreux palais, temples et musées. Aujourd’hui, il est en grande partie occupé par la prestigieuse Scindia School, une école privée fondée par le maharaja Madho Rao Scindia en 1897, et dévolue à l’éducation de la noblesse indienne. 

Que voir ?

  • Entrées est : À l’est, une série de 5 portes ponctue les marches usées du sentier menant au fort (deux des sept portes d’origine n’existent plus). La première porte que vous franchirez est Gwalior Gate (porte d’Alamgiri), de 1660. La suivante sur votre chemin est Badalgarh Gate (porte d’Hindola), baptisée en hommage à Badal Singh, l’oncle de Man Singh. Plus haut, Ganesh Gate date du XVe siècle. À proximité se trouve le petit temple hindou à quatre piliers dédié à l’ermite Gwalipa, qui donna son nom au fort et à la ville. Vous passerez près d’un sanctuaire du IXe siècle creusé dans la roche et dédié à Vishnu, le mandir de Chaturbhuj (temple du dieu aux quatre bras), puis devant Lakshman Gate, probablement du XIVe siècle. Vous arriverez enfin aux deux tours d’Hathi Gate (porte de l’Éléphant), construite en 1516.

  • ​State Archaeological Museum : Le musée d’Archéologie de l’État occupe le Gujari Mahal, construit au XVe siècle par Man Singh pour sa rani (reine, épouse), à côté de Badalgarh Gate. L’entrée est flanquée de deux sardula (créatures légendaires mi-homme mi-lion) du XIVe siècle et originaires de la ville de Sihoniya. On peut y admirer une importante collection de sculptures hindoues, jaïnes et bouddhiques, dont la célèbre Salabhanjika, petite mais remarquable figure féminine sculptée au Xe siècle à Gyaraspur (demandez au bureau du conservateur qu’on vous ouvre la salle).

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    Gujari Mahal du musée d'Archéologie de l'Etat
  • ​Palais de Man Singh : Ce palais de style impérial, érigé par le souverain Tomar Man Singh entre 1486 et 1516, arbore des ornements parmi les plus étonnants d’Inde, avec, sur les façades extérieures, une frise de canards jaunes et des mosaïques jaunes, vertes et bleues d’éléphants, de crocodiles et de tigres ! Autant d’éléments décoratifs qui ont valu au palais le surnom de Chit Mandir (palais peint). Fin connaisseur des arts, Man Singh a laissé une œuvre considérée aujourd’hui comme le seul palais prémoghol intact en Inde.

  • Temples de Sasbahu : Érigés entre le IXe et le XIe siècles, ces temples ne sont pas sans rappeler les temples mayas d’Amérique centrale : surplombés de dômes et de piliers, leurs toits ressemblent à des villes miniatures. Le temple de la Belle-Mère, dédié à Vishnu, possède quatre immenses piliers et plusieurs plus petits supportant un lourd toit orné de couches de sculptures.

  • Mandir de Teli ka : Ce temple du IXe siècle, haut de 30 m, est le plus ancien monument de la citadelle. Après la première guerre d’indépendance de 1857, il fut transformé en café et en fabrique de boissons par les Britanniques. Non loin, un gurdwara moderne, au toit doré, est dédié au héros sikh Guru Hargobind Singh, qui fut emprisonné dans le palais de Man Singh de 1617 à 1619. On y accède en contournant Suraj Kund. 

  • Sculptures pariétales jaïnes : Des sculptures sur roche sont disséminées sur le plateau, notamment sur le chemin qui monte depuis Gwalior Gate. Les plus remarquables sont celles des ensembles sculptés sur le chemin ouest, entre Urvai Gate et les remparts intérieurs. Taillées au milieu du XVe siècle à même les parois rocheuses, elles représentent, nus, les tirthankara, les 24 maîtres jaïns divinisés. Défigurées par les armées musulmanes de Babur en 1527, elles ont récemment été restaurées. 

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Forteresse de Gwalior

8. Se recueillir au lieu de pélerinage d'Omkareshwar

Destination de détente appréciée des voyageurs en quête de spiritualité, celle île attire un grand nombre de pèlerins. Un barrage controversé en a considérablement modifié l’aspect. Elle a toutefois gardé son atmosphère et demeure un lieu de pèlerinage plaisant et authentique, malgré une tendance à la marchandisation appuyée.
L’activité se concentre surtout en dehors de l’île, dans la petite ville située sur la rive sud. Deux ponts piétonniers, à 400 m l’un de l’autre, relient l’île à la ville : à l’ouest, le vieux pont enjambe la rivière depuis la place du marché appelée Getti Chowk ; à l’est, le nouveau pont part d’un grand parking. Les ghat, d’où l’on peut traverser la rivière en bateau pour 10 ₹ par personne, se trouvent à mi-chemin entre les deux ponts.
La nouvelle gare routière est située à 1,5 km au sud-ouest de Getti Chowk, sur Mamaleshwar Rd, tandis que l’ancienne gare routière se trouve 1 km plus près de la ville, sur la même artère. Les bus qui arrivent en ville peuvent desservir les deux sites.
L’activité sur l’île se concentre dans la rue qui relie le vieux pont au temple, le Shri Omkar Mandhata.

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Omkareshwar, lieu de pèlerinage au bord de l'eau

9. Explorer les marchés extradordinaires de haat du Bastar

Dans le district de Bastar, huit communautés tribales vivent dans plus de 3 500 villages, notamment les Ghadwa (connus pour leurs talents de ferronniers) et les Doria des forêts reculées du sud, les seuls à bâtir leurs maisons à l’aide de branches et de feuilles d’arbres (et non de terre et de paille). Les haat (marchés) colorés, au cœur de la vie tribale de Chhattisgarh, permettent d’aller à leur rencontre ; en visiter un avec un guide est un excellent moyen de se familiariser avec certains aspects de la culture adivasi de la région. Les membres des diverses communautés parcourent jusqu’à 20 km pour vendre leurs produits (ou faire du troc, souvent), des saris aux couleurs éclatantes aux fourmis rouges.
Vous trouverez des objets surprenants, notamment de la ferronnerie dont l’art se transmet de génération en génération depuis trois siècles parfois. Vous trouverez aussi des mahua, des fleurs que l’on peut consommer fraîches ou bien séchées (de loin, on dirait des dattes) puis bouillies ; la vapeur sert à produire un alcool fort qui est la boisson favorite de nombreux Adivasis du district de Bastar.
La plupart des haat commencent vers midi et se poursuivent jusqu’à 17h. Il en existe énormément – ceux indiqués ci-dessous comptent parmi les plus prisés. Pour plus de détails, renseignez-vous auprès de l’office du tourisme de Jagdalpur. Des jeeps collectives attendent souvent aux abords des marchés pour ramener les visiteurs à Jagdalpur.


Guide de voyage

Lonely Planet : un guide de référence, à la fois pratique et culturel, pour découvrir l'Inde du Nord

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