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France : les lieux qui ont inspiré les peintres

Mis à jour le : 9 janvier 2017

Carte

À partir du XIXe siècle, les peintres sortent de leurs ateliers et s'intéressent de plus près aux paysages. Rentrer dans un tableau, c'est possible en se rendant sur les lieux où les maîtres ont posé leur chevalet.
 

1. Les Nymphéas de Monet, Giverny (Eure)

Conçus dans une ambition et une philosophie esthétiques inouïes à l'époque, les Nymphéas poussent l'impressionnisme à son absolu, en même temps qu'ils en sont le chant du cygne. Si la contemplation des deux ensembles circulaires offerts par Claude Monet au musée de l'Orangerie, à Paris, vous donne envie de poursuivre l'expérience, c'est à Giverny que vous trouverez les descendants des nénuphars du peintre, flottant dans le bassin qu'il aménagea dans son jardin en détournant un bras de l'Epte. Monet était tombé amoureux de Giverny, et y réalisa, comme on réalise une peinture, un jardin pétillant de fleurs qui fut son « atelier » pendant la seconde moitié de sa vie.
L'assaut des 500 000 visiteurs annuels, obligés de se concentrer entre les mois d'avril et d'octobre, brise-t-il le charme des jardins de Giverny ? À vous de juger.
 
 

2. La Montagne Sainte-Victoire de Cézanne (Bouches-du-Rhône)

En tout, 44 huiles et 43 aquarelles témoignent de l'attachement de Cézanne à la Sainte-Victoire. Né à Aix-en-Provence, Paul Cézanne se consacra rapidement à sa passion : la peinture. Ami d'enfance d'Émile Zola, avec qui il parcourt la campagne aixoise, il gardera de ces années le souvenir de longues promenades au contact de la nature. Pendant une vingtaine d'années, il fera la navette entre Aix-en-Provence, l'Estaque et Paris, où il ne réussira jamais à s'imposer. Revenu définitivement en Provence pour peindre les paysages de son enfance, il se brouilla avec Zola après la parution de L'Œuvre, qui s'inspirait de lui pour décrire un peintre maudit.
Pour s'imprégner de son univers, rien de tel que de visiter l'atelier Cézanne (www.atelier-cezanne.com) à Aix-en-Provence.


 
 

3. Vues d'Honfleur, Eugène Boudin (Calvados)

Eugène Boudin, précurseur de l'impressionnisme, trouva d'abord son inspiration sur les quais de la ville où il naquit, Honfleur. À ce titre, Boudin est aussi le père de ces artistes qui installent, à Honfleur et ailleurs, leur toile face à un paysage ; il initia d'ailleurs Monet à la peinture en plein air. Baudelaire, qui ne fut pas étranger à la décision de Boudin de suivre sa vocation, lui qui avait débuté sa carrière comme papetier, le proclama « roi des ciels ». Le peintre a réalisé d'innombrables vues du port, des maisons en ardoises et du vieux bassin de Honfleur, qui, à bien des égards, annoncent son destin de ville carte postale ; mais différentes scènes, de marché notamment, témoignent d'un regard plus documentaire.
Le musée Eugène-Boudin présente plus de 90 œuvres du peintre mais également des toiles de Monet, Courbet et d'autres artistes.


 
 

4. Le Moulin de la Galette (Paris)

Grimpez la rue Lepic et vous verrez (près des nos75–81) les deux derniers moulins, très anciens et souvent reconstruits, de la butte Montmartre : le Blute-fin et le Radet. Dans les années 1860, leur propriétaire y ajouta une guinguette et un bal champêtre, appelés Moulin de la Galette (notez encore l'enseigne de restaurant à ce nom près du moulin Radet). L'ambiance populaire, voire canaille, de ces bals et guinguettes, le charme de la butte et de ces vieux moulins inspira de très nombreux artistes, à commencer par Renoir qui peignit, en 1876, son célèbre Bal au moulin de la Galette (aujourd'hui au musée d'Orsay), mais aussi Van Gogh (1886), Toulouse-Lautrec (1889), Picasso (1900) et bien d'autres.
Le musée de Montmartre (www.museedemontmartre.fr) occupe l'une des plus vieilles maisons de la Butte, où Renoir eut son atelier. Vous y découvrirez d'autres artistes montmartrois et la vue sur les vignes depuis son charmant jardin.


 
 

5. Sisley à Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne)

Près de la forêt de Fontainebleau, Moret est une petite ville pittoresque, avec son donjon et ses vestiges de remparts, sa collégiale gothique, ses vieilles maisons des XVe–XVIe siècles et son vieux pont sur le Loing, petite rivière tranquille dont les affluents et le canal sillonnent la campagne. Son confluent avec la Seine n'est pas loin non plus. Rien n'a guère changé depuis que le peintre impressionniste Alfred Sisley (1839–1899) s'y installa en 1880. Pendant près de vingt ans, il y peignit de nombreuses vues du Loing, de son canal et des bords de Seine, laissant une large place au ciel et aux effets de perspective soulignés par les peupliers.
De nombreux artistes viennent aujourd'hui retrouver l'atmosphère qui inspira Sisley. Un parcours Sisley doit être mis en place et des bateaux permettent de descendre au fil de l'eau, au milieu de sites verdoyants.


 
 

6. Arles et Van Gogh (Bouches-du-Rhône)

Arles n'a gardé aucune toile de Van Gogh. C'est pourtant ici que le peintre a connu une fureur créatrice le conduisant de l'exaltation à l'épuisement, aux frontières de la folie. Il séjourna un peu plus d'un an – de février 1888 à mai 1889 – dans cette ville où il peignit quelque 185 toiles. Parmi les plus célèbres : Les Tournesols, La Chambre, Terrasse du café le soir et Autoportrait à l'oreille bandée, lié à son altercation avec Gauguin. Il sera ensuite transféré à l'asile de Saint-Rémy-de-Provence. Nombre de lieux qu'il a peints sont encore visibles aujourd'hui.
Les lieux où l'artiste a posé son chevalet sont signalés dans les rues d'Arles par des panneaux représentant ses tableaux.


 
 

7. Fresselines et la Vallée de la Creuse (Creuse)

Durant l'hiver 1889, Claude Monet posa son chevalet au confluent des deux Creuse, au lieu-dit Les Piles, et devant le moulin de Vervy. Ses 23 tableaux vont témoigner de la fascination du maître de l'impressionnisme pour la sombre lumière et la sauvagerie de cette vallée frontalière de l'Indre. Autour de Fresselines, la Creuse, ses méandres, criques et falaises, déjà évoqués par George Sand, vont accueillir les peintres paysagers de l'école de Crozant. De nos jours, la forêt a gagné sur les bocages et les landes de bruyères, mais la beauté minérale des sites demeure.
La forteresse de Crozant et son promontoire, au confluent de la Creuse et de la Sédelle, offre l'un des points de vue les plus spectaculaires sur la vallée.
 
 

8. Site Corot, Saint-Junien (Haute-Vienne)

La commune de Saint-Junien, à l'extrême ouest du département, a restauré le « Chalet Corot », modeste cabanon dans lequel le peintre Jean-Baptiste Corot entreposait son chevalet et ses pinceaux. Ce paysagiste délicat venait chaque été, au milieu du XIXe siècle, peindre les rives de la Glane et ses eaux capricieuses. Le « site Corot », escarpé et boisé, contient le souvenir de ce précurseur « malgré lui » des impressionnistes, un solitaire qui captait à merveille la fugacité des éclairages naturels. On peut voir son portrait sculpté en médaillon et scellé dans la roche. Un hommage rendu en 1904 par des artistes locaux.
Pour les fondus de botanique : une espèce végétale rare les attend sur les berges, l'osmonde royale. Cette fougère géante, haute de 2 m, déploie ses frondes de mai à septembre. www.saint-junien-tourisme.fr
 
 

9. Un enterrement à Ornans, Gustave Courbet (Doubs)

Un enterrement à Ornans est le premier tableau monumental de Gustave Courbet, qui le peignit entre 1849 et 1850. D'emblée, les critiques sont nombreuses. On reproche au peintre sa vulgarité mais aussi d'avoir traité une « anecdote populaire » dans un grand format réservé habituellement aux scènes dites nobles. Courbet, qui se prévaut de n'avoir pas d'autre maître en peinture que la nature et la tradition, devient alors le chef de file du réalisme. De nombreuses toiles sont inspirées de son village natal, Ornans, surnommé la « petite Venise comtoise ». Traversé par la Loue, celui-ci est plein de charme avec ses vieilles maisons sur pilotis au bord de la rivière.
Le musée Courbet, à Ornans (www.musee-courbet.fr), vient de rouvrir après d'importants travaux de rénovation. Il retrace le parcours du peintre, du Doubs à Paris jusqu'à son exil en Suisse.


 
 

10. Le Cannet de Pierre Bonnard (Alpes-Maritimes)

Depuis la fenêtre de sa maison, Pierre Bonnard admirait les toits ocre du Cannet, les falaises rouges de l'Esterel et, derrière une frange verdoyante, le bleu de la Méditerranée. Paysages, Le Cannet illustre la 1félicité du peintre dans sa patrie adoptive. « Dans la lumière du Midi, tout s'éclaire et la peinture est en pleine vibration », écrivait-il. Il y vint régulièrement à partir de 1922, puis s'installa à la villa Le Bosquet, achetée en 1926, où il résida jusqu'à sa mort. Non loin de là, un musée lui est dédié. Au-dehors, une promenade invite à suivre l'artiste sur le sentier du canal de la Siagne.
Le musée (www.museebonnard.fr), ouvert toute l'année, organise de nombreuses expositions temporaires et des ateliers.

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