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Le coin des blogueurs

Ces digital nomads qui aident les voyageurs à adopter la van life

Texte par

Sasha Brady (traduit de l'anglais par Vincent Guilluy)

Mis à jour le : 20 avril 2021

Carte

Kristen Bor et Linda Romero sont deux amies qui ont adopté la vie en van et passent la moitié de l’année à visiter le pays dans leurs camping-cars personnalisés et travaillent à plein temps pour le site Internet de Kristen, Bearfoot Theory. On y trouvera conseils, trucs et documentation pour tous ceux qui envisagent de vivre sur la route.

C’est un mode de vie qui nous a tous fait rêver à un moment ou à un autre : quitter son appartement, réduire ce qu’on possède à l’essentiel, dire au revoir aux horaires fixes d’un travail confiné et prendre la route dans un camping-car douillettement aménagé. Kristen Bor et Linda Romero, deux amies qui partageaient ce rêve, l’ont réalisé. Après avoir passé plusieurs années enchaînées à un travail de bureau – Kristen travaillait dans le domaine des politiques publiques de l’environnement à Washington, D.C., Linda sur les énergies renouvelables pour une ONG à San Diego –, elles ont décidé de passer à un mode de vie plus flexible en devenant nomades numériques et embrassant la vie en van aménagé.

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Linda (à droite) et Kristen (à gauche)

“J’adorais mon boulot, mais c’était un travail de bureau, dit Linda. Je travaillais dans un box, de neuf heures à dix-sept heures du lundi au vendredi, et j’ai réalisé que ce n’était pas une vie qui me convenait.” Quelques années plus tôt, en 2012, Linda et son conjoint  avaient transformé leur van Volkswagen en camping-car économe en énergie et passé 15 mois sur la route pour aller de Californie, où elle réside, jusqu’en Argentine. Un road trip qui a changé sa vie, en lui donnant à penser que les voyages ne se limitaient pas forcément à deux semaines de vacances par an.

Kristen, de son côté, se faisait la même réflexion. Elle avait passé trois ans à Washington avant de s’apercevoir que ce n’était pas son objectif à long terme. Elle voulait découvrir le monde. Après quelques préparatifs, elle quitta son travail, se lança dans un blog de voyage et passa quatre mois à visiter la Nouvelle-Zélande tout en narrant ses aventures en ligne. Le blog eut du succès et Kristen – prise par le virus des voyages – continua par périodes à sillonner les États-Unis après son retour, avant de réaliser qu’elle pouvait faire cela à plein temps, ou presque. Inspirée par le mouvement des tiny houses, elle trouva sur Instagram un menuisier qui l’aida à transformer son 4×4 utilitaire Sprinter en camping-car et s’y installa.
 

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Kristen a trouvé sur Instagram un artisan qui l’a aidée à transformer son Sprinter et à maximiser l’espace

“Mon blog était déjà rentable quand j’ai décidé d’acheter un van. À cet égard, j’ai eu beaucoup de chance. J’avais si souvent changé d’adresse depuis mes vingt ans que j’avais accumulé très peu d’objets matériels et donc il m’a été très facile de m’installer dans un van”, dit-elle.

Kristen et Linda, qui avaient fait leurs études ensemble, ont renoué les liens après leurs road-trips et se sont mises à travailler à plein temps pour le site Internet de Kristen, Bearfoot Theory, qui vise à rendre accessibles à tous et notamment aux femmes la vie en van et les voyages en pleine nature. Ce faisant, elles sont devenues des nomades numériques à part entière. Elles ont gardé une base, Kristen à Salt Lake City et Linda à San Diego, où elles passent quelques mois par an dans leurs maisons respectives, et voyagent le reste de l’année, chacune avec son conjoint, à travers toute l’Amérique du Nord et du Sud, dans leurs vans aménagés.

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Sur la route, un moment de réflexion

Avec le temps, les deux femmes ont noté que de plus en plus de gens se tournent vers les voyages en van. Et ceux-ci sont devenus encore plus courus cette année, les séjours internationaux ayant été très limités. “Je crois qu’ici aux États-Unis, je n’ai jamais vu autant de vans sur la route qu’en ce moment. C’est vraiment un des seuls moyens de voyager à l’heure actuelle. Bien sûr, on peut prendre sa voiture mais beaucoup de gens n’ont pas envie d’aller à l’hôtel, ni de monter dans un avion. Être autonome dans un véhicule où on peut dormir facilite vraiment le voyage quand d’autres modes de déplacement ne sont plus aussi plaisants”, dit Kristen.

Elles se sont récemment trouvées face à plus de questions que d’habitude, émanant de groupes d’âges et de milieux très divers, curieux de découvrir la vie sur la route, avec des demandes de renseignements sur la location d’un camping-car pour un voyage d’une semaine ou sur le choix d’un bon véhicule pour y vivre en permanence. Pour y répondre, elles ont créé un cours gratuit en ligne baptisé Van Life Roadmap, qui guide les adeptes potentiels de la vie en van dans toutes sortes de domaines, allant du choix du véhicule à la préparation à la reconversion, la réduction de ses effets personnels, l’emménagement dans son véhicule et les moyens de gagner de l’argent en travaillant sur la route. Ces cours sont organisés en six modules, que chacun suit à son rythme, et conçus pour faire économiser aux gens “beaucoup de temps, d’argent, de maux de tête et de stress.”
 
Pour Kristen Bor, les considérations essentielles consistent surtout à évaluer quelles sont les priorités de chacun, et elle aide souvent les gens à les déterminer. “Comment choisir le bon véhicule, car c’est le premier pas – ce qui revient souvent à une affaire de budget, comment déterminer à quel endroit on veut y dormir et comment on compte l’utiliser. Décider quel genre de vie on veut mener. Veut-on voyager à temps complet dans son véhicule ? Veut-on un van où on peut simplement jeter ses affaires et partir pour une semaine ?”

“Aujourd’hui, de plus en plus de gens prennent le temps de reconsidérer ce qu’ils veulent vraiment dans la vie, ajoute Linda. On se rend compte que l’on ne peut pas vraiment savoir de quoi l’avenir sera fait. Et si on veut faire quelque chose, on fait en sorte que ça arrive, sans forcément attendre d’être retraité. Les priorités des gens changent. Ils veulent pouvoir voyager à leur guise, dans leur propre véhicule, dans le confort qu’ils ont choisi, et à leur rythme.”
Et elles espèrent que Bearfoot Theory et le nombre croissant de ses sympathisants y contribuera, qu’il les aidera à réaliser et à bien vivre leurs rêves de vie en van, que ce soit pour une semaine, six mois ou toute une vie sur la route.