1. Accueil
  2. Magazine
  3. Idées de voyage
  4. 10 sites touristiques en danger
Idées de voyage

10 sites touristiques en danger

Mis à jour le : 18 janvier 2017

Carte

Le tourisme, l’instabilité politique et le développement urbain menacent certains des plus beaux vestiges naturels et culturels de l’humanité. Agissez pour leur préservation et choisissez des destinations moins fragiles.

1. Abou Mena (Égypte)

L’élévation de la nappe phréatique, la croissance urbaine et le développement agricole menacent le site archéologique d’Abou Mena, à 45 km au sud-ouest d’Alexandrie en Égypte. Ces vestiges des premiers siècles de la chrétienté sont menacés d’écroulement, car le sol argileux se liquéfie et d’immenses cavités apparaissent, contraignant les autorités à étayer les bâtiments avec du sable pour freiner leur dégradation. À défaut, allez visiter les catacombes de Kom-el-Chouqafa, à Alexandrie. Contemporaine d’Abou Mena, cette nécropole, la plus vaste d’égypte, fut utilisée du Ier au IVe siècle. En été, de nombreux Égyptiens affluent à Alexandrie et les hébergements se raréfient ; venez de décembre à février, lorsque les températures restent douces.
Le site d’Abou Mena est inscrit sur la liste du patrimoine en péril depuis 2001.
 


Monastère de Peć, The Advocacy Project

2. Monuments médiévaux (Kosovo)

Évocateur de conflit et de destruction, le Kosovo possède une architecture religieuse byzantine et romane très riche. Les monuments médiévaux désignent un ensemble de quatre sites remarquables : les monastères de Dečani et de Gračanica, le Patriarcat du monastère de Peć (XIIIe-XIVe siècle) et l’église de la Vierge de Ljeviša. Décorés de peintures murales uniques, représentatives d’un art propre aux Balkans, les sites sont menacés par l’instabilité politique et sont inscrits sur la liste du patrimoine en péril depuis 2006. Arrêtez-vous à Priština, la capitale du Kosovo, dont les bars et les cafés animés sont aussi une bonne introduction à cette toute jeune république.
L’aéroport est à 17 km à l’ouest de Priština ; un taxi est indispensable pour se rendre en ville (environ 30 €).

3. Barrière de Corail (Belize)

Bordée par le Pacifique et la mer des Antilles, l’Amérique centrale recèle une vie marine foisonnante. Le Belize, au sud-est du Mexique, possède 386 km de littoral idyllique et la plus grande barrière corallienne de l’hémisphère Nord. Les plongeurs viennent du monde entier pour admirer ses atolls, lagons et coraux immaculés, et ses sites emblématiques, comme le Great Blue Hole (124 m de profondeur). Mais la disparition de la mangrove et le développement du littoral menacent le fragile équilibre de cet écosystème. Au lieu de plonger, escaladez les monts Maya, qui regroupent les plus hauts sommets du pays et plusieurs anciens sites mayas.
Le Doyle’s Delight est le point culminant du Belize (1 124 m) ; Lubaantun est une cité maya en ruine (IXe siècle).

4. Tombes des Rois du Buganda (Ouganda)

L’incendie qui a détruit ces tombes situées à Kasubi, en 2010, a provoqué un tollé. Construites à la fin du XIXe siècle, ces sépultures en matériaux organiques (bois, chaume, enduits), placées sous la protection de l’Unesco, accueillent les dépouilles de quatre souverains du Buganda, un royaume traditionnel de l’Ouganda. Ce site a donc une importance spirituelle pour les Bagandas. L’absence d’explication sur l’origine du sinistre a engendré émeutes et tensions entre les clans bagandas et le gouvernement, qui se sont pourtant engagés à reconstruire le site. En attendant, visitez le sanctuaire des Martyrs, à Namugongo, érigé à la mémoire de 30 Bagandas tués en 1886.
Le sanctuaire des Martyrs est à 12 km au nord-est de Kampala, la capitale, d’où partent des circuits organisés.

5. Coro (Venezuela)

Sur la côte nord du Venezuela, la ville coloniale de Coro, érigée à partir du XVIe siècle, est le principal exemple d’architecture en terre dans les Caraïbes. Quelque 600 bâtiments, pour l’essentiel des églises et des commerces, forment le cœur de la ville. L’Unesco a inscrit le site sur la liste du patrimoine en péril en 2005, suite aux dommages provoqués par les pluies et les projets d’urbanisation irrespectueux. Pour épargner la ville, préférez le parc national des Médanos de Coro, dont les dunes de sable peuvent atteindre jusqu’à 40 m de hauteur et se transforment constamment.
Le parc (www.losmedanos.com) est ouvert de 9h à 18h.


Rizières, Tyler Batty

6. Rizières en terrasse (Philippines)

La culture du riz est indissociable de la civilisation asiatique. Les terrasses des cordillères des Philippines, sur l’île de Luzon, au nord de l’archipel, témoignent de 2 000 ans de pratiques agricoles. Qualifiées de “huitième merveille du monde”, ces rizières aménagées par l’homme sur des vallées abruptes se fondent dans les paysages verdoyants. Symbole des traditions et modèle d’ingéniosité, elles sont aujourd’hui laissées à l’abandon, alors que l’exode rural pousse les jeunes à émigrer en ville ; la région est par ailleurs mal équipée pour le tourisme de masse. Préférez le mont Pulag, deuxième plus haut sommet des Philippines, avec plus de 2 900 m – il complètera à merveille votre parcours dans les cordillères.
Demandez votre permis pour le mont Pulag aux bureaux du parc national du Mont Pulag, à Ambangeg, à 250 km au nord de Manille.

7. Forêts humides de l’Atsinanana (Madagascar)

Ses 60 millions d’années d’isolement géographique ont doté Madagascar d’un écosystème unique, si particulier qu’on l’appelle “le huitième continent”. La plupart des espèces animales sont endémiques : outre les fameux lémuriens, l’île abrite nombre de créatures inconnues ailleurs, comme le tenrec, le fanaloka et l’aye-aye. Les forêts humides de l’Atsinanana forment six parcs nationaux dans l’est de l’île, où vivent des espèces rares et en danger. Elles sont menacées par l’abattage illégal, ce qui inquiète la communauté internationale et plaide en faveur d’embargos stricts. Évitez d’aggraver la situation et visitez l’île de Nosy Komba, avec ses criques paisibles et ses beaux sentiers de randonnée en altitude.
Des bateaux partent pour Nosy Komba chaque jour à 9h de Hell-Ville, sur Nosy Be ; la traversée coûte 5 000 Ar (1,80 €).

8. Cathédrale de Bagrati et monastère de Ghélati (Géorgie)

Témoins de l’âge d’or géorgien, sous les règnes de David IV le Constructeur et de la reine Tamar, la cathédrale de Bagrati (XIe siècle) et le monastère de Ghélati (XIIe-XIIIe siècle) ont une architecture et une décoration remarquables ; le monastère, notamment, renferme de superbes peintures murales et des mosaïques. En partie détruits au moment des invasions turques des XVIe et XVIIe siècles, ces édifices furent mal restaurés, et tout le site est aujourd’hui menacé. Si vous aimez les vestiges religieux, visitez plutôt la capitale, Tbilissi, qui compte de nombreuses églises d’une grande importance culturelle.
L’église de Metekhi (XIIe siècle), à Tbilissi, occupe une falaise surplombant la rivière Mtkvari, d’où s’étend un superbe panorama sur la ville.

9. Ville ancienne de Bakou (Azerbaïdjan)

Bien souvent, on ne connaît de Bakou que les déchets industriels et l’or noir, alors qu’elle possède un héritage culturel bien plus précieux. édifiée au XIIe siècle sur un site habité depuis le paléolithique, la ville fortifiée de Bakou témoigne de longs siècles d’histoire marqués par les présences arabe, perse et ottomane. Ses plus beaux monuments sont la tour de la Vierge (XIIe siècle), un bastion devenu symbole national, et le palais richement orné des Chahs de Chirvan (XVe siècle). Bakou compte de nombreux exemples inestimables d’architecture ancienne, aujourd’hui menacés par les constructions modernes. Mieux vaut alors visiter le Paysage culturel d’art rupestre de Gobustan, dans le centre semi-désertique de l’Azerbaïdjan, où 6 000 gravures dépeignent une présence humaine très ancienne – le site est d’ailleurs inscrit sur la liste du patrimoine mondial, mais non en péril.
Il est possible de découvrir l’art rupestre de Gobustan lors d’une excursion d’une journée depuis Bakou ; Azerbaijan Airlines dessert le pays (www.azal.az).


Aux Everglades. Amir (ajsadeh)

10. Parc national des Everglades (États-Unis)

Si les États-Unis figurent rarement parmi les zones “à risque” de la planète, ce n’est pas la première fois que les Everglades, en Floride, sont menacés. Ce parc qui renferme le plus grand écosystème de mangrove de l’hémisphère occidental doit faire face à la baisse du débit des eaux et à une pollution croissante par les substances chimiques, qui dégradent le réseau aquatique et affectent les espèces marines. Tandis que les autorités tentent de remédier au problème, optez plutôt pour une visite du parc national de Biscayne. Certes, Miami reste proche, mais vous pourrez nager, faire du snorkeling et du kayak, ou simplement planter votre tente et profiter du paysage.
Comptez 1 heure à 1 heure 30 de route depuis Miami ; tarifs, itinéraire et activités sur le site du Biscayne National Park (www.nps.gov/bisc/). 
 

Best of 2013

Les destinations les plus en vue sont à retrouver dans le Best of 2013 publié chez Lonely Planet. 

 
Photo top : Trou Bleu, Belize. MFS - The Many Faces of Spaces


Paramètres des cookies