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Culture et voyage

Quelles sont les origines de nos traditions de Noël ?

Texte par

Elizabeth Warkentin (traduit de l'anglais par Marie Chouteau)

Mis à jour le : 19 novembre 2019

Carte

Les fêtes de Noël approchent, et avec elles leur lot de traditions. Si vous vous êtes déjà demandé qui avait eu l’idée d’installer des sapins à l’intérieur des maisons, ou d’où venaient les calendriers de l’Avent, nous avons retracé pour vous les origines de quelques traditions festives répandues – ainsi que d’autres moins connues.
  

Où se trouvait le premier sapin de Noël ?

Le fait de rapporter un sapin à la maison pendant le solstice d’hiver était une coutume païenne répandue en Europe. En Scandinavie, les habitants décoraient leurs maisons et leurs granges de branchage pour le nouvel an afin de chasser les mauvais esprits. Les conifères, symboles de vie éternelle, leur permettaient de visualiser l’arrivée du printemps. Les païens, qui vouaient pour la plupart un culte aux arbres, décoraient des sapins avec des bougies et des ornements destinés à symboliser le soleil, la lune et les étoiles.
On ne sait pas exactement quand les chrétiens ont adopté le sapin comme arbre de Noël, mais les villes de Tallinn, en Estonie, et Riga, en Lettonie, revendiquent toutes deux le fait d’avoir érigé le premier sapin de Noël en public pendant les fêtes de fin d’année.

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Pour les plus endurants, les festivités du réveillon peuvent durer jusqu’à l’aube

Réveillon, Québec

Au Québec, les familles francophones célèbrent Noël la veille au soir. C’est une fête qui commence en fin de soirée et qui peut durer jusqu’à l’aube, d’où le nom de “réveillon” qui vient du mot “réveil”. Originaire de France, cette tradition se retrouve également à la Nouvelle-Orléans.
Les familles assistent traditionnellement à la messe de minuit avant de rentrer dîner. Le Père Noël apparaît alors comme par magie pour distribuer les cadeaux. Une fois les cadeaux ouverts, tout le monde passe à table pour partager un abondant repas composé de tourtière à la viande, de purée de pommes de terre, de dinde farcie et de coquilles Saint-Jacques, le tout suivi d’une bûche de Noël et de sucre à la crème (une tablette faite de sucre et de crème). Pour ceux qui tiennent encore debout, les festivités peuvent durer jusqu’à l’aube.

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Noche de las Velitas est une célébration colombienne haute en couleurs et chaleureuse de la période de Noël
  
 

Noche de las Velitas, Colombie

La nuit du 7 décembre, la Colombie honore Marie et la fête de l’Immaculée Conception lors d’une célébration féerique qui marque le début du temps des fêtes. Les Colombiens illuminent leurs maisons et les rues de millions de velas (bougies) blanches et colorées dans des lanternes en papier à motifs.
La “nuit des petites bougies” était autrefois une histoire de famille, mais au fil des années, les décorations sont devenues plus originales et sophistiquées, et des lumières électriques sont même souvent utilisées. Les festivités sont devenues de plus en plus officielles et comprennent des spectacles de musique et des feux d’artifice ainsi que des marchés alimentaires.
À Santa Fe, au Nouveau-Mexique, la Farolito Walk jusqu’à Canyon Road est une tradition similaire qui se tient la veille de Noël. Là, de simples sacs en papier sont remplis d’un peu de sable et d’une bougie chauffe-plat.
 

Ganna, Éthiopie

L’histoire de Noël nous raconte que trois sages, également appelés rois mages, se sont rendus à Bethléem depuis l’Orient en suivant une étoile miraculeuse, afin de rendre hommage à l’enfant Jésus. Il est commun de penser que les rois mages venaient respectivement d’Asie, d’Europe et d’Éthiopie, mais pour nombre d’Éthiopiens, les trois (certains pensent même qu’ils étaient 12) étaient éthiopiens.
Aujourd’hui, l’Éthiopie, qui utilise le calendrier julien, fête Noël le 7 janvier. Lors de cette célébration appelée Ganna ou Genna, les Éthiopiens s’habillent en blanc, la plupart revêtant le traditionnel netela, un fin morceau de tissu en coton blanc orné de rayures de couleurs vives aux extrémités. En châle ou en toge, il donne à ceux qui le portent un air très royal.

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Les calendriers de l’Avent viennent d’Allemagne, mais ils ne renferment du chocolat que depuis la fin des années 1950
 
 

D’où viennent les calendriers de l’Avent ?

L’Avent, qui signifie “à venir”, est la période qui débute quatre dimanches avant Noël. Au XIXe siècle, les protestants allemands comptaient les jours avant Noël en marquant 24 traits à la craie sur une porte, qu’ils effaçaient ensuite un à un en décembre. Les calendriers de l’Avent en papier sont devenus populaires en Allemagne au début du XXe siècle quand Gerhard Lang, qui aurait imaginé le premier calendrier de l’Avent imprimé, commença à les produire en masse. S’inspirant d’un calendrier qu’avait réalisé sa mère, Lang en fabriqua un à l’aide d’illustrations collées à un morceau de carton auquel il ajouta des petites portes qui pouvaient s’ouvrir pour regarder les images en dessous. Ses calendriers remportèrent un franc succès commercial, mais ce n’est qu’à la fin des années 1950 que les chocolats furent introduits à l’intérieur.
Aujourd’hui, lors de la période de Noël, on peut voir d’immenses calendriers de l’Avent sur les façades des bâtiments dans de nombreuses villes européennes. Certains des plus beaux se trouvent à Hattingen, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne ; à Bernkastel-Kues dans la vallée de la Moselle, en Allemagne ; et dans la vielle ville d’Innsbruck, en Autriche.

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Outre leurs couleurs festives, les poinsettias sont ancrés dans le catholicisme
 

Pourquoi offre-t-on des poinsettias à Noël ?

Les poinsettias, qui fleurissent en hiver, sont originaires d’Amérique Centrale, en particulier du sud du Mexique, autour de Taxco et dans l’État d’Oaxaca.
La légende raconte qu’une jeune Mexicaine très pauvre n’avait rien d’autre à offrir à l’enfant Jésus à la messe de minuit qu’un bouquet de mauvaises herbes. Quand elle s’agenouilla pour le déposer près de la crèche, il se transforma en un bouquet de fleurs rouge vif. Depuis, les poinsettias, dont on dit que les feuilles ressemblent à l’étoile de Bethléem, sont appelés Flores de Noche Buena et sont devenus synonymes de Noël.
 

La Quema del Diablo, Guatemala

Les Guatémaltèques pratiquent un rituel de Noël unique au monde. Au coucher du soleil, le soir du 7 décembre, la veille de la fête de l’Immaculée Conception, ils se rassemblent dans les villes et villages du pays pour brûler une effigie du diable. Née au XVIIe siècle, la tradition veut qu’en brûlant une effigie du diable, les maisons seraient purifiées des maux et des malheurs subis l’année précédente.
Aujourd’hui, les habitants se rassemblent sur des places et allument un feu de joie pour brûler le diable, souvent une piñata, à 18 heures précises le 7 décembre. Des vendeurs proposent des cornes et des pétards, et de nombreux participants portent des déguisements de diables. Les familles se réunissent ensuite pour manger des buñuelos, des beignets traditionnels, et boire du punch aux fruits chaud.
 

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La basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, où la messe de minuit est une institution

Où s’est tenue la première messe de minuit ?

La tradition de la messe de minuit est née en Israël. À la fin du IVe siècle, un pèlerin de Rome s’est joint à un groupe de chrétiens pour une veillée à Bethléem dans la nuit du 5 janvier – la veille de Noël dans la tradition orientale. La veillée a été suivie d’une retraite aux flambeaux jusqu’à Jérusalem, qui s’est terminée en un rassemblement à l’aube. Quand la basilique Sainte-Marie-Majeure a été construite au Ve siècle, le pape Sixte III a institué une messe de minuit dans la chapelle, une tradition qui s’est répandue aujourd’hui à de nombreux pays chrétiens dans le monde entier.



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