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Publié le 24/03/2026 8 minutes de lecture
Il y a des destinations dont on rêve pour sa culture, ses monuments, ses paysages, son authenticité. Parmi elles, l’imaginaire du « bout du monde » tient une place spéciale dans l’esprit des voyageurs. La Nouvelle-Zélande en fait partie. Le pays d’Océanie se mérite : il se découvre après 24 heures d’avion minimum, et impose, avant même l’arrivée, de faire des choix. Pour un premier aperçu du pays, l’île du Sud offre la plus grande diversité de paysages, entre forêts luxuriantes, vignobles, routes côtières, glaciers et chaîne de montagnes majestueuses.
L’arrivée se fait, non sans émotion, à Christchurch, la deuxième plus grande ville du pays. Si son centre a en grande partie été détruit par le séisme de 2011, on peut tout de même y consacrer une journée, le temps de manger au Riverside Market, de se balader dans les charmants jardins botaniques et de visiter la Christchurch Art Gallery.
La traversée spectaculaire des Alpes du Sud
C’est ensuite d’ici que l’on prend véritablement le chemin vers la « Terre du Milieu ». Le nom inventé par J.R.R Tolkien dans « Le Seigneur des Anneaux » prend toute sa signification à mesure que l’on se dirige vers les Alpes du Sud. En quittant la grande ville, deux options sont possibles : louer une voiture et commencer son road trip ou débuter l’aventure en train grâce à l’un des plus beaux trajets ferroviaires du monde (l’option que nous avons choisi).
Tous les jours, le TranzAlpine relie Christchurch à Greymouth, principale ville de la côte ouest, en cinq heures. Si le trajet peut sembler un peu onéreux, la rame est pensée pour offrir une véritable immersion dans les paysages. Pas besoin de prendre un livre de poche avec soi, les paysages défilent à travers les larges fenêtres : ils débutent avec les plaines de Canterbury et ses champs agricoles à perte de vue, jusqu’à atteindre des décors plus spectaculaires.
Alors que le train approche d’Arthur’s Pass, un col de montagnes adoré des alpinistes, les viaducs vertigineux accrochés à la roche, les rivières turquoises et les montagnes abruptes ne trompent pas : les Alpes du Sud sont juste là. La dernière partie s’avère, elle, plus humide, à l’image de la côte ouest, verte et sauvage.
Après un court arrêt à Greymouth, où un détour par la plage s’impose pour observer le mont Cook au loin (si la météo le permet), il est temps de prendre la route en direction du nord de l’île. C’est aussi à cet instant que l’on comprend qu’au lieu de se visiter, la Nouvelle-Zélande se traverse au rythme de routes spectaculaires. Il faut compter au moins dix jours pour en voir l’essentiel, observer les changements de lumière et parfois adapter son programme à la météo très changeante.
Le parc national Abel Tasman, paradis des fougères et des plages de sable fin
La route nationale 6 constitue le deuxième temps fort de ce voyage, avec un premier arrêt incontournable : les Pancake Rocks, un cap où l’érosion des blocs rocheux a formé des strates comparables à la crêpe épaisse. Pour atteindre le parc Abel Tasman, situé sur la pointe nord-ouest, la route s’aventure pendant près de quatre heures, dans les forêts, donnant un avant-goût de la nature luxuriante à venir.
Pour profiter pleinement de la richesse de la baie de Tasman, il convient de prévoir deux jours sur place. De la ville de Motueka, il suffit d’une trentaine de minutes de route pour rejoindre Marahau. La petite commune est le port de départ des bateaux-taxis, l’option préférée pour réaliser une randonnée à la journée dans le parc Abel Tasman (à moins de vouloir faire l’aller-retour).
Randonnée à Anchorage Bay
En moins d’une heure, le bateau atteint Anchorage Bay, point de départ idéal d’une randonné. Après avoir rejoint la plage pieds nus depuis le bateau, remis ses chaussures et son sac à dos, il faut compter plus ou moins 4 heures (à adapter selon les arrêts sur les plages et baies) pour retrouver le point de départ. Si la météo est brumeuse, les premiers pas dans la forêt tropicale dense, marquée par les fougères arborescentes, rappelleront aux cinéphiles l’ambiance de « La Leçon de Piano » de Jane Campion, qui a, avant la trilogie du « Seigneur des anneaux » de Peter Jackson, fait triompher la Nouvelle-Zélande à Hollywood.
Mais quand le soleil est au rendez-vous, le parc national se transforme en paradis tropical à l’eau translucide et au sable doré. Toute la randonnée se poursuit dans la forêt, avec une dizaine de chemins descendant vers les plages et les criques. Avec une journée supplémentaire et le goût de l’aventure, une sortie en kayak permet de changer de perspective.
Nelson et Marlborough Sounds : l’une des plus belles routes de l’île du Sud
Direction l’est ensuite, avec un arrêt à Nelson, principale ville de la région au climat agréable et à l’atmosphère arty. Quelques kilomètres plus tard, l’un des plus beaux paysages du road trip apparaît au moment où la route devient un spectacle. La sinueuse Queen Charlotte Drive débute à Havelock, puis contourne les Marlborough Sounds. Plusieurs arrêts sont à prévoir pour observer les fjords qui se succèdent, mais la vue depuis le Cullen Point Lookout reste particulièrement gravée dans les mémoires.
Il faut ensuite passer une nuit dans la ville portuaire de Picton, où arrive le ferry parti de Wellington sur l’île du nord, pour observer le cadre somptueux : le contraste des montagnes verdoyantes des Marlborough Sounds et de l’eau, bleu profond ou vert émeraude, selon la lumière.
Le chemin mène alors à la région viticole de Marlborough. En approchant de Blenheim, les vignobles bordent désormais les bords de chaque route. Les domaines s’étendent à perte de vue. On y fait volontiers une pause, pour une dégustation complète ou simplement pour tester la spécialité locale, le Sauvignon blanc.
Kaikōura : faune marine et côte sauvage
Le retour sur l’est de l’île dévoile des paysages encore différents. Pour atteindre Kaikōura, chaque virage est une nouvelle surprise. Les montagnes semblent tomber dans l’océan Pacifique que la route longe jusqu’à la petite ville réputée pour être le point de départ des excursions d’observation de dauphins et de baleines (maintenues ou non en fonction de la météo).
En partant ensuite en direction du sud, la route côtière et venteuse est le paradis les otaries et phoques.
Péninsule de Banks et Akaroa : héritage français
De retour à Christchurch, il convient de dédier une journée à la péninsule de Banks, où le village d’Akaroa séduit les Français. En descendant vers la commune, les collines verdoyantes et les centaines de moutons qui y vivent, contrastent avec tous les paysages vus jusqu’à présent. On ne peut s’empêcher de penser à l’Angleterre et à l’Irlande.
C’est là qu’un peu d’histoire s’impose : dans les années 1830-40, devancés par les Anglais, les Français n’ont pas réussi à coloniser l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande comme ils le souhaitaient, mais ont eu le droit d’établir une petite colonie à Akaroa qui garde des traces de cette époque. Les noms des rues sont toujours écrits en français et la boulangerie locale propose même des baguettes et pains au chocolat.
Les eaux turquoises et sommets enneigés du centre de l’île
Après les paysages côtiers, il est temps de reprendre le chemin du centre de l’île, vers les Alpes du Sud, une région qui impressionne pour sa beauté sidérante. Par une journée ensoleillée, le lac Tekapo est une merveille.
Après l’avoir admiré depuis Church of the Good Sheperd, la petite église en pierres prisée par les voyageurs (surtout en décembre-janvier, la saison des lupins), il faut prendre de la hauteur. Une randonnée assez facile permet de longer une partie d’une rive. En voiture, plusieurs points de vue sont accessibles. Le plus impressionnant est payant, mais permet de monter au niveau de l’observatoire du Mont John, d’où l’on boit un café en admirant, en silence, l’intensité du paysage.
Une deuxième surprise se dessine moins d’une heure plus tard. La route longe désormais le lac Pukaki, l’un des trois grands lacs alpins de l’île, lui aussi opaque et presque laiteux. Il est difficile de ne pas être ému face au somptueux contraste qu’offre, au détour d’une ligne droite, le turquoise du lac et le sommet enneigé d’Aoraki (nom néo-zélandais du mont Cook), point culminant du pays.
Randonnées autour du mont Cook
Là, les possibilités de randonnées sont multiples. Le Hooker Valley Track, d’une durée de 2-3 heures, est l’un des plus empruntés. Pour un premier aperçu, le Kea Point Track constitue un aller-retour facile et court, en 1 heure, pour observer le mont Sefton et le glacier Mueller.
Wanaka : panoramas et randonnée à Roys Peak
En quittant le Mount Cook Village en fin de journée, la route plus dégagée offre des points de vue uniques sur l’horizon que l’on regrette déjà. Heureusement, après du repos aux alentours de Twizel, la route vers Wanaka, nouveau point de chute, présente une autre surprise. Les plaines sont plus désertiques jusqu’à l’arrivée aux paysages presque lunaires de Lindis Pass.
L’impression de solitude prend fin à l’arrivée à Wanaka, ville de l’Otago adorée des visiteurs, et à raison. La station balnéaire au bord du lac offre de nombreuses activités en extérieur. Là-bas, un premier arrêt s’impose au Wanaka Tree, arbre le plus célèbre du pays, qui continue de pousser seul dans l’eau.
Une bonne demi-journée est ensuite consacrée à l’ascension de Roys Peak, randonnée inoubliable, mais exigeante, de 16 kilomètres et 1300 mètres de dénivelé. Comptez minimum 5-6 heures avec un rythme correct et en faisant des pauses. L’aller, uniquement en montée, permet d’observer la beauté du panorama jusqu’à atteindre, après un dernier effort, la crête photogénique face à l’un des plus beaux panoramas du séjour.
En fin de journée, la descente se vit au rythme des changements de couleurs et du silence. Alors que les dizaines de randonneurs sont partis, les moutons et lapins traversent désormais en toute liberté les chemins et hautes herbes.
De Milford Sound à Queenstown, paradis irréels de l’île du Sud
L’une des ultimes étapes du road trip implique de s’arrêter à Te Anau, dernier village en bordure du Fiordland, le plus grand parc national du pays. On devine l’isolement de cette zone en longeant l’unique route qui mène, en deux heures, à Milford Sound. Là, les sommets enneigés et premières cascades forment la porte d’entrée de l’une des zones les plus pluvieuses de la planète.
Milford Sound : un fjord spectaculaire
Le fjord se visite uniquement en bateau, et si de nombreuses compagnies existent, il vaut mieux en choisir une à taille humaine (Cruise Milford est une bonne option). L’embarcation débute face au célèbre Mitre Peak avant de pénétrer dans les décors mystérieux du fjord. Malgré le froid, on reste à l’extérieur. Impossible de détourner le regard des sommets noyés dans la brume et des falaises abruptes d’où se dessinent d’immenses cascades. Plus la météo est pluvieuse, plus elles seront nombreuses. Si l’aspect mystique de la Nouvelle-Zélande a ponctué toute la première partie du voyage, l’adjectif prend ici tout son sens.
Dans cette immensité, il n’est d’ailleurs pas rare d’apercevoir des dauphins s’aventurer près des bateaux. Et si l’on pensait que le clou du spectacle était face à nous, le chemin retour sur la Milford Road invite à s’arrêter à de nombreux points d’intérêt, dont Tutoka Bridge, Mirror Lakes et Eglinton Valley.
Queenstown : dernière étape du road trip
La dernière portion du voyage convoque encore le rêve. L’aventure se termine à Queenstown, unique ville construite au bord de l’immense lac Wakatipu. Réputée pour être la capitale de l’aventure, elle est aussi une étape incontournable pour le shopping et la flânerie.
Dernière surprise néo-zelandaise ? Un décollage pas comme les autres. En quittant Queenstown en avion, les montagnes disparaissent peu à peu dans les nuages. On ne peut alors qu’avoir la sensation d’avoir traversé bien plus qu’un pays et se faire la promesse d’y revenir.