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Culture et voyage

Les meilleurs road movies

Mis à jour le : 29 avril 2020

Carte

Certains jours, on aimerait bien mettre un peu de côté les tracas du quotidien en avalant des kilomètres sur un long ruban d’asphalte. L’envie vous démange ? Les héros de ces films, chacun à leur manière, l’ont fait pour vous.

1. Easy Rider - Dennis Hopper, 1969 (États-Unis)

Hopper a 32 ans et les poches trouées quand il se lance dans cette chevauchée fantastique, sur les riffs déjantés de Jimmy Hendrix, et sonne la charge de la contre-culture américaine. Deux bikers, après avoir raflé la mise en vendant de la drogue, décident de faire en Harley Davidson la route de Los Angeles à la Nouvelle-Orléans pour y assister au carnaval. Leur périple les verra dynamiter les mythes de l’Amérique conservatrice et en inventer d’autres, toujours d’actualité. Le cinéma hollywoodien de papa prendra une claque magistrale.Peu de films ont à ce point dégagé l’horizon du motard. L’itinéraire emprunte le tronçon méridional de la route 66, la “mother road“ qui traverse les États du Sunbelt (la ceinture du soleil), de la Californie à la Louisiane via la ville fantôme de Ballarat où Peter Fonda abandonne sa Rolex, Monument Valley dans l’Utah, Taos au Nouveau-Mexique et le Texas… Arrivé en Lousiane, un arrêt s’impose dans la ville de Morganza, où se tenait jusqu’à peu le Melancon Café, théâtre d’une scène du film. Un conseil, visitez le site  www.mrzip66.com. C’est le meilleur guide qui soit pour vous mettre dans les roues de Wyatt et Billy.

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Peu de films comme "Easy Rider" ont à ce point dégagé l’horizon du motard

2. Paris, Texas - Wim Wenders, 1984 (États-Unis)

Le chanteur et guitariste de Nirvana, Kurt Cobain, vouait un culte à ce road movie poignant dont le lancinant thème musical, joué en “slide guitar”, lui est indissociable. Au départ, un homme qui marche dans les paysages désertiques du Texas et qui traîne derrière lui un amour en loques, auquel Nastassja Kinski prête un visage inoubliable. Avec ce long, très long métrage, dans lequel circule une mélancolie bouleversante, Wim Wenders remporta la Palme d’or au festival de Cannes.Si aucune scène n’a pour décor la ville de Paris, au Texas, Wenders a déplacé sa caméra et ses acteurs dans les coins les plus désolés, mais aussi flamboyants, de cet État du sud des États-Unis. L’itinéraire court du parc national de Big Bend à Houston, en passant par Nordheim, Port-Arthur et El Paso. Durant le superbe générique défilent des images de Big Bend, en bordure du Rio Grande, frontalier du Mexique, dans un coin sauvage près du bourg de Lajitas. Attendez le début de l’été et des températures qui montent à 50°C pour rester dans l’ambiance.

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Big Bend National Park, que l'on voir dans "Paris-Texas"

3. Into The Wild - Sean Penn, 2007 (États-Unis)

L’histoire vraie de Chris McCandless. Au début des années 1990, cet étudiant de Virginie renonce à un avenir tout tracé et coupe les ponts avec les siens pour tailler la route. Sa quête de liberté le conduit au cœur de l’Alaska, loin de la société des hommes… Sean Penn, acteur et réalisateur qui ne fait pas dans la demi-mesure, a tourné ce film entièrement en décors naturels. Emile Hirsh, l’acteur principal, porte au poignet la montre qui avait appartenu à Chris McCandless.Partir sur les traces de celui qui se faisait appeler “Supertramp”, le super vagabond, c’est d’abord manger du bitume sur les routes mythiques de l’Ouest américain, notamment la Highway 1, le long de la côte californienne, avec une étape à Big Sur, dans les pas d’un autre routard céleste, Jack Kerouac. Autre fil conducteur, la Colorado River, des rapides du Grand Canyon au golfe de Californie. Ensuite, cap au nord, d’abord vers les rivages rocheux de l’Olympic Peninsula, dans l’État de Washington, puis en Alaska où s’achèva le périple de Mc Candless. C’est dans cet État isolé, sublime et onéreux que vous attend le parc national de Denali, au centre duquel s’élève le géant de l’Amérique boréale, le mont McKinley. Cette région sauvage est le meilleur endroit pour apercevoir grizzlis, orignals ou caribous au cours d’un circuit en bus dans le parc.

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L'acteur Emile Hirsch dans "Into the Wild", réalisé par Sean Penn

4. Little Miss Sunshine - Jonathan Dayton et Valerie FariS, 2006 (États-Unis)

Ce couple de réalisateurs et scénaristes américains taillent un costard à l’Amérique des poupées bubble-gum, de la réussite sociale et du conformisme. À bord d’un minivan Volkswagen bon pour la casse, la famille Hoover met le cap vers un concours de mini-miss. Olive, leur fille de sept ans, potelée à cœur, se rêve en reine de beauté. Vu l’équipage – un père qui échoue à vendre son Parcours vers le succès en neuf étapes, une mère au bord de la crise de nerfs, un grand-père junkie, un fils mutique et daltonien, et un oncle dépressif et suicidaire –, c’est le radeau de la Méduse appelé à s‘échouer sur le podium de la loose.Hors de question de refaire le trajet des Hoover, entre Albuquerque (Nouveau-Mexique) et Redondo Beach (Californie) à bord d’une jeep Grand Cherokee, avec la clim et l’assurance dépannage. C’est le combi VW obligatoire, on pousse pour démarrer, et en avant pour les talus poussiéreux, les autoroutes urbaines enchevêtrées et les motels pourris de l’Ouest américain ! Ce film est une ode aux voyages calamiteux, les seuls à vous laisser de chouettes souvenirs.  

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Little Miss Sunshine se termine à Ventura Beach, en Californie (Redondo Beach dans le film)

5. Carnets de voyage, Walter Salles, 2004 (Amérique du sud)

Réalisateur brésilien ayant vécu en France et aux États-Unis, Walter Salles est devenu un cinéaste sans frontières, primé à Berlin en 1998 pour Central do Brasil. Il met ici en scène le périple accompli en 1952 à travers l’Amérique latine par Ernesto “Che“ Guevera, alors jeune étudiant en médecine, et son ami, Alberto Granado. Un voyage quasi initiatique qui verra le Che se convertir aux idées révolutionnaires. Le film reçut une “standing ovation“ pour sa première projection au Festival du film indépendant de Sundance, dans l’Utah.Se rendre de Buenos Aires, en Argentine, à Caracas, la capitale du Venezuela, en passant par Valparaiso, au Chili, Cuzco au Pérou et Leticia, dans l’Amazonie colombienne, représente une sacrée expédition. Vous pouvez emprunter des tronçons de la Pan Am, le long de la cordillière des Andes, mais suivre l’itinéraire du “Che“ demande du temps et de l’endurance. Surtout avec la moto Norton 500 du film, un bijou pour collectionneur, qui finit par rendre l’âme. Dans le film, nos héros continuent à pied… Pour eux, ils s’agissait de la quête d’un idéal et de la découverte de l’injustice sociale qui régnait et règne encore dans les pays andins. 

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Valparaíso, Chili

6. Paysage dans le brouillard - Theo AngeloPoulos, 1988 (Grèce)

Deux enfants grecs, Alexandre et Voula, décident de partir à la rencontre d’un père qu’ils ne connaissent pas. Ils vont prendre un train pour l’Allemagne et marcher le long des routes, malgré les frontières et les barbelés… Disparu en 2012, Theo Angelopoulos était un cinéaste de grande culture, exigeant, hermétique pour certains. La Grèce brumeuse et grise à souhait qu’il filme en longs plans séquences a beau de ne pas être celle des dépliants touristiques, elle touche au plus profond de l’âme.Voir un film d’Angelopoulos permet de sortir des cartes postales pour explorer le nord de la Grèce en hiver. L’Épire et la Macédoine, au climat continental, révèlent des paysages noyés de brume aux nuances de brun et d’opale. Le monde égéen s’efface ici devant les solitudes pastorales des Balkans. Pour cet éloge de la lenteur, il vous faudra passer par Ioannina et Thessalonique. Ce n’est pas follement gai sous un ciel blanc, mais Angelopoulos, cousin d’Ulysse, était un prince de l’errance.  

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Les paysages brumeux de Macédoine

7. Les fraises sauvages, Ingmar Bergman, 1957 (Suède)

Un classique du 7e Art et l’un des films majeurs du maître suédois Ingmar Bergman. Un vieux professeur se rend à une cérémonie organisée en son honneur. Tantôt somnolent, tantôt dialoguant avec sa bru qui conduit la voiture, il déroule en chemin le film de sa vie. Rempli d’amertume, il prend, au fil des souvenirs et des rencontres impromptues que suscitent le trajet, des accents plus paisibles. Il se remémore notamment le “coin des fraises sauvages” où il connut ses premiers émois de jeunesse…Filmée en en noir et blanc, la Suède méridionale représentée par Bergman possède une grande pureté dans ses paysages forestiers et lacustres. C’est l’occasion de découvrir le lac de Vättern, un spot de voile, l’île d’Ango, sur la côte sud-est, et surtout la minuscule île de Fårö au nord de celle de Gotland, en mer Baltique, où Bergman avait élu résidence et où il tourna six de ses films. Dans ces lieux austères, battus par les vents, vous retrouverez l’atmosphère dans laquelle baigne son œuvre. 

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L'île de Fårö, le bout du monde d'Ingmar Bergman
 

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