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Publié le 30/06/2026 9 minutes de lecture
La Sardaigne est souvent réduite à ses plages paradisiaques, ses eaux turquoise et sa célèbre Costa Smeralda. Pourtant, derrière cette image de carte postale se cache l'un des plus beaux terrains de randonnée de Méditerranée.
Des falaises calcaires du golfe d'Orosei aux forêts du parc naturel de Porto Conte, en passant par les plateaux volcaniques du centre de l'île et les sommets du Gennargentu, la Sardaigne est sillonnée d'un vaste réseau de sentiers. Certains figurent parmi les plus beaux itinéraires de randonnée d'Italie.
Des balades accessibles aux familles aux itinéraires les plus engagés, voici les plus belles randonnées de Sardaigne pour explorer l'île à pied.
1. Cala Goloritzé, une randonnée vers l'une des plus belles plages de Sardaigne
Distance : 7 km aller-retour
Durée : environ 3 h 30
Niveau : modéré
Impossible de parler des plus belles randonnées de Sardaigne sans commencer par Cala Goloritzé. Nichée au pied des falaises du Supramonte, cette plage de galets blancs est devenue l'un des paysages les plus emblématiques de l'île. Son arche naturelle et son impressionnante aiguille calcaire de 143 mètres offrent un décor spectaculaire qui se mérite, puisque la crique est uniquement accessible en bateau ou à pied.
Adaptée aux familles, facile malgré des portions rocailleuses, et bien signalée, cette randonnée emprunte un ancien sentier muletier, traverse un magnifique canyon calcaire à l’ombre des genévriers et des chênes verts, passe devant des falaises creusées de cavités et d’arches spectaculaires. Depuis le point de départ au Bar Su Porteddu sur l’Altopiano del Golgo, la plage est à 3,5 km en contrebas (environ 1 heure 15).
Au bout d’un quart d’heure de montée environ, on aperçoit le bleu de la baie. Repérez aussi l’ancienne bergerie et la pointe de l’Aguglia à l’approche de la baie. Des marches descendent ensuite vers le croissant de galets blancs – endroit rêvé pour pique-niquer. Pensez à emporter votre maillot pour vous baigner. Prévoyez 1 heure 15 pour le retour, en montée et légèrement plus éprouvant.
Bon à savoir : L'accès à Cala Goloritzé est limité chaque jour afin de protéger le site. Une réservation est recommandée en haute saison.
2. Gola Su Gorropu, une randonnée spectaculaire dans le plus grand canyon d'Italie
Distance : 12 km aller-retour depuis le pont de Sa Barva (ou 14 km depuis le col de Genna Silana)
Durée : environ 5 h à 6 h
Niveau : modéré à difficile
Avec des falaises qui s'élèvent jusqu'à près de 500 mètres de hauteur, Gola Su Gorropu est souvent présenté comme le « Grand Canyon » de la Sardaigne. Creusée pendant des millions d'années par le rio Flumineddu, cette impressionnante gorge figure parmi les canyons les plus profonds d'Europe. L'ambiance y est totalement différente du littoral du golfe d'Orosei : ici, la roche, le silence et les jeux de lumière composent un décor presque irréel.
L'itinéraire le plus emprunté débute au pont de Sa Barva, sur la route reliant Dorgali à Urzulei. Le sentier descend d'abord vers le lit asséché du Flumineddu avant de suivre la rivière entre les chênes verts, les arbousiers et les lauriers. La marche est agréable et relativement facile jusqu'à l'entrée du canyon, où les falaises commencent progressivement à se refermer.
Les premiers secteurs du canyon sont accessibles à la plupart des randonneurs. En revanche, les parties les plus profondes sont réservées aux marcheurs expérimentés, car les blocs deviennent de plus en plus imposants et la progression nettement plus technique. Même sans parcourir l'intégralité des gorges, l'expérience reste inoubliable tant les dimensions du site sont impressionnantes.
Bon à savoir : L'accès au canyon est réglementé et un droit d'entrée est demandé pour pénétrer dans les gorges. Prévoyez de bonnes chaussures avec une semelle adhérente : les blocs calcaires peuvent être très glissants, notamment après un épisode pluvieux.
3. Cala Luna, le plus beau sentier côtier de Sardaigne
Distance : 12 km aller-retour
Durée : environ 4 h 30
Niveau : modéré
Au fond d'une vaste baie bordée de falaises calcaires, Cala Luna est l'une des plages les plus célèbres de Sardaigne. Si beaucoup de visiteurs y accèdent en bateau depuis Cala Gonone, la rejoindre à pied permet de découvrir toute la beauté sauvage du golfe d'Orosei. Ce sentier offre une succession de panoramas sur la Méditerranée, alternant passages en balcon, vallons rocheux et végétation méditerranéenne.
La randonnée débute à Cala Fuili, à quelques kilomètres au sud de Cala Gonone. Dès les premiers mètres, le chemin s'élève légèrement avant de longer les falaises qui dominent la côte. Le sentier serpente entre les genévriers, les arbousiers et les lentisques, avec de superbes points de vue sur les eaux turquoise qui scintillent plusieurs dizaines de mètres plus bas.
Le relief est plus vallonné qu'il n'y paraît. Les montées et les descentes s'enchaînent tout au long du parcours, franchissant de petits ravins creusés dans le calcaire. Malgré quelques passages caillouteux, le chemin reste bien balisé et ne présente pas de difficulté technique particulière.
L'arrivée sur Cala Luna est spectaculaire. Dominée par de hautes falaises, la plage s'étire sur près de 800 mètres et se distingue par ses immenses grottes naturelles qui offrent une ombre appréciable pendant les journées les plus chaudes.
De nombreux randonneurs choisissent de revenir en bateau jusqu'à Cala Gonone.
Bon à savoir : Le sentier est très exposé au soleil et ne comporte aucun point d'eau. En été, mieux vaut partir dès le lever du jour et prévoir suffisamment d'eau pour toute la randonnée.
4. Punta La Marmora, l'ascension du plus haut sommet de Sardaigne
Distance : 10 km aller-retour
Durée : environ 4 h
Niveau : modéré
Culminant à 1 834 mètres d'altitude, Punta La Marmora domine toute la Sardaigne. Par temps clair, le panorama s'étend des montagnes du Gennargentu jusqu'à la mer Tyrrhénienne, avec parfois la Corse qui se dessine à l'horizon. Cette randonnée est l'une des plus belles façons de découvrir le visage le plus sauvage de l'île, loin des plages et du littoral.
L'itinéraire débute au col d'Arcu Artilai, au cœur du parc national du Gennargentu. Dès les premiers mètres, le sentier traverse de vastes pelouses d'altitude où paissent chevaux et moutons en liberté. Ici, le paysage tranche complètement avec celui du golfe d'Orosei. Les falaises calcaires laissent place à des montagnes arrondies couvertes de genévriers, de genêts et de petits bosquets de chênes.
L'ascension est régulière et ne présente aucune difficulté technique. Plus l'on gagne de l'altitude, plus la vue se dégage sur les vallées du centre de la Sardaigne. Les derniers mètres se parcourent sur une large crête balayée par le vent avant d'atteindre le sommet, marqué par une statue de la Vierge.
La récompense est à la hauteur de l'effort. Le regard embrasse une grande partie de l'île, depuis les montagnes de l'Ogliastra jusqu'aux plaines du Campidano. Au printemps, les prairies fleuries ajoutent encore à la beauté du paysage.
Bon à savoir : Même en été, les températures peuvent être fraîches au sommet en raison du vent. Prévoyez une veste légère, surtout si vous partez tôt le matin.
5. Tiscali et la vallée de Lanaittu, l’itinéraire vers le mystérieux village nuragique
Distance : 8 km aller-retour
Durée : environ 3 h 30
Niveau : modéré
Au cœur du massif du Supramonte, Tiscali est l'une des randonnées les plus fascinantes de Sardaigne. Plus qu'une simple balade, elle mène à un site archéologique unique : un ancien village nuragique construit à l'abri d'une immense doline, invisible depuis l'extérieur. Pendant des siècles, ses habitants ont vécu cachés dans cette cavité naturelle, probablement pour échapper aux invasions romaines.
Le départ s'effectue depuis le parking de Campo Base, dans la vallée de Lanaittu, près de Dorgali. Après quelques minutes de marche, le sentier s'enfonce dans une forêt de chênes verts et de genévriers avant de remonter progressivement à travers les paysages calcaires du Supramonte. Le relief devient rapidement plus accidenté, alternant escaliers naturels, passages rocheux et petits vallons creusés par l'érosion.
L'approche de Tiscali constitue sans doute le moment le plus impressionnant de la randonnée. Rien ne laisse deviner la présence d'un village jusqu'à ce que le sentier franchisse une étroite ouverture dans la roche. Derrière cette faille apparaît une gigantesque dépression circulaire, dont les parois atteignent plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Au fond de cette doline subsistent les vestiges de cabanes en pierre vieilles de plus de 2 000 ans, envahies par les oliviers sauvages et les chênes.
Bon à savoir : L'accès au site archéologique est payant. Prévoyez de bonnes chaussures, car les derniers mètres avant Tiscali sont rocheux et parfois glissants.
6. Capo Testa, une randonnée facile entre chaos granitiques et mer turquoise
Distance : 7 km en boucle
Durée : environ 2 h 30
Niveau : facile
À l'extrémité nord de la Sardaigne, Capo Testa offre un paysage radicalement différent du reste de l'île. Ici, le calcaire laisse place à d'immenses blocs de granit sculptés par le vent, dont les formes étonnantes évoquent parfois des animaux ou des silhouettes humaines. Dominant les Bouches de Bonifacio, cette courte randonnée dévoile des panoramas parmi les plus spectaculaires du nord de la Sardaigne.
Le sentier débute près du phare de Capo Testa, construit sur un promontoire rocheux face à la Corse. Très rapidement, le chemin longe les falaises où les vagues viennent se fracasser plusieurs dizaines de mètres plus bas. À mesure que l'on progresse, les chaos granitiques deviennent de plus en plus impressionnants.
Le parcours traverse ensuite de petites criques aux eaux translucides avant de rejoindre la Valle della Luna, l'un des lieux les plus secrets de Sardaigne.
Bon à savoir : Le coucher du soleil est l'un des plus beaux de Sardaigne. Si vous le pouvez, programmez votre randonnée en fin d'après-midi pour profiter des plus belles lumières.
7. Le Selvaggio Blu, le trek le plus spectaculaire de Sardaigne
Distance : environ 50 km
Durée : 7 jours
Niveau : très difficile
Pour les randonneurs chevronnés, le Selvaggio Blu est une sorte de Graal : cet itinéraire de 7 jours et 45 km le long des côtes sauvages du Golfo di Orosei traverse des ravins densément boisés et croise des formations calcaires aux silhouettes insolites, des grottes et des falaises vertigineuses. Sur ce parcours souvent considéré comme le plus difficile d’Italie, le paysage, tout comme la marche en elle-même, sont de nature à vous couper (littéralement !) le souffle.
L’itinéraire suit les sentiers très érodés – et souvent invisibles – des chevriers et des charbonniers d’antan, qui épousent le contour des falaises plongeant en à-pic dans la mer. En raison de la difficulté du terrain, la randonnée exige une bonne condition physique et une expérience de la varappe (il faut parfois effectuer de courtes escalades et de la descente en rappel).
En estimant la durée du périple à sept jours, on part du principe que les randonneurs marchent de 6 à 8 heures par jour. Il faut également prévoir un sac bivouac ou une tente ultralégère, du matériel d’escalade (dont deux cordes de 45 m), un tapis de sol, des chaussures solides, une boussole, et des provisions en quantité.
Bon à savoir : Il est recommandé de se faire accompagner d’un guide car le sentier n’est pas bien balisé et il n’y a aucune source d’eau potable en chemin (les guides en font livrer par bateau). Corrado Conca, l’un des meilleurs guides et grimpeurs professionnels de l’île, connaît vraiment son sujet.
8. Monte Corrasi, un sommet spectaculaire au cœur du Supramonte
Distance : 12 km aller-retour
Durée : environ 5 h
Niveau : modéré à soutenu
Dominant le village d'Oliena, le Monte Corrasi est l'un des plus beaux belvédères du massif du Supramonte. Cette randonnée traverse des paysages karstiques étonnants où les falaises calcaires alternent avec de vastes plateaux et des forêts méditerranéennes.
Le sentier débute près du refuge de Maccione avant de s'élever progressivement au milieu des chênes verts. Peu à peu, la végétation laisse place à un immense plateau rocheux façonné par l'érosion. Les dolines, les lapiaz et les blocs calcaires témoignent de millions d'années d'évolution géologique.
La dernière partie de l'ascension suit une large crête qui offre des vues spectaculaires sur le Supramonte et les montagnes du Gennargentu. Au sommet, à 1 463 mètres d'altitude, le panorama embrasse une grande partie de l'est de la Sardaigne, jusqu'au golfe d'Orosei.
Bon à savoir : Le sommet est particulièrement exposé au vent. Même par beau temps, une veste coupe-vent peut s'avérer très utile.
9. La réserve naturelle Le Prigionette, une randonnée familiale au cœur du parc de Porto Conte
Distance : 16 à 18 km en boucle (selon l'itinéraire)
Durée : environ 5 h
Niveau : facile à modéré
À quelques kilomètres d'Alghero, la réserve naturelle Le Prigionette offre un visage méconnu de la Sardaigne. Surnommée l'« Arca di Noè » en raison de la richesse de sa faune, cette vaste aire protégée s'étend sur plus de 5 000 hectares au cœur du parc naturel régional de Porto Conte. Entre forêts de pins, maquis méditerranéen, falaises calcaires et panoramas sur la Méditerranée, elle constitue l'une des plus belles randonnées du nord-ouest de l'île.
Le sentier débute au centre d'accueil de la réserve avant de s'enfoncer dans une forêt de pins d'Alep et de chênes verts. Très rapidement, le calme des lieux surprend. Les seules présences sont souvent celles des daims, des chevaux sauvages, des sangliers ou des ânes albinos de l'Asinara, réintroduits dans la réserve dans le cadre d'un programme de conservation. Avec un peu de chance, il est également possible d'apercevoir des vautours fauves planant au-dessus des falaises.
L'itinéraire grimpe ensuite en direction du mont Timidone, point culminant de la réserve à 361 mètres d'altitude. L'ascension est régulière et accessible à la plupart des marcheurs. Depuis le sommet, la vue est exceptionnelle. Le regard embrasse toute la baie de Porto Conte et le promontoire de Capo Caccia.
La descente traverse ensuite un maquis parfumé de myrtes, de lentisques et de romarin avant de retrouver les pistes forestières de la réserve.
Bon à savoir : L'entrée dans la réserve est payante. Il est possible de parcourir certains itinéraires à vélo électrique, mais la boucle vers le mont Timidone reste la plus belle option pour profiter pleinement des panoramas et observer la faune sauvage.
10. La Giara di Gesturi, une randonnée à la rencontre des chevaux sauvages
Distance : 10 à 12 km en boucle
Durée : environ 3 h 30
Niveau : facile
Perché à près de 600 mètres d'altitude au cœur de la Sardaigne, le plateau de la Giara di Gesturi est un monde à part. Ancien plateau volcanique recouvert de forêts de chênes-lièges et de maquis méditerranée, il est surtout connu pour abriter les derniers chevaux sauvages de Sardaigne. Ces petits chevaux, appelés cavallini della Giara, vivent en liberté depuis des siècles.
La randonnée débute près de la porte d'accès de Genoni ou de Gesturi, selon l'itinéraire choisi. Très vite, le sentier pénètre dans une forêt ombragée où alternent chênes verts, chênes-lièges et arbousiers. Le relief est presque plat, ce qui rend la balade particulièrement agréable et accessible à tous les marcheurs.
Au fil de la promenade, le paysage s'ouvre sur les paulis, des étangs qui se remplissent en hiver et au printemps. Ces zones humides attirent une faune abondante, notamment des tortues, des oiseaux migrateurs et de nombreux amphibiens. C'est également près de ces points d'eau que l'on observe le plus facilement les célèbres chevaux de la Giara.
Bon à savoir : Le printemps est la meilleure saison pour découvrir la Giara di Gesturi. Les mares sont alors remplies d'eau, la végétation est verdoyante et les chevaux sauvages se rassemblent souvent autour des points d'eau, ce qui facilite leur observation.
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