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Les églises les plus surprenantes de France

Mis à jour le : 9 janvier 2017

Carte

Dans chaque ville ou village, on s'attend à trouver un clocher, mais parfois, il a une bien drôle de forme. Passage en revue des églises les plus curieuses à visiter lors de vos pérégrinations.

1. Cathédrale Saint-Front, Périgueux (Dordogne)

Quand, depuis la vallée de l'Isle, on aperçoit ses coupoles, on se demande si l'on est bien en Périgord ! Cette église, construite au 
XIIe siècle près d'une église primitive, fut en effet conçue sur un plan en croix grecque et couverte de cinq coupoles. Un type d'architecture qui rappelle celui de la basilique Saint-Marc de Venise, elle-même inspirée de l'église des Saints-Apôtres de Constantinople. Devenue cathédrale, Saint-Front, qui avait beaucoup souffert, fut largement reconstruite au 
XIXe siècle par l'architecte Paul Abadie, qui lui a donné son aspect actuel.

Élève de Viollet-le-Duc, Paul Abadie (1812–1884) s'inspira de Saint-Front de Périgueux et de Saint-Marc de Venise pour construire la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

 

2. Cathédrale de la Résurrection, Évry(Essone)

Conçue par l'architecte suisse Mario Botta comme « une maison à étage unique tendue entre ciel et terre », la cathédrale de la Résurrection Saint-Corbinien, édifiée en 1995 au cœur de la ville nouvelle d'Évry, surprend par sa forme de cylindre (38 m de diamètre) et son toit taillé en oblique couronné de tilleuls argentés. Sa surface est sertie de plus de 840 000 briques (fabriquées artisanalement à Toulouse) agencées selon de subtils dessins géométriques qui animent les murs tout en jouant un rôle acoustique. L'autel en marbre repose sur une colonne qui s'enfonce à 5 m de profondeur jusqu'à la crypte où sont enterrés les évêques.

La cathédrale d'Évry (cathedrale-evry.cef.fr), qui peut accueillir 1 400 personnes, est la seule à avoir été édifiée en France au XXe siècle.

 

 

3. Abbaye troglodyte de Saint-Roman, Beaucaire (Gard)

La seule abbaye troglodyte d'Europe occidentale est aussi l'un des plus anciens monastères de France. Entièrement creusée dans les hauteurs d'une colline, elle témoigne d'une histoire millénaire. À partir du
Ve siècle, des ermites puis des moines agrandissent les cavités naturelles de la colline, creusent dans le calcaire et y aménagent chapelle, cellules et salles communes. Pendant plus de 1000 ans, ils vont occuper ce lieu. Aujourd'hui, on peut encore pénétrer dans la chapelle de plus de 1000 m2, comportant une voûte de chœur romane et un siège du prieur taillé dans la paroi.

La promenade dans la garrigue et le panorama sur les méandres du Rhône ajoutent au plaisir de la découverte (www.abbaye-saint-roman.com)

 

 

4. Églises fortifiées de la Thiérache (Aisne)

Au beau milieu d'un paysage de collines et de bocages verdoyants, elles surgissent, inattendues, bardées de tours d'angle, de donjons, de meurtrières ou d'échauguettes. Aujourd'hui, le contraste entre la tranquillité de la campagne des crêtes préardennaises et le harnachement de ses églises est saisissant. Mais au Moyen Âge, en l'absence de châteaux, la population n'avait d'autre choix que de fortifier les églises et les maisons pour se protéger des soldats qui écumaient ce territoire.

La route des églises fortifiées passe par les villages d'Aouste (donjon du XVIe siècle percée de canonnières), de Signy-le-Petit, de Servion et de Liart (église avec tour fortifiée du XVe siècle).

 

 

5. Église Sainte-Catherine, Honfleur (Calvados)

Une nef conçue par des charpentiers de marine, voilà qui n'a rien d'étonnant. Et quand la nef en question n'est pas un bateau, mais celle d'une église, il y a de quoi se frotter les yeux. Pourtant, le plafond en bois de l'église Sainte-Catherine, à Honfleur, a bien la forme d'une coque de navire renversée ! À l'issue de la guerre de Cent Ans, on fit appel aux charpentiers du port pour remplacer la chapelle en pierre qui avait été détruite : selon les versions, soit les maçons étaient trop occupés à reconstruire la ville, soit on réservait la pierre aux fortifications. Quelques décennies plus tard, l'ajout d'une nef jumelle forma deux coques côte à côte.

Autre originalité : le clocher, recouvert d'essences de châtaignier, se trouve quelques mètres plus loin.

 

 

6. Chapelle Cocteau, Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes)

La petite chapelle Saint-Pierre, située sur le front de mer de Villefranche, fut entièrement décorée par Jean Cocteau en 1956–1957, avec l'aide de nombreux artisans locaux. Jean Cocteau mit six ans à convaincre les pêcheurs de travailler sur cet édifice, qui était aussi le siège de leur prud'homie. Les décors symboliques tracés à la craie puis recouverts de paraffine nous transportent au cœur des coutumes locales et des croyances religieuses. On reconnaît aussi certains visages, comme celui de Jean Marais, compagnon de Cocteau, ou celui du guitariste Django Reinhardt.

La chapelle est ouverte tous les jours, toute l'année.

 

 

7. Église Saint-Jean-de-Montmartre (Paris)

Toute parée de briques, cette église qui ouvre sur la place des Abbesses par un haut portail encadré de deux tourelles octogonales offre un étonnant contraste avec les maisons alentour, typiques du vieux Montmartre. Tout un jeu d'arcs et de courbes soulignées par un décor de céramique vernissée lui donne un petit air oriental et la rattache à l'Art nouveau. Édifiée entre 1894 et 1904 par l'architecte Anatole de Baudot, disciple de Viollet-le-Duc, cette église fut construite en béton armé, une technique alors toute nouvelle. D'où ces piliers de 25 m de hauteur pour seulement 50 cm de largeur qui firent frémirent les contemporains !

Une belle cuve baptismale, réalisée par l'orfèvre Goudji en 2007, répond également à l'esprit du lieu. Consultez le site saintjeandemontmartre.com

 

 

8. Chapelle Notre-Dame du Haut de Ronchamp (Haute-Saône)

Construite sur une colline haute de 472 m, elle domine la cité saônoise de Ronchamp. Elle fut dessinée par le célèbre architecte Le Corbusier, et sa réalisation terminée en 1955. L'édifice, entièrement construit en béton, frappe par la pureté de ses lignes arrondies et de ses murs blanchis à la chaux. Malgré des dimensions réduites, l'intérieur semble spacieux, tout en invitant au recueillement grâce à un véritable jeu de lumière. « J'ai voulu créer un lieu de silence, de prière, de paix, de joie intérieure », a déclaré Le Corbusier après la construction.

La chapelle est ouverte tous les jours de l'année sauf le 1er janvier. Consultez les horaires sur le site www.chapellederonchamp.fr

 

 

9. Église monolithe d'Aubeterre-sur-Dronne (Charente)

Atypique, l'église souterraine Saint-Jean d'Aubeterre-sur-Dronne appartient au monde paléochrétien, voire même païen de la fin de l'Antiquité romaine. Creusé dans une falaise calcaire au
VIIe siècle, considérablement agrandi au
XIIe siècle par des moines bénédictins, ce vaste sanctuaire monolithe possède une nef aux voûtes de plein cintre hautes de 20 m. À voir absolument, son imposant reliquaire inspiré du Saint-Sépulcre de Jérusalem, un trésor de l'art roman. L'église rupestre contient aussi une cuve baptismale ornée d'une croix grecque et des sarcophages. On plonge ici aux sources de la foi médiévale.

Le village d'Aubeterre-sur-Dronne, classé parmi les plus beaux de France, mérite que l'on s'y attarde, ne serait-ce que pour admirer le superbe châtelet d'entrée de l'ancien château féodal.

 

 

10. Cathédrale Saint-Samson, Dol-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine)

La cathédrale Saint-Samson est à la fois l'un des monuments les plus importants de Bretagne et l'un des plus étonnants. Incendiée en 1203 par Jean sans Terre, roi d'Angleterre, elle fut aussi reconstruite sous ses ordres. Il en résulte deux particularités surprenantes. Ce monstre d'austérité gothique de 100 m de long sur 20 m de haut a d'abord quelque chose de bancal : l'une des deux tours qui encadrent sa façade ouest est en effet restée inachevée, faute de financement. Édifiée à l'origine dans un style roman dont elle conserve quelques éléments, la cathédrale affiche également un style anglais, si bien que Stendhal alla jusqu'à la comparer à la cathédrale de Salisbury, en 1837.

D'après une tradition locale, un souterrain relierait la cathédrale Saint-Samson au mont Dol.


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