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Culture et voyage

Le New York de Guillaume Musso

Texte par

Malvina Hamon

Carte

Amoureux de New York, Guillaume Musso y mène très souvent ses personnages. À l’occasion de la sortie en poche de son roman « La Fille de Brooklyn », nous l’avons rencontré. Plongeon au cœur de la Grosse Pomme à travers les yeux de l’un des auteurs français favoris du grand public. 

Du bureau parisien de son éditeur, au 47ème étage de la Tour Montparnasse, la vue sur la Ville Lumière est saisissante. Mais c’est aujourd’hui pour discuter de New York que Guillaume Musso nous reçoit. Une ville à laquelle l’auteur reconnaît, dans un sourire discret, avoir du mal à échapper. « Je ne m’en lasse pas. C’est l’endroit où je suis retourné le plus souvent dans ma vie et chaque fois, la magie opère. » Difficile alors de ne pas céder à la tentation d’y mener les personnages de ses romans. Dans la plupart d’entre eux, la Grosse Pomme est le terrain de jeu des intrigues bien ficelées qui font le succès de Guillaume Musso.

Si la ville de New York le fascine pour autant ? Non. Mais elle l’intrigue sans conteste. Et l’inspire plus encore. « Si je suis bloqué dans l’écriture de l’un de mes livres, je m’y rends pour prendre un surcroît d’énergie. J’ai besoin de savoir que dans ma vie existe ce lien familier avec New York qui me permet de créer. »  Sans jamais s’abandonner à la ville, Guillaume Musso arpente les rues new yorkaises pour saisir des instants. Toujours à la recherche d’une étincelle, celle qui va agir comme un déclencheur en lui. Et cela fonctionne… « Plusieurs de mes romans y sont nés ! »

« Je suis rarement tombé amoureux comme ça »

Familière mais éloignée de son quotidien, New York transmet à l’auteur l’énergie dont elle seule a le secret. « Le tempo est différent là-bas. Dans mes deux derniers livres (« La Fille de Brooklyn » et « Un appartement à Paris »), j’ai d’ailleurs choisi de faire débuter l’histoire à Paris. Je prends le temps d’y planter le décor, de présenter les personnages et de développer l’intrigue. Ensuite on part à New York. Là tout s’accélère. Place à l’enquête ! »

Son dynamisme et sa faculté à se régénérer, c’est ce qui charme Guillaume Musso. « Je suis rarement tombé amoureux comme ça. Et comme New York sait se réinventer, l’histoire dure. » Depuis 25 ans maintenant et ses premiers pas dans l’une des villes les plus fascinantes au monde lorsqu’il n’avait que 19 ans. « En 1992, New York était encore sale et dangereuse mais déjà totalement addictive et dépaysante. »

Harlem notamment était un quartier où les crack houses étaient reines et où les touristes ne s’aventuraient pas. Guillaume Musso en gardait ce souvenir et n’avait jamais envisagé d’y conduire les personnages de ses romans. Pourtant, redécouvrir récemment le quartier a été un déclic. « Harlem a complètement muté. J’étais devant quelque chose que je ne connaissais pas avec des rues délicates, entretenues, … totalement à l’antipode de mes souvenirs. » Y règne une vibration différente des autres quartiers new yorkais qui l’inspire : « Et si l’histoire de « La fille de Brooklyn » que j’avais en tête depuis un moment trouvait finalement sa source à Harlem ? » Le déclic est opéré. L’histoire est lancée…

Les lieux favoris de Guillaume Musso à New York

Comme Raphaël, le personnage principal de ce roman, Guillaume Musso ressent quelques appréhensions lorsqu’il retourne dans ses adresses new yorkaises préférées. Le lieu tant apprécié sera-t-il cette fois envahi de touristes ? Il a toutefois accepté de nous révéler son New York secret. Les lieux qui l’inspirent, ceux qu’il nous recommande... (Re)Découvrez la ville à travers ses yeux.

Un lieu pour s’inspirer

« Lorsque je suis à New York, j’aime dormir à Tribeca. » Dans ce quartier résidentiel du sud-ouest de Manhattan, « les rues sont moins spectaculaires qu’ailleurs mais j’y vis auprès des locaux. C’est ce qui me permet de puiser l’énergie new-yorkaise que je viens chercher lors de mes séjours. »

Battery Park, sur la pointe sud de l’île de Manhattan, est également un passage incontournable pour l’écrivain. « Il s’y passe toujours quelque chose. Il y a la vue sur la Statue de la Liberté bien sûr mais aussi le va-et-vient des ferries, les touristes et les locaux qui se croisent… C’est un coin qui me séduit peu importe la saison. »

Un lieu pour écrire

Dans les hôtels, dans des cafés. C’est assez indéterminé. Guillaume Musso n’a pas de rituel. Comme Raphaël dans « La Fille de Brooklyn », il apprécie toutefois le charme authentique du Pearl Oyster Bar dans West Village. « Une adresse que m’a donnée Pierre Hermé où l’on déguste les meilleurs lobster rolls de la ville… Je peux y aller seul, m’installer au comptoir et sortir mon carnet. »

Un lieu pour lire

« Central Park forcément ! La surface de ce parc et sa diversité parle à tout le monde, ça fait rêver. »

Une adresse pour s’isoler de la frénésie new yorkaise

« Le café Sabarsky à l’intérieur de la Neue Galerie reconstitue un café viennois. C’est un bon endroit pour se sentir un peu hors du temps. »

Un lieu pour sortir entre amis

« Le Locanda Verde, le restaurant de Robert de Niro à Greenwich. On y sert une cuisine italienne raffinée. C’est un endroit très new yorkais. Ce qui ne veut rien dire et tout dire à la fois… »

Un lieu pour une soirée romantique

« Tous les endroits qui offrent une véritable vue. La High line, le Whitney Museum, … tout ce qui s’ouvre sur les deux bras de mer entourant l’île de Manhattan. Mais j’ai toujours trouvé New York plus romanesque que romantique. »

Un extrait d’ « Un appartement à Paris », son dernier livre, résume justement l’amour de Guillaume Musso pour New York et ce que cette ville lui inspire : « Jungle urbaine, forêt de gratte-ciel, canyons de verre et d’acier : les métaphores foireuses avaient un fond de vérité. New York était un écosystème. Ici, il y avait des collines, des lacs, des prairies, des centaines de milliers d’arbres. (…) Ici, les rivières gelaient en hiver, et, en automne, la lumière éblouissait et enflammait les feuillages. Ici, on sentait bien que, sous la civilisation, le monde sauvage n’était jamais bien loin. New York… »

Article réalisé en partenariat avec Pocket.

Publié le : 4 mai 2017
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