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Idées de voyage

La Paz et ses environs : que faire dans la capitale bolivienne ?

Mis à jour le : 19 septembre 2019

Carte

Toute la diversité culturelle de la Bolivie se retrouve concentrée dans, et autour de, la capitale de facto, La Paz, où 800 000 habitants s’agglutinent dans les limites d’une étroite vallée. Une folle bousculade de piétons, de vendeurs ambulants, de minibus et de défilés, le tout dans un tohubohu de klaxons : La Paz vous prend à la gorge. On adore ou on déteste, mais une chose est sûre, elle ne laisse pas indifférent. Des hommes d’affaires tirés à quatre épingles côtoient des agents de sécurité armés et des cireurs encagoulés. Des ascensions mènent à des places reposantes.
Plus haut, dans l’Altiplano, un million de Boliviens ont choisi de se rapprocher des étoiles dans la ville satellite d’El Alto, rampe de lancement vers des sites de haute altitude (dont les mystérieuses ruines de Tiwanaku), tandis que le quartier aisé de Zona Sur, à La Paz, voit passer les visiteurs en route pour les gorges majestueuses et les vallées verdoyantes en contrebas.

1. Survoler La Paz à  bord de Mi Teleférico

Objet de l’attention de tous les responsables politiques boliviens au cours des décennies écoulées, le téléphérique (billet 3 $B, plus 2 $B par correspondance ; 6h-23h lun-sam, 7h-21h dim) a été conçu par la société autrichienne Doppelmayr. L’opposition au projet s’est diluée sous la présidence Morales et les trois lignes du début – rouge, verte et jaune, les couleurs du drapeau national – ont démarré en mai 2014. À la mi-2018, sept lignes étaient en fonctionnement, et quatre autres devaient ouvrir d’ici fin 2019.
Avec 30 km de lignes et des extensions prévues, Mi Teleférico est de très loin le plus vaste réseau de téléphérique au monde. Les usagers peuvent faire des correspondances pour un supplément de 2$B (à régler à l’avance), et ainsi multiplier les itinéraires possibles à travers la ville. Celui menant de Zona Sur à El Alto, via les lignes jaune et verte, est très populaire.
Se déplacer dans les airs au-dessus de la circulation frénétique de La Paz et des profonds canyons garantit en tout cas de belles sensations. On sent les petites secousses de la cabine au franchissement de chaque poteau de béton, et peut-être ne retiendrez-vous pas un petit rire nerveux au moment de monter à bord, aidé par des jeunes gens enthousiastes qui ont pour mission de garantir une répartition du poids dans la cabine. Vous aurez tout le temps de descendre du centre-ville dans la Zona Sur pour déjeuner ou dîner et de remonter. Déconseillé à ceux qui n’ont pas le cœur bien accroché – mais on peut dire ça de toute la Bolivie !

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Mi Teleférico de La Paz

2. Faire un tour à l'intriguant Mercado de las Brujas

En contrebas de la colline, le long des Calles Jiménez et Linares, s’étend le Mercado de las Brujas (marché des Sorcières ; La Hechiceria) célèbre pour ses remèdes traditionnels, ses fœtus de lamas, ses diseuses de bonne aventure et ses amulettes en tout genre. On peut aussi s’y rendre pour des articles d’artisanat provenant de différentes régions (sculptures en bois, céramiques, tentures murales, articles en argent provenant de Potosí etc.). Cependant, les babioles touristiques kitsch se taillent la part du lion. Cendrier inca, figurines Tiwanaku, bijoux fantaisie : c’est ici que vous trouverez le cadeau à rapporter à votre belle-famille !

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Mercado de las Brujas

3. Visiter les musées de la Calle Jaén

Dans la rue coloniale la mieux préservée de La Paz, on peut visiter 4 petits musées regroupés au même endroit. Achetez vos billets au Museo Costumbrista (angle Jaén et Sucre) et enchaînez avec le Museo de Metales Preciosos (cCalle Jaén 777), le Museo del Litoral (ou Museo de la Guerra del Pacífico; Calle Jaén 798) et la Casa de Murillo (Calle Jaén 790).

  • Le Museo Costumbrista Juan de Vargas expose des objets d’art, des photos, ainsi que de superbes dioramas de figurines en céramique illustrant l’ancienne La Paz. L’un d’eux représente l’akulliko, le moment où l’on mâche la coca ; un autre dépeint les festivités du Día de San Juan Bautista (la Saint-Jean) ; un troisième décrit la pendaison de Murillo en 1810. On peut également admirer des objets de l’époque coloniale et des poupées vêtues de costumes traditionnels.

  • Également appelé Museo del Oro (musée de l’Or), le Museo de Metales Preciosos comprend quatre salles qui, de manière impressionnante, présentent des œuvres précolombiennes en argent, or et cuivre, ainsi que des pièces de Tiwanaku.

  • Le petit Museo del Litoral abrite essentiellement des cartes historiques venant appuyer les revendications de la Bolivie sur Antofagasta et la Segunda Región, au Chili.

  • Ancienne résidence de Pedro Domingo Murillo – l’un des meneurs de la révolution de La Paz, le 16 juillet 1809 –, la Casa de Murillo contient des œuvres d’art et du mobilier colonial, ainsi que de la verrerie et de l’argenterie ayant appartenu à l’aristocratie bolivienne.

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Calle Jaén à La Paz

4. Goûter la cuisine novatrice de Gustu

À l'origine de la renaissance culinaire de la Paz,  ce restaurant (Calle 10 n°300, Calacoto) ouvert  par le danois Claus Meyer (créateur du Noma, plusieurs fois couronné meilleur restaurant au monde) s'efforce de mettre à l'honneur des produits boliviens peu utilisés (céréales andines, caïman de l'Amazonie...). Même dans les accords mets-vins, tout vient de Bolivie. L'établissement est installé dans un édifice splendide et richement orné de textiles des Andes.
Les gourmets au budget limité peuvent profiter du menu déjeuner complet, qui ne coûte que 95 $B.

5. Admirer les extravagants cholets dans la banlieue d'El Alto

Un célèbre panneau annonçant “El Alto ne fait pas partie du problème bolivien, mais de la solution” se dressait jadis dans la ville. Si le slogan ne fait pas l’unanimité, une visite d’El Alto n’en vaut pas moins le détour. Autrefois peuplée d’un mélange de campesinos (petits paysans) et de Boliviens de tout le pays, la ville compte aujourd’hui 912 900 habitants et la population croît de 5 à 6 % par an. Une ville à part entière, considérée comme la capitale des Aymaras.
Conjointement à l’essor économique récent que connaît la Bolivie, les prix de l’immobilier à El Alto ont flambé jusqu’à souvent dépasser ceux de la ville basse. De nouveaux immeubles ne cessent de sortir de terre. Parmi eux, vous ne pourrez pas manquer les cholets psychédéliques de l’architecte aymara Freddy Mamani, qui peuvent valoir jusqu’à 600 000 $US.
Depuis une décennie, Mamani transforme le paysage architectural d’El Alto, comme Antoni Gaudí l’a fait à Barcelone. Les lignes anguleuses et le patchwork de couleurs de ses édifices “néo-andins” scintillant tels des diamants bruts, ont donné une identité qui faisait cruellement défaut à cette ville satellite autrefois tristement monochrome. La plus haute métropole du monde est enfin sortie de l’ombre des Andes, et grâce aux nouveaux téléphériques (3 $B/trajet), les touristes viennent découvrir son charme exubérant.​

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Banlieue d'El Alto à La Paz

6. Randonner dans le Cañon de Palca

Le splendide canyon de Palca (indiqué “Quebrada Chua Kheri” sur les cartes topographiques) offre des paysages dignes du Grand Canyon de l’Arizona à l’est de La Paz avec ses pics et ses amphithéâtres modelés par l’érosion. La traversée à pied de cette gorge constitue une belle randonnée d’une journée à partir de La Paz.
Pour entreprendre cette randonnée, vous devez rejoindre Uni, uniquement desservie par des micros et des trufis à destination de Ventilla et de Palca. Ceux-ci partent au moins une fois par jour à proximité du carrefour de Calle Boquerón et Calle Lara, à deux rues au nord de la Plaza Líbano, dans le quartier San Pedro de La Paz. Sans horaires précis, ils partent généralement le matin. Vous aurez plus de chance le samedi et le dimanche, quand les familles vont se promener à la campagne. À défaut, prenez le micro n°42 ou le minibus n°385 “Ovejuyo/ Apaña”, descendez au terminus et rejoignez à pied le Paso Uni, à 1,5 km.
Uni, le petit village situé au-dessus de l’entrée du Cañón de Palca, comprend un commerce vendant des provisions de base, notamment des bouteilles d’eau et des en-cas. On peut s’y sustenter d’un menu bolivien à midi. Palca est quant à lui un joli village relativement proche de la sortie du canyon. Il compte un hostal (auberge de jeunesse) simple apprécié des touristes boliviens le week-end et qui propose des menus. 
On peut aussi camper près de Palca ou au village de Ventilla, tout proche, mais faites attention aux eaux de surface, très polluées, et demandez l’autorisation avant de planter votre tente dans un champ ou un pâturage.
Il est conseillé de se renseigner sur les conditions de sécurité avant de quitter La Paz. Partez à plusieurs, car des agressions de promeneurs solitaires ont été signalées. Une solution efficace est de partir avec La Paz on Foot, qui propose d’excellentes randonnées guidées d’une journée dans la gorge (75 $US/pers, transport et déjeuner inclus). Si vous arrivez à Palca équipé pour une longue randonnée, vous pouvez entreprendre le trek du Takesi à partir de Ventilla.
De Palca, des camiones (camions à plateaux), micros ou minibus font à l’occasion le trajet jusqu’à La Paz, surtout le dimanche après-midi. Sachez toutefois qu’aucun véhicule ne circule après 15h ou 16h.

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Canyon de Palca

7. Dîner au son de  la traditionnelle musique à Jallalla

Une peña incontournable, installée au-dessus de la Fundacion Mamani Mamani, et arborant un plafond aux airs de chapelle Sixtine à la sauce Mamani Mamani. On y écoute une musique de qualité en dégustant des tapas boliviennes et des cocktails inventifs comme le Luka Quivo (Vodka 1825, jus d’orange, gingembre et cactus airampo).
Typiques des Andes, les peñas offrent essentiellement des concerts de musique andine, jouée avec des zampoñas (flûtes de Pan), des quenas (flûtes en roseau) et des charangos (instruments de type ukulélé), et accueillent parfois des guitaristes et des chanteurs. La plupart ne proposent des spectacles que le vendredi et le samedi, à 21h ou 22h, et jusqu’au petit jour. 

8. Explorer les mystérieuses ruines de Tiwanaku 

La visite des ruines de Tiwanaku (parfois épelé Tiahuanaco ou Tihuanaco) fait une belle excursion à la journée depuis La Paz. Ce n’est ni le Machu Picchu ni Tikal, mais les férus d’histoire apprécieront cette plongée dans les mythes et mystères d’une civilisation disparue.
On sait peu de choses sur le peuple qui édifia ce grand centre cérémoniel sur la rive sud du lac Titicaca, il y a plus de 1 000 ans. On a cependant découvert des traces de son influence dans toute la région qui devint plus tard le vaste Empire inca.
Le village éponyme comprend quelques hôtels et restaurants, une jolie place décorée de sculptures inspirées des styles tiwanaku et une église du XVIe siècle, sans doute construite à l’aide de pierres du site de Tiwanaku.

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Ruines de Tiwanaku

Guide de voyage

Lonely Planet : un guide de référence, à la fois pratique et culturel, pour un séjour inoubliable en Bolivie

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