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Publié le 02/04/2026 7 minutes de lecture
Derrière l'architecture des hôtels all-inclusive et les excursions en catamaran survitaminées, une autre île Maurice respire, discrète et vivante, entre lagons préservés, pitons enveloppés de forêts endémiques et vallées luxuriantes où la crécerelle plane encore au-dessus des arbres. Découvrez notre sélection de 9 expériences pour être au plus près de la nature pendant votre séjour !
1. Rencontre silencieuse avec les dauphins en kayak
Le réveil sonne à 5h30. C'est le prix à payer pour vivre l'expérience autrement, loin des flottilles de speedboats qui sillonnent la baie de Tamarin dès le milieu de la matinée en pourchassant les dauphins à grand bruit de moteurs. À cette heure-là, le ciel est rose derrière la montagne du Rempart, et l'on glisse en silence sur l’eau au rythme des pagaies.
C'est ainsi que travaillent les guides passionnés de Lokal Adventure. Leur approche est non intrusive : on observe les dauphins souffler et jouer à distance respectueuse, sans jamais les poursuivre ni envahir leur espace. S’ils ne sont pas au rendez-vous -ce sont des animaux sauvages, ne l'oublions pas-, le lever de soleil sur la montagne et la remontée de la rivière de Tamarin valent à eux seuls le déplacement.
La sortie se conclut par un copieux petit déjeuner mauricien servi dans les kayaks, amarrés au calme de la rivière.
Bon à savoir : Partez toujours le plus tôt possible (au lever du soleil, idéalement), avant que les dauphins ne soient perturbés par les bateaux motorisés. Évitez tout prestataire qui propose de nager avec les dauphins ou qui garantit un contact physique. Les bons opérateurs maintiennent systématiquement une distance respectueuse et rappellent que le comportement des dauphins ne se commande pas.
2. Immersion dans le Parc national des Gorges de la Rivière Noire
Le poumon vert de l'île Maurice déploie ses 67 km² de forêt tropicale dans les hauts plateaux de l'ouest et du centre. On y entre comme dans une cathédrale végétale : sous les voûtes de filaos et de bois de couleur (cannelle, olive, mapou...), le silence est presque complet, parfois rompu par le chant des oiseaux endémiques. La crécerelle de Maurice — qui ne comptait plus que quelques individus dans les années 1970 — y vole à nouveau librement, tout comme la perruche écho et le pigeon rose, deux espèces que l'on croyait condamnées.
Les sentiers du parc, qui totalisent une soixantaine de kilomètres, offrent toutes les options, de la balade tranquille au trail sportif jusqu'au Piton de la Petite Rivière Noire, point culminant de l'île (828 m). Les gorges invitent aussi au canyoning, avec descentes en rappel et vasques turquoise pour plonger à volonté.
Pour tout cela, la petite structure locale Yanature propose des sorties guidées sur mesure, animées par des guides naturalistes connaissant le moindre arbre de la forêt.
3. Kayak dans le lagon turquoise de l'île aux Cerfs
L'île aux Cerfs vaut toujours le détour, à une condition : y arriver avant le monde. Le lagon qui borde l'île est d'une beauté stupéfiante : eaux peu profondes d'un turquoise transparent, jardin de corail où l'on croise des poissons-papillons, des poissons-trompettes, chirurgiens, et des étoiles de mer à profusion.
L'écolodge Otentic, une succession de tentes sur pilotis construites en matériaux recyclés en bord de Grande Rivière Sud-Est, propose chaque matin une navette gratuite vers l'île dès 9h30, avant l'afflux des excursionnistes.
Mieux encore : en partant en kayak depuis les rives du lodge, on peut explorer la mangrove de l'île aux Cerfs et de l’ilot Mangénie et rejoindre des plages peu accessibles aux bateaux à moteur, dans la compagnie des macaques qui longent les berges au crépuscule.
Bon à savoir : Partir de bonne heure, avant 9h, permet de profiter du lagon dans une quiétude totale. En milieu de journée, les excursions s'accumulent et l'expérience n'a plus grand-chose à voir.
4. Snorkeling responsable : cap sur les zones préservées
Le parc marin de Blue Bay a beau être le plus connu pour les sessions palmes-masques-tuba, il souffre d'une surfréquentation qui fragilise ses coraux. Il existe, heureusement, des alternatives moins courues et non moins belles. Le nord-est de l'île, autour de l'îlot Gabriel et de l'île Plate (deux îlots protégés où tout débarquement est interdit), offre des eaux d'une clarté exceptionnelle, avec de beaux massifs coraliens que les poissons-clowns et les raies n'ont pas délaissés.
À l'est, le lagon autour de l'île aux Aigrettes, à Mahébourg, réserve aussi de belles rencontres en eaux calmes.
Bonnes pratiques indispensables : Ne jamais toucher les coraux, ni s'y accrocher, même avec les palmes. Refuser tout prestataire qui nourrit les poissons pour les attirer (pratique qui perturbe les comportements alimentaires et crée des dépendances). Ne jamais tenter de débarquer sur les îlots protégés comme l'île Plate ou Gabriel, même si on vous le propose. Privilégier la crème solaire minérale, sans oxybenzone ni octinoxate, composants toxiques pour les récifs. Ou opter pour un vêtement de protection anti-UV.
5. Rodrigues, l'île où le temps a ralenti
À 1h30 d'avion de Maurice, Rodrigues est souvent décrite comme Maurice il y a vingt ans : une île de 109 km² où les voitures s'arrêtent encore pour laisser passer les chèvres, où les pêcheurs réparent leurs filets sur la plage au petit matin et où l'on dort encore chez l'habitant sans se ruiner. L'écotourisme y est une philosophie de vie avant d'être une étiquette marketing.
La réserve François Leguat, au sud-ouest de l'île, est l'un des sites les plus vertueux de l'ensemble des Mascareignes. Créée en 2006 par le naturaliste Owen Griffiths sur un terrain de 20 hectares en terrasses calcaires, elle a pour mission de reconstituer l'écosystème rodriguais d'avant l'homme.
On y a réintroduit trois espèces de tortues géantes : la géante d'Aldabra venue des Seychelles, la tortue étoilée de Madagascar, et la rarissime tortue à soc (Astrochelys yniphora), l'une des tortues les plus menacées de la planète, dont Leguat abrite l'un des rares programmes de reproduction en captivité. Des milliers de plantes endémiques ont été repiquées, les espèces invasives éradiquées, et la Grande Caverne, un réseau de galeries calcaires que l’on traverse lors de la visite guidée, est impressionnante.
Pour le reste, Rodrigues se mérite à pied ou à vélo sur ses sentiers de crête avec vue plongeante sur le lagon, à la pagaie dans ses eaux turquoise quasi désertes, ou sur les pirogues des pêcheurs du village de Graviers, qui acceptent volontiers de vous emmener relever leurs casiers à l'aube, le temps d'un partage bref mais durable.
6. Balade équestre sur la côte sauvage de Riambel
Dans le sud sauvage de Maurice, la plage de Riambel est l'une de ces plages qui ont réussi à rester ce qu'elles sont : deux kilomètres et demi de sable bordés de filaos et cernés de champs de canne. C'est là que le Centre Équestre de Riambel accueille cavaliers débutants et confirmés depuis 1999.
Sa fondatrice Arunima, qui a récupéré des chevaux de course réformés pour leur offrir une retraite active, a bâti quelque chose de rare : un centre humain, attentionné, où l’on propose des balades tous niveaux, et surtout des moments de baignades magiques avec les chevaux, au coucher du soleil. Inoubliable !
7. Itinéraire à vélo électrique au cœur du Sud de l'île
Comment parcourir les champs de canne à sucre, les sentiers côtiers, les villages de pêcheurs et admirer les vestiges de l’occupation hollandaise sans voiture et sans effort trop poussé ? À vélo électrique, sous la houlette de DunienZîl, une entreprise familiale mauricienne fondée par les d'Unienville, grands passionnés de leur île et de ses chemins de traverse.
L'assistance électrique supprime les barrières de condition physique et ouvre les itinéraires à tous, dès 5 ans, sans jamais retirer ce plaisir essentiel du vent dans les cheveux et du paysage qui défile à hauteur d'homme.
Plusieurs boucles sont proposées dans le Sud et le Sud-Est : la traversée de Chamarel avec ses sept couleurs de terre et sa rhumerie artisanale, ponctuée d'une dégustation de jus frais chez l'habitant ; la route de Grand Port et la visite du fort Frederik Hendrick ; la côte de la Cambuse et ses panoramas sur le lagon ; ou encore le tour des villages de pêcheurs entre Mahébourg et Vieux Grand Port, berceau du peuplement mauricien et théâtre de la bataille navale franco-anglaise de 1810.
Chaque sortie se ponctue d'un déjeuner chez l'habitant, en table ouverte, où l'on finit toujours par parler longtemps de choses qui n'étaient pas au programme.
8. Exploration de la vallée de Ferney
L'histoire de la vallée de Ferney commence comme beaucoup d'histoires mauriciennes : une forêt primaire menacée par un projet d'autoroute, une mobilisation citoyenne, des études scientifiques qui finissent par faire plier les bulldozers. Résultat : 200 hectares de forêt tropicale semi-humide préservés à l'est de l'île, entre les Montagnes du Bambou et la baie de Mahébourg.
On la parcourt à pied ou en VTT -les pistes traversent la réserve selon trois niveaux de difficulté, de 5 à 18 km- et les guides de Ferney sont parmi les plus passionnants de l'île : biologistes de terrain autant qu'interprètes du paysage, ils savent nommer chaque oiseau à son chant, chaque arbre à l'odeur de ses feuilles froissées (le bois clou, le takamaka, le ravenala ou arbre du voyageur, une espèce invasive...) et raconter comment la forêt reprend ses droits centimètre par centimètre, sur les ruines de l'ancienne usine sucrière. Le pigeon des mares, la perruche écho y évoluent en liberté.
Réservez votre randonnée directement sur ferney.mu.
9. L'île aux Aigrettes, laboratoire de la biodiversité
À 850 mètres de la côte de Mahébourg, dans la baie du sud-est, un confetti de 26 hectares flotte sur le lagon turquoise comme un morceau de Maurice d'avant. L'île aux Aigrettes, classée réserve naturelle depuis 1965 et gérée par la Mauritian Wildlife Foundation, est l'un des projets de conservation les plus aboutis de l'océan Indien.
Ici, tout a été arraché, nettoyé, repensé depuis 1985 : les rats éradiqués, les acacias envahissants déracinés, les espèces indigènes replantées une à une — bois d'ébène, bois de bœuf, palmier bouteille, et la délicate orchidée endémique appelée Boucle d'oreille. Le pigeon rose, qui ne comptait plus que dix individus en 1991, y dépasse aujourd'hui les 500 spécimens sauvages. La crécerelle de Maurice, la tortue géante d'Aldabra, le gecko de Günther et le cardinal de Maurice y sont observables à quelques mètres, sans téléobjectif.
Les visites -obligatoirement guidées, en groupe limité- sont conduites par des éco-guides formés par la fondation : comptez une heure et demie pour le circuit standard. Chaque billet d'entrée finance directement les programmes de conservation.
Réservation obligatoire sur le site Internet de Mauritian Wildlife Foundation. Départs depuis Pointe Jérôme, à Mahébourg. La réserve est ouverte du lundi au samedi de 9h à 16h, le dimanche jusqu'à 12h.
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