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Épidémie de Covid-19

En l’absence des humains, les tortues de mer pondent sur les plages du monde entier

Texte par

Maya Stanton (traduit de l'anglais par Elodie Lécadieu)

Mis à jour le : 29 avril 2020

Carte

Depuis des années, pendant la période de nidification, au printemps, les tortues du monde entier rencontrent un certain nombre de difficultés pour pondre tranquillement, notamment à cause des plages bondées et de la luminosité qui rendent les voies navigables trop bruyantes et trop polluées pour qu’elles s’y installent. Avec la pandémie, les humains restent à distance des plages, pour le plus grand bonheur de ces reptiles marins qui peuvent enfin s’épanouir.
 
En Floride, les plages commencent tout juste à rouvrir au public. Mais pendant leur fermeture, on a pu observer que les tortues caouannes (en anglais "loggerheads") et les tortues luth ont pondus de manière reccord ! A Juno Beach (au nord de Miami), l’une des plages sur laquelle les tortues viennent le plus pondre dans le monde entier, le Loggerhead MarineLife Center a trouvé 101 nids de tortues luth et au moins trois nids de tortues caouannes depuis la semaine dernière.

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Partout dans le monde, les tortues de mer pondent actuellement en très grand nombre

« Nos tortues luth reviennent en force cette année. Ça va être une bonne année » a expliqué Sarah Hirsch, cadre supérieur en recherche et analyse au Loggerhead MarineLife Center. « Notre monde est en train de changer, mais ces tortues ont ce fonctionnement depuis des millions d’années, c’est vraiment rassurant et cela nous fait espérer que le monde coontinue de tourner. »

En Thaïlande, où les frontières sont fermées aux visiteurs étrangers depuis fin mars et où un couvre-feu a été mis en place depuis début avril, les très vulnérables tortues luth sont elles aussi en train de prospérer. L’agence Reuters rapporte que les autorités ont trouvé 11 nids de tortues depuis fin novembre – ce qui n’était pas arrivé depuis 20 ans. « C’est très bon signe pour nous car de nombreux endroits qui étaient idéaux pour la ponte ont été détruit par l’activité humaine » a expliqué Kongkiat Kittiwatanawong, directeur du Marine Biological Center de Phuket. « Si nous comparons ces chiffres à ceux de l’année précédente, nous n’avions pas tant de nids que ça, parce que les tortues risquaient fortement de se faire tuer par du matériel de pêche et les humains qui perturbent la vie sur la plage ».

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Les tortues luth se multiplient en Floride et en Thaïlande

Au Brésil, la ville de Paulista accueille quatre espèces de tortues : les caouannes, les tortues vertes, les tortues olivâtres et les tortues à écailles. La vie a vu plus de 300 éclosions cette année, a rapporté The Guardian fin mars. Connues pour leur nez pointu et leur carapace à écailles, les tortues imbriquées sont classées comme espèce en danger critique par WWF – plus tôt dans la saison, près de 100 d’entre elles sont venues donner naissance à Paulista en un seul jour, selon The Guardian.

« C’est vraiment un joli moment de voir l’instant exact où les bébés sortent des œufs et… de les  regarder traverser la plage » a témoigné Roberto Couto,  secrétaire à l’environnement de Paulista. « Cette fois, avec le coronavirus, impossible de dire aux gens ce qui était en train de se produire  ».

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La période de nidification des tortues caouanne va d'avril à septembre, avec un pic en juin, explique  la National Wildlife Federation

Le 11 avril dernier, la National Seashore’s Division of Sea Turtle Science and Recovery de Padre Island a découvert le premier nid de tortue bâtarde du Texas. La semaine suivante, le Sea Turtle Conservancy de Tortuguero, au Costa Rica, annonçait avoir trouvé 45 nids de tortues luth, trois nids de tortues vertes et un de tortue à écailles.

« Tous ces impacts positifs potentiels sont liés aux changements dans le comportement humain » a déclaré à CBS News David Godfrey, directeur du Sea Turtle Conservancy. « Les chances que les tortues soient accidentellement blessées ou tuées vont diminuer », notamment grâce à la diminution du trafic de bateaux de croisière et de bateaux de plaisance. La présence beaucoup moins importante d’humains sur les plages signifie aussi qu’elles sont moins polluées par des détritus et autres plastiques qui finissent généralement dans la mer. » 
 

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Les tortues à écailles sont classées comme espèce en danger critique par WWF

Notons que d’avantage d’obscurité sur les plages semble également être une bénédiction. David Godfrey explique : « nous nous attendons à ce que des milliers de bébés tortues, d’ordinaire désorientés par la luminosité pendant cette saison des pontes, ne le soient pas – ce qui augmente leur chance de survie au moment de rejoindre la mer. »
 
 
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