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Idées de voyage

Délices nordiques : road trip sur la côte arctique islandaise

Texte par

Alexis Averbuck - Auteure Lonely Planet

Mis à jour le : 21 mai 2019

Carte

Vagues qui déferlent. Phoques qui paressent. Oiseaux marins sur les rivages parsemés de bois flotté. Sommets déchiquetés enneigés. Villages de pêcheurs colorés. En Islande, pour vraiment sortir des circuits touristiques et vivre une aventure unique, prenez la Route côtière arctique (Norðurstrandarleið). Ouvert en 2019, cet itinéraire extraordinaire – le premier itinéraire touristique officiel du pays – longe 900 km de côte virginale, isolée. C’est l’occasion de découvrir des extrêmes fascinants, du saisissant spectacle des éléments au refuge paisible loin de la vie moderne, le tout ponctué de villages accueillants.

La route, qui va de Hvammstangi à l’ouest jusqu’à Bakkafjörður à l’est, passe par six péninsules où plages de sable noir et falaises majestueuses alternent avec fjords et deltas des fleuves glaciaires, et longe d’impressionnantes chaînes de montagne. Un groupe de petites îles inoubliables, aux villages battus par les vents, renforcent la sensation d’isolement. L’une d’elles, Grímsey, est à cheval sur le cercle Polaire. Bourgs de saga ou hauts lieux de l’observation des baleines, chacune des petites villes de la route permet de voir la vie depuis le sommet du monde.

Péninsule de Vatnsnes

Démarrer dans la paisible Hvammstangi, avec ses nombreuses colonies de phoques que vous pouvez découvrir en bateau. Puis suivez la route gravillonnée idyllique qui longe la côte (Route 711) en contournant sur 82 km les montagnes de la péninsule de Vatnsnes. Sa sérénité actuelle ne laisse pas deviner qu’elle fut le théâtre d’un des crimes les plus célèbres du pays, immortalisé par Hannah Kent dans son roman À la grâce des hommes (Burial Rites). Après avoir contourné la pointe de la péninsule, en repartant vers le sud, explorez le magnifique Hvítserkur, bloc de basalte haut de 15 m sculpté par la mer. Selon la légende locale, Hvítserkur est un troll, pétrifié par le soleil levant tandis qu’il tentait de détruire le monastère de Þingeyrar. On y voit souvent des phoques qui se prélassent et apprécient bien mieux le soleil que le troll.

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Isolée, inhabitée, Drangey est le sanctuaire de nombreuses espèces d’oiseaux

Skagafjörður

Verdoyant, le Skagafjörður a beaucoup de cordes à son arc : élevage de chevaux (et équitation), paysages sauvages, vestiges historiques et activités riches en adrénaline telles que rafting en eaux vives ou snowboard en font l’un des plus beaux endroits méconnus d’Islande. Juste au nord de Sauðárkrókur, ville principale de la région, l’ouest du Skagafjörður est une portion de côte avec des montagnes pittoresques à l’arrière-plan, où le silence est magique. Au nord du Tindastóll, son plus haut sommet, on trouve un champ géothermique avec la célèbre piscine face à la mer baptisée Grettislaug. Au large, gardant l’embouchure du Skagafjörður, les îles inhabitées de Drangey et Málmey, havres de paix où nichent les oiseaux marins. L’été, des circuits en bateau vers la spectaculaire Drangey partent du petit port voisin de Grettislaug.

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Baignade avec une vue spectaculaire, à Hofsós


Tröllaskagi

Tröllaskagi (la péninsule du Troll), qui s’étend entre Skagafjörður et Eyjafjörður, est faite d’immenses montagnes enneigées. Entre les roches escarpées, les plus belles rivières de pêche du pays occupent le fond des vallées. Commencez dans le paisible village de pêcheurs de Hofsós, avec sa source chaude et sa spectaculaire piscine face au fjord. Si vous arrivez à vous en arracher, un peu plus loin, Siglufjörður (ou Sigló, comme on dit ici), perchée au-dessus d’un front de mer scintillant, est adossée à la montagne. Plus de 10 000 ouvriers y vivaient autrefois, déchargeant les bateaux de pêche, vidant et salant le poisson. Tröllaskagi est aussi un endroit idéal de sports d’hiver, héliski notamment.

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À Grímsey, on peut se tenir sur le cercle Arctique et voir des macareux

Eyjafjörður et Grímsey

Akureyri, deuxième ville d’Islande par la taille, est au bord du plus long fjord du pays, l’Eyjafjörður – on peut souvent voir des baleines remonter à la surface et souffler dans ses eaux scintillantes. Outre l’animation d’Akureyri même, à visiter, les hameaux qui bordent le fjord offrent de délicieux produits de la mer, et des conversations sympathiques avec leurs habitants. S’il y a des ferries fréquents pour la petite île de Hrísey, au milieu du fjord, l’île la plus connue de la Route côtière arctique est peut-être Grímsey, encore plus menue. Seul territoire islandais à être vraiment à cheval sur le cercle Arctique, l’endroit paisible de 5 km2 à peine est à 40 km de la côte. On y trouve 10 000 fois plus d’oiseaux que d’êtres humains. Ses falaises battues par la mer et ses formations basaltiques torturées sont appréciées de dizaines d’espèces d’oiseaux marins, notamment macareux en très grand nombre et sternes arctiques kamikazes. On peut s’y rendre en ferry ou en avion.

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Húsavík est un des meilleurs endroits d’Islande pour observer les baleines

Húsavík

Outre sa réputation de plaque tournante de l’observation des baleines en Islande, Húsavík est aussi intéressante pour ses musées (sur les baleines, l’exploration, etc.), ses maisons pittoresques, son église ancienne et son décor de sommets majestueux, de l’autre côté de la baie. GeoSea, un spa d’eau salée, domine l’ensemble à l’extrémité nord de la ville, près du phare. Les bassins d’eau salée chauffée par la géothermie sont à température parfaite (38-39°C), et le café du spa permet d’admirer le fjord après le bain. Pour en profiter en toute sérénité, passez la nuit à Tungulending, ancienne conserverie de poisson transformée en pension, décorée avec art, et savourez ses plats de saison, le soir, face au front de mer.

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Fossiles dans les falaises de la péninsule de Tjörnes

Péninsule de Tjörnes

À Húsavík, prenez vers le nord la Route 85 et contournez par la côte la péninsule de Tjörnes, à la géologie riche. Cherchez les falaises pleines de fossiles, où nichent les oiseaux marins. À Kelduhverfi, la terre est creusée de grabens (dépressions entre deux failles géologiques) et couturée de fissures. On est sur le rift où la dorsale médio-atlantique entre dans l’océan Arctique. Il y a, à 12 km environ à l’est du musée Mánárbakki, un excellent point de vue avec des panneaux explicatifs sur l’activité tectonique de la région. La route redescend ensuite vers les lagunes et les deltas de Vestursandur, pleins d’oiseaux.

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En quittant un court instant la Route côtière arctique, on arrive à une magnifique cascade, Dettifoss

Ásbyrgi

Dans le nord du parc national du Vatnajökull, la Jökulsárgljúfur (“gorge de la Jökulsá”) abrite une dorsale volcanique subglaciaire unique et un canyon idyllique appelé Ásbyrgi. Luxuriant, creusé par le formidable Jökulsá á Fjöllum – deuxième fleuve du pays par sa longueur –, Ásbyrgi est comme un énorme fer à cheval s’étendant sur 3,5 km du nord au sud, avec 1 km de largeur moyenne. Du parking au bout de la route d’accès, 3,5 km au sud de l’office du tourisme, plusieurs sentiers faciles traversent la forêt jusqu’à des points de vue sur le canyon, un petit étang accueillant pour les oiseaux et des panneaux détaillant la flore de la région.
D’Ásbyrgi, quand les routes sont dégagées, il suffit d’un petit détour vers le sud, en quittant la Route côtière arctique, pour aller jusqu’à la superbe Dettifoss (cascade qui fait partie du parc national) et au lac Mývatn.

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L’Islande a aussi son énigmatique cercle de pierres, Arctic Henge, qui mérite un détour

Melrakkaslétta

Ignorée des touristes qui foncent sur la Route circulaire, la route côtière sauvage, peu peuplée, qui contourne les péninsules du nord-est de l’Islande, à quelques kilomètres à peine du cercle Arctique, regorge de paysages envoûtants ; c’est l’Islande vierge, loin des touristes et des modes, dans toute sa splendeur. Peu utilisée, la route côtière (Route 870) qui fait le tour de la Melrakkaslétta (“plaine du renard polaire”) n’est pas goudronnée. Il y a 55 km entre Kópasker et Raufarhöfn. La sérénité de ses étangs et marais vierges, pleins de bois flotté et riches d’oiseaux, justifie largement le trajet bosselé et plein de cahots. Quittez un peu plus les pistes pour aller voir des phares isolés sur des promontoires battus par l’océan.
Au nord de Raufarhöfn, les arches de pierre surréalistes d’Arctic Henge forment un grand cercle de 7 m de haut, avec une vue panoramique sur l’océan. En ville, arrêtez-vous au café-galerie délicieusement simple, le Kaupfélagið Raufarhöfn, pour un buffet au petit-déjeuner, un café et un gâteau l’après-midi ou un repas, le soir.
Achevez votre exploration par une superbe randonnée sur le Þistilfjörður, au promontoire de Rauðanes : prenez l’embranchement entre Raufarhöfn (42 km) et Þórshöfn (32 km). Un sentier de randonnée mène au bout de 7 km à des formations rocheuses arrondies, pleines de grottes et d’arches, et à des plages secrètes. On peut aussi y observer des oiseaux (dont des macareux), le tout formant un condensé de ce qu’offre la Route côtière arctique.

Bon à savoir

La Route côtière arctique, toute récente, est essentiellement un itinéraire pour retrouver l’esprit pionnier : les routes des régions les plus isolées sont souvent de simples chemins de terre et peuvent être pleines d’ornières : la location d’un 4×4 est fortement conseillée. Le long de cette route, les infrastructures sont aujourd’hui correctes, et vont sans nul doute s’améliorer à l’avenir.

La côte arctique islandaise est classée dans le Best of Europe 2019 !


Guide de voyage

Lonely Planet : un guide de référence, à la fois pratique et culturel, pour un séjour inoubliable en Islande

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