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Birmanie : voyager responsable

Mis à jour le : 5 décembre 2016

Carte

Depuis 2010, la question essentielle n’est plus vraiment de décider s’il faut ou non se rendre en Birmanie, mais bien de savoir comment y voyager de manière responsable et durable. Les lignes qui suivent pourront vous aider à adopter une approche respectueuse du pays et de ses habitants, et à faire en sorte que votre séjour ait un impact positif. Préparez votre voyage avant d'entrer au coeur du Myanmar et soyez un touriste responsable en suivant nos conseils...

Quelques points essentiels

  • Privilégiez le voyage en indépendant ou en petits groupes à un séjour organisé.
  • Soutenez les prestataires indépendants et ceux qui mettent en œuvre des programmes touristiques durables et/ou caritatifs.
  • “Disséminez” votre argent : n’achetez pas tous vos souvenirs à Yangon, répartissez vos achats dans tout le pays par exemple ; faites appel à un guide différent dans chaque site.
  • Parlez aux habitants, mais laissez-les aborder les thèmes de leur choix – ne les mettez pas en difficulté en évoquant la politique ou les droits humains.
  • Contribuez aux projets locaux.
  • Faites des choix écologiques : privilégiez le bus, le train ou le bateau par rapport à l’avion, et évitez d’utiliser la climatisation à l’hôtel.
  • Respectez les coutumes et les comportements locaux ; habillez-vous correctement et comportez-vous avec respect dans les temples et les bourgs ruraux.
  • Documentez-vous sur l’histoire et la culture birmanes, et sur la situation actuelle du pays.
  • Consultez le site Info Birmanie (www.info-birmanie.org/) pour plus de conseils.

 

Voyager seul au Myanmar

En voyageant de manière indépendante plutôt que dans le cadre d’un circuit organisé, vous maîtriserez davantage l’affectation de l’argent dépensé. Bien souvent, lorsque l’on traite avec une agence avant d’arriver au Myanmar, une part moins importante de l’argent versé se retrouve au final dans les poches des Birmans. Les voyages organisés offrent en général moins de possibilité de contact avec la population. Si vous préférez malgré tout faire appel à une agence de voyages, dans votre pays ou au Myanmar, posez au prestataire les questions suivantes :

  • Qui détient votre agence ?
  • Ces personnes ont-elles des liens avec le gouvernement birman ?
  • Quelle est votre ligne de conduite concernant le recours aux services de prestataires gouvernementaux ou liés au gouvernement ?
  • Travaillez-vous avec des projets d’aide aux populations locales ?
  • Dans le cadre du voyage, puis-je aider directement un dispensaire, une école, un orphelinat ? 
  • Puis-je faire appel à plusieurs guides successifs, plutôt qu’à un seul, pour l’ensemble de mon voyage ?

Choisir ses prestataires et cibler ses achats

Malgré les récents changements positifs dans le pays, les violations des droits humains se poursuivent et les écarts entre riches et pauvres perdurent – une situation imputable en grande partie au pouvoir actuel et à ses prédécesseurs.
Des organisations telles que Tourism Concern (www.tourismconcern.org.uk/ burma.html), Tourism Transparency (www.tourismtransparency.org) et EcoBurma (www.ecoburma.com) incitent les visiteurs à dépenser le moins possible dans des établissements et des services gouvernementaux ou liés au régime. Il est toutefois très difficile de s’y retrouver dans l’écheveau complexe de liens financiers tissant l’économie du Myanmar. Si le gouvernement s’est retiré de certains secteurs, comme la distribution de carburants, il continue de contrôler de larges pans de l’économie, soit directement soit par l’intermédiaire de sociétés aux mains des militaires. Certains amis du régime, comme Tay Za, propriétaire du groupe Htoo, sont aisément repérables, mais il n’en va pas de même pour d’autres sociétés “privées”, gérées discrètement par des responsables ou des sympathisants du pouvoir, ou par leurs proches. Il est parfois difficile d’établir le lien, entre autres du fait de l’absence de nom de famille au Myanmar – chaque membre d’une famille a son propre nom. Par ailleurs, chaque société verse des taxes – taxes officielles et pots-de-vin –, sans lesquelles rien ne se fait. Aucune activité économique ne peut se dérouler à l’écart de transaction financière avec le gouvernement. Lorsque vous achetez des souvenirs, demandez-vous qui les produit ou les fabrique.

Répartir ses dépenses

Les voyageurs indépendants ont tendance à dépenser leur argent dans un nombre restreint d’endroits, car la familiarité rassure – le conducteur de trishaw devenu votre copain ou le restaurant dont vous appréciez la cuisine. Pourtant, en multipliant les lieux de dépense, le voyageur multiplie d’autant le nombre d’habitants susceptibles d’en bénéficier. Quelques éléments à garder en mémoire :

  • Ne vous fournissez pas auprès des mêmes personnes (hébergement, repas, taxi, guide).
  • Sachez que des commissions sont payées en sous-main sur tout ce que vous achetez lorsque vous êtes accompagné d’un chauffeur ou d’un guide. Si tous les voyageurs font comme vous, la présence de touristes ne bénéficie qu’à une poignée de privilégiés.
  • Prévoyez des haltes au cours de vos déplacements, ou planifiez au moins une destination hors des sentiers battus, où les contacts avec les étrangers sont plus rares. 
  • Ne prenez pas toujours le taxi ou le trishaw au même endroit, et tâchez de choisir ceux qui n’attendent pas près des zones touristiques.
  • Prenez vos repas dans différents restaurants familiaux ; si vous séjournez à l’hôtel, dînez à l’extérieur le plus souvent possible. À Ngapali Beach, par exemple, les petits restaurants sont juste en face de la plage et des hôtels.
  • Achetez vos souvenirs auprès des artisans au fur et à mesure de votre périple ; si vous séjournez la plupart du temps au même endroit, ne les achetez pas tous dans la même boutique.

Mesurer ses paroles 

Parler librement n’est pas un acte anodin pour les Birmans, qui sont souvent frustrés de contacts et d’échanges avec les étrangers. En dialoguant avec eux vous témoignerez du fait que le Myanmar n’est pas tombé dans l’oubli. Ceci étant, n’oubliez pas que les gens qui font campagne contre les autorités continuent d’être arrêtés et emprisonnés au Myanmar. Prenez garde à ne mettre personne dans une situation dangereuse. Gardez ces précautions à garder à l’esprit :

  • N’engagez pas de discussion politique dans des situations inappropriées. Laissez les Birmans diriger la conversation.
  • Prudence également dans vos remarques ou questions au téléphone ou par courriel. 
  • Méfiez-vous des lieux où les minorités sont traitées comme des curiosités.
  • Réfléchissez bien avant d’accuser quiconque de vol ou d’escroquerie, car cela peut entraîner de lourdes conséquences pour des personnes innocentes. Un chauffeur de bus peut ainsi être importuné si vous portez plainte parce qu’on a volé votre appareil photo à bord de son véhicule.

Aide directe au développement

Les voyageurs peuvent agir concrètement, positivement, durant leur séjour. 

  • Demandez aux propriétaires de pensions, agents, enseignants et moines où adresser un don pour contribuer à l’achat de fournitures médicales ou scolaires, par exemple. Arrêtez-vous dans une école de village et voyez de quoi elle a besoin. Souvent, moins de 100 $US (73 €) suffisent à financer un livre, un cahier et un stylo à chacun.
  • Fréquentez les établissements engagés, qui soutiennent des initiatives caritatives.

Certaines ONG préfèrent que les visiteurs s’en tiennent à leur voyage (et à des dons) et les laissent se charger des grands chantiers. Nous avons cependant rencontré des voyageurs retraités qui se comportaient comme des bénévoles actifs. Convaincus que l’aide mettait trop longtemps à parvenir aux populations, ils viennent deux fois par an financer leurs propres projets. L’un d’eux, ayant supervisé la construction d’écoles, témoigne : “Lorsque j’en achève une, je n’ai que 10 minutes de route à faire pour trouver un autre village dans le besoin.” Tony Wheeler, le fondateur de Lonely Planet, et son épouse Maureen ont financé l’édification d’un pont de bois de 300 m de long sur le lac Inle, afin de relier le village flottant de Maing Thauk à la terre ferme.

Cadeaux et dons

Les distributions de bonbons, de stylos ou d’argent aux enfants rencontrés sur les sentiers de randonnée ou à la sortie des sites ont un effet pervers (vous le constaterez en voyant les petits mendiants vous poursuivre autour des pagodes). De nombreux habitants déconseillent de donner aux enfants. Quelques pistes pour faire un don utile :

  • Donnez directement aux écoles, aux centres médicaux ou aux chefs de village. Par exemple, rendez visite à une école de village, demandez à l’enseignant quelles fournitures manquent, achetez-les et distribuez-les aux écoliers.
  • Les articles étrangers (un stylo par exemple) sont considérés comme précieux et finissent souvent sur une étagère. Si vous voulez offrir quelque chose d’utile, achetez-le sur place. Cela injecte de l’argent dans l’économie locale, et les destinataires du cadeau l’utiliseront volontiers !
  • Pour ne pas encourager la mendicité, ne donnez de l’argent qu’aux personnes avec lesquelles vous avez créé un lien personnel.
  • Pour aider une famille sans ressources, accompagnez-la au marché et faites les courses.

Au retour

Votre voyage au Myanmar ne s’achève pas avec le vol retour !

  • Alertez Lonely Planet et les voyageurs en utilisant le forum de discussion (www.lonelyplanet.fr) et en partageant tout conseil susceptible de faciliter un voyage responsable.
  • Mettez en ligne, sur un blog, des photos et des récits de votre voyage, mais veillez à ce que vos mots n’aient pas de conséquences négatives pour les personnes rencontrées sur place.
  • Écrivez à l’ambassade du Myanmar, dans votre pays, et aux responsables politiques de votre pays, afin d’exprimer votre point de vue sur la situation des droits de l’homme.
  • Prenez contact avec les organisations militant pour la démocratie.
  • Envoyez des courriels aux personnes avec lesquelles vous avez sympathisé au Myanmar. Faites-leur savoir qu’elles ne sont pas oubliées.

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