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Idées de voyage

Réalisé en partenariat avec :

Aomori : voyage dans le Japon des quatre éléments

Texte par

Rodolphe Bacquet

Mis à jour le : 30 mars 2020

Carte

S’il est un pays qui semble bien avoir été forgé par les quatre éléments, c’est le Japon. Et s’il est une région du Japon où ces quatre éléments ont laissé une trace particulièrement spectaculaire de leur puissance, c’est la préfecture d’Aomori.
 

Le feu de l’enfer d’Osorezan

C’est sur la lointaine péninsule de Shimokita que se trouve l’Osorezan, un volcan de 874 mètres, dont le nom vient du mot japonais signifiant « peur ». Car si ce volcan est éteint, il reste associé… au purgatoire et à l’enfer. Mais ne vous y trompez pas : le sanctuaire bouddhique érigé près du lac du cratère du volcan est l’un des trois plus grands sites sacrés du Japon, et ce depuis plus de 1000 ans.

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Sur les pentes de l’Osorezan, un volcan de 874 mètres, dont le nom vient du mot japonais signifiant « peur »

Le temple, érigé en l’honneur de Jizō Bostasu, divinité protectrice des enfants, est situé, dit-on, aux portes de l’enfer : un petit ruisseau qui se jette dans le très beau lac Usori (le lac de caldeira dont je vous parlais plus haut) est censé représenter la légendaire rivière Sanzu, que les âmes doivent traverser en chemin vers l’au-delà. Les nuées de corbeaux noirs et les torrents d’eau jaune sulfureuse participent à cette ambiance infernale de toute beauté.
 
La péninsule compte trois grandes villes : Mutsu (accès en ferry ou en train), Wakinosawa (accès en ferry) et Ōma (accessible en voiture ou bus), le point le plus au nord du « continent » japonais ; cependant attention : le site d’Osorezan n’est ouvert que de mai à octobre.

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Hotokegaura et ses falaises de 100 mètres de haut

L’eau et l’air, créateurs de paysages sur les côtes d’Hotokegaura et Tanesashi

Les côtes du Japon ont été sculptées par l’eau et le vent. Un vrai travail d’artiste… qui a ses chefs d’œuvre. C’est le cas d’Hotokegaura, situé à l’extrémité ouest de la péninsule de Shimokita, évoquée plus haut : son littoral est entrecoupé de falaises de 100 mètres de haut, faites de roches volcaniques érodées par 20 millions d’années de vents et de vagues sauvages, jusqu’à creuser d’étranges figures dans lesquelles d’aucuns reconnaissent des portraits du Bouddha (Hotokegaura signifie « plage où il y a Bouddha »).
Des bateaux effectuent un circuit deux fois par jour entre Wakinosawa et Hotokegaura d’avril à octobre.
 


Mais l’eau et le vent ne font pas qu’un patient travail d’orfèvre : le Japon ne connaît que trop cette rage des éléments, qu’elle a nommé tsunami. Et, précisément, le tsunami de 2011 a durement touché la côte de Sanriku. Cette côte, qui s’étend d’Aomori jusqu’à Iwate et Miyagi, est une magnifique étendue sauvage formée de rias (vallée fluviale envahie par la mer) et marquée par d’abruptes falaises rocheuses. En 2013, toute cette partie de la côte du Japon est devenue un vaste parc national pour favoriser sa reconstruction et célébrer sa beauté tourmentée. L’une des plus belles façons d’en profiter est d’effectuer la randonnée de plus de 5 kilomètres le long de la côte de Tanesashi (depuis la tour d’observation d’Ashigezaki). Cette randonnée, qui fait partie du grand chemin de randonnée long de 900 kilomètres baptisé « Sentier de randonnée côtier de la brise marine de Minichoku », vous réserve une surprise sur la plage d’Osukahama : le nakisuna, du sable qui « chante » lorsque l’on marche dessus !
 
Ne manquez pas la petite île de Kabushima, partie intégrante du Sanriku Fukkō National Park, site de nidification des goélands à queue noire. Ces oiseaux étant monogames, on y vient volontiers pour prier pour une bonne relation amoureuse !

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La côte de Tanesashi est certainement l'une des plus belles randonnées à faire au Japon

La terre porte ses fruits : le mont Shirakami, les érables de Nakano et le site de Sannai Maruyama

Et il y a la terre, naturellement, les fruits qu’elle donne… et ceux que l’Homme crée.  Je vous avais déjà parlé de Shirakami-Sanchi dans un précédent article, la plus grande forêt primaire de hêtre japonais au monde (et l’une des dernières). Elle abrite des espèces protégées, tels l’ours noir d’Asie et l’aigle royal.
 
Toutes ces merveilles sont juchées sur une chaîne de montagnes qui, à partir de Fukaura ou Ajigasawa, se prêtent à l’alpinisme, et plus généralement à des activités nature, comme la randonnée ou le rafting, près du village de Nishimeya.
 
Autre mont, autres arbres : le Mont Nakano est lui célèbre pour ses érables, dont quelque 100 espèces différentes ont été plantées durant l’ère Edo. La montagne et ses arbres offrent un spectacle renommé à l’automne, lorsque les feuilles prennent une couleur rouge vif.
 

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Le Mont Nakano est célèbre pour ses érables, particulièrement rougeoyants en automne

Ce spectacle est encore sublimé la nuit, l’été, grâce à des illuminations nocturnes.
 
Enfin, les Japonais ont très tôt travaillé la terre de leurs mains. En témoigne le fascinant site archéologique de Sannai-Maruyama, qui remonte à l’ère Jōmon (entre 15 000 et 2000 ans avant JC) : la période Jōmon (qui signifie « motif de corde ») a été nommée d'après les nombreuses céramiques présentant des motifs de corde qui ont été découvertes sur ce site archéologique, l'un des plus célèbres de l'ère Jōmon au Japon. Un grand nombre (à peu près 2 000 pièces) de poteries et de pierres, notamment des Dogu (des statuettes énigmatiques) en forme de femme ont été découverts lors de fouilles. Les reconstitutions de l’habitat de la période sont marquantes et donnent l’impression de côtoyer les racines de la civilisation japonaise
 
Le site de Sannai-Maruyama est situé à 5 km à l’ouest de la gare d’Aomori, et on peut s’y rendre en bus municipal.



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