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Idées de voyage

Alpes, art, aperitivo… 10 bonnes raisons de visiter le Piémont

Texte par

Donna Wheeler (traduit de l'anglais par Anna Alvarez)

Mis à jour le : 15 octobre 2018

Carte

Le Piémont est riche d’un patrimoine gastronomique exceptionnel. Cette région d’Italie du Nord vous réserve en effet une ribambelle enivrante de dégustations de vins, de truffes, de bœuf et de chocolat. Les palais et les entrepôts postindustriels de Turin, capitale régionale, accueillent des œuvres d’art d’avant-garde et des DJ mondialement réputés, tandis que les Alpes, avec leurs agréables stations de ski et leurs paisibles sentiers, ne sont qu’à une heure de route. Élégant et cultivé ; rustique, authentique et sauvage : le Piémont a tout pour plaire.

Les vignobles des Langhe

Qu’il s’agisse d’une promenade matinale dans les collines du Barbaresco, où courent les plants de nebbiolo, ou d’un itinéraire de quatre jours de village en village entre Alba et Barolo, la randonnée est un des meilleurs moyens de découvrir les paysages sublimes et de déguster les vins cotés des bucoliques Langhe. En marchant plusieurs jours durant, vous traverserez les noiseraies et les contreforts des Alpes, sauvages et boisés. Vous dormirez chez l’habitant à la ferme, dans les B&B des villages, ou bien dans de somptueux palazzos ou de petits complexes chics et modernes comme l’Arborina Relais. Des cartes de randonnées sont disponibles à l’office du tourisme d’Alba et dans l’Enoteca Regionale (coopérative viticole) de chaque village.

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Œuvres contemporaines au somptueux Castello di Rivoli

L’art contemporain mondialement réputé du château de Rivoli

Les salles immenses et couvertes de fresques du Castello di Rivoli forment un écrin à couper le souffle pour la collection et font pâlir d’envie les conservateurs de Milan, Rome et Venise. L’ancienne forteresse de la Maison de Savoie abrite quelques fabuleux échantillons d’Arte Povera authentiquement italiens et des œuvres plus subversives rattachées à différents mouvements du XXe siècle, comme la Trans-avant-garde, l’art minimal, le Body Art et le Land Art. L’œuvre des irrévérencieux Maurizio Cattelan et Francesco Vezzoli, artistes du cru, est bien représentée. L’extension en forme de cube blanc, plus traditionnelle, accueille les expositions temporaires. La dernière acquisition du Rivoli, la mythique collection Cerruti, sera en partie exposée au château. Certaines œuvres resteront in situ dans la villa du collectionneur solitaire, non loin du musée, notamment quantité d’œuvres de Chirico et plusieurs tableaux d’artistes italiens du XXe siècle comme Boccioni, Balla et Fontana, ainsi que d’importantes toiles de Renoir, Modigliani et Kandinsky, pour n’en citer que quelques-uns.

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Pesée d’une truffe blanche à la foire de la truffe d’Alba

La ruée vers la truffe d’Alba

Les chefs de renom, les gourmets enthousiastes et les restaurateurs raffinés, ainsi qu’une foule d’habitants amateurs de truffes, convergent le week-end d’octobre vers la ville d’Alba, d’ordinaire décontractée (mais toujours friande de bonne chère). Tous accourent vers la foire de la truffe − officiellement la Fiera Internazionale di Tartufo Bianco d’Alba − pour déguster ces pépites blanches musquées. Les nantis viennent de loin pour acheter aux enchères les plus grosses et les plus goûteuses lors des ventes hebdomadaires, mais les nombreux alimentari (épiceries) de la ville proposent des truffes plus petites et plus abordables ainsi que de l’huile, du miel, des pâtes et des sauces à la truffe. Les plats à base de truffe sont omniprésents dans les restaurants. Bordant la place pavée du Duomo, La Piola, élégante et sympathique, est une valeur sûre. À la saison des truffes, savourez leurs célèbres tajarin (tagliolini) au beurre et à la truffe blanche, en indiquant combien vous désirez qu’on vous en râpe (le prix est au poids : à vous de modérer vos envies !)

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Le sarcophage doré de Kha, un des trésors du Museo Egizio de Turin

Les momies du musée égyptien de Turin

Le Museo Egizio de Turin, plus important musée égyptologique après Le Caire, remonte à 1824 et à la naissance de l’archéologie moderne. Aujourd’hui, il s’agit plutôt d’un musée spectaculaire où les techniques d’interprétation actuelles sont mises au service d’une collection inestimable. Parmi ses trésors figurent une statue de Ramsès II, une de plus vastes collections de papyrus du monde (comprenant des textes érotiques vieux de plusieurs millénaires) et des objets funéraires et domestiques retrouvés dans la tombe de Kha, architecte royal, et de son épouse Mérit, datant de 1400 av. J.-C. Le masque funéraire de Mérit, fait de verre et de feuilles d’or appliqués sur le cartonnage du sarcophage, est peut-être le plus beau du monde.

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À l’assaut de la poudreuse à Sestrières

Les pentes enneigées de la Voie lactée

Sept stations se partagent les 400 km de pistes de la Via Lattea, un petit paradis alpin situé à une bonne heure de Turin. La station de Sauze d’Oulx est depuis longtemps prisée des Britanniques à l’heure de l’après-ski, des familles turinoises et des skieurs réguliers − surtout ceux de niveau intermédiaire déjà bien rodés. Préférez néanmoins Sestrières et Mota, réputées pour leurs pistes rouges et noires. Le Haut Val de Suse est également propice à l’héliski et au ski hors-piste (guidé). Les snowboardeurs apprécient aussi Sestrières, mais les équipements sont plus adaptés à Bardonnèche (les deux stations ne sont pas reliées). La ville de Suse, dans la vallée, n’est bien souvent qu’un point de ravitaillement pour les skieurs pressés de rejoindre leur station. Cette ancienne cité romaine autrefois importante mérite toutefois le détour pour son bel arc du Ier siècle av. J.-C., près du centre. Vous pouvez aussi faire une petite incursion en France : dans la station familiale de Montgenèvre, également intégrée au domaine skiable de la Via Lattea, la neige est toujours au rendez-vous.

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Le Caffè Torino, un classique à l’heure de l’apéritif

La scène nocturne diverse et unique de Turin

Rien d’étonnant à ce que le berceau du vermouth – vin fortifié à base de plantes aromatiques, inventé à Turin en 1786 – revendique la paternité de l’aperitivo. Quelle qu’en soit l’origine, la tradition de l’apéritif est suivie par des établissements divers et variés : buffet traditionnel dans les historiques Caffè San Carlo et Caffè Torino, festin huppé autour d’une table au mélancolique Bar Cavour, ou plats riches en sucres lents dans les bars estudiantins de San Salvario ou de la Piazza Filiberto. La scène gastronomique florissante de Turin, adepte du vin nature et des petites portions, incite à faire durer le plaisir, pour pouvoir goûter les recettes audacieuses du Gaudenzio ou du Banco vini e alimenti, servies dans des formats inédits mais fidèles à leurs racines. Après minuit, on migre vers les bars, les clubs et les salles de concert de Vanchiglia, Aurora, San Salvario, Dora et Lingotto, des quartiers industriels ou en grande partie résidentiels. C’est là que vous écouterez la meilleure dance music d’Italie, dont la moitié provient de Turin. Le festival Club to Club, organisé tous les ans en novembre au Lingotto Fiere, est un rendez-vous musical incontournable qui accueille des concerts New Wave italiens et internationaux.

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Une magnifique salle du palais royal de Venaria

Le palais royal de Venaria, somptueuse résidence de la Maison de Savoie

La Reggia di Venaria Reale, “simple” pavillon de chasse, fut construit pour le duc de Savoie Charles-Emmanuel II en 1675. Immense et ostentatoire, cette merveille baroque peut rivaliser avec Versailles en matière de faste royal, d’ambition architecturale et de proportions. Prévoyez de bonnes chaussures : le parcours de visite judicieusement nommé “Théâtre d’histoire et de magnificence” est un voyage audiovisuel de 2 km imaginé par Peter Greenaway et Brian Eno. Il retrace l’histoire millénaire de la maison de Savoie, au sein de leur ancienne résidence. Les vastes jardins du palais offrent un cadre merveilleux pour pique-niquer par beau temps. Sous un manteau de neige, il semble presque trop féérique.

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L’île Saint-Jules trône au milieu du lac d’Orta

Les eaux miroitantes du lac d’Orta

Cerné de forêt dense, le lac d’Orta est un véritable havre de paix, idéal pour une excursion. Plongez-y, naviguez sur ses eaux, randonnez dans les forêts d’épicéas et de châtaigniers qui l’entourent ou paressez simplement sur la rive. Dans la charmante ville médiévale d’Orta San Giulio, arpentez les rues pentues ou prenez un ferry pour la minuscule île Saint-Jules (Isola San Giulio) et enivrez-vous des odeurs d’encens qui flottent dans sa basilique du XIIe siècle. Et si la ville voisine de Stresa, au bord du lac Majeur, attire les admirateurs d’Hemingway ("L’adieu aux armes" se déroule en partie à Stresa), Orta a ses propres revendications littéraires : Nietzsche aurait peut-être embrassé Lou Andreas-Salomé au sommet du Mont sacré d’Orta, et Robert Browning composé ici le poème Au coin du feu (By the Fire-Side), un de ses plus tendres.

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Une vallée reculée du Parc naturel des Alpes maritimes

Les gorges sauvages et escarpées des Alpes Maritimes

Préparez-vous à ressentir un profond isolement au milieu de ces sommets mélancoliques et majestueux et de ces vallées à califourchon sur la frontière franco-italienne. De vieux chemins muletiers, des routes militaires et des sentiers de randonnées parcourent les vallées karstiques et les prairies, longeant les lacs d’altitude et les neiges éternelles. Le Parc naturel des Alpes Maritimes est riche d’une flore incroyablement variée, et les chances sont grandes d’apercevoir des bouquetins, des chamois, des moutons sauvages et de nombreux aigles et autres rapaces. Dans la vallée, les villages en pierre grise et en bois sombre ont commencé à se dépeupler dans les années 1960. L’historique Aisone (Ison) a su se réinventer pour devenir une station de ski de fond et la gardienne des traditions musicales occitanes.

Cuneo, paradis des gourmands

Il y a quelques siècles, un Piémontais malin eut l’idée géniale de mélanger des noisettes, abondantes dans la région, et du cacao, produit d’importation coûteux et assez rare. Ainsi naquit l’irrésistible gianduiotto, suivi du gianduja (pâte chocolatée tartinable) qui allait bientôt conquérir le monde entier sous le nom de Nutella. Le chocolat est depuis longtemps un enjeu économique dans la province de Cuneo, plus grande productrice d’Italie. Ce savoir-faire artisanal est encore présent dans la capitale provinciale, petite mais charmante, également nommée Cuneo (Coni en français). La ville offre un panorama spectaculaire sur les Alpes et compte d’excellentes grilladeries. Un festival des châtaignes s’y tient à l’automne et elle déborde d’un esprit progressiste et écologiste. Toutefois, personne ne vous en tiendra rigueur si vous avouez n’être venu que pour sa spécialité, les chocolats cuneesi al rhum, enivrantes truffes au chocolat noir aromatisées au rhum, encore fabriquées selon la recette d’origine dans la Pasticceria Arione, qui donne sur la piazza.


Guide de voyage

Lonely Planet : un guide de référence, à la fois pratique et culturel, pour découvrir l’Italie

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