Copenhague : Les Incontournables

Jardins de Tivoli

En plein centre-ville, la première destination touristique du Danemark offre un mélange attrayant de parterres floraux, de manèges, de beergarden et de restaurants. Selon votre humeur, vous serez soit séduit par l'architecture fantaisiste, les théâtres et les salles de concert, les lacs où l'on peut canoter, les feux d'artifice, les installations lumineuses spectaculaires et les manèges décoiffants (montagnes russes courtes mais terrifiantes), soit écœuré par cette manifestation excessive de kitsch. En été, il est conseillé de s'y rendre le vendredi, lorsque des groupes se produisent sur la scène en plein air. Parfois, des stars internationales (Sting, Brian Wilson,
 
ony Bennett) y jouent gratuitement ; venez tôt pour trouver une bonne place.
Tous les soirs, Tivoli ravit ses visiteurs avec un merveilleux spectacle de jets d'eau, de sons et lumière. Au début et à la fin de la saison estivale, et le 15 août (anniversaire de Tivoli), ses célèbres feux d'artifice illuminent le ciel nocturne. Voir sur www.tivoli.dk pour les horaires.

Rundetårn

Une rampe pavée en colimaçon, unique en son genre, grimpe jusqu'au sommet de cette « tour ronde » en brique rouge, haute de 34,8 m. En l'empruntant, vous marcherez sur les traces de Christian IV, célèbre roi danois de la Renaissance qui la fit ériger en 1642, et du cheval du tsar Pierre le Grand (une voiture y serait même montée en 1902). De là, la vue sur la ville n'a guère changé depuis l'ascension de Pierre en 1716 et c'est l'endroit idéal pour s'y repérer.
Christian avait fait construire la Rundetårn, rattachée à la Trinitatiskirke (église de la Trinité), pour servir d'observatoire au célèbre astronome Tycho Brahe. Aujourd'hui, elle reste une excellente plate-forme d'observation des étoiles et le plus ancien observatoire en fonctionnement d'Europe (ouvert au public toute l'année). Sur la façade extérieure, on peut voir une inscription commémorative. Tout en haut, dans une grille en fer forgé, les lettres RFP symbolisent la devise de Christian IV : Regna Firmat Pietas (« La piété fortifie les règnes »).
À mi-chemin de la rampe, une salle accueille des expositions temporaires d'art et d'architecture.

Christiania

Après 37 ans de résistance, la communauté alternative la plus célèbre d'Europe a fléchi : en septembre 2007, les anciens de Christiania ont ratifié un traité prévoyant la cession sur dix ans de leur territoire au gouvernement. Cet accord sonne le glas de la « commune libre » qui, derrière ses murs couverts de graffitis, est restée indépendante du Danemark, de l'UE et de la société de consommation pendant près de quarante ans.
Si ses jours sont comptés, ce village utopiste tout de bric et de broc reste l'une des expériences les plus extraordinaires de Copenhague. Il abrite une population hétéroclite de pionniers de la contre-culture bourrés de principes : artisans, écolos, vieux hippies et, il faut bien l'admettre, alcooliques et drogués.
En 1971, les squatteurs militants qui ont fondé la communauté en occupant des casernes désaffectées au cœur de Christiania auraient très bien pu être qualifiés de « marginaux ». Mais de nos jours, leurs idées autrefois radicales sur le recyclage, la nourriture bio, l'amour libre et les drogues sont reprises par une majorité. Quelle est donc la raison d'être de Christiania aujourd'hui ? À Copenhague, nombreux sont ceux qui veulent l'abolir, et les promoteurs lorgnent depuis longtemps sur cette enclave riveraine du canal, dans le quartier aisé de Christianshavn.
Si les avis divergent quant au bien-fondé de Christiania à notre époque, cette « ville libre » au parfum de marijuana conserve une ambiance unique, presque surréaliste, entre cirque désordonné, exposition architecturale improvisée et oasis urbaine. Passée la Pusher St, la sordide rue principale avec ses chiens errants et ses ivrognes intimidants, on se retrouve au milieu de casernes du XVIIIe siècle en ruine et d'un curieux ensemble de logements bricolés. Du wagon reconverti à la pyramide, ceux-ci se trouvent souvent au bord de l'eau et donnent sur les anciens remparts. Christiania possède plusieurs boutiques, ateliers d'artisans, cafés et restaurants, dont la jolie gargote végétarienne Morgenstedet. Le Loppen, légendaire salle de concerts, y est également installé. À voir tant qu'il en est encore temps. Pour plus d'informations sur Christiania et ses environs.

Louisiana

Le Louisiana (qui porte le nom de l'épouse de son fondateur) ne fait pas seulement partie des plus magnifiques musées de la région : il renferme aussi l'une des plus belles collections internationales d'art contemporain de Scandinavie. Il est situé entre forêts et collines verdoyantes, au bord du détroit d'Øresund, avec vue sur la Suède de l'autre côté.
Si le cadre est exceptionnel, les pièces exposées le sont tout autant, comme celles du mouvement CoBrA (« Copenhague, Bruxelles, Amsterdam », villes d'origine de ses membres). Parmi les œuvres les plus remarquables, citons celles de son chef de file, l'artiste danois Asger Jørn, et d'autres de grands noms comme Bacon, Warhol, Lichtenstein, Oldenburg, Rauschenberg, Rothko et Picasso. Le musée possède de nombreuses sculptures, de Miró, Calder, Moore et Max Ernst entre autres, dont beaucoup sont exposées dans les jardins. Une salle entière est consacrée à Giacometti et à de superbes œuvres allemandes des années 1970. Parfait pour une excursion d'une après-midi, le Louisiana plaira aussi aux enfants, qui y sont bien accueillis. Apportez un pique-nique ou optez pour les sandwichs et gâteaux maison de l'excellent café-restaurant.
Les expositions temporaires sur des artistes renommés attirent des foules de visiteurs.

Rosenborg Slot

Avec ses tours et ses douves, le château de Rosenborg semble sorti tout droit d'un conte de fées. À l'origine, ce bel édifice du début du XVIIe siècle, qui était situé à l'écart de la ville, faisait office de pavillon royal d'été. Au fil du temps, il est devenu un magnifique palais Renaissance. De nos jours, il abrite une partie de la superbe collection royale d'art et de mobilier et, au sous-sol, les joyaux de la Couronne. Christian IV, le « roi soleil » danois, en commença la transformation en 1606. Le bâtiment servit ensuite de résidence royale d'été jusqu'à ce que Frédéric IV fasse construire Fredensborg Slot, dans le centre du Sjælland, au début du XVIIIe siècle. Aujourd'hui, les 24 chambres du palais (restées telles qu'elles étaient aux différentes époques) contiennent des meubles et des portraits retraçant trois siècles d'histoire royale danoise jusqu'au XIXe siècle. Mais le principal point d'intérêt se trouve au sous-sol, là où sont conservés les joyaux de la Couronne : l'opulente couronne de Christian IV, l'épée incrustée de pierres précieuses de Christian III et nombre des diamants et émeraudes de l'actuelle reine Margrethe II. Le palais surplombe le Kongens Have (jardin du roi), un élégant parc de style formel apprécié pour les bains de soleil et les promenades en famille. Pour les heures d'ouverture.

Nationalmuseet

Les Danois sont extrêmement fiers de leur histoire, et à juste titre. À certaines époques, le Danemark dominait plus de la moitié de l'Europe du Nord, dont la quasi-totalité de la Scandinavie, l'Islande, certaines zones du nord de l'Allemagne et même quelques territoires au sud et à l'est de l'Angleterre. Les fondateurs de cet empire étaient les Vikings. Certes moins cruels et sanguinaires que l'Histoire ne les a dépeints, ils n'avaient pas leur pareil pour piller et violer, ce qu'ils firent jusqu'à une période avancée du XVIIe siècle. Moderne et intéressant, ce musée retrace cette épopée et d'autres. Il comprend des collections vikings et Renaissance particulièrement riches, des vestiges de l'âge de pierre, des pierres runiques, de magnifiques objets de l'âge du bronze (notamment des cors, dont certains vieux de plus de 3 000 ans produisent encore un son) ainsi que des pièces de l'Égypte, de la Rome et de la Grèce antiques. Vous trouverez également au rez-de-chaussée, un superbe musée pour enfants rempli de maquettes de châteaux et de costumes, un café et une boutique ; au 2e étage, un charmant musée du jouet présentant toutes sortes de maisons de poupées. Entrée gratuite.

Smørrebrød

Comme partout dans le monde occidental, sushis et sandwichs ont modifié les habitudes de consommation des Danois. Mais ces derniers gardent cependant un penchant très marqué pour leur traditionnelle tartine du déjeuner, le smørrebrød. Dans toute la ville, de petits restaurants de smørrebrød présentent en vitrine leurs savoureux produits à emporter.
Si les brochures touristiques citent souvent le restaurant Ida Davidsen (Store Kongensgade, près de Nyhavn) comme le doyen du genre, les Copenhaguois bien informés dirigent plutôt les visiteurs vers le Slotskælderen Hos Gitte Kik ou le Schønnemann. Ce dernier est l'adresse favorite à midi du chef René Redzepi, du Noma. On pourra y choisir parmi plus de 90 garnitures, dont le hareng mariné à l'aquavit et le saumon fumé avec radis râpé, ciboulette et jaune d'œuf. Pour une version plus contemporaine, essayez Aamanns Takeaway, où l'on peut choisir du fromage de Søvind nappé d'une confiture de fruits secs et de noix.

Nørrebro

Aujourd'hui, deux quartiers se disputent le titre de lieu le plus tendance de Copenhague : Vesterbro et Nørrebro. Bien que Vesterbro compte des magasins et des bars épatants – sans parler de l'excellent nightclub Vega –, Nørrebro le surpasse légèrement.
À la fois résidentiel et commerçant, ce quartier cosmopolite et densément peuplé a une vie nocturne animée. Il s'étend au nord du centre-ville, au-delà des beaux lacs peu profonds (aménagés au XVIIIe siècle pour faire barrière aux incendies). Nørrebro (« pont nord ») doit son nom au pont qui enjambe les lacs et qui débouche sur la principale artère commerçante du quartier. En chemin, celle-ci longe l'historique Assistans Kirkegård (cimetière où sont enterrés nombre d'artistes, écrivains, penseurs et hommes politiques danois) avant de continuer vers les faubourgs. Des deux côtés rayonnent des rues ravissantes telles que la Blågardsgade, avec ses terrasses et ses bars, et l'Elmegade, remplie de cafés et de boutiques de mode branchées. À l'ouest d'Assistens Kirkegård, la Jægersborggade attire de plus en plus de petites galeries, boutiques et cafés, notamment l'extraordinaire Coffee Collective. Cela dit, le cœur palpitant de Nørrebro demeure la Sankt Hans Torv, une place bordée de cafés située à deux pas de Rust (l'un des meilleurs night-clubs de la ville) et de l'excellent complexe indépendant Empire Cinema.

Design danois

Au Danemark, et notamment à Copenhague, le design est omniprésent. Bien sûr, les Italiens aiment les beaux canapés et les Français attachent beaucoup d'importance à la mode. Mais au Danemark, le design est une véritable obsession. Dès qu'il touche la moindre fourchette, tout bon Danois se demande qui l'a dessinée et donne une note sur dix à sa forme et à sa fonctionnalité. Chaque maison danoise a sa chaîne Bang & Olufsen dans le salon, ses lampes Poul Henningsen au plafond, ses chaises Arne Jacobsen (ou du moins des copies) dans la salle à manger et sa verrerie Bodum dans la cuisine. Cette manie nationale est célébrée au Dansk Design Center, situé H. C. Andersens Boulevard, en face de Tivoli. Pour prouver que les Danois ne sont pas chauvins, le centre consacre habituellement le rez-de-chaussée aux œuvres de designers internationaux, réservant le sous-sol aux classiques danois.

Festivals de musique

Coïncidence trop rare du calendrier, deux des plus célèbres festivals de musique d'Europe ont lieu chaque année début juillet à Copenhague et dans ses environs.
Principal événement rock d'Europe continentale, le Festival de Roskilde attire plus de 70 000 spectateurs. Connu pour son ambiance sympathique et décontractée, il se déroule dans des champs, à un quart d'heure à pied du centre-ville de Roskilde. Certaines des plus grandes vedettes mondiales du rock et de la pop s'y produisent sur plusieurs scènes en plein air. L'édition 2010, par exemple, a reçu, entre autres, The Prodigy, Alice in Chains et Them Crooked Vultures. Mais ce festival fait aussi la part belle aux artistes moins connus et plus marginaux, sans compter qu'il n'a pas son pareil pour découvrir de nouvelles tendances musicales en Scandinavie.
En 1971, 10 000 personnes avaient assisté au premier festival. Aujourd'hui, plus de 150 concerts rock, techno, trance, world-music et jazz y ont lieu, auxquels se sont rajoutées ces dernières années des représentations classiques. Vous pouvez acheter des tentes à votre arrivée (2 295–2 795 DKK en 2011, accès au festival compris). Comme toujours dans ce genre de manifestation, le vaste terrain de camping est des plus rudimentaires. Pour obtenir les meilleures places, prévoyez d'arriver le mercredi précédant le principal week-end.
Au même moment, à Copenhague, le Festival de jazz est le clou du programme des divertissements de l'année : dix jours de musique débutant le premier vendredi de juillet. Cet événement insuffle une formidable énergie à la ville. Une exaltation palpable flotte dans l'air, alors que la musique live envahit les rues, les bords des canaux et des lieux divers. Plus de 1 000 concerts ont ainsi lieu partout, dans le moindre espace disponible. En fait, la ville elle-même devient une gigantesque scène. Depuis sa première édition en 1978, ce festival est devenu l'une des principales manifestations de jazz d'Europe. Des musiciens aussi renommés que Dizzy Gillespie, Miles Davis, Sonny Rollins, Oscar Peterson, Ray Charles et Wynton Marsalis s'y sont produits. Tony Bennett, Herbie Hancock et Keith Jarrett sont des habitués, de même que les Danois Cecilie Norby et David Sanborn. Le programme paraît généralement en mai.
Pour une sélection des meilleures salles de jazz de la ville.

Statens Museum for Kunst

La Galerie nationale du Danemark est divisée en deux parties : l'édifice d'origine de la fin du XIXe siècle et la spectaculaire annexe en verre et béton de l'architecte Anna Mario Indrio. Les deux bâtiments abritent six siècles de beaux-arts, du Moyen Âge avec ses thèmes religieux stylisés à la Renaissance. On y verra aussi de nombreuses œuvres d'artistes néerlandais et flamands, dont Rubens, Breughel, Rembrandt et Frans Hals. Comme on peut s'y attendre, le musée possède aussi la plus belle collection au monde d'art danois du XIXe siècle, avec notamment les chefs de file de l'âge d'or (Eckersberg, Købke, Krøyer, J. T. Lundbye, Vilhelm Hammershøi, L. A. Ring et Michael Ancher). Les amateurs d'art moderne ne seront pas déçus non plus. Des artistes comme Per Kirkeby, Richard Mortensen et Asger Jørn sont exposés, ainsi que des maîtres étrangers tels que Matisse (le musée possède 25 de ses œuvres), Picasso et Braque, sans oublier la nouvelle génération d'artistes. Au rez-de-chaussée de la nouvelle aile, une section pour les enfants offre quantité d'activités interactives. Le café-restaurant comblera les petits creux.

 

Mis à jour le : 6 mai 2015

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