Buenos Aires : Histoire

Puerto Nuestra Señora Santa María del Buen Aire, la future Buenos Aires, fut fondée en 1536 par Pedro de Mendoza y Luján, aristocrate et aventurier espagnol arrivé à la tête d’une expédition financée sur ses propres deniers. La pénurie de vivres et les attaques des Amérindiens précipitèrent son départ en 1537, et Mendoza mourut en mer sur le chemin du retour. D’autres membres de l’expédition quittèrent la colonie, remontèrent le fleuve sur 1 600 km et fondèrent Asunción, l’actuelle capitale du Paraguay. En 1580, un nouveau groupe de colons, sous le commandement de Juan de Garay (1528- 1583), descendit le fleuve depuis Asunción pour repeupler l’avant-poste abandonné de Mendoza, qui resta une localité secondaire. Durant les deux siècles suivants, les restrictions commerciales imposées par l’Espagne firent de Buenos Aires (le nouveau nom de la ville) un haut lieu des contrebandiers. Sa population avait atteint 20 000 habitants quand, en 1776, l’Espagne la déclara capitale de l’immense vice-royauté du Río de la Plata ; elle acquit alors une importance soudaine. Après avoir repoussé des invasions britanniques en 1806 et 1807, les colons constatèrent qu’ils pouvaient se défendre sans l’aide de l’Espagne. La conquête de cette dernière par Napoléon en 1808 amena le cabildo (conseil municipal) de Buenos Aires à couper les liens avec la mère patrie en mai 1810. S’ensuivirent des décennies de luttes de pouvoir entre la ville et les autres provinces de l’ancienne vice-royauté, qui dégénérèrent plus d’une fois en guerre civile. Finalement, la cité fut déclarée territoire fédéral de Buenos Aires – les Argentins l’appellent Capital federal –, entité séparée de la province du même nom, et capitale du pays en 1880. Buenos Aires comptait alors près de 500 000 habitants – sa population grossit avec l’arrivée régulière d’immigrants, principalement espagnols et italiens. Entre 1880 et 1914, l’essor des exportations agricoles généra des fortunes. Des Porteños (habitants de Buenos Aires, Portègnes en français) construisirent d’opulentes demeures à la française, tandis que des millions d’immigrants continuaient d’arriver d’Europe et que la municipalité investissait massivement dans de vastes travaux publics – parcs, bâtiments administratifs, métro. La majeure partie de Buenos Aires date de cette époque. Mais cette ère de prospérité ne dura pas. Le krach de 1929 porta un coup fatal aux marchés argentins et fut bientôt suivi du premier des nombreux coups d’État militaires que connut le pays. Ce fut la fin de l’âge d’or de l’Argentine.
La pauvreté, le chômage et le délabrement des infrastructures devinrent des problèmes récurrents. Des bidonvilles surgirent, les problèmes sociaux s’aggravèrent et la cité ne parvint plus à absorber une population croissante. Son histoire récente a été lourdement marquée par des régimes dictatoriaux et une économie en dents de scie. Pour autant, l’Argentine continue de rebondir. Aujourd’hui, Buenos Aires, dont l’agglomération accueille un tiers de la population argentine, est une ville enjouée et dynamique, dont les habitants font preuve d’une admirable capacité d’adaptation et de résilience.

Mis à jour le : 26 mars 2019

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