1. Accueil
  2. Magazine
  3. Idées de voyage
  4. 10 villes où les révoltes ont grondé
Idées de voyage

10 villes où les révoltes ont grondé

Mis à jour le : 10 février 2017

Carte

Âmes révolutionnaires, suivez la trace de ceux qui font changer le monde – ou y contribuent.
 

1. Via Appia, Rome (Italie)

Sur les traces de Spartacus, vous trouverez la Via Appia, l'une des routes les plus anciennes au monde, et première voie romaine pavée, appelée « Reine des voies » par les Romains, dont on trouve encore de beaux vestiges. Elle fut le témoin de la sanglante répression contre les esclaves en rébellion ; 6 000 d'entre eux furent crucifiés le long de cette voie à l'issue de la dernière bataille dont la victoire fut pour Crassus, en 71 av. J.-C. Visitez également les catacombes ; les souterrains furent utilisés comme lieux de sépulture par les premiers chrétiens.
Plusieurs bus desservent la Via Appia : le n°218, depuis la Piazza San Giovanni in Latereno ; le n°660 de la station Colli Albani sur la ligne 1 du métro ; le n°118 de la station Piramide sur la ligne B.


 
 

2. Mur de Berlin (Allemagne)

La chute du mur fut aussi inattendue que son édification. Le 4 novembre 1989, au moins 500 000 Allemands de l'Est se rassemblèrent sur l'Alexanderplatz pour exiger des réformes. Quelque chose était sur le point de lâcher. Le 9 novembre, les restrictions aux déplacements vers l'Ouest étaient levées. Des scènes de liesse indescriptibles et des files interminables de Trabant signèrent les retrouvailles des deux parties de Berlin. La démolition du Mur fut entreprise presque immédiatement ; on en retient notamment la prestation du violoncelliste Rostropovitch au pied du mur, non loin de Checkpoint Charlie, le 11 novembre.
Des pans du mur sont visibles sur l'Alexanderplatz ; visitez aussi le musée du Mur, près de Checkpoint Charlie (Friedrichstrasse 43–45), et le mémorial du mur de Berlin (Bernauer Strasse).
 
 
 

3. Escalier du Potemkine, Odessa (Ukraine)

Vous ne verrez certainement pas de landau dévaler ses 192 marches (espérons-le !), mais devant cet escalier monumental, comment ne pas penser à cette scène célèbre du massacre des civils dans Le Cuirassé Potemkine (1925) ? À vrai dire, la bataille eut plutôt lieu dans les rues proches. La mutinerie des marins (1905), qui eut pour cause de la nourriture avariée, se transforma en révolution, et nombre d'habitants, venus sur les berges soutenir les marins, furent tués par les troupes tsaristes.
Si vous n'avez pas le courage de monter toutes ces marches, prenez le funiculaire (gratuit) qui longe l'escalier (8h–23h).


 
 

4. Place Tahrir, Le Caire (Égypte)

Midan Tahrir, ou la « place de la Libération », est un pivot du Caire moderne, devenu le symbole de la révolution égyptienne de janvier 2011. Grand rond-point et axe de circulation important, plusieurs grandes artères de la ville y convergent. Après la réussite de la révolution tunisienne, divers mouvements appellent à manifester en Égypte et la place Tahrir est occupée durant 18 jours, jusqu'au départ du président Hosni Moubarak. La place fut à nouveau au cœur du mouvement de contestation qui conduisit à la destitution de Mohammed Morsi en juillet 2013.
Visitez le célèbre Musée égyptien, sur la place (comptez deux jours), et vous aurez eu un bon aperçu ce qui fait la fierté passée et présente des Égyptiens.


 
 

5. Place de mai, Buenos Aires (Argentine)

Symbole de la révolution de mai 1811 et de l'indépendance de l'Argentine face à l'Espagne, cette place est le lieu d'une révolte inébranlable, tous les jeudis après-midi depuis trente ans. La Plaza de Mayo, qui abrite la célèbre Casa Rosada, siège du gouvernement, voit défiler les Mères de la Place de Mai, qui réclament la vérité sur les desaparecidos, leurs enfants disparus durant la dictature militaire entre 1976 et 1983. Malgré le régime républicain actuel, elles continuent les rondes, couvertes d'un foulard blanc (symboliquement un lange, pour commémorer la disparition de leur enfant). On estime que 30 000 jeunes adultes et adolescents ont disparu sans que les corps aient été retrouvés, et que 500 enfants ont été volés (ce qui constitue le combat des Grands-Mères de la Place de Mai).
Pour qui est intéressé par le mouvement, une visite à la librairie-café littéraire Osvaldo Bayer, tenue par les Mères, est incontournable (sur la place du Congrès).
 
 

6. Place Venceslas, Prague (République Tchèque)

Les années 1960 en Tchécoslovaquie furent marquées par une libéralisation de la politique et de grandes réformes menées par le dirigeant Alexander Dubček, ce qui n'était pas du goût de l'URSS. Le « Printemps de Prague » fut réprimé par l'invasion des forces soviétiques du Pacte de Varsovie, dans la nuit du 20 au 21 août 1968, avec l'aide de la police secrète tchécoslovaque. À la fin de la première journée, on dénombrait déjà 58 morts. L'essentiel des combats se déroula en haut de la place Venceslas : la façade du Musée national porte encore des impacts de balles. À gauche de la fontaine se trouve un mémorial en forme de croix désignant l'emplacement où l'étudiant Jan Palach est tombé, après s'être immolé par le feu pour protester contre l'invasion des troupes soviétiques, le 16 janvier 1969.
Autour de la place se situent plusieurs immeubles Art nouveau, dont le beau Grand Hotel Europa.


 
 

7. Place de la Bastille, Paris (France)

Il ne reste rien (ou presque) de l'ancienne prison assiégée le 14 juillet 1789, mais il faut voir cette place dominée par la colonne de Juillet en bronze de 52 m de hauteur. Coiffée d'une sculpture d'Auguste Dumont, Le Génie de la liberté, elle est dédiée à une autre révolution : les « Trois Glorieuses » de juillet 1830. Des révolutionnaires (de 1830) reposent sous la colonne. Ce rond-point, empreint de l'âme révolutionnaire de Paris, est une destination incontournable pour les manifestations. La place abrite aujourd'hui l'Opéra-Bastille, une autre forteresse architecturale, inaugurée le 13 juillet 1989 pour le bicentenaire de la prise de la Bastille.
Partez à la recherche des traces de la Bastille : le contour pavé de la forteresse est reconstitué sur la place ; des vestiges des murs ont été déplacés sur le boulevard Henri IV ; enfin, la station de métro Bastille laisse voir des fondations, sur un quai de la ligne 5 (direction Bobigny).


 
 

8. Place de la Révolution, La Havane (Cuba)

Hasta la Victoria Siempre (« Toujours vers la victoire ») sont les mots qui dominent cette grande place de La Havane, où siège le gouvernenment cubain. Sur un mur du Ministerio del Interior, ils accompagnent une énorme fresque reproduisant la célèbre photo de Che Guevara prise par Alberto Korda en 1960. De véritable révolution sur la place, il n'y eut point ; mais elle est le symbole de la révolution cubaine, qui n'est pas seulement un événement historique, mais aussi un processus politique. D'un style très communiste, ornée d'un mémorial à José Martí, la place est immense et peut accueillir des centaines de milliers de Cubains ; c'est le lieu des rassemblements politiques et Fidel Castro y fit bon nombre de ses « discours fleuves » (avec un record de durée de 7 heures !).
Si vous êtes à La Havane un 1er mai, assistez au rassemblement des Cubains sur la place ; depuis cinquante ans que dure la révolution, c'est la tradition.


 
 

9. Freedom Trail, Boston, Massachusetts (États-Unis)

Le « Chemin de la liberté » est un parcours pédestre dans la ville, traversant 16 sites où se déroulèrent les événements importants de la guerre de l'Indépendance américaine. Balisé sur les trottoirs par une ligne rouge, il débute dans le grand parc Boston Common et s'achève au monument de Bunker Hill (qui commémore une bataille sanglante). Conçu de façon chronologique, il se faufile sur 4 km à travers plusieurs quartiers et est un excellent fil conducteur pour visiter Boston et découvrir un (grand) bout d'histoire américaine. On va ainsi de la Old State House, site du massacre de Boston, à la Old North Church, où le sacristain accrocha deux lanternes pour prévenir de l'avancée anglaise, en passant par le vieux marché de Faneuil Hall, devenu le lieu historique de la révolte des colons contre l'Angleterre.
Dans le quartier de Beacon Hill, empruntez aussi le Black Heritage Trail (2,5 km), pour en apprendre davantage sur le mouvement abolitionniste et la communauté afro-américaine.


 
 

10. Place Tian An men, Beijing (Chine)

En avril 1989, des centaines de milliers d'étudiants, bientôt rejoints par des ouvriers, se rassemblent sur cette place, la plus grande du monde, pour lancer un appel en faveur d'une réforme de la direction du Parti communiste chinois. Dans la nuit du 3 au 4 juin, le Parti passe à l'offensive en envoyant des chars et des véhicules blindés pour mater cette rébellion populaire pacifique. Le nombre de victimes ne fut jamais confirmé officiellement, mais atteignit certainement un millier de morts. Des centaines de personnes liées au mouvement furent arrêtées, emprisonnées ou contraintes à fuir en Occident. Aujourd'hui, la place est le symbole d'un élan démocratique brisé.
En entrant par la porte du Devant, au sud, on passe devant le mausolée du président Mao, puis on parvient à la porte de la Paix céleste, qui donne sur la Cité interdite, au nord.


Paramètres des cookies