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Itinéraires

Road trip en Corse : 10 jours dans le sud de l'île de Beauté

Mis à jour le : 24 juin 2020

Carte

 Entre villes côtières animées, routes forestières paisibles, pics acérés et falaises érodées par la mer, cet itinéraire englobe les plus beaux sites de la Corse du Sud. Au départ d’Ajaccio, ces dix jours (et donc 9 étapes) de périple passent des plus belles routes du littoral aux plus spectaculaires cols de montagne de la Corse du Sud, en offrant au voyageur tout un éventail de plaisirs : randonnées en sous-bois, plages au sable doré, baignades dans des rivières ou exploration de sites préhistoriques parmi les plus extraordinaires de France.  Les occasions de se dégourdir les jambes ne manquent pas !
 

Etape 1 : Ajaccio

Berceau de Napoléon Bonaparte et première ville de l’île de Beauté, Ajaccio séduit par ses majestueuses bâtisses, ses hauts palmiers et la superbe collection de peintures du palais Fesch – musée des Beaux-Arts. Faites ensuite une randonnée de 12 km vers la pointe de la Parata, à l’ouest, pour contempler les îles Sanguinaires qui virent au rouge cramoisi sous les rayons du couchant. Puis, allez savourer un verre en terrasse sur le front  de mer branché du port Tino Rossi.

La route » Du port d’Ajaccio, prenez la N193 et bifurquez sur la T40 en direction de Bonifacio à un grand rond-point. Après 12 km, prenez sur la droite la D302, en direction de Pila Canale (un panneau marron indique “Filitosa”) et attendez-vous à une vue grandiose sur Ajaccio en contrebas quand la route monte. Au col de Bellevalle, prenez à droite la D255 puis suivez une succession de petites routes (D55, D355, D757 et D57) qui serpentent jusqu’à Filitosa.

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La pointe de la Parata, idéale pour contempler les îles Sanguinaires

Etape 2 : Filitosa

Rien n’évoque mieux les grandes civilisations qui régnèrent en Corse avant notre ère que le site archéologique de Filitosa, dont les vestiges sont disséminés au milieu d’oliviers, de pins et d’un odorant maquis,  où paissent des moutons. Une statue-menhir, à la tête rectangulaire, est armée d’une épée et d’un poignard. Une autre possède un visage considéré comme un chef-d’œuvre de l’art mégalithique. Cinq autres statues dessinent un arc de cercle autour d’un olivier millénaire. Des abris rocheux attestent de l’occupation du site dès le Ve millénaire av. J.-C. Monuments “torréens” (en forme de tour), sans doute à caractère religieux, et autres mégalithes témoignent de l’importance du site de la seconde moitié du IIe millénaire jusque vers 700 av. J.-C. Mais le mystère plane toujours autour de la signification des statues-menhirs...
La route » Retournez sur  la D57 puis redescendez vers  le sud et la mer par la D157 pour rejoindre la T40 en direction du sud, juste au nord de Propriano. Comptez environ 40 minutes jusqu’à Sartène (30 km).

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Le site archéologique de Filitosa

Etape 3 : Sartène

Cette sombre cité aux maisons de granit, aux ruelles escarpées, aux passages voûtés, qui, au XIXe siècle, fut le théâtre de sanglantes vendettas, évoque bien la rudesse  de la Corse rurale. Il faut voir ce bastion de la “corsitude” le Vendredi saint, jour de la procession du Catenacciu, une tradition qui remonte au Moyen Âge. Dissimulé sous un habit rouge, le Catenacciu (“l’enchaîné”) parcourt la ville, pieds nus, portant une lourde croix de bois, des chaînes attachées aux chevilles, en réinterprétant la montée au calvaire du Christ. Le reste de l’année, croix et chaînes (17 kg) sont visibles dans l’église Sainte-Marie (pl. Porta). Ne quittez pas Sartène sans un arrêt à La Cave Sartenaise pour remplir votre panier de fromage, de saucisson, de miel et de vin. 
La route » De Sartène,  la T40 vous conduit facilement en une heure jusqu’à Bonifacio. Sur le dernier tronçon, vous profiterez de la vue sur la mer et serez peut-être tenté par un petit plongeon.

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Vue sur Sartène

Etape 4 : Bonifacio

Avec son port niché au fond d’un goulet, enserré entre de hautes falaises de calcaire blanc érodées par la mer et le vent, avec sa citadelle juchée sur ces falaises dominant de près de 70 m les eaux bleu turquoise des bouches de Bonifacio, cette ville aux accents italiens possède une beauté fatale. Les maisons blanchies au soleil avec le linge qui pend aux fenêtres, les chapelles obscures et les ruelles pentues font de la ville haute un bijou. Au port s’alignent les bateaux de promenade qui proposent des croisières vers les îles Lavezzi ou un cabotage d’une heure le long de la côte enchanteresse.
Garez-vous au port pour gravir à pied la montée du Rastello et la montée Saint-Roch jusqu’à la porte de la citadelle, dont le pontlevis date du XVIe siècle. À sa droite, le bastion  de l’Étendard, bâti au XIIIe siècle et reconstruit au XVIe siècle, renferme un musée sur l’histoire de la ville. Suivez les remparts jusqu’à la place du Marché et  à celle de la Manichella pour contempler la  vue grandiose sur les bouches de Bonifacio. Puis descendez l’escalier du Roy d’Aragon, qui va de la citadelle au niveau  des flots, une soixantaine de mètres plus bas.  La légende raconte que ces 187 marches ont été creusées en une seule nuit par les troupes du roi d’Aragon au cours du siège de 1420. En réalité, elles mènent à une source, dans une grotte du rivage.
La route » Depuis le port, prenez vers la T10 vers le nord en direction de Porto-Vecchio. Comptez environ 45 minutes pour couvrir les 35 km de Bonifacio à l’embranchement vers la plage de Palombaggia (indiqué à la hauteur d’un vaste rond-point au sud de la ville).

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Coucher de soleil sur Bonifacio

Etape 5 : la plage de Palombaggia

Si vous rêvez de plage idyllique, ne ratez pas l’immense plage de Palombaggia, vedette du littoral corse : une immense bande de sable bordée de pins et ourlée d’eaux turquoise en face de la réserve naturelle des îles Cerbicale. Vers le sud, elle se prolonge par la plage de la Folacca, autre ruban de sable fin baigné par des eaux peu profondes. Irrésistible !
La route » Suivez dans le sens inverse des aiguilles d’une montre la route de Palombaggia, qui fait le tour de la péninsule, avant de rejoindre la circulation sur la T10. Comptez une heure pour savourer ce périple à un rythme tranquille.

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Plage de Palombaggia

Etape 6 : Porto-Vecchio

Jouant sans complexe de ses attraits et de son côté mode, Porto-Vecchio affiche un air de Saint-Tropez corse qui lui vaut d’attirer une clientèle de célébrités. Ses petites rues, bordées de restaurants en terrasse et de boutiques de créateurs, ne manquent pas de charme, d’autant qu’elles sont couronnées par les ruines d’une citadelle génoise très photogénique. Petite cité tranquille le jour, Porto-Vecchio devient le soir en saison la ville la plus festive de l’île. Cafés et bars prolifèrent place de la République et le long du front de mer. En lisière sud de la ville, le Via Notte, où presque tous les soirs d’été des DJ font danser quelque 5 000 fêtards, bat un record d’ambiance. C’est l’un des plus fameux clubs de la Méditerranée.
La route » Quittez Porto-Vecchio par la D368, qui serpente à travers la forêt de l’Ospédale (superbes randonnées et lieux de piquenique) jusqu’au hameau de l’Ospédale (800 m), à 18 km  au nord-est. Continuez sur  la même route, aux virages de plus en plus serrés jusqu’à Zonza, 20 km plus loin. En tout, comptez une bonne heure de trajet.

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Port de Porto-Vecchio

Etape 7 : Zonza

Après une bonne dose de mer sublime, vous aurez peut-être envie de passer 2-3 jours à explorer la région sauvage et montagneuse de l’Alta Rocca, à mille lieues du clinquant de  la côte. Au sud de l’épine dorsale montagneuse de l’île, c’est une région couverte de denses forêts, à feuilles persistantes et caduques, ponctuée de villages de granit perchés sur des crêtes rocheuses. De tous ces bourgs, le plus spectaculaire, Zonza, a pour toile de fond les aiguilles de Bavella, des pointes de granit acérées culminant à près de 1 600 m. La randonnée au cœur des forêts constitue la grande activité.
La route » Comptez jusqu’à 20 minutes pour grimper de Zonza au col de Bavella (1 218 m), 9 km au nord, par  la superbe D268 en lacets.

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Les montagnes de Bavella et le village de Zonza

Etape 8 : le Col de Bavella

Les innombrables lacets et à-pics en chemin ne suffiront pas à vous préparer à la vision qui vous attend en haut du col de Bavella (1 218 m). Surplombé par les aiguilles de Bavella, dont la couleur vire de l’ocre au doré, au cramoisi ou au pourpre selon l’heure du jour et le temps qu’il fait, c’est l’un des sites les plus spectaculaires de l’île. Après une randonnée, longue ou courte (il y a l’embarras du choix),  vous vous régalerez d’un cabri rôti ou d’un civet  de sanglier à l’Auberge  du Col de Bavella. Si vous voulez y passer la nuit, son gîte d’étape GR®20 propose des lits  en dortoir (47 €/personne en demi-pension).
La route » La D268 décrit d’interminables virages en épingle à cheveux bordés d’àpics pour descendre du col de Bavella jusqu’à celui de Larone (à 13 km vers le nord-est), puis continuer vers le nord à travers les montagnes jusqu’au littoral. Comptez une heure pour l’ensemble du trajet (30 km).

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Piscines de roche de la rivière Solenzara

Etape 9 : Solenzara

Cette station balnéaire compense son absence  de charme par de longues plages de sable et par la beauté de la route pour y accéder. Étroite et escarpée, cette dernière offre des vues à couper le souffle sur la Méditerranée. Elle traverse la dense forêt de pins de Bavella, puis franchit le col de Larone (608 m) pour longer le cours de la Solenzara. Quand la tension de la conduite devient trop forte, faites une halte pour vous baigner dans les eaux cristallines de la rivière – il y a de nombreuses vasques et des lieux de pique-nique.
 

Pour résumer :

260 km à parcourir en 10 jours
Le meilleur moment pour y aller ? Le printemps ou la fin de l’été pour profiter de la plage sans la foule.
La photo souvenir à garder : les falaises de Bonifacio depuis un bateau.
La rando de rêve : le col de Bavella est séduisant, mais que dire de l’escalier du Roi à Bonifacio…



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