1. Accueil
  2. Magazine
  3. Idées de voyage
  4. Les spectacles bluffants de la nature
Idées de voyage

Les spectacles bluffants de la nature

Mis à jour le : 6 décembre 2016

Carte

Si la nature est impressionnante, il arrive qu'elle crée des spectacles proprement sensationnels. Approchez, Mesdames et Messieurs !

1. Éclair du Catatumbo (Venezuela)

À l’embouchure du Río Catatumbo, sur le lac de Maracaibo, il n’est pas rare que des éclairs incessants illuminent le ciel, sans le moindre grondement de tonnerre. Baptisé l’Éclair du Catatumbo, cet orage silencieux, unique en son genre, est parfois si puissant et si constant (150 à 200 éclairs par minute) qu’il éclaire les nuits comme en plein jour. Le phénomène est aussi le premier générateur d’ozone de la planète. Plusieurs hypothèses sont avancées pour l’expliquer, mais la plus vraisemblable est celle selon laquelle la rencontre entre les vents froids venus des Andes et l’air humide et chaud du lac produit une ionisation des molécules d’air.
Ces orages illuminent en moyenne 150 nuits par an et sont à leur apogée lorsque le taux d’humidité est élevé.


Pitch Lake, Shriram Rajagopalan

2. Pitch Lake (Trinité-et-Tobago)

Longtemps vu comme un châtiment divin, ce lac bouillonnant d’asphalte (pitch) est sans doute la plus grande curiosité naturelle de l’île de Trinité. Les amateurs d’ornithologie l’apprécieront aussi pour les espèces d’oiseaux qu’il attire. Ce réservoir de 40 hectares est profond de 90 m en son centre, où du  bitume chaud émerge en permanence d’une faille souterraine. Il existe seulement trois lacs d’asphalte dans le monde, et celui-ci renferme la principale réserve mondiale de bitume naturel, avec 300 tonnes extraites chaque jour. Sa surface étrange évoque un court de tennis en terre battue couvert d’une sorte de peau d’éléphant ridée. À la saison des pluies, un bain sulfureux dans l’un des bassins naturels s’impose.
Le lac se trouve à 22 km de San Fernando, près de la ville de La Brea ; des  visites guidées sont proposées.


Glacier, Eli Duke

3. Glacier Lambert (Antarctique)

En ces temps de dramatique fonte des glaces, le glacier Lambert fait chaud au coeur. Le plus long glacier du monde draine environ 8% de la calotte polaire antarctique et mesure 400 km de long sur 200 km de large à l’endroit où il rejoint la barrière de glace d’Amery. Cette dernière, alimentée par l’expansion maritime du glacier, offre l’un des spectacles les plus beaux et les plus rares de la nature : des icebergs vert bouteille, dont la couleur s’explique par la forte teneur en matières organiques de la glace.
Le voyage est long et cher pour rejoindre ces contrées très isolées de l’Antarctique : un seul navire de tourisme (ou deux, exceptionnellement) s’y rend chaque année.

4. Lacs Don Juan et Vanda (Antarctique)

Les vallées sèches de l’Antarctique, vastes étendues désolées de 3 000 km² sans neige ni glace, sont un site exceptionnel : là, des algues, des bactéries et des champignons, certains probablement vieux de 200 000 ans, poussent dans la roche. La rivière Onyx s’écoule depuis la côte vers l’intérieur des terres, et
le fond du lac Vanda présente une température de 25°C. Quant au lac Don Juan, profond de seulement 10 cm, il détient le record mondial de salinité (14 fois plus salé que la mer), si bien que malgré sa faible profondeur, il ne gèle jamais, même lorsqu’il fait - 55°C.
La station Vanda, au bord du lac et à 14 km à l’est du lac Don Juan, est l’unique lieu ayant été habité, par des scientifiques ; elle a fermé en 1995.


Land Hermit Crab, Vanessa Pike-Russell

5. Crabes de terre (Australie)

Pour vivre heureux, vivons cachés : telle semble être la philosophie des gros  crabes de terre rouges de l’île Christmas. Ils aiment l’habitat ombragé des forêts qui recouvrent une grande partie de cette île australienne – enfin, la plupart du temps. Car quand débute la saison des pluies vers octobre-novembre, subitement, ils sont plus de 100 millions à se ruer hors des forêts, descendant les falaises et traversant les routes au péril de leur vie. Tout cela pour que les femelles puissent pondre leurs oeufs dans l’océan Indien au moment précis où la marée remonte lors du dernier quartier de lune.
Les horaires sont irréguliers, mais des vols desservent l’île Christmas depuis Perth (www.virginblue.com.au) et Kuala Lumpur (www.malaysiaairlines.com).


Mont Saint-Michel, Luud de Brouwer

6. Marées du Mont-Saint-Michel (France)

Classés au patrimoine mondial de l’humanité, le Mont-Saint-Michel et sa baie sont un spectacle extraordinaire. Célèbre pour son abbaye, le site l’est aussi pour ses impressionnantes marées, qui figurent parmi les plus grandes au  monde, pouvant atteindre, lors des plus fort coefficients, 15 m d’amplitude (ou marnage) et un mascaret de 50 cm de hauteur. Le littoral, partagé entre grèves, herbus (prés salés) et zone humide, accueille une incroyable avifaune. L’insularité doit être restituée au Mont après des travaux de désensablement.
Pour profiter du spectacle de la marée, rendez-vous 1 heure 30 avant l’horaire de pleine mer à la Roche Torin à Courtils. Les horaires sont disponibles auprès de l’office du tourisme (www.otmontsaintmichel.com).

7. Pluie de poissons (Honduras)

Chaque été ou presque, des nuages noirs s’amoncellent sur la bourgade hondurienne de Yoro avant de déverser une pluie d’été diluvienne – mais aussi, plus étonnant, des milliers de poissons argentés. Pour les habitants, c’est une bénédiction divine, due à un missionnaire espagnol du XIXe siècle ; il aurait prié pour qu’un miracle permette de nourrir la population. Les biologistes assurent qu’il y a une explication scientifique, sans avoir pu la trouver à ce jour. Peu importe, l’essentiel est que cela se fête : le Festival de la Lluvia de Peces est l’occasion de défilés, de concerts et... d’abondantes grillades de poissons !
Logez à San Pedro Sula, ville animée de jour comme de nuit ; 3 heures de bus la séparent de Yoro.


Stratocumulus (Morning Glory) clouds, Fly For Fun

8. Morning Glory Clouds (Australie)

Il faudra vous lever à l’aube pour observer cette merveille météorologique  au-dessus du golfe de Carpentarie, au nord de l’Australie. Ces nuages tubulaires faisant jusqu’à 1 000 km de long roulent dans le ciel au petit matin en poussant de puissants courants d’air ascendants. Ces courants aériens sont du pain bénit pour les amateurs de deltaplane et de vol à voile : depuis 1989, les Morning Glories en ont porté certains sur plus de 700 km, parfois pendant six heures d’affilée.
Les “gloires matinales” se produisent généralement de septembre à fin octobre. Burketown, dans le nord du Queensland, est un excellent poste d’observation.

9. Mascaret du Pororoca, Amazone (Brésil)

À l’embouchure de l’Amazone, la marée venue de l’Atlantique produit parfois – quand la lune fait son oeuvre – un phénomène à la hauteur du roi des fleuves :  le plus long mascaret au monde. Dans les lueurs qui précèdent l’aube, on entend les cris des singes et un grondement sourd et distant avant de voir la vague : un mur de 4 m d’eau remontant le courant, charriant toutes sortes de  débris mais aussi quelques surfeurs intrépides. Le ride le plus long a duré 37 minutes, sur 12,5 km. Admirez le spectacle à São Domingos do Capim lors du championnat national de surf du Pororoca, en mars.
Le pororoca se produit deux fois par jour, trois jours par mois : il est à son apogée en février-mars.


Racetrack Playa, James Gordon

10. The Racetrack, Californie (États-Unis)

Les bizarreries sont légion dans la Vallée de la Mort (Death Valley). En tête de liste figure le mystère des rochers “mobiles”, dans sa partie nord. Ces  imposantes pierres plates pouvant peser jusqu’à 180 kg ont visiblement “filé” sur le sol en traçant leur sillon à la surface d’un lac asséché. Personne n’a jamais vu de ses yeux une de ces pierres se déplacer, mais les scientifiques avancent que des vents forts les poussent lorsque le lit du lac est rendu glissant par la pluie ou le gel.
Il est possible de camper dans la Vallée, mais c’est une fournaise ; vous préférerez peut-être un lodge climatisé (www.nps.gov/deva).


Paramètres des cookies