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Idées de voyage

L’appel du Caucase : le top des raisons de visiter la Géorgie

Texte par

Gemma Graham (traduit de l'anglais par Anna Alvarez)

Mis à jour le : 21 août 2020

Carte

À cheval sur l’Europe et l’Asie, en étau entre le Grand et le Petit Caucase, la Géorgie, malgré sa taille modeste, surprend par la richesse de sa culture et la diversité de ses paysages. Ses vallées subtropicales et ses montagnes ont tôt fait d’inspirer le respect, et l’hospitalité presque légendaire des Géorgiens incite à prendre le temps d’appréhender ce territoire et son patrimoine. Les raisons de visiter ce pays surprenant et accueillant abondent. En voici six.

Tbilissi, la capitale charismatique

La capitale géorgienne est empreinte d’un charme chaotique. Ses larges avenues majestueuses débouchent sur un quadrillage de ruelles pavées, à l’écart des grandes artères. De vieilles rues sinueuses font de l’œil aux visiteurs au milieu des bâtiments modernes anguleux tout de verre et d’acier.
Flâner dans les rues de la vieille ville, à flanc de colline, offre un excellent aperçu du passé de Tbilissi. De nombreux bâtiments ont été soigneusement restaurés − les balcons couverts ouvragés font saillie sur les façades colorées fraîchement repeintes – et les célèbres bains de soufre, ou abanotubani, continuent de revigorer les visiteurs, des siècles après la découverte des vivifiantes sources chaudes.
Derrière la centre historique, la forteresse de Narikala domine la ville depuis le IVe siècle. Aujourd’hui, on y accède en téléphérique pour profiter du panorama sur Tbilissi, notamment sur les mailles de métal ondoyantes du pont de la Paix (2010), qui commémore la fin de la guerre avec la Russie. À l’ouest de la forteresse, Kartlis Deda (mère Géorgie), statue monumentale de l’ère soviétique, surveille la ville avec force et bienveillance. Dans une main, elle tient un bol de vin en signe d’accueil amical ; dans l’autre, une épée pour combattre les ennemis.

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Des fresques religieuses colorées sont préservées au monastère de Ghélati, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco

Les cathédrales et monastères anciens 

Impossible de visiter la Géorgie sans percevoir la profonde vénération pour les monastères et cathédrales anciens. Si toutes les églises ont l’air de se ressembler, chacune jouit en réalité d’une beauté unique et d’une importance historique singulière. Classé par l’Unesco, le monastère de Ghélati de Koutaïssi, par exemple, a été construit pendant l’âge d’or de la Géorgie, au XIIe siècle. À l’époque, c’était le siège d’une académie florissante. Son fondateur, le roi David le Bâtisseur (ainsi nommé en raison de ses efforts pour réunir l’est et l’ouest de la Géorgie), repose ici. L’aspect d’origine de l’église est fidèlement préservé grâce à des rénovations constantes.
La restauration de la cathédrale de Bagrati, également à Koutaïssi, a été moins discrète. Le dôme fut sévèrement endommagé pendant l’invasion ottomane au XVIIe siècle, mais les rénovations n’ont commencé qu’en 2010 : l’architecte italien Andrea Bruno s’est attelé à la tâche ambitieuse de reconstruire les sections qui avaient été complètement détruites en utilisant des matériaux modernes tels que l’acier poli et le verre. D’aspect contemporain, le résultat est néanmoins stupéfiant et délicat. En revanche, si ce projet novateur a valu à l’architecte plusieurs prix internationaux, il a dépouillé l’église de son statut de site classé.
Mais les plus beaux sites sacrés ne sont pas tous des cathédrales. Le modeste monastère de Motsameta, moins imposant, abrite les reliques sacrées de deux frères canonisés, vénérées par la congrégation. Les visiteurs viennent de loin jusqu’à ce site qui jouit d’un emplacement spectaculaire, en surplomb de la gorge, au milieu d’une forêt verdoyante.

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Le théâtre païen de la ville troglodyte d’Ouplistsikhé

La cité antique d’Ouplistsikhé

Sur une colline venteuse proche de Gori, dans l’est du pays, trônent les vestiges de l’un des plus importants sites païens de Géorgie. Datant du VIIe siècle avant J.-C., la ville d’Ouplistsikhé était autrefois constituée de 700 grottes. Aujourd’hui, il n’en reste qu’environ 250. Si la chrétienté supplanta le paganisme au IVe siècle, Ouplistsikhé fut habitée jusque dans les années 1300 et le village continua de prospérer, occupant une position stratégique sur la Route de la Soie.
Aujourd’hui, en flânant dans les rues poussiéreuses et rocailleuses du complexe, on peut remonter le temps − presque deux millénaires − à la recherche de traces de la vie quotidienne : une échoppe d’apothicaire avec des dizaines de niches creusées dans la roche pour exposer et stocker les produits médicinaux, un théâtre destiné aux divertissements et aux rituels, des temples païens, une grande salle destinée à accueillir les visiteurs nobles et même des pressoirs à vin. Plus troublant : dans la rue principale, un trou béant donne directement sur la prison. La vue des détenus servait de mise en garde aux passants.

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Cave et salle de dégustation installées dans un tunnel du domaine Khareba, en Géorgie

Le merveilleux vin géorgien

La viticulture est indissociable de l’identité géorgienne. Cela n’a rein d’étonnant puisque tout semble prouver qu’en Géorgie, ce savoir-faire est vieux de 8 000 ans. Les Géorgiens tirent une profonde fierté du fait qu’ils utilisent toujours des méthodes traditionnelles : une fois les raisins pressés, le liquide (pépins, peau et tiges compris) est transféré dans de grandes jarres en terre cuite (les qvevri), placées sous terre pendant plusieurs mois pour l’étape de fermentation. Le goût de ces vins est plus “naturel” et leur couleur plus intense. Si vous appréciez le vin, vous trouverez une profusion de lieux où en déguster quelques variétés.
Le domaine Khareba, dans l’est de la Kakhétie, assure une production à l’européenne et en qvevri, à base de cépages géorgiens. Le vaste vignoble occupe de magnifiques coteaux en terrasses. Les vins sont vieillis et stockés dans des conditions parfaites, dans un tunnel de l’ère soviétique creusé dans la montagne.
Affaire familiale beaucoup plus modeste, la Iago’s Winery, à Mtskheta, produit un nombre de vins limités fabriqués à base de raisin Chinuri, cultivé dans la vigne personnelle de Iago. Les visites intimistes se doublent de dégustations de vin et de délicieux plats géorgiens, dans un cadre douillet.
Si vous êtes téméraire, buvez un verre de chacha, l’eau de vie tonifiante distillée à partir de la pulpe résultant de la fermentation du raisin. Allez-y modérément – les variétés maison peuvent atteindre 65 % d’alcool. Gaumarjos (santé) !

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Adjaruli khachapuri, variété régionale de pain au fromage, surmonté d’un œuf

La cuisine réconfortante

Mieux vaut arriver en Géorgie l’estomac dans les talons. La nourriture y est résolument réconfortante, et les repas copieux et conviviaux sont composés de plats traditionnellement servis dans de grandes assiettes à partager. Les ragoûts d’agneau, de bœuf ou de poulet épicés côtoient des khinkali (raviolis épicés farcis de viande ou de pommes de terre et de bouillon fumant), salades fraîches, fromages fumés et plats de légumes comme le pkhali (purée d’aubergine, de noix et d’ail).
Chaque région a sa spécialité, mais certains plats sont servis partout, comme le khatchapouri. Il s’agit essentiellement d’une galette de pain garnie de fromage fondu, qui se décline en plusieurs variétés régionales – dans un souci scientifique, mieux vaut toutes les goûter et enchaîner sur une courte sieste.
Pour accompagner un café d’une note sucrée (mais pas trop) après le dîner, dégustez un tchourtchkhela, “collier” de noix trempé dans une pâte de raisin à la texture de caramel puis séché à l’air. On trouve partout en Géorgie des stands d’où pendent ces confiseries colorées.
Le pays regorge d’excellents restaurants géorgiens. Pour une expérience vraiment authentique, optez pour le Barbarestan, à Tbilissi, dont le menu s’inspire de recettes traditionnelles tirées d’un livre de cuisine du XIXe siècle.

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La sculpture “Man and Woman” de Tamara Kvesitadze est affectueusement appelée “Ali & Nino”, du nom des amants tragiques qui inspirèrent le sculpteur

Les charmes côtiers de Batoumi

Scintillant au bord de la mer Noire, Batoumi se distingue par une atmosphère décontractée parfaite pour un séjour relaxant en bord de mer. Derrière la plage, le Batumi Boulevard, promenade piétonne arborée de 7 km de long, se prête à la flânerie, avec ses jardins aménagés, ses sculptures, ses fontaines et ses cafés.
Chaque jour, habitants et visiteurs affluent vers l’extrémité nord du boulevard pour admirer la sculpture mouvante de Tamara Kvesitadze, Man and Woman. Aussi appelées Ali & Nino, d’après le roman d’amour du même nom, ces sculptures de 7 m de haut tourent sur elles-mêmes et passent l’une à travers l’autre, évoquant la séparation de ces deux personnages tragiques suite à l’invasion soviétique.
L’architecture de Batoumi diffère de celle de la capitale Tbilissi : ici, le style est éclectique, allant des immeubles Belle Époque rénovés d’Evropas Moedani (place de l’Europe) à l’immense Batumi Tower (qui intègre une grande roue à mi-hauteur), en passant par les anciens bâtiments soviétiques rénovés dans l’esprit de Gaudi. Amusante, tapageuse et en plein développement, Batoumi est une ville prometteuse.
 

Se rendre en Géorgie

Wizz Air propose des vols directs de Londres-Luton à Koutaïssi, et Georgian Airways de Londres-Gatwick à Tbilissi. D’autres compagnies comme airBaltic et Turkish Airlines assurent la liaison avec d’autres grandes villes européennes, respectivement via Riga et Istanbul.


Gemma Graham s’est rendue en Géorgie avec le soutien de Travel The Unknown et de l’Administration nationale du tourisme de Géorgie. Les collaborateurs de Lonely Planet n’acceptent pas de cadeaux en échange de critiques élogieuses.
 



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