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Idées de voyage

Icônes africaines : 6 bonnes raisons de faire un safari au Kenya

Texte par

Olivier Cirendini

Mis à jour le : 17 juin 2022

Carte

Accessibles en train depuis Nairobi et Mombassa, les parcs d'Amboseli et du Tsavo Ouest abritent un impressionnant bestiaire et déclinent les classiques du safari sous la haute stature du Kilimanjaro. Bonheur !
 

La magie du règne animal

Petit matin dans le parc national d'Amboseli. En seulement une heure de "game drive”, on a croisé le regard indéchiffrable d'une lionne marchant négligemment entre les 4x4 des visiteurs, observé un groupe de zèbres occupé à ingurgiter sa ration d'herbe du matin, détaillé les délicats frémissements d'une antilope surprise… Sans oublier les gnous, les flamants roses, une grue couronnée et son petit, quelques hyènes tachetées, des girafes à la gracieuse démarche élastique. Et, bien sûr, les stars du parc : les éléphants. Alors que leur population diminue au niveau mondial, le Kenya fait figure de sanctuaire pour ces pachydermes. Grâce à une politique anti-braconnage efficace, ils sont aujourd'hui près de 2 000 dans le parc, un effectif en hausse depuis plusieurs années, dont nombre d'éléphanteaux et quelques vieux mâles aux impressionnantes défenses. Dans ces vastes étendues de savane, ces géants sont à l'aise. Mais on les rencontre aussi dans le parc voisin du Tsavo Ouest, qui présente pourtant un environnement nettement différent. Au pied des Chyulu Hills, cet immense espace alterne paysages volcaniques, sources naturelles et escarpements rocheux, offrant aux espèces une large palette d'habitats.

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Le parc national d'Amboseli National Park est réputé pour sa population d'éléphants, dont certains dotés d'impressionnantes défenses.

Face au Kilimanjaro

Les paysages des deux parcs doivent beaucoup à un hôte imposant et silencieux. Dressé sur le territoire de la Tanzanie voisine, mais tout proche de la frontière kenyane, le Kilimanjaro veille sur les étendues des parcs de la majesté de ses 5 895 m. Lorsqu'il émerge des nuages, son cône coiffé de neiges éternelles est une apparition. Une image si parfaite qu'elle semble sortie d'un film. L'est de la montagne-volcan, entre la Tanzanie et le Kenya, est le territoire historique de l'un des peuples les plus emblématiques et immuables de cette partie de l'Afrique de l'Ouest, les massaï. Ces éleveurs qui ne représentent que 2 % environ de la population du pays fascinent par leur mode de vie et leurs traditions qui résistent au temps : hommes drapés dans la shuka, immuable étoffe à carreaux rouge et bleu, femmes arborant d'immenses colliers de perles colorées, danses bondissantes, régime alimentaire à base de viande et de lait…

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Le Kilimandjaro enneigé (qui est côté tanzanien) se détache au dessus des paysages du parc national d'Amboseli.

Un soupçon d'Out of Africa

“J'avais une ferme en Afrique, au pied des collines du Ngong.” Ainsi commence La Ferme africaine de Karen Blixen (plus connu sous le nom de son adaptation au cinéma, Out of Africa), récit indissociable et précurseur des voyages animaliers en Afrique. Un roman où l'on décrit les girafes comme de “rares fleurs colossales, tachetées et montées sur de hautes tiges”, et où l'auteure compare l'ivresse des safaris à celle des bulles de champagne… Visiter les parcs du sud du Kenya, c'est entrer sur les terres du roman. Les barrissements des éléphants tandis que l'on prend le petit-déjeuner à Ol Tokay Lodge, hôtel historique d'Amboseli, la quiétude de la soirée autour du feu de camp du Severin Safari Camp du Tsavo, en guettant les gazelles venant s'abreuver dans la nuit… tout convoque ici le souvenir d'une Afrique iconique.

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Dans chaque bungalow-tente du Severin Safari Camp, le voyager trouve un recueil de textes contenant des citations de La Ferme africaine (Out of Africa) de Karen Blixen.

Fin de journée au Poachers viewpoint

À plus forte raison si l'on monte pour le coucher du soleil au Poachers viewpoint, un point de vue à 360° sur les hauteurs du Tsavo où les hôtels organisent des apéritifs avec tables, chaises, vin pétillant, canapés et musique de Out of Africa de Sydney Pollack en fond sonore. Le site est appelé "point de vue des braconniers” car il était jadis utilisé par les chasseurs d'ivoire et de corne pour repérer leurs cibles, éléphants et rhinocéros. Le décor s'y prête : l'œil voit à des kilomètres tandis que le soleil disparaît derrière les Chyulu Hills et que le Kilimanjaro brille de ses derniers feux de la journée. Aujourd'hui, les rhinocéros noirs du parc sont installés dans un sanctuaire entouré d'une barrière électrifiée. Comme pour les éléphants, cette politique porte ses fruits.

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Fin de journée au Poachers Viewpoint, sur les hauteurs du parc du Tsavo Ouest.

Frissons…

Les braconniers, qui ailleurs dans le pays s'en prennent également aux girafes, tuées pour leur chair, ne constituent pas la seule menace. Des drames se nouent chaque jour derrière ce décor idyllique. Lions et léopards guettent les délicates antilopes, les troupeaux de gnous et de zèbres, les hyènes parachevant le travail. Le spectacle animalier est aussi une démonstration de la chaîne alimentaire. À l'époque de la colonisation britannique, les lions du Tsavo ont fait un tel festin parmi les ouvriers qui construisaient la voie de chemin de fer qu'ils sont restés dans l'histoire sous le nom de man eaters (mangeurs d'homme).
Séquence frisson au Severin Safari lodge, hôtel apprécié pour la proximité qu'il offre avec la nature : gazelles, zèbres et girafes viennent régulièrement s'abreuver au point d'eau devant les terrasses des bungalows-tentes, et l'on demande aux clients de ne pas s'aventurer seuls la nuit. Ce soir, un crocodile immobile a été repéré face au restaurant !

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Girafe et ses deux girafons, dont un en train de têter, dans le parc du Tsavo Ouest.

…et farniente

Pour se remettre de ces émotions en se remémorant cet impressionnant bestiaire, on pourra faire une pause sur les plages kenyanes. Accessible depuis les parcs d'Amboseli et du Tsavo par une ligne de train moderne ouverte en 2017 (cette fois-ci, heureusement, les lions ne s'en sont pas mêlés), Mombassa, deuxième ville du pays, est bordée de longues étendues de sable. Au programme : farniente, plongée et découverte d'autres représentants de la faune, comme les tortues marines de Watamu, en remontant la côte vers l'archipel de Lamu.
 

En savoir plus

Connectez-vous au site de l'office du tourisme du Kenya.
La compagnie nationale, Kenya Airways, propose des vols depuis Paris 5 ou 6 fois par semaine.
 
 


Guide de voyage

Lonely Planet : un guide de référence, à la fois pratique et culturel, pour découvrir le Kenya