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Culture et voyage

7 films cultes sur l'Afrique

Mis à jour le : 9 janvier 2017

Carte

De l’Afrique des aventuriers et des explorateurs, rêvée par Hollywood, à celle inspirée par les récits de griots, embarquez pour un fabuleux périple à travers le continent noir avec ces 7 films culte.

1. African Queen (Ouganda/république démocratique du congo)

John Huston, 1951, Grande-Bretagne/États-Unis
L’Afrique des Grands Lacs en 1914. Drôle d’endroit pour une improbable rencontre, celle d’un baroudeur alcoolique, Charlie Helnut, qui fait du commerce fluvial sur un vieux caboteur, et d’une vieille fille puritaine, sœur d’un pasteur anglican, Rose. Joué par deux monstres sacrés d’Hollywood, Katherine Hepburn et Humphrey Bogart, ces personnages que tout oppose vont s’associer pour couler une cannonière allemande. Le duo d’acteurs s’entendit comme larrons en foire lors du tournage et réussit à faire d’un scénario, dramatique à l’origine, une comédie génialement mise en scène par un John Huston qui n’en espérait pas tant. “Bogie”, lui, devra le seul Oscar du meilleur acteur qu’il ait jamais obtenu. 
John Huston, qui avait le virus de l’Afrique – comme Hemingway, il chassait l’éléphant avant de s’en repentir –, tenait à filmer sur les lieux de l’action. Autant dire que vous aurez à vous embarquer après lui dans un parcours chaotique qui vous conduira de l’Ouganda à l’ancien Congo belge, sur le territoire de l’actuelle République démocratique du Congo. Le rafiot piloté par Bogart a navigué sur la rivière Ruiki, au fin fond de la jungle congolaise, et sur le lac Albert, à cheval entre les deux pays. Point d’orgue de cette odyssée picaresque, la confrontation entre les deux embarcations, qui a lieu non loin des chutes de Murchinson, au sein du parc national éponyme. Depuis le retour de la paix et malgré la persistance de conflits à ses frontières, l’Ouganda attire de plus en plus de touristes fortunés, qui viennent y observer gorilles et chimpanzés dans les forêts de montagne.


Humphrey Bogart et Katherine Hepburn dans L'Odyssée de l'African Queen. Domaine public

2. Mogambo (Ouganda/Kenya/Tanzanie)

John Ford, 1953, États-Unis
Tiré d’une pièce de théâtre, ce vaudeville amoureux s’est transformé, devant la caméra épique de Ford, en opéra sauvage. L’intrigue se voulait scabreuse mais le décor exotique la rendait alors moins sulfureuse pour les censeurs d’Hollywood. Eloise (Ava Gardner), une Américaine en vacances au Kenya, vit une bluette avec un guide de safari joué par Clark Gable. Leur liaison sera chamboulée par l’arrivée d’un couple d’Anglais formé par Donald et Linda Nordley (Grace Kelly). Lors d’une expédition risquée sur le territoire des gorilles, l’épouse modèle va tomber dans les bras du viril chasseur… On se disputa beaucoup sur le plateau, mais la future princesse de Monaco tomba réellement amoureuse de Gable, de trente ans son aîné, et leur idylle dura plusieurs mois.
John Ford, qui exaspérait ses producteurs par ses retards et ses coûts de tournage, promena son équipe dans plusieurs sites, de la fameuse plaine du Serengeti, frontalière du Kenya et de la Tanzanie, jusqu’aux monts Kenya et Kilimandjaro. D’autres scènes extérieures ont été tournées le long de la rivière Kagera, en Ouganda, qui comporte de spectaculaires chutes d’eau. Cinéphiles casaniers s’abtenir, ce périple n’est pas de tout repos.


Ava Garner dans une scène de Mogambo. Domaine public

3. L’Enfant lion (Maroc/Niger/Côte d’Ivoire/Zimbabwe)

Patrick Grandperret, 1993, France
Un rêve de gamin. Coutumier des tournages acrobatiques, Patrick Grandperret a mis en scène l’Afrique des contes et légendes qui le fascinait enfant. Basé sur le roman Sirga la lionne de René Guillot, le film raconte l’histoire d’Oulé, fils du chef Moko Kaouro, et de Sirga, fille de Ouara, la reine des lions. Les esprits de la brousse en feront des jumeaux appelés à vivre l’un pour l’autre. 
Cette épopée enfantine qui mêle le réalisme à la féerie, ressemble à un jeu de pistes. L’équipe a parfois improvisé sur le terrain, en fonction des scènes. Celle du marché aux esclaves a été tourné au Niger. Le village a été construit en Côte d’Ivoire, les animaux sauvages ont été filmés au Zimbabwe, et c’est dans les environs de Marrakech, au Maroc, qu’a été trouvé l’édifice figurant le palais du Prince. Le réalisateur à mis trois ans pour trouver ses décors et boucler le tournage. Partir dans le sillage de cette fable, c’est aller à la rencontre des mythes et des mœurs d’une Afrique en voie de disparition, celle des petites communautés agricoles de la brousse.

4. Hatari ! (Tanzanie)

Howard Hawks, 1962, États-Unis
Les studios attendaient un grand film d’aventure au milieu des savanes africaines, mais Hawks leur a servi une comédie burlesque, concoctée avec malice autour d’un casting hétéroclite (du grand John Wayne, The Duke, qui refusa d’être doublé dans les scènes de chasse, au débutant Gérard Blain). Utilisant les tensions au sein de l’équipe, Hawks faisait réécrire le scénario chaque matin. En langue swahili, Hatari signifie : “Attention, danger”. Mais le danger, dans cette histoire, fut pour ses héros d’éviter le ridicule. En Afrique, une jeune femme dirige une réserve d’animaux sauvages qui fournit des zoos. Sa petite entreprise va connaître la crise avec l’arrivée d’une pétulante photographe, l’ingénue de service, qui perturbe le travail des chasseurs et s’entiche d’un trio d’éléphanteaux qu’elle veut à tout prix adopter…
 Le tournage a duré près de cinq mois autour d’un camp monté en Tanzanie, au pied des neiges du Kilimandjaro. La Land Rover qui sillonne les zones de capture emprunte les pistes du parc national de Serengeti, du côté tanzanien. L’action du film a pour cadre principal la plus petite des réserves du pays, le parc national d’Arusha, et son volcan, le mont Meru, toujours actif. Pour ceux qui ont du souffle, l’escalader vaut le coup : juchée à plus de 4 500 m d’altitude, cette montagne ardente offre de mémorables vues sur la région.


Le Serengeti, qui servit de décor à Hatari! tshantz

5. Aux sources du Nil (Kenya)

Bob Rafelson, 1990, Grande-Bretagne/États-Unis
Aden, 1854. Dans ce comptoir de l’Empire victorien, au sud du Yémen actuel, truffé d’aventuriers et de trafiquants, Richard Burton, un baroudeur, rimailleur, ethnologue et traducteur de textes érotiques, fait la connaissance de John Hanning Speke, un arriviste. De retour à Londres, les deux compères décident de résoudre un mystère qui intrigue depuis des lustres la Royal Geographical Society : l’emplacement exact des sources du Nil…
Le réalisateur a ressuscité l’ambiance de Londres, de ses demeures victoriennes et de ses docks à Liverpool, mais ses deux explorateurs ont bel et bien crapahuté en Afrique de l’Est. On y voit l’archipel de Lamu, au Kenya, près de Zanzibar, et l’ancien comptoir fondé par des marchands arabes et persans qui a gardé son architecture traditionnelle. L’aventure se poursuit dans la région de Nairobi, puis sur le lac Turkana et l’immense étendue d’eau du lac Victoria, l’une des sources présumées du Nil blanc.


Portrait de Richard Burton, 1849-50. Domaine public

6. Out of Africa (Kenya)

Sydney Pollack, 1985, États-Unis
Adapté du roman autobiographique de Karen Blixen, La Ferme africaine, ce film évoque la vie d’une aristocrate danoise venue s’établir au Kenya, alors colonie britannique, avant la guerre de 1914. Délaissée par un mari volage, la jeune femme doit s’occuper seule de leur plantation. Elle va tomber amoureuse du pays et d’un chasseur de fauves aussi séduisant qu’insaisissable. Portée par un couple d’acteurs alors au sommet de leur carrière, Meryl Streep et Robert Redford, cette fresque romanesque a raflé sept oscars à sa sortie.
Offices du tourisme et agences de voyages ont exploité le filon et proposent des circuits censés recréer l’ambiance du film. Ils ne vous guideront pas forcément sur les lieux qui ont servi de décor au tournage. La savane qui sert d’écrin à l’histoire déploie sa splendeur dans le parc national de Shaba et la réserve nationale de Masaï Mara, au sud-ouest du Kenya. Les plus belles scènes de chasse ont pour cadre l’île de Crescent, sur le lac Navaisha. La demeure où a vécu la vraie Karen Blixen, située dans un faubourg de Nairobi, abrite aujourd’hui un musée dont le charme restitue bien l’atmosphère de l’époque. Mais la ferme vue à l’écran est un ranch qui appartenait au marchand d’art franco-américain Daniel Wildenstein. Quant à la grand-rue de la Nairobi coloniale, Coronation Street, le cinéaste l’a reconstituée à Langata, à la périphérie de la capitale kényane.

7. Yeelen (Mali)

Souleymane Cissé,1987, Mali
Il a fallu quatre années au cinéaste malien pour tourner ce film intemporel, ancré dans la culture bambara et qui puise sa beauté dans les récits des griots. Nianankoro, un jeune garçon, doit être initié au savoir de ses ancêtres. Son père, défié dans son autorité, s’y refuse et menace de le tuer. L’enfant, sur le conseil de sa mère, part alors dans le désert et surmonte une série de périls avant d’être accueilli par un oncle qui lui permettra de devenir adulte. Cissé a été le premier réalisateur africain à être primé au festival de Cannes pour ce long métrage, obtenant le prix spécial du jury. 
Le Mali où se déroule l’action n’est pas mentionné dans ce film nimbé d’une lumière admirable, mais l’on y arpente le pays bambara, au sud-ouest, frontalier de celui des Peuls. L’enfant, dans ses pérégrinations, parcourt la lisière aride du Sahel. Loin de l’Afrique fantasmée par les Occidentaux, le film montre la terre du sacré, des sociétés secrètes, des rites, notamment ceux des confréries Komo. L’une des images les plus émouvantes, une silhouette qui s’éloigne dans le soleil couchant, montre un des acteurs du film, décédé au début du tournage.
 

evaneos