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GR®20 : le guide pratique

Mis à jour le : 15 septembre 2020

Carte

Créé en 1972, ce sentier balisé de Corse est devenu une institution. Il relie Calenzana, en Balagne, à Conca, dans l’arrière-pays de Porto-Vecchio, et attire chaque année plus de 12 000 courageux venus de toute l’Europe se frotter à ses dénivelés. Le parcours suit grossièrement une diagonale orientée nord-ouest/sud-est, correspondant à la ligne de partage des eaux, sur environ 200 km.

Conçu à l’origine en 15 étapes, le tracé a été modifié en 2012. Il se décline dorénavant en 16 étapes, d’une durée moyenne de 4 heures 30 à 8 heures ; il est possible d’en fractionner certaines. En plein cœur du Parc naturel régional de Corse (ou PNRC), il traverse les magnifiques paysages sauvages de l’intérieur de l’île, perché à une altitude moyenne de 1 000 à 2 000 m, avec un point culminant à 2 225 m. La diversité des milieux rencontrés en fait un parcours d’exception : forêts de hêtres ou de pins laricio, paysages granitiques lunaires, crêtes ventées, torrents, lacs glaciaires, maquis, sommets enneigés, tourbières, plateaux, névés… Les amoureux de la nature seront comblés. Ceux de la tranquillité également : il ne croise que 3 hameaux (Haut-Asco, Vizzavona et Bavella). Des refuges et des bergeries jalonnent l’itinéraire.

Ne vous laissez pas abuser par la faiblesse, relative, de l’altitude. Le GR®20 est un parcours de montagne qui nécessite un vrai engagement physique et ne doit pas être pris à la légère. Les dénivelés sont sans concession (environ 10 000 m de dénivelé positif au total, avec des étapes pouvant comporter 800 m de montée), le sentier est rocailleux et parfois escarpé, les conditions climatiques peuvent s’avérer difficiles, et il faut être muni d’un équipement suffisant pour être autonome pendant plusieurs jours. Une bonne condition physique et une sérieuse motivation sont indispensables pour aborder ce GR®.

Reste qu’il existe des solutions pour le vivre différemment. Pensez aux options périphériques (villages reliés au GR® permettant un décrochage, possibilités de demi-étape, ravitaillement et repas dans les refuges, nuitées dans les quelques hôtels du parcours…). 

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Le sentier traverse les magnifiques paysages sauvages de l’intérieur de l’île

Bien préparer son sac pour le GR®20

  • Des chaussures de randonnée de bonne qualité et rodées (si vous achetez une nouvelle paire, faites au moins une ou deux petites randonnées avant le départ)
  • Au moins un bâton de randonnée – il est préférable d’en avoir deux 
  • Une carte précise
  • Une paire de baskets et/ou de tongs légères (pour les douches)
  • Un sac à dos confortable, ajusté à votre morphologie
  • Une trousse médicale
  • Un coupe-vent et une cape de pluie
  • Un couvre-chef pour se protéger du soleil et de la pluie
  • Des lunettes de soleil et un short
  • Un nécessaire de toilette (savon, serviette, dentifrice)
  • Des vêtements de rechange (sous-vêtements, tee-shirts, chaussettes)
  • De la crème solaire
  • Un pantalon pour protéger les jambes de la végétation parfois piquante
  • Une couverture de survie
  • Une veste polaire
  • Une lampe de poche ou frontale
  • Un peu de nourriture (plats lyophilisés, aliments énergétiques)
  • Un couteau multifonction
  • Une gourde et une réserve d’eau (au moins 2 l)
  • Un sac de couchage
  • Une tente pour bivouaquer, au cas où les refuges seraient bondés
  • Un téléphone portable (secours et météo)
  • Du papier hygiénique
  • Du fil de pêche et une aiguille solide (petite réparation de sac)
  • Des gants ou mitaines en cuir (utiles pour certains passages)
  • Une ou deux pinces à linge, pour faire sécher du linge mouillé sur le sac en marchant ou sur la tente
     

Quand partir ? 

La meilleure période pour parcourir le GR® s’étend de mai à octobre. Des portions du sentier restent en partie enneigées jusqu’en juin, ce qui rend certains passages délicats. Juillet et août sont très fréquentés. L’avant saison (juin) et l’après-saison (septembre) sont idéales (difficile de choisir entre les senteurs printanières et les couleurs de l’automne !). De mi-août à fin septembre, des orages, parfois violents, sont à craindre, généralement l’après-midi.

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Évitez les mois de juillet et août si vous êtes à la recherche de tranquillité

La météo en Corse

Les gardiens de refuge sont souvent les meilleurs informateurs. Certains affichent un bulletin météo, d’autres placardent des mises en garde comme « Partez tôt, orages dans l’après-midi ». Les serveurs téléphoniques accessibles depuis un portable sont utiles. Ils restent cependant indicatifs, tant les conditions météorologiques sont variables sur un secteur donné. En toute saison, vous ferez face à de grandes amplitudes thermiques en fonction de l’altitude, du vent et du soleil. Équipez-vous en conséquence.
 

Quel budget prévoir pour faire le GR®20 ? 

Le budget du « géhériste » dépend du poids de son sac ! Les partisans de l’autonomie presque totale ont un budget allégé, car ils dorment en bivouac et programment chaque repas grâce à une solide logistique. Mais la lourdeur du sac peut nuire au plaisir de la randonnée. Ceux qui dorment dans les refuges, achètent leur ravitaillement à chaque étape et profitent des plats préparés par les gardiens peuvent se contenter d’un sac de 8 à 12 kg. Mais leur budget doit être plus important. Suivant les cas, nous vous conseillons de prévoir entre 20 et 35 euros/jour. La carte bancaire n’est acceptée que dans certains refuges, gîtes ou hôtels privés sur le parcours. Prévoyez des espèces. D’autant que si le GR®20 croise quelques hameaux (Haut-Asco, Vizzavona et Bavella), il n’y a pas de distributeur sur l’itinéraire. Un chéquier pourra vous être utile dans bien des cas.
 

Refuges : quelques règles à respecter

Objectif de la journée, le refuge fait bien souvent figure d’oasis pour le randonneur fatigué, surtout quand le mauvais temps est de la partie. Il convient de veiller à ce qu’il reste agréable et réparateur pour tous. Si les gardiens donnent le ton en faisant respecter quelques règles, ils ne peuvent pas être derrière tout le monde. Au-delà du bon sens, il semble utile de rappeler certains points :

  • Enlevez vos chaussures dégoulinantes et laissez-les à l’entrée.
  • Quand vous avez fini de manger, libérez la table (il n’est pas rare de voir des randonneurs timides manger debout pendant que d’autres tapent le carton sur l’unique table du refuge !).
  • Lavez votre vaisselle tout de suite après avoir mangé. Certains refuges ne comptent que quelques casseroles et les couverts sont souvent en nombre insuffisant (alors qu’il arrive que l’on en retrouve dans les poubelles…). 
  • Si les poubelles sont pleines, n’hésitez pas à jeter les sacs dans les bacs placés à l’extérieur.
  • Si vous faites chauffer de l’eau pour le petit-déjeuner, pensez à remplir la casserole à fond, vous ferez certainement des heureux.
  • Si vous veillez un peu, respectez le sommeil des autres.

En période d’affluence, les refuges sont bondés, et il n’est pas rare de compter plus de 100 personnes au moment des repas. Ces petites attentions multipliées par autant de randonneurs rendent la vie plus facile. Du savoir-vivre, du bon sens : un peu comme à la maison. C’est finalement ce que l’on attend d’un refuge.

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Le GR®20 se parcoure de refuge en refuge

Nord-sud ou sud-nord : dans quel sens parcourir le GR®20 ?

Dans quel sens faire le GR® ? Près des deux tiers des randonneurs optent pour le trajet nord-sud. Accès à Calenzana plus facile, description du topoguide faite dans ce sens, habitudes… Nous avons suivi le mouvement, sans raison objective. Certains plaident en faveur du trajet sud-nord, en se basant sur le fait que le tronçon sud, plus facile, favorise l’adaptation de l’organisme à l’effort. D’autres, à l’inverse, préfèrent commencer par les étapes du nord, tant qu’ils sont « frais ». D’autres enfin préfèrent l’option sud-nord au seul motif que le nombre de marcheurs est plus faible dans ce sens.
 

Les étapes du GR®20

Sont indiqués ici les départs et arrivées d’étape, les altitudes, les durées moyennes, les variantes éventuelles, les possibilités de demi-étape, de décrochage vers des villages, de ravitaillement et d’hébergement (autres que les refuges et les bivouacs).  Sont également identifiées les routes qui, croisant le sentier, permettent d’entrer ou de sortir du GR®20.
 

Étape 1 :

  • Calenzana (275 m) – refuge d’Ortu di u Piobbu (1 570 m), 7 heures
  • Ravitaillement et petite restauration au refuge d’Ortu di u Piobbu
  • Possibilité d’un démarrage en douceur depuis l’Auberge de la Forêt à Bonifatu
  • Hébergement et restauration à l’Auberge de la Forêt
     

Étape 2 : 

  • Refuge d’Ortu di u Piobbu (1 570 m) – refuge de Carozzu (1 270 m), 6 heures 30
  • Ravitaillement et petite restauration au refuge de Carozzu
  • Variante possible depuis l’Auberge de la Forêt (hébergement et restauration), à Bonifato
  • Route D251 à Bonifato
     

Étape 3 : 

  • Refuge de Carozzu (1 270 m) – refuge d’Asco Stagnu (Haut-Asco) ou chalet Haut-Asco (1 422 m), 5 heures
  • Restauration et ravitaillement au refuge d’Asco Stagnu, hébergement et restauration au chalet Haut-Asco
  • Route D147 (qui rejoint la T30, l’ancienne N197)

Étape 4 : 

  • Refuge d’Asco Stagnu (1 422 m) – refuge de Tighjettu ou bergeries de Ballone (1 440 m), 8-10 heures
  • Ravitaillement au refuge de Tighjettu et restauration aux bergeries de Ballone
  • Décrochage possible sur les villages de Calasima et d’Albertacce en fin d’étape

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    Vous traverserez la forêt d'Albertacce lors de la quatrième étape

Étape 5 : 

  • Bergeries de Ballone (1 440 m) – Castel de Vergio (1 404 m), 7 heures
  • Hébergement, restauration et ravitaillement à Castel de Vergio
  • Demi-étape possible au refuge de Ciottulu di i Mori
  • Route D84 (bus vers Corte ou Porto)
     

Étape 6 : 

  • Castel de Vergio (1 404 m) – refuge de Manganu (1 601 m), 5 heures 30
  • Petite restauration et ravitaillement au refuge de Manganu
  • Décrochage possible sur les villages de Soccia et d’Orto en fin d’étape
     

Étape 7 : 

  • Refuge de Manganu (1 601 m) – refuge de Petra Piana (1 842 m), 6 heures
  • Petite restauration et ravitaillement au refuge de Petra Piana
     

Étape 8 : 

  • Refuge de Petra Piana (1 842 m) – refuge et bergeries de l’Onda (1 430 m), 5 heures
  • Petite restauration et ravitaillement aux bergeries de Tolla et de l’Onda
  • Décrochage possible vers les villages de Canaglia et de Tattone en cours d’étape, par la vallée (5 heures)
  • Variante possible par les crêtes (4 heures). Possibilité de décrochage vers Guagno (4 heures) en début d’étape par la variante alpine
     

Étape 9 : 

  • Refuge et bergeries de l’Onda (1 430 m) – Vizzavona (920 m), 5 heures 30
  • Hébergement, restauration et ravitaillement à Vizzavona
  • Variante possible par le Monte d’Oro, au nord 
  • T20 (train et bus vers Bastia, Ajaccio et Calvi)

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    Lors de l'étape 9, vous pourrez vous baigner aux Cascades des Anglais

Étape 10 : 

  • Vizzavona (920 m) – bergeries de Capanelle (1 586 m), 5 heures 30
  • Hébergement, restauration et ravitaillement aux bergeries de Capanelle 
  • Décrochage possible vers le village de Ghisoni (4 heures 30)
     

Étape 11 : 

  • Bergeries de Capanelle (1 586 m) – col de Verde (1 289 m), 5 heures
  • Restauration et ravitaillement au col de Verde
  • Route D69
  • Possibilité de poursuivre jusqu’au refuge de Prati (1 820 m, 2 heures) pour réduire la longue étape 12
     

Étape 12 : 

  • Col de Verde (1 289 m) – refuge d’Usciolu (1 750 m), 7 heures à 7 heures 30
  • Ravitaillement et petite restauration au refuge de Prati et à celui d’Usciolu
  • Décrochage possible vers le village de Cozzano (6 heures)
     

Étape 13 : 

  • Refuge d’Usciolu (1 750 m) – refuge de Matalza (1 430 m), 5 heures 
  • Ravitaillement et petite restauration au refuge de Matalza 
  • Restauration aux bergeries de Basseta
  • Décrochage possible vers le village de Zicavo (2 heures)
  • Route D428
     

Étape 14 : 

  • Refuge de Matalza (1 430 m) – refuge Chez Aline (1 530 m), 4 heures 30 
  • Ravitaillement et restauration au refuge Chez Aline

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Lever du soleil sur les aiguilles de Bavella, point fort de la quinzième étape


Étape 15 : 

  • Refuge Chez Aline (1 530 m) – refuge di Paliri (1 055 m), par la variante alpine, 6 heures 15
  • Demi-étape possible à Bavella (hébergement et restauration)
  • Pas de ravitaillement ni de petite restauration au refuge di Paliri
  • Décrochage possible vers le village de Quenza (5 heures)
     

Étape 16 : 

  • Refuge di Paliri (1 055 m) – Conca (252 m), 5 heures
  • Hébergement, restauration et ravitaillement à Conca
  • Route D168



Guide de voyage

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