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Culture et voyage

Dans les pas de Stephen King

Mis à jour le : 10 novembre 2017

Carte

La sortie de "Ça", adaptation cinématographique du best-seller de Stephen King, est l'occasion rêvée de faire une rapide incursion dans les lieux qui ont inspiré l'écrivain. Né en 1947 à Portland, la plus grande ville du Maine, Stephen King se lance dans des études d’anglais et de littérature et se destine à l'enseignement. La sortie de son premier roman, "Carrie" , en 1974, en décidera autrement : le succès est immédiat, et l’Amérique découvre alors le plus grand écrivain d’horreur de la seconde moitié du XXe siècle. Si le film d'Andrés Muschietti a été pour partie tourné au Canada, Stephen King a lui toujours été attaché à sa région natale, le Maine (États-Unis). À tel point qu’il y vit encore aujourd’hui et qu’il y situe l’action de la plupart de ses livres.

Le château d'eau de "Ça" (Bangor, Maine, USA)

Inutile de chercher Derry, où sévit Grippe-Sou (Pennywise), sur une carte du Maine : ce nom est né en 1986 sous la plume de l'écrivain. Mais si le monstre mangeur d'enfants qui hante les égoûts est fictif, la ville, elle, existe bien. Stephen King s'est tout simplement inspiré de Bangor, où il habite toujours. Il  écrivit une grande partie du roman sur un petit banc situé en face du château d’eau de la ville de Bangor, qui lui inspira toutes les scènes se déroulant dans les égouts (avec la mystérieuse araignée géante qui en traumatisa plus d’un). Le château d’eau est toujours en fonctionnement. Il vous suffira d’aller sur Thomas Hill Road pour le découvrir : là, vous n’aurez plus qu’à vous asseoir face à lui et à frissonner… Vous pourrez ensuite marcher jusqu’à l’intersection de Union Street et Jackson Street, à 200 mètres de là : vous y découvrirez une grille fermant une bouche d’égout. C’est celle-ci qui inspira l’écrivain pour la première scène d’apparition du clown tueur. N'espérez pas, en revanche, y croiser Bill Skarsgård dans son costume de clown : les plans extérieurs du film ont été tournés pour une bonne partie à Port Hope, dans l’Ontario (Canada), qui avait pour l'occasion revêtu la bannière étoilée.

L'aéroport des "Langoliers" (Bangor, Maine, USA)

En 1990 sort un recueil de quatre nouvelles, Four Past Midnight (littéralement “quatre minutes après minuit”, même si l’édition française sera en fait découpée en deux volets : "Minuit 2" et "Minuit 4"). De ces quatre nouvelles, celle qui a le plus marqué les lecteurs est probablement "Les Langoliers" : les passagers d’un avion se réveillent en cours de vol et découvrent que tous les autres voyageurs ont disparu… Comme souvent avec Stephen King, l’idée lui est venue de ses propres angoisses – l’auteur a une peur bleue de l’avion.
Si vous arrivez en avion à Bangor via le petit aéroport de la ville, vous serez tout de suite plongé dans l’ambiance. Stephen King y a puisé son inspiration pour raconter son histoire. L’adaptation en téléfilm de la nouvelle a d’ailleurs été tournée à l’aéroport de Bangor, que l’on reconnaît facilement. Sa large piste d’atterrissage contraste avec les buildings attenants de plus modeste facture. Elle vous rappellera sûrement cette scène où un homme d’affaire devient fou et voit sur le tarmac son patron joué par un Stephen King grimé mais reconnaissable.

La "Ville sous le dôme" (Bridgton, USA) 

Dans "Under The Dome", le roman de Stephen King adapté en série télévisée, la paisible ville de Chester Mill se trouve, du jour au lendemain, coupée du reste du monde par un gigantesque dôme transparent et indestructible. Très vite, les phénomènes étranges se multiplient, tandis que la population, livrée à elle-même, joue un remake adulte et musclé de "Sa Majesté des mouches"…
Stephen King a calqué Chester Mill sur le modèle de Bridgton, paisible ville du Maine de 5 000 habitants . Fort heureusement, on ne trouve nul échafaud devant la mairie – qui est beaucoup plus petite et bien moins notable que celle de la série (il en va de même du commissariat). En revanche, vous pourrez retrouver l’atmosphère du lac de Chester Mill en vous promenant autour des nombreux (et très beaux) plans d’eau de la ville. Surtout, pour retrouver un élément clé de l’intrigue de la série, ne manquez pas un passage par le Butterfly Pavilion, un magasin doté d’une serre aux papillons où vous pourrez observer des papillons monarques au printemps et en été, avant leur migration annuelle vers  le Mexique . On vous garantit que ceux de Bridgton, contrairement à ceux de Chester Mill, n’ont rien de surnaturel…

Le lac de "Sac d'os" (Flagstaff Lake, Maine, USA)

Sorti en 1998, le roman "Sac d’os" raconte l’histoire d’un homme qui, venant de perdre sa femme, retourne dans leur maison de vacances, au bord du lac de Dark Score. Des phénomènes paranormaux commencent alors à se produire… Stephen King s’est inspiré de l’atmosphère qui règne autour de l’un des grands lacs du Maine : Flagstaff Lake. Situé à 3 heures de voiture à l’ouest de Bangor, entouré de montagnes et de forêts protégées, c’est l’un des plus beaux lacs de la région. On peut y louer un bungalow pour profiter de l’atmosphère reposante. La forêt environnante, constituée en majorité de pins rouges, a aussi inspiré le livre qui a suivi : "La Petite Fille qui aimait Tom Gordon" (1999) – même si elle est moins lugubre dans la réalité que dans le roman.

Le cimetière de "Simetierre" (Bangor, Maine, USA)

Le maître de l’horreur a toujours su jouer avec les peurs primaires des gens. C’est clairement le cas dans le livre "Simetierre", publié en 1983. On y voit une famille emménager dans une petite ville du Maine. Bientôt, le fils de deux ans meurt renversé par un camion. La famille apprend qu’un cimetière indien voisin a la particularité de pouvoir réveiller les morts, mais à quel prix ?
Stephen King n’a jamais caché avoir trouvé l’inspiration dans l'un des cimetières de sa ville, Bangor, lorsqu’il imagina son livre. Il y règne une atmosphère très particulière. Est-ce parce qu’il s’agit du deuxième plus ancien cimetière paysager de tous les États-Unis ? C’est fort probable. Le lieu vallonné invite à la promenade avec ses jardins anglais, ses monuments commémoratifs et ses passerelles menant à des tombes en bord d’étang. Seule différence avec le livre, on ne trouve aucune sépulture indienne à proximité. Si vous n’avez pas la possibilité de vous rendre dans le Maine, pour apercevoir le cimetière, vous pouvez voir l’excellente adaptation en film du roman (par Mary Lambert en 1989). L’équipe de tournage a filmé la scène d’enterrement du fils dans le cimetière de Mount Hope à Bangor. Bonus : on y voit Stephen King lui-même officier en prêtre…

L’hôtel de "Shining" (Estes Park, Colorado, USA) 

En 1974, Stephen King et son épouse séjournent au Stanley Hotel, à Estes Park dans le Colorado. Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir qu’ils étaient les seuls hôtes ce jour-là. La nuit venue, dans leur chambre, la 217, Stephen King se réveille en sursaut. Il vient de rêver que son fils se faisait tuer par un tuyau d’incendie. Ne parvenant pas à se rendormir, il imagine une histoire se déroulant dans cet hôtel – histoire qui allait devenir Shining…
Depuis, le Stanley Hotel est réputé pour ses nombreux fantômes : la moindre chambre a son histoire de femme pendue, de piano se mettant à jouer tout seul ou de corps apparaissant dans le lit. Étrangement, aucune de ces légendes n’avait fait surface avant la sortie du livre de King. Les propriétaires, conscients de tenir un filon, en jouent pleinement. Ils organisent des séances de spiritisme, racontent des histoires sordides et ont même une voyante à demeure. L’hôtel, une grande maison coloniale blanche, a été complètement rénové par Stephen King en 1997 quand il produisit la série "The Shining" tirée de son livre. En effet, il n’avait jamais aimé l’adaptation en film par Stanley Kubrick  et voulait donc proposer sa version.
En 2015, un labyrinthe végétal a été planté devant l’hôtel, en clin d’œil au film de Kubrick. Ce qui n’est peut-être pas du goût de Stephen King, ce dédale n’apparaissant pas dans son roman...
Stanley Hotel, 333 East Wonderview Avenue, Estes Park, Colorado, www.stanleyhotel.com.

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Le Stanley Hotel a inspiré à Stephen King son célèbre "Shining" et accueille encore aujourd'hui de nombreux fans et touristes.

À l'origine de Castle Rock (Woodstock, Maine, USA)

Castle Rock apparaît dans nombre de romans de Stephen King, notamment comme "Dead Zone", "Cujo", "Sac d’os"… mais aussi dans le film "Creepshow" qu’il a scénarisé, et qui fut réalisé par feu le roi des zombies : George Romero. Dans la plus pure tradition des livres d’horreur, la ville a été inventée de toutes pièces. Cependant, elle a été très fortement inspirée par la ville de Woodstock – non pas celle du célèbre festival (située dans l’État de New York), mais celle située dans le Maine, non loin de la frontière avec le New Hampshire. En vous promenant parmi ses maisons typiques en bois, autour de son lac ou dans ses forêts de sapins, vous serez immanquablement saisi par une impression de déjà-vu.

La maison de Stephen King (Bangor, Maine, USA)

Il est loin, le temps où Stephen King en était réduit à vivre dans une roulotte et à cumuler deux emplois pour joindre les deux bouts. Il a depuis acheté un grand manoir à Bangor. La demeure pourrait facilement figurer dans un film de Tim Burton, avec son architecture victorienne et son portail orné de chauves-souris et d’araignées en fer forgé. Elle est devenue un lieu de pèlerinage pour tous les fans de l’auteur et pas un jour ne se passe sans que des dizaines de personnes ne viennent se faire prendre en photo devant la maison.
Maison de Stephen King, 47 West Broadway, Bangor, Maine.

La bibliothèque des manuscrits de Stephen King (Orono, Maine, USA)

Stephen King a accumulé un nombre incalculable de manuscrits, que ce soit ceux de ses livres ou des ébauches d’histoires jamais terminées. Parmi celles-ci, quelques-unes sont devenues légendaires, comme la première histoire de l’auteur écrite alors qu’il n’avait que 12 ans. On peut citer aussi "La Maison de Value Street" que King admet n’avoir jamais réussi à terminer dans son traité : "Anatomie de l’horreur". La plupart de ces documents ont été confiés par Stephen King lui-même à la bibliothèque Raymond H. Fogler de l’université du Maine afin qu’ils y soient conservés. Il faut dire que l’auteur est attaché à ce lieu, puisque c’est dans ses couloirs emplis de livres qu’il rencontra Tabitha Spruce, qu’il épousa en 1971.
La bibliothèque est publique. Sur demande, on peut accéder aux différentes boîtes contenant les documents. Les bibliothécaires sont bien souvent d’accord pour sortir les feuillets en théorie accessibles à tous comme le manuscrit de "Carrie" ou celui de "Shining". En revanche, une boîte contient des documents qui n’ont jamais été révélés au public : pour y avoir accès, il faut un papier signé de Stephen King lui-même… Mais maintenant, vous savez où il habite !
Raymond H. Folger Library (université du Maine), 5729 Fogler Library, Orono, Maine, library.umaine.edu.


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