1. Accueil
  2. Magazine
  3. Épidémie de Covid-19
  4. Coronavirus : pourquoi ce n’est pas le bon moment pour réserver un vol
Épidémie de Covid-19

Coronavirus : pourquoi ce n’est pas le bon moment pour réserver un vol

Texte par

John Walton (traduit de l'anglais par Vincent Guilluy)

Mis à jour le : 26 mars 2020

Carte

Les compagnies aériennes vendent aujourd’hui, en pleine période de confinement due au COVID-19, des billets d’avion à prix très réduit pour le futur, mais faut-il profiter du coronavirus pour faire des projets de voyage à prix très réduit ? John Walton nous dit tout.

La période n’est pas propice au voyage, et pas seulement pour la raison évidente que nous devrions tous rester chez nous et pratiquer la distanciation sociale afin d’écrêter la courbe épidémique du COVID-19. Dans le monde entier, les compagnies aériennes cessent toute activité et remisent leurs avions au garage ou, plus rarement, ne préservent que des “ponts aériens” vitaux, souvent en lien avec leurs gouvernements nationaux pour aider au rapatriement de leurs ressortissants sans devoir recourir aux vols charters.
 
Mais les tarifs pour les vols prévus dans plus d’un ou deux mois, quand ce sera l’été dans l’hémisphère Nord, la haute saison traditionnelle pour les voyages en avion, sont au plus bas chez beaucoup de compagnies aériennes. L’exemption des frais de modification (au cas où vous ayez besoin de changer votre vol) est aussi supposée vous inciter à réserver un voyage, qui vous consolera de votre isolement actuel. Et croyez-moi, nous sommes nombreux à en avoir besoin, en ce moment.
   

Est-ce le bon moment pour prendre des billets d’avion à bas prix ?

Non. La réponse est courte et brutale, mais c’est une mauvaise idée que de faire des projets de voyage au delà du stade “J’aimerais bien aller à XXX quand tout sera fini” ou “Nous irons voir grand-mère quand les experts médicaux commenceront à nous donner le feu vert.”
Je conseillerais très fortement à tous ceux qui pensent réserver un billet maintenant de patienter un mois au minimum et, pour être plus réaliste, d’attendre un mois après la levée de la quarantaine, du confinement ou de l’ordre de rester à l’abri qui sont en vigueur là où ils se trouvent.

steve-halama-6lscqcx9o-o-unsplash.jpg

Ce n’est probablement pas la bonne période pour prendre un billet d’avion

Personne, et encore moins les compagnies aériennes, ne sait quand ces restrictions pourront être levées. Certes, si on veut être optimiste, en regardant certaines données venant de Chine aujourd’hui, il y a des signes positifs : les taux de contamination chutent, grâce aux mesures fortes de quarantaine.
 

En savoir plus : Confinements et interdictions de voyager : quels sont les pays où il y a des restrictions dues au COVID-19 ?
 

Mais on ne sait pas très bien à quelle vitesse ces taux ce contamination vont remonter une fois les quarantaines levées, ce qui pourrait conduire à les remettre en place. Nous allons tous devoir apprendre à vivre avec l’immense incertitude que tout cela comporte – aussi contre nature que cela puisse paraître à ceux d’entre nous qui ont la bougeotte – et passer plusieurs mois sans prévoir un voyage.
De plus, malheureusement, il est très probable que de nombreuses compagnies aériennes finiront par faire faillite, par être nationalisées, rachetées en bloc ou à la découpe. Il est vraiment difficile de prévoir ce qui va se passer mais même avec les compagnies les plus importantes et les plus solides, il reste un risque que votre billet ne vaille plus que du vent.
À l’heure actuelle, il est bien plus raisonnable de reverser votre budget voyage dans votre épargne, notamment parce que personne ne sait à quel point vous en aurez besoin dans un avenir proche.
 

Et ces exemptions de frais de modification ?

En fait, acheter un billet d’avion aujourd’hui revient à prêter sans intérêts de l’argent à votre compagnie aérienne, ou à acheter une carte-cadeau (ce qui, en fin de compte, est également comme un prêt sans intérêts). Certes, certaines compagnies proposent des modifications sans frais au cas où le vol que vous réserverez maintenant pour juin, par exemple, soit annulé. Mais ça ne veut pas dire qu’elles vous échangeront votre billet bon marché de juin contre un autre plus cher pour la période de Noël, par exemple. Si vous lisez les clauses en petits caractères de votre réservation, elles disent très souvent, voire presque toujours, que vous devrez payer la différence entre le tarif très bon marché que vous venez d’obtenir et celui du vol que vous prendrez en réalité.
 

sabina-sturzu-qka4vnsrhlu-unsplash.jpg

La période est plutôt à rêver à de futurs voyages

Et il n’y a absolument aucune garantie que votre compagnie aérienne desservira encore la destination pour laquelle vous réservez : plus ça dure, plus il devrait y avoir de lignes aériennes fermées. Il n’est même pas certain que votre compagnie aérienne existera encore.
Votre assurance-voyage n’a que très peu de chances de couvrir vos pertes, car la plupart des gouvernements sensés recommandent de ne pas voyager en ce moment, et que tous les experts en épidémiologie sont très clairs : ils ne savent pas quand cela va se terminer. Je ne pense pas qu’un tribunal ou un conseil d’arbitrage puisse établir que réserver un avion maintenant fasse partie des choses “raisonnables”, ce qui est exigé dans presque toutes les polices d’assurance-voyage pour obtenir un remboursement.

Les clauses de remboursement incluses dans le contrat de votre carte bancaire ne devraient pas non plus s’appliquer à un tel cas, à mon avis. Ces remboursements sont prévus pour faire face à des perturbations et des situations imprévisibles. Et à l’heure actuelle, hélas, les perturbations dues au COVID-19 sont tout sauf imprévisibles.

En conclusion : restez chez vous, sortez aussi peu qu’il est humainement possible, lavez-vous les mains, et rêvez de voyages. C’est ce que nous faisons tous.
 
Le récent coronavirus (Covid-19) est aujourd’hui une pandémie mondiale. Découvrez ce que cela signifie pour les voyageurs.



Guide de voyage

Le guide indispensable pour partir au bon moment

Paramètres des cookies