Ca’ Pesaro

L'avis de l'auteur Lonely Planet

arts

Ce majestueux palais conçu par Baldassare Longhena et achevé après sa mort, en 1710, réunit deux musées tout aussi remarquables mais sensiblement différents : la Galleria Interna- zionale d’Arte Moderna et le Museo d’Arte Orientale. Le premier réunit des œuvres des artistes majeurs des XIXe et XXe siècles, tandis que le second recèle des trésors du prince Henri de Bourbon-Parme (Enrico Di Borbone), souvenirs de son voyage en Asie de 1887 à 1889. Rivalisant avec les collections, les magnifiques plafonds peints témoignent du pouvoir et du prestige de la famille Pesaro.

La “Galerie Internationale d’Art Moderne” embrasse de nombreux mouvements artistiques des XIXe et XXe siècles, avec notamment des œuvres des Macchiaioli, ainsi que de nombreux expressionnistes et surréalistes. Grâce à la donation De Lisi, exposée au 1er étage, Kandinsky et Morandi vinrent rejoindre en 1961 De Chirico, Miró et Moore. Le musée s’est encore enrichi en 1990 avec la donation Wildt-Scheiwiller comprenant les saisissants L’Homme qui se tait (Uomo che tace 1899) et Vir temporis acti (1921) du sculpteur Adolfo Wildt. Parmi les fleurons d’autres collections, on trouve la Judith II de Gustav Klimt (1909), les bustes en cire de Medardo Rosso (1858-1928), l’inquiétant Un fantôme parcourt l’Europe (Un fantasma percorre l’Europa, 1950) d’Armando Pizzinato et la vigoureuse Partisane vénitienne (Partigiana veneta, 1955) néocubiste en majolique bigarrée de Leoncillo Leonardi. Les œuvres d’Henri Matisse, Max Ernst, Auguste Rodin, Marc Chagall, Ray Lichtenstein et Jeff Koons contribuent à l’attrait de la Ca’ Pesaro, qui surpasse même la (plus chère) Collection Peggy Guggenheim.

Un groupe de guerriers samouraïs monte la garde le long de l’escalier grinçant qui mène au grenier du “musée des arts orientaux”, veillant sur les souvenirs du prince Enrico de Bourbon-Parme (1851-1905) rapportés de son voyage en Asie. Celui-ci a découvert le Japon au moment où l’art Meiji, plus moderne, éclipsait les objets de l’âge Edo, alors bradés. Il en a donc acquis 30 000, dont des netsuke (sculptures miniatures), des armes, des paravents, et un palanquin en laque. À cette collection japonaise s’ajoutent des céramiques islamiques (XIIe-XVe siècle) et un jeu d’échecs chinois finement ouvragé du XVIIIe siècle.

Des expositions temporaires mettant à l’honneur des grands noms de l’art moderne et contemporain, incluses dans le billet d’entrée, sont régulièrement organisées à l’étage intermédiaire.

041 72 11 27 ; capesaro.visitmuve.it ; Fondamenta de Ca’ Pesaro 2076 ; 10h-17h mar-dim ; San Stae