Turkménistan : Histoire

Chronologie du Turkménistan

Les premières civilisations

Les premiers signes d’agriculture sont apparus dans le Kopet Dag au VIe millénaire av. J.-C. D’autres sites de l’âge du bronze ont été localisés dans l’oasis de Margiane, où l’archéologue Viktor Sarianidi a identifié une civilisation sophistiquée, avec plusieurs villages et une vaste capitale. La modification du cours des fleuves au fil des siècles provoqua l’abandon de ces localités et ouvrit la voie à une grande civilisation à Merv. Alexandre le Grand y fonda une cité alors qu’il se dirigeait vers l’Inde.
Au début de notre ère, les Parthes, principaux rivaux de Rome pour la domination de l’Occident, établirent leur capitale à Nissa, à 18 km de l’actuelle Achgabat – subsistent des vestiges, classés au patrimoine mondial en 2007. Au XIe siècle, les Turcs seldjoukides s’emparèrent de Merv, devenue une étape de la route de la Soie, afin d’en faire une base à partir de laquelle s’étendre en Afghanistan.
Deux siècles plus tard, Gengis Khan arriva des steppes et traversa la Transcaspienne (région à l’est de la mer Caspienne) pour conquérir l’Asie centrale. Plusieurs cités-États, dont Merv et Kounia-Ourguentch, furent rasées et leurs habitants massacrés. À l’inverse de Samarcande et de Boukhara, les cités du Sud ne s’en relevèrent pas.
Les premières sources écrites mentionnant l’existence d’un peuple turkmène remontent au Xe siècle. Ce terme désignait alors les Oghouz ayant émigré dans le sillage des Turcs seldjoukides. Sans doute originaires des contreforts de l’Altaï, ces tribus nomades d’éleveurs de chevaux trouvèrent de nouveaux pâturages dans les oasis bordant le désert du Karakoum, ainsi qu’en Perse, en Syrie et en Anatolie (Turquie). Peu concernés par la notion d’État, elles coexistèrent avec les différentes dynasties qui exercèrent le pouvoir en Asie centrale.

La République soviétique du Turkménistan

Terrorisant les Russes qui tentaient de “civiliser” la région au début du XIXe siècle, les Turkmènes capturèrent des milliers de soldats du tsar et les vendirent comme esclaves à Khiva et Boukhara. En représailles, l’Empire russe massacra plusieurs milliers de nomades à Geok-Depe en 1881 avant de prendre le contrôle de la région.
Après la révolution bolchevique de 1917, les communistes s’emparèrent d’Achgabat en 1919. La région fut pendant quelque temps l’oblast (province) turkmène de la République socialiste soviétique autonome du Turkestan, puis devint en 1924 la République socialiste soviétique (RSS) du Turkménistan.
Les tentatives des Soviétiques de sédentariser les tribus et collectiviser les terres exacerbèrent la résistance turkmène. La guérilla dura jusqu’en 1936. Plus d’un million de Turkmènes s’enfuirent dans le désert du Karakoum, au nord de l’Iran et en Afghanistan plutôt que renoncer à leur mode de vie nomade. La campagne anti-religion dictée par Moscou ne fit qu’attiser l’animosité des Turkmènes. Sur les 441 mosquées que comptait le pays en 1911, il n’en restait que cinq en 1941.
Les vagues d’immigrants russes apportèrent leurs méthodes d’agriculture et leurs projets pour la culture du coton. Le climat aride du Turkménistan ne favorisant pas les récoltes, les autorités entreprirent de creuser le canal du Karakoum dans les années 1950 afin d’obtenir les vastes quantités d’eau nécessaire à l’irrigation. Long de 1 100 km, le canal traverse tout le pays et draine l’Amou-Daria (Oxus) pour créer une bande fertile au sud. La production de coton a ainsi quadruplé mais la mer d’Aral a quasiment disparu.
En 1985, Saparmourad Niazov, relativement inconnu, fut élu secrétaire général du Parti communiste du Turkménistan (CPT). Pris au dépourvu par l’effondrement de l’Union soviétique, il fut contraint de déclarer l’indépendance du Turkménistan le 27 octobre 1991.

L'indépendance et l'âge d'or

Déterminé à rester au pouvoir, Niazov rebaptisa le CPT Parti démocratique du Turkménistan et interdit tout autre parti politique. Développant son culte de la personnalité, il ordonna que tout le monde l’appelle Turkmenbachi (chef des Turkmènes), fit ériger des statues à son effigie et placarder son portrait sur les bâtiments. Visible partout, son slogan “Halk, Watan, Turkmenbaşi” (le Peuple, la Nation, le Turkmenbachi) faisait étrangement écho au “ein Volk, ein Reich, ein Führer” (un Peuple, un État, un Chef) d’Hitler.
Tablant sur les énormes réserves pétrolières et gazières du pays, Niazov promit une économie flamboyante, avec des revenus élevés pour les habitants. En réalité, la plupart des bénéfices furent engloutis dans des travaux publics ostentatoires. L’opinion publique était apaisée par les énormes subventions de l’État pour le gaz, l’eau et l’électricité, partie intégrante de l’“âge d’or turkmène” (Altyn Asyr) vanté par Niazov. Parallèlement, le contrôle paranoïaque des médias fit classer le Turkménistan avant-dernier (juste avant la Corée du Nord) dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières.
Ayant échappé à une tentative d’assassinat en 2002, Niazov succomba à une crise cardiaque le 21 décembre 2006, à l’âge de 66 ans. En l’absence d’un successeur désigné, sa mort provoqua une vacance du pouvoir qui ouvrit brièvement la porte à des réformes démocratiques et au retour des dissidents. Peu de temps après, le vice-premier ministre Gourbangouly Berdymoukhamedov prit la tête du pays avec le soutien des partisans de Niazov. Il remporta les élections de février 2007 avec 90% des voix : seul le parti démocratique du Turkménistan avait présenté des candidats, et même les rivaux de Berdymoukhamedov le soutenaient ouvertement. Ancien ministre de la Santé, Berdymoukhamedov serait, selon la rumeur, un fils illégitime de l’ancien président. Bien que cette filiation reste douteuse – Niazov n’avait que 17 ans lors de la naissance de Berdymoukhamedov –, la ressemblance entre les deux hommes est troublante.

2006

La mort de Niazov, le "président à vie" du Turkménistan, met fin à de longues années de pouvoir personnel. Le régime ultra-répressif se poursuit néanmoins avec son successeur, Gurbanguly Berdymukhamedov.

2014

Pour leur retrait d'Afghanistan, les soldats américains et ceux de l'OTAN durent convoyer 70 000 véhciules et 120 000 conteneurs à travers l'Asie Centrale.

Mis à jour le : 9 octobre 2019

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