Cameroun : Histoire

Présentation et histoire du Cameroun

L'histoire du Cameroun commence probablement il y a des millénaires, mais l'on sait très peu de choses avant les épisodes coloniaux, faute de rapporteurs. 

XVe-XIXe siècles

En 1472 de navigateurs portugais débarquent, très impressionnés par le grand nombre de crevettes qui vivaient dans les fleuves. Ces camarões donneront plus tard son nom au pays ! Au cours des 400 années suivantes, le Cameroun, à l'instar des autres pays de la côte africaine atlantique, vivra au rythme du commerce des esclaves. Le Nord demeurait, pour sa part, soumis à des guerres incessantes opposant les différentes ethnies, qui se battaient notamment pour l'empire du Kanem-Bornou, au Tchad. Lorsque les Allemands conquirent le pays à la fin du XIXe siècle, toute la partie nord appartenait à l'empire des Foulanis du Sokoto (Nigeria).

Fin XIXe siècle

Invitée dans les années 1850 par le chef de Douala, à établir un protectorat dans la région, la Grande-Bretagne, à force d'hésitations, finit par se faire souffler cet accord par l'Allemagne en 1884. Les Allemands se lancèrent dans la construction d'écoles et de voies ferrées et créèrent des plantations où régnaient des conditions de vie particulièrement dures : près d'un cinquième des paysans y moururent d'épuisement en un an.

Première moitié XXe siècle

Après la Première Guerre mondiale, la Société des Nations confia à la France le mandat d'administrer près de 80% du territoire et à la Grande-Bretagne, la gestion de deux régions distinctes, l'une au sud, la seconde au nord (qui fait aujourd'hui partie du Nigeria). Le pays se trouvait donc divisé en trois parties et gouverné par deux puissances coloniales différentes (ce qui ne favorisera guère sa réunification future). Les Britanniques négligèrent quelque peu leurs territoires, reportant toute leur attention sur le Nigeria voisin. Ils revendirent finalement quelques années plus tard leurs terres camerounaises aux Allemands. La Seconde Guerre mondiale contraignit toutefois rapidement ces derniers chassés par les Alliés, à quitter le pays.

1945-1960

Les Français, pour leur part, construisirent de nouvelles voies ferrées (certes en réquisitionnant des ouvriers), créèrent des plantations de cacao et de palmiers, mirent en place le commerce du bois et multiplièrent ainsi par cinq la valeur commerciale du pays entre les deux guerres. Après la Seconde Guerre mondiale, de nouveaux partis politiques virent le jour, qui réclamaient instamment l'indépendance de leur pays. L'Union camerounaise, issue du Nord du pays, prit le contrôle de l'assemblée législative, fondée en 1955, renforçant encore les tensions avec le Sud. Le Cameroun francophone obtint son indépendance en 1960. De violentes révoltes éclatèrent quasiment immédiatement entre le Nord et le Sud, qui nécessitèrent l'intervention des troupes françaises pendant 8 mois. Des milliers de personnes furent tuées et l'état d'urgence décrété dans le pays. Il durera 20 ans. L'Union camerounaise s'imposa au pouvoir et son leader, Ahmadou Ahidjo, fervent musulman du nord, devint président.

1961-1988

En 1961, la partie nord du Cameroun anglophone vota sa réunification avec le Nigeria et la partie sud se rallia au Cameroun francophone. Ils se réunirent en une seule république 11 ans plus tard. Candidat unique, Ahidjo fut réélu président en 1975 et poursuivit sa politique dictatoriale et brutale, jetant des centaines de milliers d'opposants en prison et censurant la presse. Il contribua néanmoins au développement de l'agriculture, de l'enseignement, de la santé et des structures routières, sans jamais céder à la tentation du surendettement ni se lancer dans des projets pharaoniques. La scolarisation atteignit un taux proche de 70% et le pays parvint à l'autosuffisance alimentaire tout en exportant une grande variété de matières premières. Contre toute attente, Ahidjo, pourtant au sommet de sa gloire, se retira de la politique en 1982. Son successeur désigné, le Premier ministre Paul Biya, chrétien du Sud, s'empressa d'écarter du pouvoir les alliés du Nord d'Ahidjo, surnommés "les barons". En 1984, ces derniers organisèrent un coup d'État qui faillit bien réussir, mais Biya reprit rapidement le contrôle de la situation. À son tour candidat unique aux élections, il fut élu président en 1988.

1990-1991

Le Cameroun fit la "une" de l'actualité internationale en 1986, avec des émanations de gaz toxiques provenant du lac Nyos, lac du cratère d'un volcan du massif montagneux de l'Ouest du pays, qui asphyxièrent près de 2 000 personnes dans leur sommeil. D'après les scientifiques, ce phénomène pourrait se reproduire à tout moment. En 1990, déçus de la gestion désastreuse de Biya, les Camerounais commencèrent à accuser ouvertement le gouvernement de corruption. Un nouveau parti, le Front social démocratique (SDF) fut créé. Le gouvernement essaya vainement de le dissoudre mais, en moins d'un an, 30 partis politiques et une douzaine de journaux indépendants virent le jour. Biya refusant toutefois la tenue d'élections constitutionnelles en 1991, ses opposants appelèrent à une grève générale.

1992-1997

Biya finit par abandonner la partie, et les premières élections multipartites depuis plus de 30 ans furent organisées. Les différents partis d'opposition remportèrent 52% des voix. Le nouveau Premier ministre, Simon Achidi Achu, forma en 1992 un gouvernement de coalition. Quelques mois plus tard, Biya remporta de justesse les élections présidentielles, devant une opposition divisée et mal préparée. Les observateurs internationaux qui avaient supervisé les élections ayant parlé de fraude, des émeutes se déclenchèrent à l'ouest du pays. Le gouvernement dévalua le franc CFA en 1994, ce qui favorisa les exportations mais réduisit les salaires publics de 70%. L'Assemblée nationale (dominée par l'Union camerounaise) passait peu après le mandat présidentiel de 5 à 7 ans. Paul Biya, une nouvelle fois candidat unique, remporta les élections présidentielles en 1997. Moins d'un tiers des électeurs s'étaient toutefois rendus aux urnes.

2004

En octobre 2004, réélection sans surprise de Paul Biya à la présidence de la république du Cameroun avec 75,24% des voix. En juin 2006, le Cameroun et le Nigéria signent un accord qui enterre leur différend à propos de la péninsule de Bakassi. Le 8 décembre 2004, il y a un nouveau gouvernement avec à sa tête le premier ministre Ephraïm Inoni, qui est anglophone (du sud-ouest) comme le veut l'usage de l'équilibre politique du Cameroun.

2008

Le 10 avril 2008, l'Assemblée Nationale adopte le projet de loi sur la révision constitutionnelle avec 157 voix pour, 5 contre et 15 non votants. Ce projet adopté est très critiqué par les partis politiques de l'opposition puisqu'il permet à Paul Biya de prétendre à un autre mandat à la fin de son mandat en 2011.

2011

Le 9 octobre 2011, Paul Biya est réélu avec 78 % de voix en sa faveur. 

 

evaneos