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Burkina Faso : Les Incontournables

Ce qu'il ne faut pas manquer au Burkina Faso

Les attractions et sites à voir absolument au Burkina Faso : villes, monuments, parcs nationaux... le meilleur du Burkina Faso.

Ouagadougou

Située au cœur du pays, Ouagadougou (Ouaga), la capitale, se tient à la croisée de plusieurs anciennes routes commerciales. Elle ressemble davantage à un gros bourg de campagne qu'à une mégalopole, et le centre se parcourt aisément à pied. Elle ne compte guère de monuments ou de bâtiments spectaculaires à visiter, mais offre, en revanche, de larges avenues ombragées et une atmosphère sympathique et chaleureuse. Les Burkinabè prennent volontiers le temps de bavarder et de se raconter les nouvelles du jour autour d'un café. L'hospitalité constitue vraiment l'une des principales caractéristiques de la ville. À la différence d'autres cités du Sahel, les musulmans ne sont pas majoritaires à Ouagadougou, qui jouit d'une vie nocturne très animée. Des cybercafés relativement bon marché fleurissent dans toute la ville.
Ouagadougou est idéale pour flâner tranquillement, sans but particulier. La cathédrale, près du palais du moro-naba, est la plus grande de l'Afrique de l'Ouest intérieure. Elle a été construite entre 1934 et 1936, à l'initiative de Mgr Thévenoud.
Très pittoresque, le grand marché méritait, jusqu'à son incendie en 2003, une visite. Depuis, les marchands se sont éparpillés dans la ville et Ouaga a lancé un grand plan d'urbanisme.
Le quartier commerçant se situe au cœur d'un triangle formé par la gare ferroviaire au nord, le palais présidentiel à l'est et la cathédrale au sud. L'avenue Nelson-Mandela le traverse dans sa partie supérieure avant de rejoindre la vaste place des Nations-Unies. La plupart des rues principales de la ville convergent vers cette place. Les différents lieux de restauration et d'hébergement sont disséminés à l'intérieur de ce triangle.

Bobo-Dioulasso

Autre ville reculée et accueillante, Bobo-Dioulasso est la patrie de l'ethnie bobo. Plus petite encore que Ouagadougou, elle possède toutefois de larges avenues et des marchés aussi animés.
Le Musée provincial du Houët, installé dans un bâtiment d'architecture soudanaise, renferme deux collections différentes : l'une présente l'art africain moderne, avec batik et sculptures, l'autre propose des objets d'art traditionnel de la région. Faites éventuellement une halte au centre culturel français Henri-Matisse. Vous pourrez tranquillement lire quelques magazines français, confortablement assis à l'ombre de grands arbres. Construite en boue séchée dans la tradition architecturale soudanaise, la grande mosquée est le monument bobo le plus impressionnant de la ville. Un gardien propose des visites guidées à un prix très élevé. Vous pouvez aussi vous contenter de la salle intérieure, le reste ne s'avérant pas vraiment indispensable. Le vieux quartier de Kibidwé regorge d'ateliers d'artisans (essentiellement des potiers et des forgerons) et se révèle, en revanche, très intéressant.
Facile d'accès, Bobo se situe à 300 km au sud de Ouagadougou. Depuis la capitale, des avions la desservent quatre fois par semaine, des trains, trois fois par semaine et des bus effectuent le trajet quotidiennement. Des taxis-brousse et des minibus assurent également la liaison, à un prix toutefois relativement plus élevé que les bus.

Parc national d'Arli

Le parc national d'Arli, au sud-ouest du pays, fut créé dans les années 1950 afin d'essayer d'enrayer la désertification et la déforestation régionale. Bien que relativement petit en lui-même, il couvre deux autres réserves, Singou et Pama, et rassemble ainsi de grands espaces de savane ponctués des immenses falaises de Tambarga et Gobnangou. Il abrite une faune nombreuse : antilopes, babouins, gazelles, singes, phacochères ou autres hippopotames. Les éléphants et les lions constituent toutefois les véritables stars du lieu. Les lions déambulent en liberté, mieux vaut donc ne pas compter sur une promenade romantique dans le parc à la nuit tombée.
Particulièrement luxueux, le principal hôtel du parc pratique des tarifs plutôt onéreux : une chambre et un repas reviennent facilement à 50 €. On peut camper à proximité de l'hôtel ou séjourner Chez Madame Bonazza, établissement nettement moins coûteux situé dans la réserve voisine de Pama. Tenu par des Italiens, il propose des chambres correctes et une cuisine savoureuse.
Si vous souhaitez gagner le parc par vos propres moyens, suivez la route Ouaga-Niamey sur 389 km vers l'est, jusqu'à Kantchari. Obliquez vers le sud en direction de Diapaga, puis vers le sud-ouest jusqu'à l'entrée du parc. Il se tient à environ 130 km de Diapaga. On peut aussi prendre le bus de Ouagadougou à Diapaga ou Namounou et terminer le trajet en stop.

Banfora

Illustration même de l'inactivité, le centre-ville de Banfora se résume plus ou moins à une station-service, une banque et quelques chiens somnolant d'arbre en arbre. Les paysages des alentours comptent toutefois parmi les plus spectaculaires du pays et la région offre de multiples possibilités de randonnées pédestres et cyclistes.
Impressionnantes toute l'année, les chutes de Karfiguéla sont grandioses pendant la saison des pluies et constituent un changement bienvenu après la traversée des régions marquées par la sécheresse. Dans la mesure où il existe des cas de bilharziose, la baignade dans les bassins des chutes n'est pas sans danger. Prévoyez de même vos propres réserves d'eau potable en saison sèche car l'eau devient impropre à la consommation. Les dômes de Karfiguéla, une formation rocheuse proche des chutes, sont propices aux randonnées. À 10 km de là, le lac Tengréla permet une pause agréable. Les pêcheurs du village voisin vous proposeront volontiers un tour en pirogue moyennant quelques francs cfa (il faut parfois savoir marchander âprement !) afin d'observer les oiseaux du lac de plus près et surtout les hippopotames. Non loin se dressent les étranges falaises de Sindou, qui évoquent des sculptures posées de guingois par une main facétieuse.
Depuis Ouagadougou, il faut prendre le train jusqu'à Banfora (voire l'express pour Abidjan) ou jusqu'à Bobo avant d'effectuer les derniers 80 km en bus ou en taxi-brousse. Pour circuler facilement dans la région de Banfora, optez pour une mobylette, un vélo ou une moto, qui se louent à la journée.

Gorom-Gorom

Au nord-est du Burkina Faso, Gorom-Gorom est la ville du Sahel par excellence. Située aux portes du désert, elle marque la limite de la civilisation. Au-delà commence le monde des dunes balayées par les vents et du silence. L'hébergement se fait dans des maisons soudanaises traditionnelles et le dépaysement est total. Essentiellement nomade, la population se compose ici surtout de Touaregs, de Peuls, de Maures et de Songhaïs.
Sans conteste le plus coloré et le plus pittoresque du Burkina Faso, voire du Sahel, le marché de Gorom-Gorom est sans doute le plus important du pays. Les différentes ethnies du Sahel et du Sahara s'y regroupent et s'y mêlent dans un étonnant chatoiement de couleurs. Les tuniques indigo des bergers touaregs côtoient les turbans rouges et jaunes des bergers peuls et des paysans songhaïs, tandis que les femmes peules, vêtues de boubous colorés, arborent des coiffes compliquées richement décorées de bijoux et de larges boucles d'oreilles en or ou en argent. Les hommes portent souvent de somptueuses ceintures en cuir et des épées en argent finement ouvragées. Impossible non plus de décrire par le menu l'incroyable diversité des objets artisanaux et des mets du désert apportés sur le marché par ces ethnies.
Gorom-Gorom se situe à 290 km au nord-est de Ouagadougou. Des bus, des taxis-brousse ou des minibus s'y rendent.

Tiébélé

Si vous vous rendez à la réserve de Nazinga, vous pouvez prévoir un crochet à Tiébélé. Situé au cœur du pays gourounsi, ce village se trouve à une quarantaine de kilomètres à l'est de Pô, sur une piste de terre. La maison traditionnelle gourounsie ressemble à une forteresse. Elle est recouverte de dessins géométriques rouge, noir et blanc. Ce sont les femmes gourounsies qui peignent les maisons avec des plumes de pintade.
Il est impossible de se rendre à Tiébélé sans son propre véhicule. Accessible en 4x4, c'est à 140 km au sud de Ouagadougou.

Réserve de Nazinga

Au sud de Ouagadougou, près de Pô et de la frontière ghanéenne, la réserve de Nazinga est un parc animalier tenu par des Canadiens. Le Burkina Faso abriterait aujourd'hui la plus vaste population d'éléphants d'Afrique de l'Ouest, grâce notamment à la politique menée dans cette réserve. Depuis 1979, les responsables se sont en effet efforcés d'instaurer un équilibre entre les besoins des populations locales et la nécessité de protéger les éléphants des chasseurs d'ivoire et autres prédateurs humains. Ils ont ainsi limité les pâturages réservés aux animaux, développé l'emploi local, favorisé l'écotourisme et réduit le braconnage. Toutes les visites s'effectuent avec un guide. On peut néanmoins sortir des véhicules pour marcher un peu, mais il arrive parfois que les éléphants chargent les intrus.
Particulièrement isolé, le ranch n'est quasiment accessible qu'en 4x4. Si vous n'êtes pas motorisé, essayez de vous joindre à un groupe de touristes se rendant dans cette direction. Sinon, il vous reste toujours la solution de vous adresser au ministère du Tourisme de Ouagadougou, qui propose des excursions à la journée.
Si vous vous déplacez par vos propres moyens, prenez un taxi-brousse ou un minibus de Ouagadougou à Pô, puis essayez de dénicher un véhicule pour les 50 derniers kilomètres restant jusqu'à la réserve de Nazinga. Pô se trouve à 140 km de Ouagadougou.

Ouahigouya

Sur la route du pays Dogon, au Mali, vous pouvez faire halte à Ouahigouya, au nord du pays. Cette petite ville très pittoresque, tout en longueur et coupée du monde, se visite facilement en une journée.
Juste après le ramadan, poussez jusqu'à Ramatouyale, à 25 km à l'est de Ouahigouya, pour suivre le pèlerinage à la mosquée qui marque la fin de la période de jeûne. Ouahigouya abrite aussi la maison du naba kango, palais du royaume du Yatenga. À l'époque précoloniale, le Yatenga était le grand rival du pays Mossi. Bien que cette demeure édifiée traditionnellement en boue séchée puisse sembler modeste, elle offre suffisamment d'espace pour loger les quelque 30 épouses du naba, regrouper plusieurs greniers et la pièce indispensable à tout naba digne de ce nom, la salle des fétiches. Personne, pas même les enfants du naba, ne sait ce dont il s'agit exactement. Munis de quelques cadeaux, les visiteurs peuvent saluer le naba. L'argent représente un cadeau tout à fait acceptable.
Ouahigouya est à 160 km de Ouagadougou. Des taxis-brousse, des véhicules privés et des minibus s'y rendent régulièrement au départ des principaux terminaux.