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Idées de voyage

Voyage en Guadeloupe : nos 10 expériences coups de cœur

Texte par

Emilie Thièse

Mis à jour le : 30 juin 2021

Carte

Avec ses plages aux eaux turquoise ourlées de palmiers, où l’on s’adonne, selon l’humeur, aux activités nautiques ou au farniente, et sa dense forêt tropicale qui abrite rivières et chutes d’eau, la Guadeloupe a tout pour plaire. S’y attarder – parfois, plus que de raison – c’est prendre le risque de dénicher quelques pépites, seulement connues des initiés. Avec un penchant certain pour la Côte Sous le Vent et les îles satellites, voici les nôtres : dix expériences et rencontres, entre coups de cœur et nouveautés.

NDLR : la Guadeloupe applique actuellement une quarantaine obligatoire de 7 jours, sauf pour les personnes vaccinées. Vous devrez arriver avec un test PCR négatif de moins de 72h puis refaire un test après 7j sur place.
 
 

1. S'infiltrer dans le Pointe-à-Pitre underground

Pointe-à-Pitre se découvre généralement le samedi, au fil de ses marchés, et lorsque les rythmes des Gwo Ka enfièvrent ses rues piétonnes. Avec sa trame en damier et son chapelet de maisons traditionnelles, l’ancienne ville comptoir aurait pu devenir un conservatoire de l’architecture coloniale caribéenne… si elle n’avait été laissée à l’abandon. Sous ses fards, certes, fanés, mais non dénués de charme, elle révèle, à qui sait chercher, quelques surprises, annonçant le vent d’un renouveau. Depuis quelques années, citoyens et artistes insufflent une nouvelle dynamique sur la ville : maisons fraîchement repeintes, jardins créoles communautaires, restaurants arty, galerie d’art et pléthore de fresques murales (re)prennent, peu à peu, possession du centre historique. Dans les pousse-pousse électriques d'Enoch, on s'engouffre, pendant 4 heures, au cœur de ce Pointe-à-Pitre militant, qui résiste, avec voix et couleurs, à l’oubli et au délabrement. On y découvre, en insider, certains pans de son histoire peu ébruités, et, surtout, ses plus belles œuvres à ciel ouvert - dont celles réalisées lors de la Pool Art Fair et du World Kreyol Art Festival, deux événements phares de cette nouvelle ère pointoise -, décryptées par l’un des artistes invités.

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Œuvre de l’artiste Al Pacman, l’un des initiateurs du World Kreyol Art Festival

2. Se faire la main à l'indigo

Avec son relief étonnant de long monstre bossu, flottant sur le ventre entre Atlantique et Caraïbe, La Désirade, l'île la moins fréquentée de l'archipel, distille une atmosphère très particulière. Sa lumière crue et cette sensation d'un espace-temps suspendu nourriraient-elles l'inspiration ? À la descente du bateau, le bourg de Beauséjour le porte à croire. Sur sa petite superficie se concentre en effet une belle poignée d'artistes et d'artisans. Dans la boutique-atelier d'Indigo en Désirade, où flottent, au gré des alizés, cotons et soies mouchetés, Renée et Ghislain s'adonnent aux teintures et impressions végétales. Ornant avec poésie vêtements et tableaux : curcuma, rocou, bois de Campêche... mais aussi Plicopurpura patula, précieux coquillage qui livre, directement dans la mer, son éminent pourpre, ou encore l'indigo, qui fit la fortune des Antilles entre le XVIIe et le XVIIIe siècle. Pour saisir la magie de ce dernier, qui révèle sa couleur unique par oxygénation - l'air le faisant passer du vert au bleu -, le duo propose stages et ateliers. Nœuds, froissements, et autres techniques empruntant librement aux très codifiés shibori japonais, permettent, sur les tissus naturels clairs, d'élaborer une grande variété de motifs, aux teintes plus ou moins prononcées, selon le nombre de trempages. Une expérience d'une créativité folle, car offrant une infinité de possibles, dont on ressort… pour quelques heures du moins, avec les mains bleues.

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Initiation à la teinture indigo naturelle sur l’île de La Désirade

3. Vibrer dans une plantation de café

Carré argenté, petites lunettes cerclées de noir, regard mutin... Bernadette Beuzelin n'est pas une femme ordinaire. Après avoir découvert - et entièrement réhabilité - une habitation du XVIIIe siècle, perchée sur les hauteurs de Pointe-Noire - la Caféière Beauséjour -, elle s'est installée à peine plus loin, pour « mettre les mains dans la terre », et renouer avec son enfance de descendante de planteurs, sans pour autant renier ce qui, peut-être, la définit le plus : l'hospitalité. Dans sa plantation de café, de vanille et de cacao, immergée dans la forêt tropicale, s'élèvent cinq locations de charme, un restaurant et un écomusée. Le site, avec son nuancier de verts fardé de bleu, sert d'écrin luxuriant à des déjeuners et dîners concerts. En fin de semaine, on se presse à « La Manon » avec appétit - la table, à elle seule, mérite l'ascension - pour découvrir des talents d'ici, et parfois d'ailleurs, sélectionnés avec soin. Car Bernadette, qui fut biberonnée aux arpèges - son père était un mélomane averti -, est aussi la créatrice du festival de musique Les Nuits Caraïbes. La pomme ne tombe jamais très loin de l'arbre. 

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Concert du duo d’artistes Evaïana, à l’Habitation La Manon, sur les hauteurs de Pointe-Noire
 4. Flirter avec les abysses

Le rendez-vous est pris sur l'anse Caraïbe, aux abords de l'aire maritime protégée du Parc national, bien loin, cependant, de la (triste) surenchère touristique de la plage de Malendure. Antoine Maestracci, acteur reconnu de l'enseignement de l'apnée et fondateur d’Anbadlola, vous y équipe de pied en cap, avant de vous faire partager une partie de son savoir, celle qui vous sera, les premiers temps du moins, nécessaire. Une mise à l'eau là où vous avez pied, pour un test d'apnée statique, et vite s'apercevoir que tout l'enjeu de ce sport n'est pas tant de retenir sa respiration, que de réussir à lâcher prise. Deuxième session ; c'est là que l'aventure commence. Les câbles sont tendus au-dessus du Franjack, un cargo danois posé, depuis les années 1990, sur le sable, à 23 mètres de profondeur. Sur sa carcasse dévorée par le sel, c'est tout un microcosme coloré qui s'épanouit. Atteindre cet écosystème merveilleux se fait parfois par à coups, souvent rapidement - la technique d'Antoine est éprouvée -, mais, dans tous les cas, ne constitue pas une fin en soi. Longer le câble, relâcher les tensions, dompter peu à peu ses trompes d'Eustache... Et surtout, canaliser son mental pour frôler cet état méditatif qui permet de « se fondre dans le milieu », de faire corps avec lui. Afin, à terme, de mieux l'observer... Ou, simplement, de s'abîmer dans le bleu.

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Descente en apnée sur le Franjack, dans la baie de Malendure
 5. Philosopher avec Louis Bonit

Sa case jaune ouverte aux alizés est posée en surplomb de la mer, à côté du très réputé restaurant Ô Z'épices. Avant de créer cet atelier-boutique, Louis Bonit a eu plusieurs vies. Pieds nus, assis sur un tiban, il sculpte ses calebasses d'un geste sûr. Son père, descendant des Caraïbes (peuples autochtones des Petites Antilles), lui a transmis son savoir-faire artisanal ; Louis sait travailler toutes les matières premières. Lianes siguine, dont il fait des paniers ; graines, qu'il décore pour faire des bijoux ; bambou, noix de coco... et les fameuses calebasses, appelées aussi coui (ou kwi en amérindien), fruits dont il existe de nombreuses variétés et qui, une fois évidés, servaient traditionnellement de récipient. Malgré ses dreadlocks, Louis n'appartient à aucune communauté ; la seule chose qui l'anime, vous dira-t-il, l'œil malicieux, c'est « l'amour » : pêcher, cultiver son jardin, jouer de la musique chez lui ou avec son groupe Gwada Lion... Et façonner, humblement, à la main, ce que lui offre la nature, pour créer de jolis objets.

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Louis dans son atelier-boutique Roots Natural, à Bouillante
 6. Goûter aux mystères du chocolat

Il faut remonter la rivière Petite Plaine, à l'entrée de Pointe-Noire, pour rejoindre la belle case tout en bois de Claude, blottie dans le manteau de la forêt tropicale. Avec ses 15 hectares, où s'épanouissent, sous les ombrages et au bruissement de l'eau, 3 000 cacaoyers, Gwakako est aujourd'hui la seule plantation de cacao de Guadeloupe. Outre la beauté du lieu, si l'on se rend ici, c'est pour lever le mystère du chocolat. On y découvre d'abord la cabosse, le beau fruit cannelé du cacaoyer, qui, une fois arrivé à maturation, révèle, dans sa pulpe, les fèves qui seront mises à fermenter, puis à sécher. C’est elles que l’on s’amusera à torréfier, éplucher, broyer… jusqu'à obtenir une pâte, que l'on goûtera d'abord en boisson - diluée dans de l’eau, comme le veut la tradition - avant de confectionner ses propres tablettes : un 70 %, boosté, selon l'envie, au piment, au gingembre, aux éclats de coco, aux noisettes...

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Atelier “De notre plantation à votre tablette ” chez Gwakako à Pointe-Noire

7. Embrasser Marie-Galante depuis les airs

Irrésistible Marie-Galante, refuge du voyageur avide d’authenticité et de lenteur. Avant de s’enfoncer dans ses terres paysannes et fleuries, il fait bon prendre de la hauteur et mesurer l’envergure de la plus grande des îles satellites. À l’aérodrome de la Pointe des Basses, on s’installe à bord du gyroptère d’E.L.I Autogire. Cet ULM bi-place à voilure tournante, piloté par Philippe, s’élève entre 800 et 1500 pieds, déroulant, à 360°, l’époustouflante beauté de la “grande galette” : son vert profond léché de bleu, les variations turquoise de ses côtes et les découpes de ses falaises calcaires, parfois marquées de singularités géomorphologiques, comme Gueule Grand Gouffre, puits immense percé d’une arche où s’engouffre l’Atlantique.

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Gueule Grand Gouffre vue du ciel

8. Plonger dans l'histoire de la Caraïbe

Le MACTe, centre culturel de 7 000 m2 consacré à la mémoire de la traite négrière et de l'esclavage, a été inauguré en 2015, sur le site de Darboussier, considéré, au XIXe siècle, comme la plus grande usine sucrière des Petites Antilles. La symbolique est forte, d'autant que l'espace muséal, qui offre un éclairage dense sur l'histoire de la traite et de l'esclavage depuis l'Antiquité jusqu'à aujourd'hui, est considéré comme l'un des plus fournis au monde sur le sujet. Un lieu incontournable, tant pour son architecture éblouissante, miroitant sur la mer face aux galbes de la Basse-Terre, que pour son contenu, qui donne tout son relief au décor de carte postale.

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 Fin de journée sur le Mémorial ACTe
 9. Arrêter le temps à Terre-de-Bas

Petite sœur paisible de Terre-de-Haut, Terre-de-Bas fait souvent l'objet d'une courte escale, le temps de mordre dans les célèbres accras d'Eugenette, si riches en poisson, et de goûter, furtivement, à sa douceur de vivre. Une parenthèse qui mériterait pourtant de s'étirer sur plusieurs jours. Car la plus discrète des Saintes épanche tous les désirs de robinsonnade. Surtout si l’on pose ses valises sur son versant ouest, dans l'adorable village de Petites Anses, bordé de criques merveilleuses, promesses de tête-à-tête subaquatiques avec une faune multicolore.

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La douceur de vivre de l’île de Terre-de-Bas, aux Saintes

10. Camper au cœur de la Guadeloupe rurale

Escortée par les champs de canne, la route se plaît à bifurquer avant d’atteindre le portail blanc d’Ekolodj Manten. Implanté dans un quartier typique de la Basse-Terre rurale, le site, unique en son genre dans l’archipel, offre la convivialité d’un camping, rehaussée de confort : 7 bungalows toilés, au style sobre, dotés d’une literie de qualité, d’une cuisine, d’une salle de bain… s’agencent autour d’une piscine commune avec vue sur les montagnes. À l’originalité du concept s’ajoute une démarche résolument écologique (récupération des eaux de pluie, station photovoltaïque, compost, jardin créole…) des plus réjouissantes.
 

Et en bonus : voler à petit prix...

Ses prestations sont régulièrement vantées, tant par les Guadeloupéens que par les touristes… Et pour cause ! Outre la fréquence de ses vols (jusqu'à 3 par jour) et la qualité de son accueil, Air Caraïbes est la compagnie aérienne qui offre le meilleur rapport qualité/prix pour s'envoler vers les Antilles (à partir de 390 € l'aller-retour). Et si vous avez hâte de sauter dans l’avion, jetez un œil à leur tout nouvel appareil, l’A350-1000, qui se visite en 3D.  

 



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