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Préparer un safari en Tanzanie : le guide

Carte

Outre le fameux parc national du Serengeti et le cratère du Ngorongoro, la Tanzanie est fort d’un exceptionnel réseau de parcs naturels et de zones préservées. Le spectacle offert par la vie sauvage y est d’une diversité et d’une beauté pratiquement sans égales, et constitue un temps fort de tout voyage dans ce pays. Vous avez ce projet en tête ? Voici le guide pour savoir comment préparer son safari en Tanzanie.

Réservation

Il n’y a pas de meilleur endroit qu’Arusha pour organiser un circuit dans les parcs du nord du pays. Les opérateurs installés à Mwanza organisent également des safaris dans l’ouest du Serengeti. L’offre est moins centralisée s’agissant des parcs du sud de la Tanzanie, mais des agences sont établies à Dar es Salam. Kigoma est la principale base des voyageurs indépendants et à petit budget préparant un périple dans les parcs de Gombe et des monts Mahale ; presque tous les safaris haut de gamme à destination de ces mêmes parcs et dans celui de Katavi sont organisés depuis Arusha sous forme de séjours tout compris (ou pour Mahale et Katavi, sous forme de supplément à un safari tout compris dans le parc de Ruaha). Mwanza et Bukoba sont des endroits parfaits pour préparer la visite du parc national de l’île de Rubondo. 
Cela étant dit, nous vous conseillons vivement de réserver et de payer votre safari avant votre départ, notamment si vous voyagez dans les zones très touristiques en haute saison, Dans l’ensemble, la réservation d’un safari de la catégorie petit budget implique une majoration de 5 à 10% du tarif, mais cela évite d’avoir affaire aux rabatteurs professionnels qui peuvent se montrer assez agressifs. 
En cas de réservation sur place, mieux vaut étudier soigneusement les offres disponibles et ne pas agir dans la précipitation.


Éléphants, Tanzanie. Gabi

Coût d'un safari en Tanzanie

La majorité des devis comprennent l’entrée des parcs, l’hébergement ainsi que le transport depuis/vers et à l’intérieur du parc. Généralement, les boissons sont comptées en sus, même si certains tour-opérateurs fournissent une bouteille d’eau par jour. D’ordinaire, la formule en tente ne comprend pas la location des sacs de couchage (de 5 $US par jour à 20 $US par voyage).
Le choix d’une simple solution d’hébergement implique de payer un supplément pour observer les animaux, que ce soit en voiture, en bateau ou à pied. Il est possible de faire une ou deux de ces “activités” en une journée (deux à trois heures chacune). Comptez de 30 $US par personne et par activité, 250 $US par jour et par véhicule pour un safari en voiture.

Petits budgets 

La plupart des safaris économiques se font en tente, et impliquent de camper hors des parcs nationaux ou de loger dans une pension bon marché. Pour réduire leurs coûts de transport, les agences emmènent généralement des groupes comptant un nombre élevé de personnes. Les économies sont également réalisées aux dépens des repas (basiques) et du personnel (réduit). Pour la plupart des safaris petits budgets, et pour beaucoup de safaris de catégorie moyenne, un kilométrage quotidien limité est imposé aux véhicules.
Comptez de 150 à 200 $US par personne et par jour pour un safari petit budget avec un tour-opérateur agréé. N’acceptez pas les offres proposant des tarifs inférieurs à ceux-ci, ou préparez-vous à rencontrer des problèmes. Les boissons coûtent cher dans les parcs et dans leurs environs : apportez les vôtres pour faire des économies (surtout de l’eau en bouteille). Pensez à emporter en-cas, nourriture supplémentaire et papier hygiénique. En basse saison, les tarifs des safaris en lodges sont souvent proches de ceux des safaris en camping.

Catégorie moyenne

Dans l’ensemble, les safaris de cette catégorie sont fiables, d’un rapport qualité/prix raisonnable, et offrent un minimum de confort : hébergement en lodge, avec une chambre agréable, et repas dans des restaurants. Seul bémol : on a parfois l’impression de participer à un voyage organisé. Mieux vaut donc choisir avec soin l’agence et l’hébergement, en se renseignant en particulier sur le nombre de participants, et en évitant les grands lodges très fréquentés en haute saison. Pour un safari en lodge de gamme moyenne, il faut compter de 200 à 300 $US par personne et par jour.

Catégorie supérieure

Lodges privés, tentes de luxe et parfois campements privés itinérants… Tous les safaris de cette catégorie sont conçus pour offrir l’expérience la plus authentique du bush tanzanien, dans des conditions de confort à la hauteur du tarif de la prestation (de 300 à 600 $US ou plus par personne et par jour). Les guides, comme la prestation, sont excellents. Chaque client fait l’objet d’attentions personnalisées. Même dans la campagne la plus reculée où l’eau courante est un luxe ignoré, vous aurez droit à votre douche chaude, à un lit confortable et à une cuisine raffinée, dans une atmosphère intime (moins de 20 lits dans la plupart des cas). 

Quand partir ?

D’une manière générale, voyager dans le pays est plus facile en saison sèche (juillet à fin septembre, puis novembre à février, pour les parcs du Nord et du Centre). Dans de nombreux parcs, c’est l’époque où l’on voit le plus facilement les animaux près des points d’eau et des rivières. Le feuillage est également moins dense, ce qui favorise l’observation. Toutefois, cette saison recoupant en partie la haute saison touristique, lodges et campements sont bondés et les tarifs sont au plus haut. Attention : certains lodges et campements, principalement dans la réserve de Selous et dans les parcs de l’Ouest, ferment environ un mois vers avril-mai.
Le reste dépend des affinités de chacun. Pour l’observation des oiseaux, toutes les saisons sont propices, même si la saison des pluies (octobre-novembre et avril-juin) reste la meilleure de ce point de vue. Pour un safari-randonnée, le mieux est de partir à la saison sèche.
La période de départ dépend aussi du choix du parc : d’importantes sections de celui de Katavi, par exemple, ne sont accessibles qu’en saison sèche (lorsque d’immenses troupeaux de buffles, les éléphants et d’autres animaux se bousculent près des rares points d’eau), et la quasi-totalité des campements ferme pendant la saison des pluies. Le parc national du Tarangire, bien qu’accessible toute l’année, est plus intéressant en saison sèche, les animaux y étant plus nombreux. Dans le Serengeti en revanche, c’est pendant la saison des pluies que l’on peut observer les troupeaux de gnous et de zèbres dans le sud-est du parc (la saison sèche reste cependant le meilleur moment pour y observer des lions et d’autres prédateurs). Si vous programmez votre safari en fonction d’événements particuliers comme la migration des gnous du Serengeti, sachez que les saisons varient d’année en année et sont difficiles à prévoir précisément.

Types de safaris

Safaris motorisés

Dans de nombreux parcs, en raison de la réglementation, c’est encore la seule option. Dans les parcs du Nord, les safaris motorisés doivent s’effectuer à bord de véhicules “fermés” (portières et vitres), mais l’on peut presque toujours ouvrir le toit et se tenir debout pour avoir une meilleure vue et prendre des photos. Ces ouvertures consistent parfois en de simples trappes que l’on soulève ou fait glisser, ou en toits que l’on peut surélever (meilleure solution car on reste à l’ombre). Dans les réserves naturelles de Selous, certains parcs du Sud et le parc national de Katavi, les safaris à bord de véhicules ouverts sont autorisés. Il s’agit de véhicules hauts, dotés de deux ou trois sièges placés à différentes hauteurs, et couverts d’un toit mais complètement ouverts sur les côtés et à l’arrière. Si vous avez le choix, optez pour ces véhicules, qui sont plus spacieux et offrent une grande diversité d’angles de vue. Enfin, des minibus sont parfois employés, notamment dans le Nord. Ils constituent l’option la moins satisfaisante : on y est trop nombreux pour véritablement profiter du voyage, la trappe du toit ne laisse place qu’à quelques passagers à la fois, et certains seront coincés sur les sièges du milieu avec une vue très restreinte. 
Quelle que soit l’option choisie, évitez les véhicules bondés. Rester assis plusieurs heures durant, entassés les uns contre les autres, sur des routes cahoteuses, rend l’expérience nettement moins plaisante. La plupart des formules fonctionnent avec des groupes de 3 à 4 passagers. C’est l’effectif maximal pour voyager confortablement. Certaines agences font entrer 5 ou 6 passagers dans un 4x4 standard, pour une économie minime qui ne compense pas l’extrême inconfort.
Les safaris de nuit sont autorisés dans le parc national du lac Manyara, dans les zones naturelles limitrophes du Tarangire et dans le Tarangire – réservés pour ce dernier aux résidents de certains lodges (voir p. 183).

Safaris à pied

La réserve de Selous, les parcs nationaux du lac Manyara, du Serengeti, de Ruaha, de Mikumi, de Katavi, du Tarangire et d’Arusha permettent de rencontrer du “gros gibier”. Sachez aussi que plusieurs parcs – notamment ceux du Kilimandjaro, des monts Udzungwa, des monts Mahale et de Gombe – ne se visitent qu’à pied. Il est facile d’organiser une brève randonnée dans le parc national de l’île de Rubondo.
La plupart des safaris à pied consistent en courtes marches de 1 à 2 heures, organisées tôt le matin ou en fin d’après-midi. À la fin de la randonnée, on regagne au choix le lodge ou le campement principal, ou un campement itinérant. Il est parfois possible d’organiser des randonnées plus longues. Comparé à une véritable randonnée, on ne couvre guère de distance. On avance d’un pas mesuré, on s’arrête pour observer ou le temps que le guide repère la piste d’un animal. Certains de ces safaris s’effectuent au sein des parcs et réserves, d’autres dans des zones attenantes faisant partie de l’écosystème en question. Les randonnées de plusieurs jours sont possibles dans la zone de conservation du Ngorongoro, le parc national du Serengeti et la réserve de Selous.
Les randonnées se font toujours avec un guide, en principe armé, dont il ne faut pas s’éloigner.

Safaris en bateau et en canoë

Le fleuve Rufiji, dans la réserve de Selous, offre les meilleurs safaris en bateau. Sur le Wami, en bordure du parc national de Saadani, la faune est moins abondante. Pour la version canoë, rendez-vous sur les lacs Momella, dans le parc national d’Arusha, ou sur le lac Manyara.
Itinéraires
Lors de la préparation du safari, ne succombez pas à la tentation de surcharger l’itinéraire. Les distances sont longues, et passer trop rapidement d’un parc à l’autre vous laissera fatigué, avec l’impression d’avoir effleuré la surface des choses. Au contraire, essayez de prévoir des périodes assez longues dans seulement un ou deux parcs que vous pourrez explorer en profondeur. Cela vous permettra aussi de profiter des occasions de rencontres culturelles et de randonnées.


Un safari en Tanzanie, c'est aussi l'occasion d'observer de magnifiques oiseaux. David Berkowitz

Les parcs tanzaniens

Parcs du nord

Le parc national d’Arusha est idéal pour une excursion d’une journée, ceux du Tarangire et du lac Manyara étant eux aisément accessibles à l’occasion d’excursions d’un jour plus une nuit depuis Arusha, mais tous méritent amplement qu’on leur consacre plus de temps. Pour un itinéraire de 3 ou 4 jours, concentrez-vous sur un seul des parcs du Nord (concernant le Serengeti, effectuer l’aller ou le retour en avion vaut vraiment la peine, une longue journée de route le séparant d’Arusha), ou bien sur le cratère du Ngorongoro combiné avec le parc du lac Manyara ou celui du Tarangire. Une semaine suffit tout juste à parcourir l’itinéraire classique lac Manyara-Tarangire-Ngorongoro-Serengeti, mais il vaut mieux vous concentrer sur trois de ces destinations au maximum : le Serengeti seul, ou couplé au cratère du Ngorongoro, a largement de quoi satisfaire le visiteur une semaine durant. Beaucoup d’agences proposent un circuit standard de 3 jours incluant le lac Manyara, le Tarangire et le Ngorongoro (ou un circuit de 4 à 5 jours avec le Serengeti en sus). Sachez que les distances à couvrir pour rejoindre le Ngorongoro et le Serengeti sont longues et que ce type d’excursion vous laissera l’impression d’avoir passé votre temps à vous précipiter d’un parc à l’autre au lieu de l’avoir consacré à l’observation et à l’exploration de la nature.
Outre ces itinéraires conventionnels, il existe d’innombrables possibilités permettant de combiner d’autres activités à l’observation de la vie sauvage. On peut par exemple commencer par un safari motorisé dans le cratère du Ngorongoro puis faire l’ascension de l’Ol Doinyo Lengai, programmer une randonnée ailleurs dans la Ngorongoro Conservation Area, se ressourcer dans un lodge des environs de Karatu ou aller jusqu’au lac Eyasi, ou bien encore visiter les parcs nationaux de l’île de Rubondo et du Serengeti au cours d’un périple le long du lac Victoria.

Parcs du Sud

Les parcs nationaux de Mikumi et de Saadani sont de bonnes destinations au départ de Dar es Salam lorsqu’on ne dispose que de 2 ou 3 jours. Une durée de 3 à 4 jours est idéale pour la réserve de Selous ou le parc national de Ruaha, à condition de se déplacer en avion. Selous peut aussi être associé à Saadani à l’occasion d’une excursion de 4 à 5 jours (l’intérêt est alors de profiter des plages de Saadani, après la visite de Selous). Les parcs nationaux de Mikumi et des monts Udzungwa permettent de combiner safari et randonnée. Lorsque l’on dispose d’une semaine, il peut être intéressant de visiter à la fois Selous et Ruaha, ou Ruaha et Katavi, dans l’ouest du pays, ces deux itinéraires permettant de découvrir deux milieux de vie sauvage très différents. La formule Ruaha-Katavi connaît un succès grandissant grâce aux vols réguliers entre ces deux parcs. L’extension du réseau aérien reliant les parcs du Sud et de l’Ouest à la côte a ouvert la voie à de nouveaux itinéraires plus longs combinant un séjour sur la côte ou les îles avec un safari à Ruaha, à Mahale et/ou à Katavi. Pour qui souhaite allier les plaisirs du safari à ceux de la plage, il est également possible de coupler la visite de Selous à celle de Mafia ou de Zanzibar.

Parcs de l’Ouest

Pour le parc national de Katavi, il faut compter deux à trois jours. Katavi et Mahale conviennent bien à un itinéraire de 6 à 7 jours (de nombreuses formules vol compris proposent cette combinaison). Ménagez-vous quelques jours de pause sur les bords du lac Tanganyika. Il est possible de grouper Ruaha, Katavi et Mahale à condition de disposer de 9 à 10 jours. Pour Gombe, prévoyez deux jours. Les marcheurs téméraires incluront le parc national de l’île Rubondo dans leur itinéraire de la Tanzanie de l’Ouest. L’île vaut d’y passer au moins deux jours.

Autres régions

Le parc national de Mkomazi constitue une halte fascinante pour les amateurs de faune aviaire circulant sur les itinéraires reliant Dar es Salam ou la côte nord-est à Arusha et aux parcs du Nord. Il est possible d’en combiner la visite avec celle de la côte ou une randonnée dans les monts Usambara. La visite du parc national de Kitulo peut faire partie d’un itinéraire dans la région de Mbeya-Tukuyu. Quant à la réserve de Lukwika-Lumesule, elle est recommandée aux voyageurs robustes se trouvant déjà dans la région de Masasi. Enfin, il est facile de prévoir un peu de plongée dans le parc marin de Mafia Island lors d’un séjour sur cette île.

Organiser soi-même son safari

Il est tout à fait possible de visiter les parcs avec son propre véhicule sans passer par un tour-opérateur. Toutefois, à moins d’être basé en Tanzanie, de maîtriser la conduite en brousse et la mécanique, les modestes économies réalisées ne compensent pas le confort et la légèreté d’esprit que connaissent ceux qui délèguent la logistique à une agence.
Dans presque tous les parcs et réserves, vous aurez besoin d’un 4x4. Outre les droits d’entrée dans le parc, il faut acquitter 40 $US par jour pour un véhicule étranger (10 000 Tsh pour les véhicules immatriculés en Tanzanie). Les guides ne sont pas obligatoires dans la plupart des principaux parcs, sauf mention contraire. Toutefois, il est recommandé d’en engager un, afin qu’il vous aide à vous orienter dans la brousse et à dénicher les coins où l’on voit le plus d’animaux.
Il faut aussi emporter du carburant, car on n’en trouve dans aucun parc, sauf à Seronera dans le Serengeti et au Ngorongoro, où il coûte fort cher. 
On peut louer des véhicules de safari à Dar es Salam, Arusha, Mwanza, Karatu et Mto wa Mbu, ainsi qu’au Ngorongoro (où il est possible de louer un véhicule du parc avec chauffeur au bureau du NCAA ; réservation impérative). Parfois, on peut aussi louer un véhicule au bureau du parc national de Katavi. Aucun autre parc ou réserve n’en propose.
 
Photo lionne : Abir Anwar