1. Accueil
  2. Magazine
  3. France
  4. Les salles de spectacle les plus incroyables de France
France

Les salles de spectacle les plus incroyables de France

Mis à jour le : 9 janvier 2017

Carte

Parfois, l'art vivant se met en scène dans des lieux qui valent à eux seuls le déplacement, par leur architecture, leur histoire ou leur situation géographique.

1. OPÉRA ROYAL, VERSAILLES (YVELINES)

Commandé par Louis XV pour être inauguré, en 1770, à l'occasion du mariage du futur Louis XVI avec Marie-Antoinette, l'Opéra royal de Versailles est un bijou réalisé en 22 mois par Jacques-Ange Gabriel. L'architecte, qui connaissait les modèles italiens, a adopté un plan en ellipse tronquée, une construction tout en bois et des balcons étagés en retrait, si bien que l'acoustique et la visibilité sont parfaites. Des effets de miroirs multiplient l'image des lustres. Les fines colonnades, les jeux des ors, des marbres et du lapis-lazuli, les plafonds peints et les décors sculptés sur les thèmes des Muses, des Grâces et des divinités : tout témoigne du raffinement atteint par les arts à la fin du règne de Louis XV. Mutilé au XIXe siècle, l'Opéra royal fut remis dans son état d'origine en 1952–1957. Prestigieux exemple du théâtre de cour, il accueille régulièrement des spectacles ou se visite avec un conférencier (www.chateauversailles.fr)


 

2. OPÉRA-THÉÂTRE DE METZ (MOSELLE)

Discret mais élégant, de style classique, l'Opéra-Théâtre s'élève à quelques dizaines de mètres de la cathédrale, entre deux bras de la Moselle. Construit au XVIIIe siècle, c'est l'un des plus anciens théâtres de France encore en activité. Les travaux commencèrent en 1738, mais la première représentation n'eut lieu qu'en 1752. Le fronton est agrémenté des armoiries de la ville de Metz. La balustrade en pierre arbore des statues figurant des muses, ajoutées en 1858. Ce théâtre à l'italienne a une capacité de 750 places. Aujourd'hui, l'Opéra-Théâtre propose une programmation variée (pièces de théâtre, danse, spectacles lyriques), au rythme d'une soixantaine de représentations annuelles, dans un décor chaleureux et intime.
Retrouvez la programmation de l'Opéra-Théâtre de Metz sur www.opera.metzmetropole.fr

3. LES FOLIES BERGÈRE (PARIS)

Avec l'exubérance toute en courbes de sa danseuse sculptée par Maurice Pico, la nouvelle façade Art déco des Folies Bergère (1929) entérina l'arrivée de Paul Derval à la tête de cette salle de music-hall, ouverte dès 1869. En modifiant ainsi sa façade et son architecture (sans même interrompre les représentations !), Derval affichait dès le premier abord l'image des spectacles de rêve qui allaient construire la légende des Folies Bergère : débauche de costumes et de décors, grands effets de mise en scène, « girls » et « petites femmes nues ». Dans un genre plus baroque, le grand foyer bleu et or orné de chevaux cabrés ne manque pas non plus de panache !
Après Loïe Fuller à la Belle Époque et Joséphine Baker dans les Années folles, ce temple mythique des revues parisiennes s'est ouvert, ces dernières années, à des spectacles plus éclectiques, dont ceux de Valérie Lemercier ou de Bénabar (www.foliesbergere.com ; 32 rue Richer, 9e arr. ; 01 44 79 98 60).

4. THÉÂTRE DU VIEUX SAINT-ÉTIENNE, RENNES (ILLE-ET-VILAINE)

Datant du XIIe–XIIIe siècle et d'architecture gothique flamboyante, l'église du Vieux Saint-Étienne serait la plus ancienne de Rennes. Située en plein centre de la ville, elle est aujourd'hui sécularisée et se dédie entièrement aux arts vivants. Sa scène de 120 m2 offre une programmation éclectique en théâtre, danse et musique, et donne la possibilité à plus de 200 spectateurs de profiter de sa belle acoustique et de la magie des lieux. En hiver, la salle est fermée, car impossible à chauffer.
Chaque année, en novembre, le festival Mettre en scène, vitrine de la création contemporaine en théâtre et en danse, organisé par le TNB (www.t-n-b.fr), investit le théâtre du Vieux Saint-Étienne.

5. THÉÂTRE DU PEUPLE, BUSSANG (VOSGES)

C'est au pied d'une colline, à 600 m d'altitude, dans un village perdu des Vosges, que l'on trouve le théâtre du Peuple de Bussang, entièrement bâti en bois en 1895. Le fond de la scène, constitué de deux panneaux coulissants, s'ouvre sur la forêt à chaque représentation. Mais ce n'est pas la seule caractéristique qui rend unique cette immense salle de théâtre de 1 000 places. L'esprit insufflé par son créateur, le poète et homme de théâtre Maurice Pottecher, pour un théâtre engagé et humaniste, est toujours présent aujourd'hui.
Pendant l'été, deux représentations sont données chaque jour. Des visites guidées, des stages et des lectures ont lieu le reste de l'année. Toutes les infos sur www.theatredupeuple.com

6. THÉÂTRE DE LA HALLE-AU-BLÉ, LA FLÈCHE (SARTHE)

Ce petit théâtre à l'italienne, en fer à cheval, est l'un des seuls datant du début du XIXe siècle en France. Après une longue rénovation, il a rouvert ses portes en 1999. Le bleu pastel qui couvre ses sièges, ses murs et le plafond, les fastes de son lustre central et les peintures des balcons et de la scène donnent un vrai supplément d'âme à cette petite salle. Sa jauge de 130 places, 90 personnes en bas et 40 réparties sur deux étages, offre par ailleurs au public une vraie proximité avec la scène et les acteurs.
Le site de la ville de La Flèche (www.ville-lafleche.fr) présente la saison culturelle de la Halle-au-Blé.

7. OPÉRA DE LYON (RHÔNE)

L'Opéra de Lyon version Jean Nouvel fait définitivement partie du patrimoine lyonnais. Derrière ses arches où les adeptes du hip-hop s'adonnent à leur danse, et sa façade d'où huit statues de muses scrutent l'hôtel de ville, le nouvel opéra est résolument contemporain. Même si certains reprochent l'omniprésence du noir dans sa grande salle aux six balcons et aux 1 100 places, les jeux de volume et de lumière sont efficaces. Une alternance entre le faste de son grand foyer du public et le design de son studio de répétition du ballet, sous une verrière lumineuse.
Visites guidées (payantes) de l'Opéra de Lyon et Pass'Opéra avantageux. Renseignements sur www.lyon-france.com

8. GRAND THÉÂTRE DE BORDEAUX (GIRONDE)

Bleu, blanc, or, ce sont les trois couleurs du roi qui dominent la superbe salle du Grand Théâtre, aujourd'hui scène principale de l'Opéra national de Bordeaux. Édifié par l'architecte Victor Louis entre 1773 et 1780, il frappe par la pureté de son style néoclassique, caractéristique de la fin du XVIIIe siècle. Avec sa façade à colonnes surmontées de statues de muses et de déesses, le plafond à caissons de son péristyle et son escalier impressionnant, il rappelle l'architecture antique. Véritable fierté de la ville, il offre une programmation lyrique et chorégraphique d'excellente qualité.
Renseignements et réservations sur www.opera-bordeaux.com. Pour une mise en bouche, vous pouvez prendre un verre ou manger dans le superbe Café Louis, aménagé dans une aile du théâtre.

9. LE VOLCAN, LE HAVRE (SEINE-MARITIME)

Dessiné par Oscar Niemeyer, l'architecte de Brasilia, le Volcan à la courbe blanche, épurée, se donne à voir comme une éruption de liberté au milieu de l'architecture grise et rectiligne d'Auguste Perret. Dressé depuis 1982 au centre d'un espace que le maître d'œuvre de la reconstruction havraise avait entendu, dans son projet, consacrer à l'art, il abrita la Maison de la culture du Havre, la première du genre, créée en France par Malraux quelque vingt ans plus tôt. Las, bien que dominant toujours fièrement le bassin du commerce, cette scène nationale a sérieusement pris du plomb dans l'aile depuis que la salle d'art et d'essai qu'elle abritait historiquement, L'Eden, a brusquement fermé ses portes en 2010.
Des travaux de rénovation ont été amorcés pour moderniser les infrastructures scéniques du Volcan, mais aussi pour accorder un plus grand rôle à la lumière à l'intérieur et autour du bâtiment. Infos sur www.levolcan.com

10. PAVILLON NOIR, AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE)

« Météorite tombée en plein cœur d'Aix-en-Provence » en 2006, ce cube signé Rudy Ricciotti est tout entier conçu et réalisé pour le ballet d'Angelin Preljocaj, dont la renommée internationale est immense. Dédié aux corps et aux mouvements, à leurs forces et à leurs tensions, le bâtiment étire des lignes défiant l'apesanteur : une véritable chorégraphie architecturale qui contient, en son cœur – ou en son ventre –, à moitié enterrée, une salle de spectacle de 386 places. Un pavillon noir, couleur d'absolu et d'abîme, qui se fait porte-drapeau de la danse, de l'art et de l'émotion.
Outre la superbe programmation (www.preljocaj.org) des créations de Preljocaj et d'invités de marque, il est possible d'assister aux répétitions.