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Culture et voyage

La Saint-Nicolas : origines, évolutions et traditions

Texte par

Niels Murawsky

Mis à jour le : 25 novembre 2020

Carte

Souvent confondu avec le Père Noël, généralement accompagné d’un petit personnage démoniaque, célébré dans de nombreuses comptines pour enfants, qui est Saint-Nicolas et pourquoi le fête-t-on le 6 décembre ? Découvrons ensemble les origines de cette tradition, peu connue en France, mais pourtant répandue à travers une grande partie de l’Europe.

Les origines du personnage

Pour comprendre qui est Saint-Nicolas, remontons d’abord au troisième siècle, en Asie mineure, dans la région de l’Anatolie - l’actuelle Turquie. C’est ici, dans la cité antique de Myre, que vécut l’évêque Nicolas de Myre, devenu ensuite… Saint-Nicolas.

Réputé pour sa bonté et sa générosité, il aurait consacré sa vie à aider les plus démunis. D'une famille de riches commerçants décimée par la peste, il aurait notamment dilapidé son héritage pour le redistribuer à ceux dans le besoin. On attribue de nombreux sauvetages à Nicolas de Myre. Lors de ses voyages, à dos d’âne, il serait venu en aide à des matelots, à des commerçants, à des soldats, mais surtout à des enfants. Il aurait notamment ressuscité trois petites filles, après qu’elles aient été assassinées par un boucher. La légende raconte qu’il leur aurait ensuite laissé des cadeaux sur le rebord de la fenêtre… ce qui en ferait l’origine des cadeaux de Noël… !  

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On prête de nombreux miracles à l'évêque de Myre

Persécuté et torturé par l’Empire Romain, Nicolas de Myre serait mort un 6 décembre – sans doute en 343. Ce jour devient donc la date à laquelle il sera célébré chaque année. Après sa mort, de plus en plus de miracles seront prêtés à celui qu’on nomme désormais Saint-Nicolas. Canonisé, il devient le saint patron des enfants, des écoliers, mais aussi des prisonniers, des célibataires et même des navigateurs (c’est pour cette raison que les chapelles en bord de rivière ou de fleuve lui sont souvent dédiées).

Vers l’an 1087, et dans le but de les protéger des invasions, ses reliques seront transportées par des marchands italiens à Bari,  ville des Pouilles, dans le sud de l’Italie. Il y fait l’objet d’une grande admiration et ainsi naît la légende en Italie. Au cours des siècles suivants, la légende voyage et Saint-Nicolas sera vénéré à travers de nombreux pays d’Europe centrale et du Nord, où elle se mélangera aux autres folklores déjà présents. Chaque année, le 6 décembre, on le met en scène : il fait le tour des foyers et distribue des friandises et des cadeaux aux enfants qui ont été sages. 

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C’est ici, dans la basilique de Bari, que se trouveraient aujourd'hui les reliques de Saint-Nicolas, parfois nommé Nicolas de Bari

L’ancêtre du Père Noël 

Lorsque la légende de Saint-Nicolas arrive aux Pays-Bas, Saint-Nicolas se transforme en « Sinter Klaas ». Au 17ème siècle, les Néerlandais partent à la conquête des États-Unis et emportent leur lot de légendes et de traditions avec eux. La coutume s’installe dans les foyers des colons anglais et Sinter Klaas devient « Santa Claus ». On décide alors d’associer cette fête du 6 décembre, dédiée aux enfants, à celle du 25 décembre, célébrant la naissance de Jésus ; désormais, les cadeaux sont distribués dans la nuit du 24 au 25 décembre.
 

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Saint-Nicolas défile dans la rue aux Pays-Bas

Mais c’est au 19ème siècle que se transforme véritablement le destin de celui qui deviendra par la suite le Père Noël. En 1823, l’écrivain Clement Clarke Moore écrit un conte pour ses enfants, où il raconte une nuit de Noël. Saint-Nicolas, qui était jusqu’alors représenté en costume d’évêque, a changé d’apparence. Sur les dessins, on voit un vieil homme à la barbe blanche ; sa mitre a été remplacée par un bonnet à pompons, sa cape ecclésiastique par un manteau en fourrure rouge et son âne par un traîneau de rennes. Au fil des décennies, et dans un souci de laïciser cette fête, de nombreux dessinateurs vont continuer à représenter le personnage et à transformer son apparence et son histoire – on invente par exemple qu’il vit en Laponie. Une pub Coca-Cola contribuera aussi à lui donner l’apparence que l’on connait aujourd’hui. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les Américains exportent le phénomène du Père Noël en Europe, où il s’installera petit à petit dans la culture populaire. L’Église s’opposera à cette figure païenne et américanisée de Saint-Nicolas, mais rien n’y fait, il finira par remplacer les autres rites de Noël dans bon nombres de pays.

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La marque Coca-Cola s'est emparée du personnage de Santa Claus pour ses publicités

Aujourd'hui : la tradition perdure

Saint-Nicolas et le Père Noël sont donc bien deux personnages différents, mais qui se sont confondus avec le temps. Toutefois, la vénération de Saint-Nicolas perdure dans plusieurs pays d’Europe centrale, du Nord, de l’Est… et même certaines régions françaises !
 
Pour comprendre comment la légende de Saint-Nicolas arriva dans l’Hexagone, revenons brièvement en arrière, au Moyen-Âge. Parmi les ossements de Saint-Nicolas alors déplacés à Bari, une phalange aurait été donnée (ou volée, selon les sources) à un chevalier lorrain. Celui-ci l’aurait ramenée dans sa région, et en aurait fait don à l’église de Port, rebaptisée ensuite Saint-Nicolas-de-Port. C’est ainsi qu’est née la légende dans l'Est de la France. Aujourd’hui, la célébration du protecteur des enfants, le 6 décembre, est largement répandue en Alsace et en Lorraine.

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Saint-Nicolas distribue toujours des friandises aux enfants (sages), généralement du pain d'épices !

Partout où elle est célébrée, et malgré quelques variations selon les pays, la fête a conservé ses traditions bien à elle, tirées des légendes de Nicolas de Myre. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, Saint-Nicolas apporte des petits cadeaux et surtout des friandises aux enfants. Généralement, ce sont des mandarines, des fruits secs, des chocolats et du pain d’épices. 

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Saint-Nicolas est presque toujours accompagné du maléfique Père Fouettard

Le 6 décembre, Saint-Nicolas, à la grande barbe blanche et vêtu tel un évêque – il porte une mitre, un long manteau rouge et tient une crosse – défile dans les rues. Il peut être assis sur un char ou bien sur un âne, et il est souvent accompagné de son double maléfique, le Père Fouettard. Ce petit personnage diabolique, vêtu tout de noir et tenant un fouet, est tiré de la légende de Nicolas de Myre et du boucher qui avait assassiné trois petites filles. Après avoir sauvé les enfants, Saint-Nicolas aurait forcé l’agresseur à l’accompagner, faisant de lui le Père Fouettard, chargé de punir les enfants qui n’ont pas été sages. Bien heureusement, Saint-Nicolas finit toujours par réapparaître pour offrir des cadeaux à tous les enfants !