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Idées week-end

Guide de l’architecture avant-gardiste d’Oslo

Texte par

Oliver Berry (traduit de l'anglais par Vincent Guilluy)

Mis à jour le : 11 janvier 2018

Carte

Quand on songe à Oslo, on ne pense peut-être pas immédiatement l’architecture contemporaine, et vous serez peut-être surpris par certains des bâtiments hardis bâtis dans la capitale norvégienne depuis dix ans, musées novateurs ou gratte-ciel expérimentaux, en passant par un des plus beaux opéras de Scandinavie.

L’opéra d’Oslo

Pièce maîtresse de l’architecture contemporaine de la ville, l'opéra est devenu le symbole de la renaissance architecturale d’Oslo. Symphonie de granit blanc, d’aluminium et de verre, fait de plans qui se recoupent et montent vers le ciel au-dessus de l’eau, c’est un bâtiment dont la géométrie intrigue l’œil, dessiné pour profiter au maximum de son superbe emplacement en bord de fjord. L’intérieur est inondé de lumière grâce à d’immenses baies vitrées, et les grandes surfaces de chêne luisant reflètent la tradition norvégienne des boiseries nettes et fonctionnelles. L’opéra est l’œuvre d’une société d’architecture osloïte très connue, Snøhetta, qui a également dessiné entre autres le musée mémorial du World Trade Center, l’ambassade de Norvège à Berlin et les nouveaux billets de banque norvégiens.

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Le musée Astrup Fearnley dessiné par Renzo Piano, dans le quartier de Tjuvholmen à Oslo.

Musée Astrup Fearnley

Toute capitale moderne digne de ce nom se doit d’avoir un musée d’art dessiné par un architecte célèbre. À Oslo, c’est le musée Astrup Fearnley, un ensemble brillant de trois pavillons, en forme de voile, abrité par un toit de verre. Conçu par Renzo Piano, architecte italien de renom, à partir de câbles de gréement et de minces colonnes d’acier, le bâtiment se veut l’écho visuel des grands vaisseaux qui longeaient autrefois les quais d’Oslo. À l’intérieur, de grands espaces blancs et nus offrent un décor lumineux aux œuvres d’art, dont des pièces de Jeff Koons, Francis Bacon, Damien Hirst, Gerhard Richter et Andy Warhol, tandis qu’à l’extérieur le parc de sculptures de Tjuvholmen prolonge l’expérience artistique.

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Un taxi devant l’une des douze structures spectaculaires formant le “Code-barres” de Bjørvika.
Le Code-barres

Cette rangée de douze immeubles d’appartements et de bureaux qui longe le front de mer de Bjørvika réinvente ce que peut être un gratte-ciel. Chaque bâtiment est l’œuvre d’un cabinet d’architectes différent, chacun avec ses particularités : l’un se compose de blocs empilés à la manière d’une ziggurat, un autre semble fait de pavés en folie. Tous ensemble, ils forment un groupe intéressant ; vus de loin, les passages entre les immeubles ressemblent aux lignes plus ou moins fines d’un code-barres, d’où le surnom du quartier.

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Primé, le siège de Statoil n’a rien d’ennuyeux.
Le siège de Statoil

Son propriétaire n’est peut-être pas très glamour – c’est la plus grande compagnie pétrolière de Norvège – mais le siège de Statoil est tout sauf terne. Cinq grands parallélépipèdes blancs entassés comme un jeu de mikado géant (le design s’inspire semble-t-il des plateformes pétrolières) forment une structure futuriste qui ressemble plutôt au décor d’un film de science-fiction. Recouvert d’aluminium et percé de fenêtres rectangulaires, c’est un bâtiment ambitieux avec un véritable prise de position architecturale. Hélas, le public n’est pas admis à le visiter, il faudra vous contenter de prendre des photos de son extérieur.

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Le pont de l’Akrobaten enjambe les voies ferrées et relie les quartiers de Grønland et de Bjørvika.
Pont de l’Akrobaten

Long de 206 m, reliant les quartiers de Grønland et Bjørvika, ce pont impressionnant enjambe les voies ferrées à proximité de la gare principale d’Oslo. C’est une unique travée d’acier, supportée par un ensemble de tubes métalliques brillants ressemblant plutôt à une structure moléculaire comme on en voit dans les salles de cours au lycée. Épatant le jour, avec sans doute la plus belle vue de la ville sur le Code-barres, il est encore plus beau la nuit, quand des lumières colorées transforment la structure.

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Le complexe national du ski de Holmenkollen, à Oslo, témoigne de l’amour des Norvégiens pour le sport.
Complexe national du ski de Holmenkollen

Témoin de l’amour fou des Norvégiens pour le ski, cette immense arène de sports d'hiver, centrée sur un tremplin de saut à ski vertigineux, est bien l’attraction la plus visitée de toute la Norvège. Elle a été bâtie en 2011 pour les championnats du monde de ski nordique, pour la somme colossale de 1,7 milliards de couronnes norvégiennes (environ 172 millions d’euros), mais c’est loin d’être la première construction sur le site : on y a bâti en pas moins de dix-neuf occasions. Pouvant accueillir près de 700 000 spectateurs, c’est un temple consacré à la religion du ski.

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La Galerie nationale de Norvège offre un contrepoint classique à l’architecture contemporaine naissante d’Oslo.
La Galerie nationale

Si l’architecture nouvelle d’Oslo attire l’attention, notons que la ville compte également de nombreux superbes bâtiments d’époque et non des moindres, tel son château médiéval, Akerhus Festning. Mais pour beaucoup, le bâtiment qui symbolise Oslo est sa Galerie nationale, édifice monumental de brique rouge construit en 1882 pour abriter les trésors artistiques nationaux. Avec ses fenêtres cintrées, ses immenses salles et sa grandeur contenue, c’est un décor dont l’ostentation convient aux œuvres célèbres de Picasso, Monet, Renoir, Gauguin et, bien sûr, Edvard Munch, dont l’emblématique Cri est exposé ici.

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Un des “bateaux longs” vikings, remarquablement préservés, du musée des navires vikings d’Oslo, qui va être rénové en profondeur.
Le musée des Navires vikings

Construit pour abriter deux des bateaux longs vikings les mieux préservés jamais retrouvés (avec les fragments d’un troisième), ce musée est un exemple de la manière dont les architectures anciennes et nouvelles peuvent s’allier à Oslo. Ou plutôt, il va le devenir, car les projets de transformation du musée sont encore à l’état de plans. Un nouvel espace d’exposition radicalement nouveau a été commandé à AART Architects, un bureau danois. Il incorporera l’ancien musée dans une nouvelle structure circulaire appelée pour l’instant “Naust” (“hangar à bateaux” en norvégien). Mais il va falloir attendre : les travaux du nouveau bâtiment ne commenceront pas avant 2020. Jusque là, les bateaux vikings restent exposés dans le bâtiment d’origine – et ils sont superbes.


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